Mary Cassatt

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Mary Cassatt
Mary Cassatt 1910.jpg

Mary Cassatt (de face) avec Mme Joseph Durand-Ruel, en 1910 . Archives Durand-Ruel.

Naissance
Décès
Nom de naissance
Mary Stevenson CassattVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Formation
Maîtres
Mouvement
Influencée par
Père
Robert S. Cassatt (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Alexander Cassatt (en)
Lydia Cassatt (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions

Mary Stevenson Cassatt, dite Mary Cassatt (en anglais [kəˈsæt]), née le [1],[2] à Allegheny, Pennsylvania (en) en Pennsylvanie et morte le au Mesnil-Théribus en France, où elle est enterrée, est une peintre et graveuse américaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Autoportrait (vers 1878)
Metropolitan Museum of Art, New York.

Enfance[modifier | modifier le code]

Mary Cassatt naît le 22 mai 1844[3] à Allegheny City, qui fait actuellement partie de Pittsburgh en Pennsylvanie. C'est le quatrième enfant de Robert Simpson Cassat (puis Cassatt) et de Katherine Kelso Johnston[4]. La famille Cassatt est une vieille famille américaine issue d'émigrés français arrivés aux États-Unis en 1662 : les Cossart. Tout en revendiquant cette filiation et reconnaissant que sa mère Katherine a reçu une éducation française, langue qu'elle parlait couramment, Mary Cassatt se sent profondément américaine[5].

Elle est âgée de sept ans environ lorsqu'elle quitte les États-Unis pour l'Europe avec ses parents. Il s'agit de consulter des médecins au sujet de la maladie de son frère Robbie qui mourra d'un cancer des os en 1855[6]. La famille s'installe à Paris. Mary apprend le français et l'allemand, visite les musées et les galeries d'art[7]. En 1855, la famille retourne en Pennsylvanie où Mary prend des cours de dessin.

Formation[modifier | modifier le code]

En 1860, elle entre à l'Académie des beaux-arts de Pennsylvanie où elle apprend les rudiments de son art. Mary est déçue de la formation qu'elle y reçoit[8]. Elle quitte donc l'Académie au bout de deux ans. Elle retourne en 1865 à Paris avec sa mère et une compagne d'étude, Eliza Haldeman. Les deux jeunes femmes restent à Paris tandis que Katherine rentre aux États-Unis. Elles étudient la peinture avec le peintre Paul-Constant Soyer puis s'inscrivent dans la classe de Charles Chaplin[9] où elles apprennent l'art du portrait et obtiennent leurs cartes de copiste du Louvre. Mary est élève du peintre Jean-Léon Gérôme. Elles visitent Barbizon. C'est un des premiers contacts de Mary avec la peinture impressionniste. En 1868, sa Joueuse de mandoline est acceptée au Salon de Paris. Elle découvre les œuvres de Manet et Courbet.

En 1870, la guerre éclate en France. Mary Cassatt rentre en Pennsylvanie. En 1871, elle retourne en Europe, visitant Londres, Paris, Turin, puis s'installe à Parme où elle étudie Le Corrège et où elle développe son art de la couleur. C'est également là, auprès de Carlo Raimondi, qu'elle s'initie à l'art de la gravure[10]. Elle part ensuite pour l'Espagne, découvre les Rubens du musée du Prado qui la poussent à visiter Anvers[11]. C'est de cette étude de Rubens qu'elle acquiert le sens de la lumière et le goût des couleurs claires[12].

Sur le balcon durant le carnaval (1872)

Le Salon de Paris accepte ses peintures : Sur le balcon durant le carnaval (1872), Le Torero et la jeune fille (1873) et Ida (1874). C'est cette dernière peinture qui attire pour la première fois l'attention de Degas pour cette artiste. Mary s'installe à Paris. Elle continue ses études auprès de Couture. En 1875, son Portrait de Lydia est d'abord refusé par le Salon de Paris puis est accepté après qu'elle en eut assombri le fond[13]. Cette année-là, elle fait la connaissance de Degas. Celui-ci lui conseille de se joindre aux impressionnistes, le peintre devient son maître, il révèle sa personnalité d'artiste[14].

