Boulevard des Italiens

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IIe, IXe arrt
Boulevard des Italiens
Le boulevard des Italiens vu du boulevard Montmartre
Le boulevard des Italiens vu du boulevard Montmartre
Situation
Arrondissement 2e et 9e
Quartier Gaillon, Chaussée-d'Antin
Début boulevard Montmartre
Fin boulevard des Capucines
Morphologie
Longueur 390 m
Largeur 35 m
Historique
Ancien(s) nom(s) boulevard Neuf
boulevard du Dépôt
boulevard Cerutti
boulevard de la Chaussée-d'Antin
boulevard de Gand
Géocodification
Ville de Paris 4687
DGI 4758

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Boulevard des Italiens

48° 52′ 17″ N 2° 20′ 13″ E / 48.871419, 2.336997

Le boulevard des Italiens est une voie située à la lisière des 2e et 9e arrondissements de Paris. Il fait partie de la chaîne des grands boulevards constituée, d'ouest en est, par les boulevards de la Madeleine, des Capucines, des Italiens et Montmartre.

Il est desservi par les stations de métro Opéra et Richelieu-Drouot.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Boulevards parisiens.

Il doit son nom au Théâtre-Italien (aujourd'hui Opéra-Comique) qui y fut construit en 1783.

Il fut appelé auparavant :

  • boulevard Neuf ;
  • boulevard du Dépôt jusqu'en 1783, en raison du dépôt des gardes françaises construit en 1764 à l'angle de la rue de la Chaussée-d'Antin[1] ;
  • boulevard Cerutti sous la Révolution, du nom d’un hôtel du boulevard dans lequel s’était établi l'écrivain Joseph-Antoine Cerutti (1738-1792) ;
  • boulevard de la Chaussée-d'Antin sous le Consulat et l'Empire.

Il fut aussi surnommé boulevard de Coblentz ou « petit Coblence »[2] sous le Directoire, parce que s'y rassemblaient les émigrés royalistes de retour au pays après un long séjour dans la ville allemande de Koblenz, puis boulevard de Gand sous la Seconde Restauration, en souvenir de l'exil à Gand du roi Louis XVIII pendant les Cent-Jours.

Tout au long du XIXe siècle et jusqu'à la Grande Guerre de 1914-1918, le boulevard constitua le rendez-vous des élégants et élégantes parisiens ; il vit se succéder les Incroyables et les Merveilleuses sous le Directoire, les gandins (d'après le boulevard de Gand) à la Restauration, les dandys sous Louis-Philippe Ier, les « lions » et les « lionnes » sous le Second Empire. Honoré de Balzac décrit comment l'arpenter avec la même élégance que Chateaubriand dans Théorie de la démarche (1833).

C'était la grande époque du Café de Paris, du café Tortoni de Paris (qui inspira la mode du café Tortoni de Buenos Aires), du café Frascati, du café Anglais, de la Maison dorée… À la suite de l'achèvement du boulevard Haussmann dans les années 1920, ces établissements disparurent pour être remplacés par des établissements financiers et autres.

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Lieux remarquables[modifier | modifier le code]

La Maison dorée, avec à gauche le café Tortoni et à droite le café Riche (vers 1900).

Au croisement de la rue Laffitte, on profite d'un point de vue sur le Sacré-Cœur de Montmartre qui semble posé sur l'église de Notre-Dame de Lorette, alors qu'en fait il est beaucoup plus éloigné.

  • no 13 :(à l'angle de la rue de Marivaux) : emplacement du café Anglais (1802-1913), célèbre restaurant du Second Empire, remplacé par un immeuble de style Art Nouveau.
Article détaillé : Café Anglais.
Article détaillé : siège central du Crédit lyonnais.
  • no 20 : emplacement du restaurant de luxe de la Maison dorée (1839-1841). On y trouve à sa place des bureaux de BNP Paribas conçus par l'architecte Pierre Dufau qui a conservé la façade originale, à la suite de l'annulation du permis de construire par Maurice Druon, ministre de la Culture, sous la pression d'une association de quartier.
Article détaillé : Maison dorée (Paris).
  • no 26 : emplacement du café de Bade[4].
  • no 28 : emplacement du théâtre des Fantaisies Ollier (dit aussi des Fantaisies Parisiennes et Folies-Ollier). La salle accueillit le Théâtre des Nouveautés en 1878, sous la direction de Jules Brasseur, qui le céda à Henri Micheau en 1890. La rue des Italiens fut percée en 1911, entraînant la démolition du théâtre et interrompant le succès de la comédie de Georges Feydeau Champignol malgré lui, qui en était à la 1032e représentation[5].
  • no 29 : emplacement des Bains chinois, construits dans le genre pagode par l'architecte Nicolas Lenoir en 1787. Ils abritaient, outre des bains, un restaurant, un café et un magasin de mode. Gracchus Babeuf en fit son centre de ralliement pour la préparation de sa conspiration de 1795. Ils furent détruits en 1853[6].
Article détaillé : Bains chinois.
  • no 36 : immeuble construit en 1929 par Michel Roux-Spitz. Le rez-de-chaussée servait de hall d'exposition aux voitures Ford. C'est aujourd'hui un restaurant Quick[7].

À l'angle de la rue de la Chaussée-d'Antin, se trouvait le Dépôt des Gardes-françaises établi par le colonel duc de Biron en 1764. Le , un détachement des gardes françaises dut intervenir pour sauver son colonel, M. Duchâtelet, de l'effervescence populaire[8].

Au coin de la rue Louis-le-Grand, le palais Berlitz construit dans les années et le style 1930 a remplacé le pavillon de Hanovre (XVIIIe siècle), démonté et réinstallé dans le parc de Sceaux.

Source : Paris, le guide vert[9].

Dans les arts[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pierre-Joseph-Spiridion Dufey, Antony Béraud, « Boulevard des Italiens », Dictionnaire historique de Paris, Librairie nationale et étrangère, 1825, p.365.
  2. Entre la rue d'Artois (rue Laffitte) et la rue de la Grange-Batelière (rue Drouot).
  3. nos 17 à 21
  4. Alain Rustenholz, Les Traversées de Paris, Evreux, Parigramme,‎ , 647 p. (ISBN 2-840-96400-7) p. 187
  5. Paris pittoresque (3e numéro), Le Crapouillot n°57 (dans la numérotation de la première série d'après-guerre), juillet 1962, p.16.
  6. J. Hillairet, Connaissance du Vieux Paris, éd. Princesse,‎ , 255 p. (ISBN 2-859-61019-7), p. 264.
  7. Hélène Hatte et Frédéric Tran, Paris : 300 façades pour les curieux, Paris, Christine Bonneton,‎ , 190 p. (ISBN 978-2-862-53262-2, OCLC 46590004)
  8. Le boulevard des Italiens sur le site paris-pittoresque.com.
  9. Paris, le guide vert, Éditions Michelin, (ISBN 2-06-700352-6).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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