Jean Queval

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Jean Queval
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Jean Queval, né à Rouen le , mort le à Héricy est un écrivain, journaliste, traducteur, critique de cinéma et un des membres fondateurs de l'Oulipo.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né d'un père havrais et d'une mère rouennaise, originaires du Pays de Caux, il perd sa mère à l'âge de deux ans, et est élevé par sa grand-mère à Rouen, rue des Petites eaux du Robec. Envoyé par son père dans une école chrétienne, qu'il déteste, il ne brille certes pas au cours de sa scolarité, mais apprend tout-de-même l'anglais et l'amour de la littérature, qui restèrent ses fondamentaux tout au long de sa vie. C'est sa prédilection pour le français littéraire qui explique son attachement au quotidien de l'Action française d'avant 1939, explique-t-il dans son autobiographie « Tout le monde descend » (voir Archives Queval à l'IMEC QVL/13/1 à 4 pour la partie inédite de ce livre). Il entame à 20 ans une carrière de journaliste sportif, devient secrétaire de rédaction de Paris-Centre, un quotidien de Nevers, en 1936, avant de renoncer au journalisme pendant l'occupation. Il est un des rares Français à avoir entendu l'appel du Général de Gaulle en direct, sur la BBC le 10 juin 1940, sans être cependant tout à fait convaincu que la France n'avait pas perdu la guerre. Cependant, il rompt à ce moment avec l'Action française et entre en Résistance très tôt. Il est arrêté en flagrant délit par la police française dans les rues de Paris à l'automne 1940 pour avoir arraché de nuit des affiches allemandes, et transféré aux autorités militaires d'occupation. Il est cependant relâché dès le lendemain grâce à la complicité de certains policiers français qui détruisent les pièces compromettantes trouvées lors de la perquisition à son domicile et rédigent un rapport complaisant. Il est embauché au Comité du Bois, où il est chargé de la liaison avec les entreprises et les syndicats, et de la formation. C'est dans ce contexte qu'il publia chez Fayard son premier livre, "La Communauté d'entreprise". Tout en continuant ses activités de Résistant, il commence à emmagasiner systématiquement toute une documentation sur la collaboration dans la presse pendant l'occupation, qui lui permettra de publier dès 1945 "Première page, cinquième colonne". Il raconte dans la partie inédite de "Tout le monde descend" que le manuscrit fut terminé le jour même de la Libération de Paris et qu'il fut arrêté par un barrage allemand sur le pont de la Concorde alors qu'il se rendait chez son ami Fayard avec le manuscrit. Le militaire allemand, fort âgé, ne lisait pas le Français et le laissa passer. C'est le retentissement considérable de ce livre à l'époque qui assure à Jean Queval une certaine notoriété.

C'est alors qu'il épouse sa première femme, Jeanne Duhamel, qui était très proche de George Izard, fondateur de la revue Esprit et député du Front populaire pour la circonscription de Longwy, qui fut un des 80 parlementaires qui refusa de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. De cette union naissent deux filles jumelles, Elisabeth et Françoise. Jeanne Queval meurt cependant des suites de l'accouchement.

Il devient alors critique de cinéma pour différents journaux, de Clartés[1] , journal créé à la Libération par George Izard, à L'Écran français[2]. Il assure ainsi la chronique cinématographique du Mercure de France de 1947 à 1962. Il est membre du jury du festival de Cannes en 1953 et 1954, sous la présidence de Jean Cocteau. Il publie des monographies sur Marcel Carné, Jacques Prévert et Jacques Becker. Il est reconnu comme spécialiste du cinéma britannique. Il créé aussi avec Boris Vian et Raymond Queneau une association des amateurs de science fiction, le Club des savanturiers. Parallèlement, il commence une carrière littéraire, publiant "L'Air de Londres" en 1947, puis "De l'Angleterre" en 1956. Toute sa vie, il restera admiratif du Royaume-Uni pour son courage à affronter l'Allemagne nazie pendant la guerre. Il épousa sa seconde femme, une britannique, Nan Kenyon, à Londres en 1949. De cette union nait leur fils Axel Queval en 1952. Il viennent vivre à Héricy-sur-Seine, initialement à l'invitation de George Hourdin, le patron de la presse catholique française.

