Phare de Saint-Mathieu

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Phare de Saint-Mathieu
Le phare de Saint-Mathieu et les ruines de l'abbaye
Le phare de Saint-Mathieu et les ruines de l'abbaye

Coordonnées 48° 19′ 48″ N 4° 46′ 15″ O / 48.33, -4.7708348° 19′ 48″ N 4° 46′ 15″ O / 48.33, -4.77083  [1]
Pays Drapeau de la France France
Localisation Plougonvelin, Finistère
Construction 1740 - 1821 - 1835
Hauteur 37 m
Élévation 56 m
Portée 29 milles marins
Feux 1 éclat blanc, 15 secondes
Optique Tournante 1 éclat 2 panneaux[2]
Lanterne Lampe aux iodures métalliques de 250 W – 220 V
Aide sonore non
Automatisation 1996
Gardienné non
Visiteurs oui
Protection  Inscrit MH (2005)
Logo monument historique Classé MH (2011)

Géolocalisation sur la carte : Finistère

(Voir situation sur carte : Finistère)
Phare de Saint-Mathieu

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Phare de Saint-Mathieu

Le phare de Saint-Mathieu est situé sur la pointe Saint-Mathieu, à Plougonvelin, dans les environs de Brest, dans le Finistère. Le phare fut construit en 1835 dans les ruines d'une ancienne abbaye. C'est un phare majeur de la côte française dont la portée théorique est de 29 milles marins (environ 55 km).

Avec celui de Kermorvan, il donne la direction du chenal du Four, que suivaient les navires transitant sur un axe nord-sud avant la création du rail d'Ouessant, tandis que son alignement avec le phare du Portzic donne la route à suivre pour entrer dans le goulet de Brest.

Le phare fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [3],[4].

le sémaphore, les ruines de l'abbaye et le phare

Historique[modifier | modifier le code]

Sur le promontoire de Saint-Mathieu ne se dressent pas seulement les ruines d'une abbaye, mais aussi un phare et un sémaphore moderne. Si cet ensemble peut sembler baroque (au point que certains avaient avancé l'idée, dans le cadre d'une restauration de l'abbaye, de démonter le phare pour le reconstruire plus loin), le site n'en garde pas moins sa cohérence, tant ces éléments sont liés par leur histoire.

Premiers feux[modifier | modifier le code]

La présence d'un feu destiné aux navires croisant dans ces parages est plus ancienne, mais il fallut attendre la fin du XVIIe siècle et les besoins d'accès à la nouvelle base navale de Brest, pour qu'on se préoccupe un peu plus sérieusement des conditions de navigation en Bretagne occidentale

Le 19 novembre 1691, est proposée la construction d’un feu sur le clocher de l'abbaye. Ce projet fut achevé en septembre 1692. Afin de compléter le balisage un autre feu sera inauguré en 1699, au Stiff, à Ouessant.

Mais l'entretien d'un feu coûte cher. Pour des raisons d'économie, le feu de Saint-Mathieu n'est allumé que par les nuits très noires d'automne et d'hiver. De plus, le feu de charbon ainsi allumé, peu efficace, risque d'embraser l'abbaye.

En décembre 1695, on décide de le remplacer par une lanterne vitrée renfermant quinze lampions de cuivre placés sur trois rangées superposées. Mais là aussi il y avait des inconvénients :

  1. dès que le niveau d'huile baissait, la lumière était renvoyée vers le ciel par le cuivre des lampions ;
  2. on utilisait de l'huile de poisson non épurée, dont les vapeurs encrassaient les vitres et réduisaient la portée du phare.

Par ailleurs, Tourville se plaignait que le phare ne soit pas régulièrement allumé. Les religieux proposent leurs services en échange du droit de bris et sont chargés d'allumer le fanal à partir du 1er janvier 1694. En 1701, la Marine récupère le phare et loue une maison pour installer un gardien.

En mars 1750, un fort coup de vent démolit la lanterne et l'intendant de la Marine fit renforcer l'édifice par une armature métallique. À cette époque, le feu aurait pu être vu à deux lieues si sa clarté n'attirait les oiseaux de mer qui venaient s'y écraser et briser les carreaux. Pour les protéger, on dut poser un grillage qui absorbait une grande partie de la lumière.

En 1771, le lieutenant général des armées navales comte d'Estaing fit réaliser une série de modifications. On remplaça les petits carreaux par de grandes glaces en verre de Bohême et les lampions par des lampes à double mèche alimentées par un mélange d'huile de poisson et d'huile de colza. La puissance de réflexion était renforcée par des réflecteurs en métal poli. Le feu de ce nouveau phare pouvait être vu jusqu'à 30 km.

Le phare fut épargné lors la vente des biens nationaux. Ceci explique la conservation actuelle des ruines: la tour, malgré la réserve importante de pierres qu'elle représentait, ne put être démolie.

En 1820, le feu de Saint-Mathieu fut équipé d'une installation pour feu tournant avec 8 réflecteurs Lenoir et des lampes d'Argand, qui en accroissaient la portée. Mais restait le problème de la hauteur insuffisante de l'ensemble.

Phare actuel[modifier | modifier le code]

Exposition de 1834 — Appareil d'éclairage du phare Saint-Mathieu. Gravure du Magasin pittoresque, Paris, t. 2, p. 285.

L'état de la tour de l'ancienne abbaye étant pitoyable, il fut alors décidé de construire un nouveau phare, qui fut mis en service le 15 juin 1835. Le nouveau phare est réalisé sur un fût de 3,2 mètres de diamètre intérieur et de 36 mètres de hauteur, dont la base est entourée d'une construction circulaire, contenant les magasins et les chambres des gardiens. Un escalier intérieur mène au feu tournant à 16 demi-lentilles placé à 55 m au-dessus du niveau de la mer qui est protégé par des glaces de 81 cm de côté et de 9 mm d'épaisseur. Ce feu à éclipses de 30 secondes en 30 secondes, dont la portée était de 35 km vers 1860, fonctionna d'abord à l'huile de colza, puis au pétrole avant d'être électrifié en 1932.

Le 10 octobre 1911, le feu est posé sur un bain de mercure et ses caractéristiques changent : c'est depuis un feu à éclat d'une période de 15 secondes. Ce n'est par contre qu'en juin 1963 qu'il prend son aspect actuel : tour peinte en blanc, marquée « SAINT-MATHIEU » en rouge, et bande rouge au sommet.

Vue depuis le sommet du phare, vers l'est
Vue vers le sud.

Audiovisuel[modifier | modifier le code]

Le site du phare de Saint-Mathieu sert de toile de fond à la présentation des reportages de la saison 2012-2013 de l'émission Thalassa, sur France 3[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées géographiques obtenues sur le site World Lighthouse On The Air (consulter la liste). Modifiées d'après Géoportail (IGN) et CartoExploreur (Bayo, d'après cartographie IGN).
  2. Fiche sur le site de la DDE 29
  3. « Notice no PA29000050 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. « Classement au titre des monuments historiques de plusieurs phares ou anciens phares du littoral », sur www.bretagne.pref.gouv.fr (consulté le 10 janvier 2011)
  5. « Thalassa sur le site de Saint-Mathieu (Finistère) », sur DIRM NAMO,‎ (consulté le 12 septembre 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Philip Plisson, Guillaume Plisson et Daniel Charles, Phares majeurs de l'arc Atlantique, Éditions du Chêne,‎ [détail de l’édition] (ISBN 2842774035) p. 196-197

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]