François Bayle

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L'Acousmonium conçu par François Bayle en 1974

François Bayle, né en 1932 à Tamatave (Madagascar), est un compositeur français, inventeur de la musique acousmatique. Il intègre le Groupe de recherches musicales (GRM) en 1960 et le dirigera de 1966 à 1997.

Biographie[modifier | modifier le code]

François Bayle naît le 27 avril 1932 à Tamatave, à Madagascar[1]. Son père est fonctionnaire colonial. Le jeune garçon voyage dans l'île jusqu'à l'âge de 14 ans. De retour en France en 1946 il termine ses études à Bordeaux et entreprend un cursus scientifique et littéraire. Il s'installe à Paris en 1954 comme instituteur. Il suit les cours d'Olivier Messiaen au Conservatoire et de Pierre Schaeffer, se rend plusieurs étés à Darmstadt en 1960-61-62 pour étudier la composition avec Karlheinz Stockhausen.

François Bayle rejoint le GRM de Pierre Schaeffer dès 1958. Il y étudie pendant plus de deux ans, puis y poursuit sa collaboration avant de s'en voir confier la responsabilité en 1966. En 1975, le GRM est intégré au sein du tout nouveau Institut national de l'audiovisuel (INA). François Bayle est confirmé à la tête de ce département, qu'il développera considérablement et dirigera jusqu'en 1997. Sa contribution technique majeure restera sans doute la création de l'Acousmonium, orchestre de haut-parleurs associé à des instruments de pilotage performants permettant de régler finement la spatialisation des sons. Ce dispositif offrira une grande liberté d'expression et de réalisation aux artistes compositeurs de musique acousmatique, qu'il décide de nommer ainsi afin d'en affirmer l'autonomie et les principes. Il est à l'origine de nombreuses œuvres publiées dans la Collection Ina-Grm, également créée à son initiative.

En 1997, François Bayle quitte le GRM et fonde son propre studio : le label Magison, qui publiera essentiellement ses propres œuvres. Il a présidé la Commission Musique symphonique de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) de 2001 à 2007.

Parmi de nombreux documents audiovisuels INA où il apparait, plusieurs lui sont consacrés, notamment par Michel Treguer : Espaces inhabitables, 1972. Plus récemment Françoise Berdot : Le magicien des sons, 2010. D'autres sont en projet : Lucile Chaufour : Un portrait (en cours [Quand ?]). En 2012, Jérémie Carboni réalise le documentaire Musique(s) électronique(s), dans lequel François Bayle raconte son parcours et ses expérimentations.

Catalogue[modifier | modifier le code]

100 opus recensés à ce jour, parmi lesquels (les plus connus en gras) :

  • 1960 Points critiques (instrumental)
  • 1962 Trois portraits d’un Oiseau-Qui-N’existe-Pas
  • 1962 L'objet captif (instrumental)
  • 1963 L'Archipel (quatuor à cordes)
  • 1963 Pluriel, pour 19 instruments et haut-parleurs (in Concert Collectif du Grm)
  • 1966 Lignes et points
  • 1967 Espaces inhabitables
  • 1969 Jeïta ou Murmure des eaux
  • 1971 Trois Rêves d'oiseau
  • 1969-72 L'Expérience Acoustique [suite comprenant: /1-L'Aventure du Cri /2-le langage des fleurs /3-La preuve par le sens /4-L'épreuve par le son /5-La philosophie du non]
  • 1972 Purgatoire, d'après La Divine Comédie, de Dante
  • 1973 Vibrations composées
  • 1974 Grande polyphonie
  • 1976 Camera oscura
  • 1978 Tremblement de terre très doux
  • 1979-80 Erosphère [suite comprenant: /1-La fin du bruit /2-Tremblement de terre très doux /3-Toupie dans le ciel]
  • 1982 Les Couleurs de la nuit
  • 1980-83 Son Vitesse-Lumière [suite comprenant: /1-Grandeur nature /2-Paysage, personnage, nuage /3-Voyage au centre de la tête /4-Le sommeil d'Euclide /5-Lumière ralentie]
  • 1984 Aéroformes
  • 1985 Motion-Emotion
  • 1987-88 Théâtre d'Ombres [suite comprenant: /1 … derrière l'image - /2 … ombres blanches]
  • 1989 Mimaméta
  • 1991 Fabulae [suite comprenant: /1-Fabula /2-Onoma /3-Nota /4-Sonora]
  • 1994-95 La main vide [suite comprenant: /1-Bâton de pluie /2-La fleur future /3-Inventions]
  • 1996 Morceaux de ciels
  • 1999 Jeîta-retour
  • 1999 Arc (pour Gérard Grisey)
  • 2000-01 La forme du temps est un cercle [suite comprenant: /1-Concrescence /2-Si loin, si proche /3-Tempi /4-Allures /5-Cercles]
  • 2002-04 La forme de l'esprit est un papillon [suite comprenant: /1-Ombrages et trouées /2-Couleurs inventées]
  • 2005 Univers nerveux
  • 2008-09 L'Oreille étonnée
  • 2010-11 Rien n'est réel [suite comprenant: /1 … sensations /2 … perceptions]
  • 2011-12 Déplacements [suite comprenant: /1 … horizontal/vertical - /2 spiral - /3 diagonal]
  • 2013-14 Opus 100

