Louis-Jules Dumoulin

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Louis-Jules Dumoulin
Biographie
Naissance
Décès
(à 64 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Chassagnol
Nationalité
Formation
Académie des Beaux-Arts de Paris
Activité
Peinture, photographie, Journalisme
Père
Eugène Dumoulin
Conjoint

Bernarde Bonnet (de décembre 1887 à février 1892)

Suzanne Saulay de l'Aistre (d'octobre 1910 à sa mort)
Autres informations
Distinctions
Officier de la Légion d'honneur
Œuvres réputées

Panorama du tour du monde

Panorama de la bataille de Waterloo

Louis-Jules Dumoulin (1860-1924) est un peintre français, né à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du peintre Eugène Dumoulin (1816- ?), Louis Dumoulin fut particulièrement marqué par les travaux d’Henri Lehmann (1814-1882) et d’Henri Gervex (1852-1929). Il sera considéré de son vivant comme un maître paysagiste et un représentant majeur du phénomène du panorama. Ses réalisations les plus célèbres sont d’ailleurs le monumental panorama de la bataille de Waterloo (réalisé en 1912) très renommé en Belgique notamment et le panorama du tour du monde qu’il réalise avec le peintre Gaston Ernest Marché (1864-1932) et l’architecte Alexandre Marcel (1860-1928) à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris en 1900[1].

Dumoulin était à la fois un peintre académique très ancré dans les milieux artistiques officiels et un grand voyageur de part les différentes missions qui lui seront confiées. Il effectue son premier grand voyage en dehors de l'Europe en 1888 à l'âge de 27 ans à l'occasion d'une mission officielle au Japon ordonnée par le Ministère de l'Instruction publique[2] (dont dépendait la Direction des Beaux-arts qui avait à sa tête l'influent critique d'art Jules-Antoine Castagnary).

De retour à Paris en 1889, il expose une centaine de tableaux inspirés de son voyage qui, outre le Japon, l'a conduit notamment en chine, en Indochine ou encore en Malaisie, à la galerie Georges Petit[3]. Cette exposition dont le catalogue est préfacé par Philippe Burty, grande figure du Japonisme, bénéficiera d'une excellente presse[4] et recevra la visite des plus hauts responsables politiques français de l'époque. Bien qu'il soit difficile de juger de l'attrait réel de Louis Dumoulin pour le Japonisme il est évident que ce dernier a constitué pour le peintre un tremplin de carrière. 11 toiles de Dumoulin issues de cette exposition seront d'ailleurs sélectionnées (dont 7 ayant pour thème le Japon) par la Société nationale des Beaux-Arts pour la grande exposition organisée au champs-de-Mars en mai 1890[5]. Un peintre, autrement plus connu aujourd'hui, nommé Vincent Van Gogh (1853-1890) a vu cette exposition et fût marqué par les peintures de Dumoulin. Sa correspondance avec son frère Theo offre deux lettres écrites alors qu’il séjourne à Auvers-sur-Oise dans lesquelles il expose son désir de rencontrer Dumoulin (qu’il écrit « Desmoulins ») comme « celui qui fait le Japon »[6].Toujours est-il qu’avec une approche certainement moins passionnée que Van Gogh, Dumoulin réussit à se faire un nom grâce, en partie tout du moins et de manière très opportune donc, au Japonisme. Deux de ses tableaux conservés aujourd’hui au Musée Guimet et inspirés de photographies (voir paragraphe ci-dessous 'Dumoulin et la photographie) acquises lors de son voyage (« Vue générale de la cour des Temples à Nikkô » et « Le quartier des théâtres à Yokohama »[7] seront achetés par l’Etat français[8].

Nommé peintre officiel de la Marine en 1891, Louis Dumoulin oublie peu à peu le Japonisme qui semblait pour lui plus une opportunité qu'une passion, et donne de plus en plus à sa carrière une dimension coloniale. Promu tour à tour Officier de l’ordre impérial du dragon d’Annam[9], puis Officier de l’ordre royal du Cambodge[10] , il développe, suite notamment à ses séjours à Saigon en avril 1888 et mars 1889, une idéologie colonialiste et suivra toute sa vie la doctrine suivante : « l’expansion coloniale par l’art, au service de la France et de l’art ». Convaincu par la supériorité française dans les domaines artistiques et notamment en peinture, il milite pour le financement par l’Etat d’expositions d’artistes français à l’étranger reprochant aux peintres étrangers formés dans les écoles parisiennes une forme d’ingratitude envers la France et aux musées étrangers de négliger les œuvres des artistes français[11]. Les grandes lignes de son parcours témoignent de son engagement :

- Missionné par le Ministère de la Guerre et de la Marine et financé par les Messageries maritimes , il embarque en 1896 pour un long périple qui le conduira de Constantinople au Japon en passant par l'Egypte, la Syrie, les Indes, le Cambodge et la Chine. Dumoulin revient ensuite en France en septembre 1897[12], pour repartir vers l'Espagne, le Portugal puis l'Amérique du Sud. L'objectif de ce tour du monde est d'effectuer des croquis et de prendre des photographies qui lui permettront de créer avec le peintre Gaston Ernest Marché (1864-1932) et l’architecte Alexandre Marcel (1860-1928) un palais comportant un gigantesque panorama et un théâtre animé. Pour ce théâtre Dumoulin profite de son voyage pour recruter des autochtones (artistes, acteurs, chanteurs, danseurs etc...) qui auront pour rôle d'animer son panorama. Ce panorama permit à Louis Dumoulin de tirer profit des études et des photographies accumulées lors de ses nombreux voyages, de démontrer sa maîtrise du panorama et de s’imposer comme le « Jules Verne du pinceau »[13].

