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Nutella

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Nutella
Image illustrative de l'article Nutella
Logo de Nutella

Créateur Pietro Ferrero
Ingrédients Sucre
huile de palme
noisettes
cacao maigre
lait écrémé en poudre
poudre de lactosérum
émulsifiant (lécithine de soja)
vanilline
Nutella dans un bocal et tartiné sur une tranche de pain, avec du lait, des noisettes et de la fleur de canola.

Nutella est une marque déposée de pâte à tartiner à la noisette et au cacao, créée le [1] dans le Piémont par la société italienne Ferrero.

Populaire, ce produit domine le marché mondial de la pâte à tartiner à la noisette et au cacao. En France, il représente environ 82 % du marché de la pâte à tartiner en 2013[2].

Les pots de Nutella vendus sur le marché français sont fabriqués dans l'usine Ferrero de Villers-Écalles (Seine-Maritime), qui fabrique également des barres chocolatées Kinder Bueno. Cette usine (employant plus de 380 salariés) est le premier site mondial de production de Nutella. Il y est fabriqué plus de 800 000 pots par jour soit un tiers de la production mondiale[3] (chiffres de 2013).

Historique

L'utilisation de noisettes dans une recette au chocolat est liée aux circonstances économiques de l'après Seconde Guerre mondiale, époque où les fèves de cacao sont rares et chères. Pietro Ferrero, pâtissier à Alba qui cherche un nouvel aliment pour lutter contre la sous-nutrition des enfants, a l'idée de créer un pain de chocolat fortifiant dans lequel il remplace en partie les fèves de cacao par des noisettes abondantes dans les collines du Piémont. Avec son frère Giovanni, il conçoit un mélange avec une poignée de noisettes, une pincée de poudre de cacao, du lait écrémé en poudre, du sucre et de l'huile végétale pour obtenir une sorte de pain dur au chocolat à couper au couteau et enveloppé d'une feuille d'aluminium : c'est la « pasta gianduja », baptisée « Giandujot », apparue en 1946 et que les mères peuvent couper pour faire des sandwiches à leurs enfants. Face au succès, Pietro, son épouse Piera Cillario et Giovanni ne peuvent plus rester au stade artisanal : ils ouvrent une usine de confiserie au bord de la rivière Tanaro et enregistrent à la Chambre de commerce de Coni la société « Ferrero » le 14 mai 1946, date officielle de la naissance de l'entreprise agroalimentaire italienne[4].

Selon la légende de l'entreprise, durant l'été 1949 caniculaire, les pains de glace alors seuls réfrigérants des banques froides des pâtissiers ne parviennent pas à conserver le fameux chocolat assez dur. Le fils de Pietro décédé le 4 mars, Michele Ferrero, décide alors de le vendre tel quel dans des petits pots de verre fermés par un couvercle en plastique. L'engouement est immédiat, si bien que Michele décide de transformer le « Giandujot » en une pâte au chocolat et aux noisettes à la texture crémeuse (rajoutant du beurre de cacao pour que la texture ne durcisse plus) qui peut être tartinée sur du pain. Elle est d'abord vendue sous le nom de « Gianduja », puis de « Supercrema » en 1951, sa commercialisation se diffusant en Europe[5].

En 1958 apparaît en France une pâte à tartiner aux noisettes nommée Montella produite à Rumilly par la société Mont-Blanc. Celle-ci se présente en gros tube d'aluminium genre dentifrice et est fournie avec une clé que l'on tourne (non sans mal) pour vider efficacement celui-ci au fil du temps. Ce produit est alors populaire dans les nombreuses colonies de vacances du Jura[réf. nécessaire]

Nutella tartiné au couteau sur une tranche de pain.

En 1959, Ferrero s'implante en France en rachetant par sa filiale Dulcea SA une ancienne usine textile, Prevost & Grenier, située à Villers-Écalles. La production débute en 1960 avec des Mon Chéri[6].

En 1963, Michele Ferrero, décide de retirer des ventes Supercrema pour le remplacer par un produit équivalent, la Tartinoise, commercialisée en Europe. Cette nouvelle dénomination de marque est due à une contrainte imposée par une loi italienne interdisant l'usage du préfixe Super dans les marques[7]. À cette occasion, la composition du produit est entièrement révisée, et la Tartinoise est rebaptisée Nutella le 20 avril 1964[8]. Le produit est fabriqué hors d'Italie à partir de 1961, à Villers-Écalles en France qui est devenue le premier marché mondial du Nutella en 2011 avec 71 000 tonnes vendues[9].