Discographie[modifier | modifier le code]

Cycle Bayle (Magison) en 18 CD monographiques

  • vol. 1 : Érosphère (Tremblement de terre très doux [28'13"] ; Toupie dans le ciel [25'10"]), INA C 3002, ADDA, 1990
  • vol. 2 : Théâtre d'ombre [39'24"] ; Mimaméta [11'02"], MGCB 0291, ADDA, 1991
  • vol. 3 : Vibrations Composées [35'58"] ; Grande Polyphonie [36'32"], MGCB 0392, ADDA, 1992
  • vol. 4 : Fabulæ [56'45"], Musidisc 244732, 1993
  • vol. 5/6 : l'Expérience acoustique [54'15"] + [66'16"], Musidisc 245042, 1994
  • vol. 7 : Divine comédie (Enfer, de Bernard Parmegiani [61'20"] ; Purgatoire & Paradis terrestre de François Bayle [71'28"]), Musidisc 245372, 1995
  • vol. 8 : la Main vide [42'41"], Musidisc 245542, 1996
  • vol. 9/10 : Son Vitesse-Lumière [56'08] + [63'15"], Musidisc 247392, 1997
  • vol. 11 : Motion-Émotion [22'01"], Musidisc 292432, 1998
  • vol. 12 : Morceaux de Ciels [25'27"] ; Théâtre d'Ombres [39'24"], Musidisc 248022, 1998
  • vol. 13 : Jeîta (Jeîta ou murmure des eaux [39'50"] ; l'Infini du bruit [10'55"] ; Jeîta-retour [5'23"]), Musidisc 248122, 1999
  • vol. 14 : Camera oscura [38'39"] ; Espaces inhabitables [17'41"], M10 275112, 2000
  • vol. 15 : La forme du temps est un cercle [59'30"], M10 275862, 2001
  • vol. 16 : Toupie dans le ciel (version originale « sans remix ») [21'00"], MGCB e102, 2002
  • vol. 17  : Tremblement de terre très doux (non paru)
  • vol. 18 : La forme de l'esprit est un papillon [35'35"] (suivi de Trois rêves d'oiseau [10'00"] et Mimaméta [10'46"]), M10 275972, 2004
  • Coffret Bayle (InaGrm) en 15 CD
  • CD 1 / 1963-71 / 67’ 25 // Trois Rêves d’oiseau 9’48 // Espaces inhabitables 18’02 // Jeîta, ou Murmures des eaux 39’21 (version 2012 inédite)
  • CD 2 / 1969-71 / 54’19 // L’Expérience Acoustique : I / L’Aventure du cri 17’34II // II / Le Langage des fleurs 34’37
  • CD 3 / 1971-72 / 65’55 // L’Expérience Acoustique : III / La Preuve par le sens 32’13 // IV / L’Epreuve par le son 24’43 // V / La Philosophie du non 8’57
  • CD 4 / 1972 / 71’38 // Divine Comédie : Purgatoire & Paradis terrestre 71’38
  • CD 5 / 1973-74 / 72’32 // Vibrations composées 36’02 // Grande polyphonie 36’32
  • CD 6 / 1976-82 / 57’57 // Camera oscura 28’00 : Sept préludes : 19’56 & Labyrinthe (version 2012 inédite) 8’04 // Les Couleurs de la nuit 29’52 (version 2012 inédite)
  • CD 7 / 1978-80 / 68’33 // Erosphère : Tremblement de terre très doux 28’19 // La fin du bruit 16’35 (version 2009 inédite) // Toupie dans le ciel 23’40  (version 2009 inédite)
  • CD 8 / 1980-81 / 56’02 // Son Vitesse-Lumière : I / Grandeur nature 32’01 // II / Paysage, personnage, nuage 24’01
  • CD 9 / 1981-83 / 63’15 // Son Vitesse-Lumière : III / Voyage au centre de la tête 20’44 // IV / Le sommeil d’Euclide 20’50 // V / Lumière ralentie 21’41           
  • CD 10 / 1985-88 / 61’39 // Motion–Émotion 22’01 // Théâtre d’Ombres 39’30 : … derrière l’image // … ombres blanches( in memoriam L. Berio)
  • CD 11 / 1989-91 / 67’42 // Fabulæ 56’41 : 1/ Fabula 14’34 // 2/ Onoma 16’04 // 3/ Nota 10’27 // 4/ Sonora 15’36 // Mimaméta 10’44
  • CD 12 / 1994-96 / 68’14 // La Main Vide  42’35 : 1/ bâton de pluie 19’58 // 2/ la fleur future 12’28 // 3/ inventions 10’22 (in memoriam P. Schaeffer) // Morceaux de Ciels 25’26
  • CD 13 / 1999-2001 / 64’13 // Arc, pour Gérard Grisey 8’02(inédit) // La forme du temps est un cercle 55’52 : 1/ concrescence 12’30 // 2/ si loin, si proche 13’36  // 3/ tempi 7’25 // 4/ allures 9’06 // 5/ cercles 13’15
  • CD 14 / 2003-05 / 56’52 // La forme de l’esprit est un papillon 34’27 : 1/ ombrages et trouées 21’11(version 2012 inédite) // 2/ couleurs inventées 13’15 // Universnerveux 22’23 (in memoriam K. Stockhausen) (inédit)
  • CD 15 / 2006-12 / 55’34 // L’Oreille étonnée (in memoriam O. Messiaen) 14’58(inédit) // Rien n’est réel 25’30 (inédit) : … sensations 9’12 // … perceptions // 15’40 Déplacements : 15’30 (inédit) horizontal-vertical // spiral
  • 3 DVD-ROM in Diabolus in Musica // Erosphère // L'Expérience Acoustique (livres interactifs avec exemples sonores + acousmographies) Magison vol. 19 - 20 - 21
  • Les couleurs de la nuit, version intégrale de 1982, Subrosa, 2013

