Passage des Panoramas

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2e arrt
Passage des Panoramas
Passage des Panoramas, côté boulevard Montmartre
Passage des Panoramas, côté boulevard Montmartre
Situation
Arrondissement 2e
Quartier Vivienne
Début 10 rue Saint-Marc
Fin 11 boulevard Montmartre
Morphologie
Longueur 133 m
Largeur 3,2 m
Historique
Création 1800
Géocodification
Ville de Paris 6940
DGI 7028

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Passage des Panoramas
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48° 52′ 16″ N 2° 20′ 30″ E / 48.87111, 2.34167

Le passage des Panoramas est un passage couvert parisien situé dans le 2e arrondissement, entre le boulevard Montmartre au nord et la rue Saint-Marc au sud. C'est un des principaux lieux du commerce philatélique parisien.

Ce passage couvert est le plus ancien des passages couverts de Paris et l’un des premiers passages commerciaux couverts d’Europe. Il fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [1].

Ce site est desservi par la station de métro Grands Boulevards.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le passage a été ouvert en 1799-1800 à la place de l'hôtel de Montmorency-Luxembourg construit par Lassurance en 1704[2]. L’actuelle entrée de la rue Saint-Marc, en face la rue des Panoramas, était la porte d’entrée de la maison d’origine. Son nom provient d'une attraction commerciale, appartenant à l’ingénieur et inventeur américain Robert Fulton, venu à Paris offrir ses dernières inventions, le bateau à vapeur, le sous-marin et les torpilles, à Napoléon et au Directoire[3]. En attendant leur réponse, Fulton subventionnait son projet de Nautilus grâce à l’argent qu’il gagnait avec une exposition commerciale installée au-dessus de l’entrée consistant en deux rotondes où étaient peints des tableaux panoramiques représentant des paysages de Paris, Toulon, Rome, Jérusalem et d’autres grandes villes célèbres[3]. Lorsque Napoléon, qui s’intéressait peu à la marine, finit par rejeter les projets de Fulton, celui-ci abandonna ses panoramas pour aller offrir ses inventions aux Anglais à Londres[4]. Lorsque l’armateur américain James William Thayer acquit l’ancien hôtel aux enchères, il trouva par cette attraction le moyen de rentabiliser les lieux[5]. C’est lui qui fit percer le premier tronçon du passage qui prit le nom de « panoramas » en souvenir des rotondes, détruites en 1831[5].

Boulevard Montmartre au niveau du théâtre des Variétés et du passage des Panoramas, vers 1820 - Musée Carnavalet.

La première galerie couverte, au Palais-Royal, avait ouvert en 1786, suivie par le passage Feydau en 1790-1791, le passage du Caire en 1799, et le passage des Panoramas en 1800[6]. En 1800, les emplettes dans les rues sombres, boueuses et bondées de Paris, dont très peu avaient des trottoirs ou l’éclairage, étaient désagréables. Les bazars et les souks orientaux avaient des passages commerciaux couverts depuis des siècles, mais le passage des Panoramas a innové avec des toitures vitrées puis, en 1816, le premier essai d’éclairage au gaz, inventé par l’ingénieur Philippe Lebon, effectué dans ce passage, qui en ont fait un ancêtre des galeries marchandes du XIXe siècle et des centres commerciaux couverts du XXe siècle.

En 1834, l’architecte Grisart rénove le passage et crée trois galeries supplémentaires à l’intérieur du pâté de maisons[7] : la galerie Saint-Marc parallèle au passage, la galerie des Variétés qui donne accès à l’entrée des artistes du théâtre des Variétés, les galeries Feydeau et Montmartre. S’y installent le Graveur Stern, dont la boutique est inscrite monuments historiques[8], suivi des marchands de cartes postales et de timbres-poste, ainsi que quelques restaurants. Actuellement, la partie du passage proche du boulevard Montmartre est richement décorée, tandis que la partie plus éloignée et les galeries sont plus quelconques.

Au XIXe siècle, le sculpteur Jean-Pierre Dantan expose dans une des salles du Passage, dite « musée Dantan », ses petits bustes en plâtre ou en bronze, caricatures et portraits de la société de son temps (dont Talleyrand, Louis-Philippe, Beethoven, Paganini, Liszt, Victor Hugo, Balzac).

Le passage des Panoramas a inspiré la « cour de Paris », galerie marchande située au rez-de-chaussée de la maison Brudern à Budapest. Le musée Carnavalet dispose d’une aquarelle de Georges Cain représentant le Passage des panoramas (époque du Consulat) où fut fondée la maison Susse frères. Le chapitre VII du roman Nana d’Émile Zola décrit le passage, tel qu’il était en 1867. Anne Cuneo a situé un des romans dans ce passage éponyme (1978).

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00086090 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. L’Intermédiaire des chercheurs et curieux, Paris, Benjamin Duprat, 1928, p. 373.
  3. a et b (en) Don Herweck, Robert Fulton : Engineer of the Steamboat, Minneapolis, Compass Point Books, 2008, 40 p., (ISBN 978-0-75653-961-0), p. 17.
  4. Jacques Hillairet, Connaissance du Vieux Paris, Paris, Rivages,‎ (ISBN 978-2-86930-648-6), p. 244.
  5. a et b (en) Erkki Huhtamo, Illusions in Motion : Media Archaeology of the Moving, Cambridge, Massachusetts Institute of Technology, 2013, 438 p., (ISBN 978-0-26231-309-4), p. 75.
  6. Alfred Fierro, La Vie des Parisiens sous Napoléon, Saint-Cloud, Napoléon 1er éditions,‎ , 346 p. (ISBN 978-2-95195-390-1), p. 244.
  7. (en) Andrew Ayers, The Architecture of Paris : an architectural guide, Stuttgart ; Londres, Axel Menges, 2004, 415 p., (ISBN 978-3-93069-896-7), p. 386
  8. Mairie de Paris Portail de l’urbanisme.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Andrew Ayers, The Architecture of Paris : an architectural guide, Stuttgart ; Londres, Axel Menges,‎ , 415 p. (ISBN 978-3-93069-896-7).
  • Alfred Fierro, La Vie des Parisiens sous Napoléon, Saint-Cloud, Napoléon 1er éditions,‎ , 346 p. (ISBN 978-2-95195-390-1).
  • Jacques Hillairet, Connaissance du Vieux Paris, Paris, Rivages,‎ (ISBN 978-2-86930-648-6).

Liens externes[modifier | modifier le code]