Toujours très proche de son ami Raymond Queneau, il participe à la création de l'OULIPO en 1960, et sera un participant assez assidu pendant de nombreuses années.

Parallèlement, il entame une carrière de traducteur de littérature de langue anglaise en français, notamment James Agee, Iris Murdoch, George Orwell, Scott et Zelda Fitzgerald, John Cowper Powys, Bertrand Russell, Thackeray.

Il collabore aussi à l’Encyclopédie de la Pléiade et écrit des feuilletons pour la télévision (Les Beaux yeux d’Agatha, 1964 ; La Malle de Hambourg, 1972).

Jean Queval a également publié un récit autobiographique, Tout le monde descend (1959) et un roman, Etc (1963).

Écrivain secret mais prolifique, il a notamment laissé de nombreux inédits, notamment des scénarios d'après "Les Feux du Batavia" de Pierre Mac Orlan, de nombreux textes sur Hector Malot dont un scénario d'après "L'Auberge du monde", un projet de film sur la langue française, un livre sur les Précurseurs en littérature, un livre sur les écrivains français ayant écrit sur l'Angleterre, etc. qui sont tous conservés à l'IMEC à Caen, dans les archives Jean Queval.

Il est enterré avec sa seconde femme au cimetière d'Héricy (Seine-et-Marne).

Œuvres[modifier | modifier le code]

Dans la Bibliothèque Oulipienne[modifier | modifier le code]

  • , ; : ! ? !?! () [], BO no 24, 1984.
  • Insecte contemplant la préhistoire suivi de Six autres exégèses tout aussi passionnantes, BO no 31, 1985.
  • Écrits sur mesure, La Bibliothèque Oulipienne, no 32, 1985.

Publications[modifier | modifier le code]

Essais

  • Communauté d'entreprise, Fayard, 1943.
  • Première page, cinquième colonne, la collaboration dans la presse sous l'occupation, Fayard, 1945.
  • Qu'est-ce qu'Inter-France, dans Etudes de presse n° 1, février 1946.
  • Londres, Les Nouvelles littéraires, 1945.
  • L'Air de Londres, Julliard, 1947.
  • Rendez-vous de Juillet, avec Raymond Queneau, n°1 de cinéma en marche, Chavannes.
  • De l’Angleterre, Gallimard, 1956.
  • Tout le monde descend, essai d'autobiographie, Mercure de France, 1959, rééd. Plein Chant, 1988.
  • Lexique des Dieux, Delpire 1968.

Poésie

  • Lieux-dits, Mercure de France, 1963.
  • Le voyage en Belgique, ou le petit livre de la protection, Temps mêlés, 1964.
  • Le Point, Temps mêlés, 1967.
  • En Somme, Paris, Gallimard, 1970 ; rééd. 1971.
  • pour écrire un pont une île un poème, Entendez-vous, dans nos campagnes, Blues, Le cancre qui lisait Hector Malot, quatre poèmes Dans la nouvelle guirlande de Julie, Les Editions ouvrières, 1976.
  • ''Un fablier'', Plein Chant, 1985.

Romans

  • Etc, roman, Gallimard, 1963.
  • Tout est bien qui finit mieux, Bordas, 1984.
  • Nestor et Agamemnon, Messidor/Temps Actuels, 1986.