Avec les impressionnistes[modifier | modifier le code]

Lydia dans une loge, portant un collier de perles (1879)

Lorsqu'en 1877, son dernier tableau est refusé par le Salon, Degas l'encourage à exposer à la Quatrième exposition des peintres impressionnistes en 1879. Elle y expose son tableau Lydia dans une loge portant un collier de perles'[15] et La tasse de thé[16]. Elle y envoie onze peintures[17]. Mary Cassatt se sent à l'aise dans le milieu impressionniste[note 1]. Mary Cassatt est une figure un peu atypique dans le groupe des impressionnistes, portraitiste plus que paysagiste[18], elle les rejoint cependant dans son goût pour le travail à l'extérieur[19], son sens des couleurs[20] et sa recherche du réalisme[21] qui n'est pas incompatible avec une forme de lyrisme et de sentimentalisme qui lui est propre[19]. Sans être à proprement parler un disciple de l'un d'entre eux, elle s'entretient fréquemment avec Degas et admire Pissarro aux côtés duquel le hasard la fait travailler[22]. Elle se lie d'amitié avec Berthe Morisot[16].

Cette période est aussi celle de l'installation à Paris de ses parents et de sa sœur Lydia qui tombe malade du foie, ce qui est l'occasion de nombreux portraits intimistes de femmes (1880). Après la mort de sa sœur en 1882, Mary se lance dans une série de portraits de mères et d'enfants qui devient son sujet d'étude privilégié[23].

Mary Casatt participe ensuite à la cinquième exposition des peintres impressionnistes de 1880 et à la sixième (1881), mais elle suit Degas qui a refusé de participer à la septième exposition de 1882[24]. Degas est en conflit avec Renoir, Monet, Cézanne et Sisley qui ne veulent pas accepter de nouveaux peintres dans le groupe des impressionnistes. Elle participe de nouveau à la huitième exposition des impressionnistes 1886[17].

Elle exerce également l'activité d'agent et de conseillère de grands amateurs de peinture, notamment auprès du couple Louisine et Henry Osborne Havemeyer (étudiante à Paris, elle avait été la condisciple de Louisine) et collabore avec Paul Durand-Ruel lorsqu'en 1886 celui-ci et son fils Charles partent pour les États-Unis avec quelque 300 tableaux de l'école impressionniste[25].

Lorsqu'en 1891, la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs français exclut de l'exposition chez Durand-Ruel tous les artistes nés à l'étranger, Mary Cassatt indignée loue, chez le même Durand-Ruel, deux salles pour exposer ses tableaux et ceux de Pissarro. Félix Fénéon leur consacre une chronique élogieuse dans Le Chat noir (journal)[26]

Maturité[modifier | modifier le code]

En 1890, la visite d'une exposition sur la gravure japonaise est l'occasion pour elle d'un infléchissement dans son art. Mary tombe en admiration devant les œuvres d'Utamaro et d'Toyokuni[23]. Si l'esthétique de l'estampe japonaise l'influence fortement, elle n'adopte pas la technique de la xylographie, caractéristique des productions extra-orientales. Elle leur préfère les techniques de taille-douce[27] et pratique la pointe sèche, l'eau-forte et l'aquatinte. Son talent pour cette dernière technique, extrêmement difficile, lui vaut une grande admiration de ses confrères. Lors de sa première exposition particulière chez Durand-Ruel en 1891, elle expose dix de ses eaux-fortes[28]. Celle-ci sera suivie de quatre autres chez Durand-Ruel, et chez Ambroise Vollard. Ses œuvres s'exposent aussi à l'étranger : New York (1895-1903) - Manchester (1907).

Elle continue sa série de portraits de femmes et d'enfants. Selon Segard, c'est durant la période de 1890-1910 qu'elle atteint le sommet de son art[29], synthèse heureuse entre l'ascétisme de la gravure japonaise et l'abondance de coloris de sa période impressionniste, évoluant au gré de son humeur entre ces différentes tendances[30].

En 1892, elle reçoit commande d'une fresque, aujourd'hui perdue, pour le bâtiment des femmes de l'exposition universelle de Chicago[31]. Elle achète, en 1894 le château de Beaufresne au Mesnil-Théribus qui devient sa résidence d'été. De 1912 à 1924, elle partagera son temps entre Beaufresne et la villa Angellito à Grasse[32].