Le Nutella n'apparaît aux États-Unis qu'en 1983[10]. Sa diffusion est dans un premier temps cantonnée aux États du Nord-Est avant que la distribution s'étende à l'ensemble du pays. Le beurre de cacahuètes est en effet un produit concurrent au Nutella très implanté aux États-Unis.

En 2007 est créé le World Nutella Day (journée internationale du Nutella) par la bloggeuse américaine Sara Rosso[11], cette journée célébrée depuis toutes les années le 5 février étant surtout relayée par Facebook et Twitter[12].

Dénomination

Nutella vient de la dérivation du mot nut (noix en anglais) et du suffixe diminutif italien ella[13].

En italien, le genre de ce nom est féminin (on dit « la Nutella »)[14]. Le genre du mot « Nutella » en français fait débat. Cependant, la publicité officielle pour le produit mentionne « une tartine avec du Nutella ». L'utilisation de cet article rend de facto le mot Nutella masculin, même si Ferrero n'a jamais officiellement indiqué le genre du mot pour la langue française. En Belgique, il est d’usage d’employer le féminin quand on fait référence à la marque (« la » Nutella). Néanmoins, on utilise plus communément le masculin pour parler du produit (« le » Nutella)[15]. En allemand, Ferrero précise que le mot « Nutella » n'a pas de genre car il s'agit d'un nom de marque[16] et que chacun est libre de choisir quel article (masculin, féminin ou neutre) employer.

Composition

La composition exacte de cette pâte à tartiner diffère suivant le pays d'exportation[17]. Cette différence a une influence sur le goût et la texture, et tient compte de la législation concernant notamment le chocolat[18].

L'huile de palme et le sucre composent donc plus de 72 % du produit[20]. C'est en partant de constats similaires et au vu de la consommation du produit que l'Union Européenne souhaite un étiquetage nutritionnel plus rigoureux[21].

Les ingrédients principaux nécessaires pour la fabrication du Nutella sont les suivants (par ordre décroissant de leur quantité dans un pot de Nutella)[22] :

Ferrero favorise la récolte d’automne, car les fèves sont plus riches à cette période.

Gamme

Un pot de taille plus importante utilisé par un professionnel dans une crêperie.

En Europe, Nutella est vendu :

  • en barquettes de 15 ou 20 g essentiellement pour la restauration ;
  • dans des petits pots en plastique de 30 g essentiellement pour la restauration ;
  • dans des verres contenant 200 g, utilisables après consommation ;
  • dans des pots en verre de 400 g, 630 g, 780 g, 825 g, et 1 kg ;
  • dans des pots en plastique de 5 kg (pour les professionnels)[25].

Les pots de Nutella commercialisés en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique sont en verre avec des étiquetages spécifiques.

En Amérique du Nord, ce produit est conditionné dans des pots en plastique de 400 g ou de 750 g. Le pot de 950 g a fait son apparition tout récemment. Une exception : les pots en verre de 200 grammes sont toujours commercialisés au Canada et en particulier au Québec.

Occasionnellement, des conditionnements spéciaux en pots de 1,5 kg, 3 kg ou 5 kg célèbrent les fêtes de fin d'année. En 2006, des pots dorés de 1,5 kg « édition collector » sont mis sur le marché.

L'étiquetage classique est constitué d'une ou deux étiquettes papier mais pour les fêtes de fin d'année un habillage complet du pot par un manchon rétractable permet de changer l'aspect du produit.

Notoriété

La notoriété de Nutella est grande, si bien que de nombreuses autres pâtes à tartiner au chocolat et aux noisettes viennent concurrencer ce produit[26]. Sa notoriété a également été à l'origine du nommage du protocole informatique Gnutella. En 2010 le Nutella détient 82 % des parts de marché de la pâte à tartiner en France[2].

La France détient le record de consommation mondiale de Nutella en consommant 26 % de la production mondiale (qui est de 300 000 tonnes)[27].

80 % des personnes n'achètent pas de substitut s'ils ne trouvent pas de Nutella[28].

Critiques

Matières premières utilisant des OGM

En 2008, Greenpeace attribue une mauvaise note au Groupe Ferrero car l'entreprise n'indique pas si le Nutella contient des produits issus d'animaux ayant consommé des organismes génétiquement modifiés (OGM)[29]. Depuis, Ferrero a assuré qu’il n’avait pas recours à des matières premières provenant d’OGM[30],[31].

