Paul Braffort

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Paul Braffort
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Paul Braffort, né le à Paris XIVe et mort le dans la même ville[1], est un informaticien français, en outre écrivain, poète, chanteur, parolier et compositeur de chansons[2].

Il était membre de l'Oulipo, depuis 1961, et régent de rhématologie du Collège de 'Pataphysique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul Braffort a été élève au lycée Buffon de 1933 à 1941[3]. Le , il participe avec ses camarades de mathématique spéciale préparatoire à la manifestation des étudiants et lycéens, place de l’Étoile. Avec Jacques Baudry, élève de spéciale, et d’autres jeunes communistes et gaullistes, il participe ensuite à la diffusion de L'Étudiant patriote pour le Front national des lycéens. Mais il entre en mathématique spéciale au lycée Saint-Louis, perdant alors le contact avec le groupe Baudry. Ayant échoué aux concours, il s’inscrit à la Sorbonne et obtient une licence ès sciences (mathématique) et une licence ès lettres (philosophie).

À la Libération il adhère à l'Union de la jeunesse républicaine de France et devient responsable du groupe des étudiants en science (Cercle Jacques Solomon), puis de l’ensemble des cercles étudiants de Paris et est élu membre du Comité national de l’UJRF[4].

Après avoir projeté de soutenir une thèse sur le fondement des mathématiques (sous la direction de Gaston Bachelard), mais n’ayant pu obtenir une bourse du CNRS, il entre en mars 1949 au Commissariat à l’énergie atomique comme bibliothécaire, pour concevoir une nouvelle Classification matières à l’usage du Service de la Documentation[5].

En 1954, Maurice Surdin, chef du département d’électronique, le charge de créer et de diriger un laboratoire de calcul analogique. Il est détaché à Euratom, de 1959 à 1963, puis au Centre européen de technologie spatiale (ESTEC), de 1964 à 1971, dont il dirige les centres de calcul et la recherche en intelligence artificielle, alors à ses débuts[6].

Avec Christophe Tzara et Maurice Spighel, en 1954, puis avec Maurice Surdin et Adolfo Taroni, en 1958, il a développé une théorie physique originale : l’électrodynamique stochastique[7].

Nommé professeur d'informatique à l'université de Paris XI (Orsay)[8], de 1971 à 1976, il oriente ses recherches vers la logique et la linguistique. Il a alors l'opportunité de collaborer avec Alain Smoucovit, un informaticien bien connu de quelques-uns parmi les meilleurs du domaine. Il dirige ensuite une société de services informatiques (GAI), de 1977 à 1982 avant d'être nommé visiting scholar à l'université de Chicago de 1988 à 1991, puis d'intervenir comme expert au Centre d'informatique et méthodologie en architecture (CIMA) avec Jean Zeitoun.

De 1992 à 1998, directeur de programme au Collège international de philosophie, il anime de nombreux séminaires sous le titre général : Science, art, littérature : nœuds et faisceaux culturels et leurs déploiements, avec le concours de Daniel Arasse, François Bayle, Marie Farge, Josiane Joncquel, Isabelle Krzywkowski, Laurent Nottale, Louis Roquin, etc.

Par ailleurs, ami de longue date de Raymond Queneau et de François Le Lionnais, il avait été élu membre de l’OuLiPo le . Sa première contribution, présentée le 5 juin suivant, avait trait aux possibilités offertes par les machines à calculer électroniques (qu’on n’appelait pas encore « ordinateurs »). À plusieurs reprises, il met ses compétences informatiques au service des oulipiens, notamment Marcel Benabou, Italo Calvino et Jacques Roubaud avec qui, en 1981, il fonde l'ALAMO (Atelier de littérature assistée par la mathématique et les ordinateurs)[9], qui a participé à de nombreuses manifestations, présentations et ateliers au Centre Pompidou, à la Cité des sciences de la Villette, à Toulouse où le « Faust d’or » pour le langage lui a été décerné.

Admirateur de Charles Trenet, il a composé plusieurs centaines de chansons sur des poèmes de Raymond Queneau, Jacques Bens, Paul Éluard, Guillaume Apollinaire, etc., ainsi que celle du film d'Henri Gruel La Joconde (dialogues de Boris Vian). En 1958, Pathé Marconi a produit un vinyle 33 cm : Des atomes et des hommes, après ses tours de chant aux Trois Baudets, à la Fontaine des Quatre Saisons, à la Comédie Caumartin et à l'Olympia. En 2007 paraissait un coffret de 3 CD avec 82 chansons composées sur des poèmes de Raymond Queneau, d’oulipiens et d’autres poètes.

De 1978 à 2003, il a participé régulièrement au Panorama de France Culture animé par Jacques Duchateau, où il présentait les livres de vulgarisation scientifique et de philosophie, les romans policiers et de science fiction.

Il a été conseiller municipal de Limours[10].

Publications[modifier | modifier le code]

Paul Braffort a publié de nombreux articles scientifiques, techniques et littéraires, ainsi que les ouvrages suivants :

  • L’Intelligence artificielle (Presses universitaires de France, 1968) ;
  • Science et littérature: les deux cultures, dialogues et controverses pour l’an 2000 (Diderot, 1998) ;
  • J & I, les deux combinateurs et la totalité: soixante treize afables, trente-sept dessins (Plein chant, 2002). Ce dernier ouvrage a été traduit en italien et en anglais (États-Unis) ;

puis, dans la Bibliothèque oulipienne, les fascicules :

  • no 9 : Mes hypertropes (1979) ;
  • no 18 : Le désir (les désirs) dans l’ordre des amours (1982) ;
  • no 48 : Les bibliothèques invisibles (1990) ;
  • no 54 : Trente-quatre brazzles (1992) ;
  • no 86 : Chu dans mer sale (1997) ;
  • no 119 : Cinq lettres de créance (2002) ;
  • no 130 : Les univers bibliothèques (2004).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir paulbraffort.net, le site de Paul Braffort, sur lequel il a regroupé ses textes, ses archives, ses chansons, etc.
  2. Voir anicky.free.fr, le site d'Anne Dicky.
  3. Paul Braffort, sur le site de l'Oulipo.
  4. Articles sur le G.U.M.S., série d'articles de l'historien Michel Pinault.
  5. Rapport C.E.A., Centre d'études nucléaires, service de documentation, 1956.
  6. Entretien avec Paul Braffort, sur le site de la Société Informatique de France.
  7. Le champ électromagnétique fluctuant de l'univers, essai d'une électrodynamique stochastique, article de Maurice Surdin, 1971, sur le site Numdam.
  8. Page de Paul Braffort, sur le site de France Culture.
  9. « Queneau l'explorateur », sur lemonde.fr, .
  10. A. Malabard, « Un musée de la science et de la technique à La Villette ? Des propositions nouvelles », sur lemonde.fr, .

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]