Son tableau Caresse lui vaut, en 1904, le prix Walter Lippincott qu'elle refuse par esprit d'indépendance[23]. La même année, elle est décorée de la Légion d'honneur[33],[34].

Son père meurt en 1891, sa mère en 1895 et son frère Gardner en 1911. Ces décès l'affectent profondément et Mary souffre d'une dépression. Le diabète et la cataracte lui abîment la vue, elle cesse de peindre en 1914, et devient définitivement aveugle en 1921. Morte le 14 juin 1926, elle est enterrée dans la tombe familiale de Mesnil-Théribus.

Amie de Edgar Degas, elle est souvent rattachée à l'impressionnisme, qui a une grande influence sur son œuvre précoce. Ses peintures, ses gravures et ses dessins de maturité doivent cependant plutôt être comparés à ceux produits par la génération de peintres post-impressionnistes : Toulouse-Lautrec ou encore les Nabis, avec qui elle partage un net intérêt pour les peintres et graveurs de l'ukiyo-e, période du japonisme.

Elle exerça également l'activité d'agent et de conseillère de grands amateurs de peinture. Ses tableaux continuent pourtant d'être régulièrement montrés dans des expositions collectives ou personnelles.

Hommage[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

  • Groupe des impressionnistes
  • Exposition particulières
    • Galeries Durand-Ruel - avril 1891
    • Galeries Durand-Ruel - novembre-décembre 1893
    • Galerie Ambroise Vollard - 1907
    • Galeries Durand-Ruel - novembre 1908
    • Galerie Bernheim-Jeune mars 1936 : exposition des Femmes Artistes Modernes[35]

États-Unis[modifier | modifier le code]

  • New York - Galeries Durand-Ruel - Avril 1895
  • New York - Galeries Durand-Ruel - Novembre 1903
  • Pittsburgh - Centenaire de l'Académie de Pennsylvanie - 1905

Angleterre[modifier | modifier le code]

  • Manchester - New York - Galeries Durand-Ruel - décembre 1907-janvier 1908

Liste non-exhaustive de ses peintures[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « j'avais reconnu quels étaient mes véritables maître; J'admirais Manet, Courbet et Degas. Je haïssais l'art conventionnel. Je commençais à vivre » - Segard, p. 7

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sa tombe au cimetière Saint-Louis de Le Mesnil-Théribus indique 1843
  2. selon son dossier de Légion d'honneur dans la base Léonore.
  3. 1844 selon ses biographes, mais on trouve aussi la date de 1843 sur son acte de décès et sa tombe
  4. Women impressionists, p. 17
  5. Segard, p. 3
  6. Women impressionists, p. 21
  7. (en) Lois V. Harris, Mary Cassat, impressionist painter, Pelican Publishing, 2007, p. 5.
  8. « A l'académie de Philadelphie, on dessinait tant bien que mal d'après des copies anciennes ou des plâtres antiques. Il n'y avait pas d'enseignement » explique-t-elle à Achille Segard(Segard, p. 6)
  9. Women impressionists, p. 22.
  10. Streissguth, p. 33
  11. Segard, p. 6
  12. Women impressionists, p. 23
  13. Segard, p. 7
  14. biographie
  15. Segard, p. 11
  16. a et b Women impressionists, p. 24
  17. a et b Laclotte-Cuzin 1987, p. 430
  18. Segard, p. 158-171
  19. a et b Segard, p. 49
  20. Segard, p. 48
  21. Segard, p. 68-77
  22. Segard, p. 45
  23. a, b et c Women impressionists, p. 18
  24. Monneret 1987, p. 244-246
  25. Pierre Assouline, Grâces lui soient rendues - Paul Durand-Ruel, le marchand des impressionnistes, Gallimard, 2002, p.  259 et 262.
  26. Monneret 1987, p. 105
  27. Segard, p. 86-110
  28. Segard, p. 101
  29. Segard, p. 121
  30. Segard, p. 123
  31. Women impressionists, p. 26
  32. Women impressionists, p. 28
  33. Women impressionists, p. 27
  34. « Cote LH/2550/9 », base Léonore, ministère français de la Culture
  35. Catalogue exposition
  36. Bénézit 1924, p. 889.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]