Utilisation de l'huile de palme

Greenpeace critique aussi Ferrero car cette dernière utilise essentiellement de l'huile de palme sans garantir qu'elle ne provient pas de cultures issues de la déforestation, qui est la cause de la menace de disparitions de nombreuses espèces animales, incluant l'orang-outan[32]. Le groupe a néanmoins pris des mesures en assurant que 100 % de l’huile de palme utilisée dans le Nutella commercialisé en France est désormais certifiée durable RSPO CG[33]. Cependant, cette huile de palme dite « durable » est également critiquée, car elle est accusée de ne pas empêcher la déforestation et d'utiliser pour sa culture du paraquat[34].

Soupçons de phtalate

Fin 2009, une polémique écorne Nutella : sa pâte à tartiner contiendrait un plastifiant potentiellement dangereux pour l'équilibre endocrinien : le phtalate[35].

En réponse, Ferrero assure que les phtalates ne sont pas incorporés dans la composition du Nutella et que ses couvercles en plastique sont certifiés sans phtalates[36]. La firme se défend en affirmant que les laboratoires Sofia à Berlin et Galab à Hambourg, qui ont confirmé la présence infime de phtalates dans le Nutella, relèvent au taux de 60 μg/kg en moyenne, une quantité équivalente voire inférieure à celle contenue dans n’importe quel autre produit[37].

Plainte en Amérique

En février 2011, une mère de famille américaine a porté plainte contre le Groupe Ferrero pour publicité mensongère. Celle-ci a demandé à la justice fédérale américaine d'interdire notamment à Ferrero d'étiqueter le Nutella avec les mentions « bon pour la santé », « équilibré », « aidant les mamans à nourrir leurs enfants de céréales complètes », ou encore comme « un exemple de petit-déjeuner équilibré et savoureux »[38]. La présence dans la recette d'environ 17,3 % d'huile de palme, riche en acide palmitique (acide gras saturé) et d'environ 55,2 % de sucre, fait du Nutella un produit favorisant les risques cardio-vasculaires[39].

D'autres personnes s'étant jointes à cette mère de famille, une action de groupe est intentée contre Ferrero pour publicité mensongère, laissant penser que le Nutella est bénéfique pour la santé alors que la pâte à tartiner est une « bombe calorique » (31 % de lipides et 56,4 % de glucides)[40]. Ferrero accepte de payer 3 millions de dollars (4 dollars par pot et jusqu'à 5 pots par client) dans un accord convenu en avril 2012. Cet accord impose également à Ferrero de modifier les étiquettes des pots de Nutella ainsi que ses campagnes commerciales, incluant les publicités télévisées et ses sites web[41],[42].

Débat au Sénat français

En 2012, le Sénat français lance un débat sur la dangerosité de l'huile de palme, en souhaitant adopter un amendement dit « Nutella » (le sucre et l'huile végétale constituent plus de 70 % du produit fini de cette pâte à tartiner) qui prévoit d'augmenter de 300 % la taxe sur cet ingrédient[43]. En juillet 2013, le gouvernement Ayrault annonce ne pas soutenir cette proposition parlementaire[44].

Nutella dans le monde

Pains de Pâques (easter bread (en)) au Nutella vendus à Kiev en Ukraine.

Le 30 avril 2014, Nutella a fêté les 50 ans de la fabrication du premier pot de la célèbre pâte à tartiner au chocolat[45].

Fabriquée à l'origine dans la seule usine Ferrero d'Alba, Nutella l’est maintenant dans 20 sites de production[46] répartis principalement en Europe, en Amérique du Nord et du Sud, et en Asie du Sud-Est[47]. À partir de ces sites, Nutella est commercialisée, sous la même forme, en pots de verre ou de plastique (Australie par exemple), dans plus de 100 pays à raison de 350 mille tonnes par an.

En France, sont fabriqués chaque année 155 millions de pots de Nutella, soit un pot sur trois vendu dans le monde[2]. Le chiffre d'affaires de cette division du groupe Ferrero est de 1,7 milliard d'euros, ce qui représente un peu moins de 20 % du chiffre d'affaires global du groupe[48].

