Cybermilitantisme

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Les termes de cybermilitantisme - ou de cyberactivisme - désignent les différentes formes de militantisme pratiqués à l'aide de l'Internet[1],[2].

Historique et description[modifier | modifier le code]

Émergence [modifier | modifier le code]

C’est en octobre 1989 que la première cyberattaque à motifs explicitement politiques est menée. Celle-ci vise les ordinateurs de la NASA et du département de l’énergie des États-Unis, et consiste en un virus de type worm affichant un message contre l’utilisation de l’énergie nucléaire lors de la connexion des utilisateurs[3].

Avec l’avènement du web 2.0 des années 2000, Internet et les réseaux sociaux prennent une place considérable dans les mouvements de protestation[4]. Les principes participatifs, collaboratifs, et « faites le vous-même » adoptés par ce nouveau cyberespace contribuent à la démocratisation du web[4].

Particularités [modifier | modifier le code]

Le cybermilitantisme découle du courant de pensée de la culture hacker, mouvement idéologique né dans les années 1960 au Massachusetts Institute of Technology[5]. Les hackers revendiquent un libre accès à l’information et considèrent que l’informatisation est un phénomène positif pour l’humanité[4]. Plusieurs sites prônant l’accès et la démocratisation de l’information sur le Web, tels que les « wikis », comme Wikipédia ou wikileaks, s’inscrivent dans cette optique de partage ouvert, sans frontières et transparente des connaissances.

La liberté d’expression constitue aussi un point central dans la culture hacker. Par exemple, le forum d’échange et de discussions 4chan, qui a donné vie au mouvement hacktiviste Anonymous, représente cet aspect de la culture hacker: sa participation est volontaire, anonyme, non hiérarchique, et ne comporte aucune restriction quant à la liberté d’expression[5]. Ce genre d’environnement libertaire est très prisé des hackers, du fait qu’ils constituent un idéal de liberté de pensée et d’expression où l’on peut mettre au profit de l’humanité les nouvelles technologies de l’informatique.

Impacts [modifier | modifier le code]

Les cybermilitants adoptent une stratégie politique visant généralement à agir sur l’opinion publique en démocratisant les plateformes de communication[6]. Autant à travers l’art que les attaques informatiques[7], le but du cybermilitantisme est de promouvoir une idée à travers Internet, plateforme médiatique de masse par excellence aux yeux des cybermilitants, permettant visibilité et support vis-à-vis les publics concernés.

Formes[modifier | modifier le code]

Hacktivisme[modifier | modifier le code]

L’hacktivisme consiste en l’utilisation non violente du piratage informatique à des fins politiques[6]. Bien que le piratage informatique soit illégal, son utilisation permet de propager des idées politiques rapidement et à grande échelle[6]. Ces pratiques de piratage hacktivistes sont des activités perturbatrices qui prennent diverses formes. Le type d’attaque hacktiviste le plus répandu est la dégradation de sites web, soit l’altération illégale de pages web de sorte à y placer un message politique4. L’hacktiviste peut aussi effectuer des redirections de sites web, du vol d’informations, des attaques par déni de service (DoS ou DDoS), ou des sit-in virtuels[6].

Par ailleurs, les groupes hacktivistes, à l’instar d’Anonymous, sont souvent peu coordonnés et peu médiatisés, du fait que leurs membres accordent une importance particulière à leur anonymat[8].

De plus, la pratique de l’hacktivisme est sujette à controverse du fait de son illégalité. Par exemple, les révélations d’Edward Snowden concernant la surveillance du web, dont les informations sont tirées de documents confidentiels du gouvernement américain[9], s’inscrivent aussi dans cette approche du cybermilitantisme, ayant ensuite été rendus publics par l’entremise du site Wikileaks et de médias d’information ayant collaborés à leur publication.