Télévision et cinéma:

  • Rubrique cinéma, puis cinéma et TV du Mercure de France 1947-1965.
  • Le Cinéma anglais a-t-il tenu ses promesses?, dans Radio Cinéma, février 1951.
  • Le Cinéma italien , Radio Cinéma, juin 1951.
  • Marcel Carné, Editions du Cerf dans la collection 7e art, 1952.
  • Marcel Carné, en langue anglaise, monographie du British Institute, 1952.
  • Jacques Prévert, Mercure de France 1955.
  • TV, de Jean Queval et Jean Thévenot, L'air du temps, Gallimard, 1957
  • Jacques Becker, Seghers, Cinéma d'aujourd'hui, 1962.
  • Encyclopedie du cinéma, sous la direction de Roger Boussinot, Bordas, tous les artiches sur le cinéma anglais et la moitié des articles sur le cinéma français.
  • Henri Storck ou la Traversée du cinéma, Bruxelles, Festival national du film belge, 1976.
  • L'Angleterre et son cinéma, d'Olivier barrot, Philippe Pilard et Jean Queval, Cinéma d'aujourd'hui, n° 11, février-mars 1977.

Critique littéraire

  • Max-Pol Fouchet, étude, Nouvelle édition, Paris, Seghers, 1969.
  • Max-Pol Fouchet, Seghers, Poètes d'aujourd'hui.
  • Queneau, discours et rêve, Nouvelle Revue Française, février 1971.
  • Raymond Queneau : portrait d’un poète, iconographie rassemblée et légendée par André Blavier, Paris, Veyrier, 1984.
  • Raymond Queneau, essai, 1960,
  • Essai sur Raymond Queneau"" Paris, Seghers, 1971 (il s'agit bien d'un autre livre, cf archives IMEC, QVL/10/21.
  • Le Chiendent, édition annotée du roman de Raymond Queneau, Classiques contemporains, Bordas, 1975.

Ecrits de télévision et de cinéma

  • Les Beaux Yeux d'Agatha, téléfeuilleton de Bernard Hecht et Jean Queval, disponible à l'INA.
  • La Malle de Hambourg, téléfeuilleton de Bernard Hecht et Jean Queval, disponible à l'INA.
  • Les Filles impossibles, téléfeuilleton d'André Dhôtel et Jean Queval, commandé et accepté par l'ORTF mais non réalisé, texte inédit disponible dans les archives Queval à l'IMEC, QVL/4/10.
  • Deux scénarios différents d'après Les Feux du Batavia de Pierre Mac Orlan, inédits conservé dans les archives Queval à l'IMEC, QVL/4/11.
  • Scénario d'après L'Auberge du monde d'Hector Malot, inédit conservé dans les archives Queval à l'IMEC, QVL/5/9.

Théâtre

  • Dieu avec nous, temps mêlés, 1965.
  • Les Nouveaux commis-voyageurs, Aarevue, 1967.