Notes et références

  1. (it) « Heritage-La Storia-Quando nasce Nutella ? »
  2. a, b et c « Les Français, plus gros consommateurs de Nutella au monde », Le Figaro,‎
  3. « Votre pot de Nutella est fabriqué en Normandie », Tendance Ouest,‎
  4. (it) Gigi Padovani, Mondo Nutella : 50 anni di innovazione, Etas,‎ 2014, p. 147
  5. (it) Mauro Silvio Ainardi, Paolo Brunati, Le fabbriche da cioccolata : nascita e sviluppo di un'industria lungo i canali di Torino, U. Allemandi,‎ 2008, p. 112
  6. Gigi Padovan, op. cité, p. 201
  7. « Découverte produit », sur www.scribd.com (consulté en 1er juillet 2010)
  8. Jean Watin-Augouard, « Nutella, 3 syllabes pour un mythe », Revue des marques, no 76,‎ (lire en ligne)
  9. « dossier Nutella »
  10. (en) « History of Nutella, Nutella USA »
  11. (en) « World Nutella Day History & Hosts »
  12. (en) « Site officiel de World Nutella Day »
  13. (en) « Histoire du nutella », sur nutellausa.com
  14. (it) « Description du produit Nutella »
  15. « FAQ Ferroro »
  16. (de) « FAQ du Nutella »
  17. « Pourquoi le Nutella n’est pas le même en France qu’en Allemagne ? », Quoi?,‎
  18. « La directive chocolat ou comment gérer la diversité des goûts », Nouvelle Europe,‎
  19. « Valeurs nutritionnelles moyennes de Nutella » (consulté le 31 janvier 2011)
  20. « Les secrets de la machine Nutella », Le Point,‎
  21. « Nutella : un danger pour la santé selon l’Union européenne », sur www.maxisciences.com,‎ (consulté en 1er juillet 2010)
  22. « Voici la recette (secrète) de la pâte à tartiner Nutella », sur www.challenges.fr,‎
  23. « Nutella, parlons-en »
  24. « Décryptage - Nutella », sur http://www.les-additifs-alimentaires.com,‎
  25. « Exclusif, Nutella refond sa gamme », sur Linéaires,‎
  26. « Quelles pages ont le plus de fans sur Facebook »
  27. « Les secrets de la machine Nutella », sur lepoint.fr (consulté le 10 septembre 2011)
  28. Alexandre Pouchard, « Nutella est entré dans la catégorie des marques mythiques », Le Monde,‎
  29. « Guide OGM Greenpeace » [PDF], Greenpeace,‎
  30. « Ferrero, l’amande honorable », Notre Terre,‎
  31. Alexandre Pouchard, « Ferrero rassure les consommateurs sur la composition du Nutella »,‎
  32. (en) « Nutella - Breakfast for Champions? », sur greenpeace.org,‎
  33. « Huile de palme : les entreprises peuvent mieux faire », sur Novethic,‎
  34. « Huile de palme "durable" : un outil de greenwashing pour berner le consommateur », sur http://m.leplus.nouvelobs.com
  35. « Une tartine de phtalates au petit-déjeuner », sur 20minutes.fr,‎
  36. « Précisions sur la composition de Nutella » [PDF],‎ (consulté le 8 mars 2013)
  37. « Le Nutella est-il vraiment mauvais pour la santé ? »,‎ (consulté le 8 mars 2013)
  38. « USA: Plainte contre Nutella », Le Figaro,‎
  39. Claire Berthelemy, « Nutella l’acropâte », OWNI,‎ (consulté le 3 février 2012)
  40. Jean-Michel Normand, « Il fallait oser... Dépénaliser le Nutella ! », sur Le Monde,‎
  41. Le Monde, « Trop gras : Ferrero va rembourser des pots de Nutella aux États-Unis », Le Monde,‎ (consulté le 15 août 2013)
  42. Ferrero, « Welcome to the Nutella Consumer Class Action Settlements Website », sur Ferrero,‎ (consulté le 15 août 2013)
  43. « Nutella défend son huile de palme », sur leparisien.fr,‎
  44. « Huile de palme : en Malaisie, Ayrault enterre la "taxe Nutella" », sur lemonde.fr,‎
  45. Sud Ouest, « Nutella fête ses 50 ans : et c'est en France qu'on en consomme le plus », Sud_Ouest,‎
  46. « Michele Ferrero le père du Nutella est mort », sur Le journal des entreprises,‎
  47. Notre présence dans le monde
  48. Il Sole 24 Ore, « Nutella compie 50 anni, prodotta senza un'ora di sciopero », Il Sole 24 Ore,‎ (consulté le 15 mai 2014)

Voir aussi

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Bibliographie

Filmographie

Lien externe