L’art Hacktiviste[modifier | modifier le code]

L’art hacktiviste, incluant des mouvements tels que Fluxus et le « Mail Art », est défini par l’utilisation de plateformes informatiques de masse pour créer une communauté artistique diversifiée[7]. Fluxus, qui sera composée de plusieurs artistes multidisciplinaires à travers son histoire, formera une base représentative de l’art Hacktivisme. Ces artistes sont portés par le volonté d’offrir l’art dans un milieu communautaire libre, hors de tout contrôle des musées, qui selon eux décident ce qui est de l’art et ce qui peut alors être présenté ou non au public[7]. Ce type de cyber militantisme a connu un essor entre les années 1960 et 1970 avec le mouvement Fluxus[7]. En créant ces milieux propices, ces plateformes permettent à des communautés artistiques de promouvoir l’art sur un niveau transnational encourageant ainsi l’expérimentation et la liberté d’expression[7]. Celle-ci porte une attention particulière sur la facilité de la distribution de l’art, utilisant la propagation rapide des médias sociaux, et à la création de ces milieux propices dans lesquelles l’art avancera à travers les contributions des membres[7].

Cyberterrorisme [modifier | modifier le code]

Le cyberterrorisme est « l’utilisation illégale de plateformes informatiques ayant pour objectif de commettre des actes de terreur »[10]. Cette pratique se distingue par la propagation d’information ou de désinformation (Fausses nouvelles) dans l’optique de promouvoir le message d’une faction[10], ainsi que la cueillette d’information et le recrutement de membres. Le cyberterrorisme se catégorise en deux types. Le cyberterrorisme peut avoir pour objectif la violence et la peur, similaire aux actes terroristes traditionnels, ou alors l’intention de causer des dommages politiques ou économiques pour susciter une réaction du public et/ou d’un gouvernement[10].

Autres dénominations[modifier | modifier le code]

« Internet activism », « online activism », « digital campaigning », « digital activism », « online organizing », « electronic advocacy », « cyberactivism », « e-campaigning » ou « e-activism ».

Quelques cybermilitants célèbres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Document - Outils et astuces pour un cybermilitantisme efficace, site d'Amnesty International
  2. Danny Braün, « Internet - Le cyberactivisme », Dimanche Magazine, Première Chaîne de la Société Radio-Canada,
  3. Ty McCormick, « ANTHROPOLOGY OF AN IDEA: HACKTIVISM », Foreign Policy, no 200,‎ , p. 24–25 (lire en ligne)
  4. a, b et c Raphaël Josset, « « Become The Media! » : de l'hacktivisme au web 2.0 », Sociétés, no 124,‎ , p. 55–64 (ISSN 0765-3697, DOI 10.3917/soc.124.0055, lire en ligne)
  5. a et b Delbecque, Yannick, « Culture hacker, hacks et création, création politique et politique de la culture », Nouveaux Cahiers du socialisme, no 15,‎ (ISSN 1918-4662 et 1918-4670, lire en ligne)
  6. a, b, c et d (en) Noah CN Hampson, « Hacktivism: A new breed of protest in a networked world », BC Int'l & Comp. L. Rev.,‎ , p. 511-542 (lire en ligne)
  7. a, b, c, d, e et f (en) Annmarie Chandler, At a Distance: Precursors to Art and Activism on the Internet, Cambridge, massachusetts, MIT Press, (ISBN 9780262033282)
  8. Maxime Pinard, « L'hacktivisme dans le cyberespace : quelles réalités ? », Revue internationale et stratégique, no 87,‎ , p. 93–101 (ISSN 1287-1672, DOI 10.3917/ris.087.0093, lire en ligne)
  9. (en) (Anonyme), « The Surveillance State and its Discontents », Foreign Policy,‎ , p. 64-74 (ISSN 0015-7228)
  10. a, b et c (en) Michael Stohl, « Cyber terrorism: a clear and present danger, the sum of all fears, breaking point or patriot games? », Crime, Law and Social Change, vol. 46, no 4-5,‎ , p. 223–238 (ISSN 0925-4994 et 1573-0751, DOI 10.1007/s10611-007-9061-9, lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Martha McCaughey et Michael Ayers, Cyberactivism: online activismin theory and practice, New York, Routledge, 2003. [présentation en ligne]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]