Traductions

  • La Ferme des animaux de George Orwell, Folio, Gallimard, réédité en 1984
  • La Rose et l'anneau, de W.M. Thackeray, Club Français du livre, 1960, et Mercure de France, 1964.
  • Mémoires, de David Crockett, Club Français du livre, 1961.
  • Le Nuage noir, de Fred Hoyle, Club Français du livre, et Dunod, 1962.
  • Oeuvres de H. G. Wells, Mercure de France, 1963.
  • L'Innommable Skipton, de Pamela Hansford Johnson, Mercure de France, 1966.
  • Mao et la révolution chinoise, de Jérôme Ch'en, Mercure de France, 1968.
  • Infantilia, de Lars Gyllensten, traduction de C. G. Bjurström et Jean Queval, Gallimard, 1969.
  • Pratique et théorie du bolchévisme de Bertrand Russel, Mercure de France, 1969.
  • Médée l'Etrangère, de Willy Kirklund, traduction de C. G. Bjurström et Jean Queval, Théâtre di monde entier, Gallimard,1970.
  • Le rêve de Bruno, d'Iris Murdoch, Gallimard, 1969.
  • Louons maintenant les grands hommes, de James Agee, collection Terre humaine, 1972.
  • Le Corbeau d'Arabelle, de Joan Aiken, Arc-en-poche/Nathan, 1972.
  • ''En explorant toute l'île de Grande-Bretagne'', de Daniel Defoe, Payot, 1974.
  • Une mort dans la famille, de James Agee, Flamarion, 1975.
  • Arabelle en croisière, de Joan Aiken, Arc-en-poche/Nathan, 1976.
  • Le fantôme de Thomas Kempe, de Penelope Lively, Nathan, 1976.
  • Les Enchantements de Glastonbury, volumes I à IV, de John Cowper Powys, Gallimard, 1976.
  • Eclats du paradis, de Zelda et Francis Scott Fitzgerald, Julliard, 1977.
  • De mémoire indienne, de Richard Erdoes, Terre Humaine, Plon, 1977.
  • Les Orties fleurissent de Harry Martinsson, traduction de C. G. Bjurström et Jean Queval, Stock, 1978.
  • Peregrin ou la chevalerie, romans de la cour du roi Arthur, Garnier frères, 1979.
  • Catchpole Story: L'incroyable aventure des enfants Catchpole, de Catherine Starr, Nathan 1979.
  • Harriet l'espionne, de Louise Fitzburgh, Nathan, 1980.
  • Beowolf, Gallimard, 1981.
  • Une licorne pour son anniversaire, de Janice Elliott, Arc-en-poche/Nathan, 1981.
  • Les aventures de Compère lapin, de Joel Chandler Harris et Ruth Sprigs, Nathan, 1981
  • Le conte de la biche blanche, de James Thurber, Bordas, 1981.
  • Histoire des animaux restés seuls sur la terre, de Penelope Lively, Arc-en-poche/Nathan, 1981.
  • Un mouton pas comme les autres, de Richard Hughes, Arc-en-poche/Nathan, 1983.
  • Puce et Cath, de Catherine Starr, Arc-en-poche/Nathan, 1985.
  • Les Incroyables aventures de Mister Mac Miffic, de Sid Fleischman, Arc en poche 1988.
  • Nijinski et autres poèmes, de Lars Forssel, traduit par C. G. Bjurström et Jean Queval, Orphée/LaDifférence, 1992.
  • Madame la colonelle et autres nouvelles, de Somerset Maugham, Pavillon/Poche/Robert Laffont, 2010.

Dictionnaires et encyclopédie

  • Dictionnaire de la Pléiade, Jeux et Sports, article cricket.
  • Dictionnaire des oeuvres contemporaines, Laffont Bompiani, 100 articles.

Divers

  • Les Mauvaises fréquentations, de Gaston Ferdière et Jean Queval, Jean-Claude Simon, 1978.
  • Tout est bien qui finit mieux, illustrations de Gilles Vuillemard, Paris, Bordas, 1984.
  • Ecrire pour les enfants", dans Lire au collège, Grenoble, 7 janvier 1984, p 29-31.
  • Un fablier, collages de Gilles Chapacou, Châteauneuf-sur-Charente, Plein chant, 1985.
  • Nestor et Agamemnon, préface d’Henry Thomas, avant propos d’Iris Murdoch, Paris, Messidor, 1986.
  • Zinzin ; suivi de Une vie de chat, Paris, Messidor-la Farandole, 1987.

Prix Jean Queval a reçu

  • le prix Halpérin Kamenski pour l'ensemble de ses traductions.
  • la bourse Beowulf pour son livre L’air de Londres.
  • le prix de la traduction pour Les enchantements de Glastonbury.
  • le prix Andersen pour Les Incroyables aventures de Mister Mac Miffic.
  • le prix Mac Orlan pour l’ensemble de son œuvre.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Ziegelmeyer (dir.), « Jean Queval en somme », Plein Chant, n° 29-30, avril-juillet 1985
  • Raconter l'OULIPO, Camille Bloomfield, Honoré Champion, 2017

Références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Guth, Le Chat Beauté, Flammarion, 1975, p. 50
  2. Valérie Vignaux, Jacques Becker, ou, L'exercice de la liberté, CEFAL, 2000, p. 263

Liens externes[modifier | modifier le code]