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1978 Grand Prix des compositeurs SACEM
  • 1981 Grand Prix National du Disque
  • 1989 Prix Ars Electronica, Linz
  • 1996 Grand Prix de la Musique de la Ville de Paris
  • 1997 Hommage du CIME de Sao Paulo
  • 1999 Grand Prix Charles-Cros du président de la République
  • 2006 Nommé Doctor honoris causa par l'université de Cologne
  • 2007 Grand Prix de la Fondation Del Duca/Académie de France
  • 2010 Qwartz Pierre Schaeffer
  • 2011 Prix Arthur Honegger 2011

Citations[modifier | modifier le code]

« Processus et pression, mémoire et impression, l'émotion traverse l'instant, prolonge ce point d'ouïe, cet "œil" du sablier d'où s'écoule la mystérieuse matière : le temps. (...) Temps traversant-traversé. Si écouter, c'est donner forme, celle-ci s'installe toujours dans une perspective temporelle, perçue à partir d'une unité-étalon, d'un point de fuite du temps. Alors on entendra que mon objet fut d'étudier mes propres réactions d'écoute selon plusieurs registres temporels, parfois mêlés, chacun déterminé par son calibre ou par son grain : pulsations épaisses, éclats de foule, chocs, chuintements de l'eau, rythmes dansés. Cloches proches ou lointaines (le bruit du temps par excellence.) Jusqu'à finir avec les scintillements, grésillements de vents circulaires. Le temps dans ses états, en cinq passages. »

— François Bayle

[réf. nécessaire]

« En inventant la musique concrète, en 1948, Pierre Schaeffer introduit un changement radical dans les habitudes du concert : exit l'interprète ! Cette particularité des musiques fixées sur disque souple à l'origine, puis bande magnétique et aujourd'hui mémoire informatique pourrait laisser croire qu'on les écouterait aussi bien chez soi avec une chaîne hi-fi de qualité. François Bayle (né en 1932), responsable du Groupe de recherches musicales (GRM) de 1967 à 1997, à la suite de Pierre Schaeffer, invalide cette appréciation par une production qui rend irremplaçable l'écoute in situ. »

— Pierre Gervasoni, Le Monde, 2002

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sandra Desantos, Curtis Roads et François Bayle, « Acousmatic Morphology: An Interview with François Bayle », dans Computer Music Journal, The MIT Press, vol. 21, no 3, automne 1997, p. 11-19 [lire en ligne]

Liens externes[modifier | modifier le code]