- il est promu Chevalier en 1898 puis officier de la légion d’honneur en 1906[14]

- Il prend part au voyage officiel du Président de la République Emile Loubet (1838-1929) en Tunisie en 1903

- Il sera le Commissaire de l’exposition coloniale de Marseille de 1906 puis participant à celle de 1922 toujours à Marseille.

- Il fonde en 1908 la Société coloniale des artistes français et en sera le Président jusqu'à sa mort en 1924.

- Il sera également le fondateur du Musée des Beaux-Arts (qui portera son nom[15]) d’Antananarivo dans l’ancien palais de la reine.

Dumoulin et la photographie[modifier | modifier le code]

Photographe amateur, Dumoulin ne maitrisait pas les techniques de la photographie antérieure à l'instantané. En tout cas, sa collection photographique, conservée pour les clichés concernant l'Extrême-orient principalement à la photthèque ASEMI de la Bibliothèque de Lettres, Arts et Sciences Humaines de l'Université Nice Sophia Antipoliset au Musée national des arts asiatiques - Guimet, ne propose de clichés instantanés développés à partir de films celluloïd qu'à partir de son tour du monde entamé en 1896 en vue d'établir son grand panorama pour l'Exposition Universelle de 1900.

Il a en revanche acheté de très nombreuses photographies lors de ses voyages qui étaient presque systématiquement des missions officielles financées principalement par des fonds publics gouvernementaux. Lors de son premier voyage en Extrême-Orient par exemple en 1888-1889, il va faire l'acquisition de plusieurs centaines de clichés notamment au Japon auprès de photographes tels que Kusakabe Kimbei, T. Enami, Adolfo Farsari ou encore Tamamura Kôzaburô[16].

Plus que des souvenirs personnels, Dumoulin puisait dans sa collection photographique des modèles pour ses peintures. Il n'est pas rare en effet de retrouver des scènes ou des personnages photographiés repris à l'identique par Dumoulin dans ses tableaux alors même qu'il critiquait la photographie durant ses jeunes années pour son côté trop artificiel et son incapacité à rendre compte fidèlement d'une scène contrairement à la peinture[17].

Galerie d’œuvres[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Bournazel, « Image:1900 AFFI COP 13.jpg - Exposition Universelle de Paris 1900 », sur exposition-universelle-paris-1900.com (consulté le 10 mai 2017)
  2. Louis Dumoulin sollicite officiellement pour une mission au Japon la Direction des Beaux-Arts le 14 octobre 1887 et obtient une réponse favorable signée de Castagnary lui annonçant que l’arrêté ministériel est pris 3 jours plus tard (cf. Archives Nationales dossier Dumoulin des missions du Ministère de l'Instruction Publique, cote F21-2285, pièces n°15 et n°11)
  3. Sanchez, P., Les expositions de la Galerie Georges Petit (1881-1934) : Répertoire des artistes et liste de leurs oeuvres, Paris, L'Echelle de Jacob, (ISBN 9782359680294), p. 708-709
  4. par exemple l’article en première page du journal « Le Rappel » du 21 décembre 1889 (disponible à l’adresse suivante : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7538882j , consulté le 19/04/2017) signé « Grif » qui était le pseudonyme de Edmond Lepelletier (1846-1913), journaliste, poète mais surtout homme politique influent qui épousera la sœur de Louis Dumoulin
  5. Exposition nationale des Beaux-Arts. Catalogue illustré des ouvrages de peinture, sculpture et gravure exposés au Champ-de-Mars le 15 mai 1890. Paris : A. Lemercier et cie, 1890. Pages XII et XIII (disponible en version numérisée à l’adresse suivante : https://archive.org/details/catalogueillust1890soci (consulté le 30/01/2017)
  6. Lettre n° 874 à Theo et Jo Van Gogh du 21 mai 1890. Consultable à l’adresse suivante : http://vangoghletters.org/vg/letters/let874/letter.html#n-3 (consulté le 30/01/2017) Et lettre n° 877 à Theo datée du 3 juin 1890. http://vangoghletters.org/vg/letters/let877/letter.html (consulté le 30/01/2017)
  7. Tableaux conservés au Musée Guimet et visibles sur le site web de la Réunion des Musées Nationaux : http://art.rmngp.fr/fr (consulté le 13/04/2017)
  8. Cf. la base arcade des Archives nationale de France : http://www.culture.gouv.fr/documentation/arcade/rechercheguide.htm (consulté le 30/01/2017)
  9. « Les Tablettes coloniales : organe des possessions françaises d'Outre-mer », 7 avril 1889, p.4
  10. « Les Tablettes coloniales : organe des possessions françaises d'Outre-mer », 9 mai 1889, p.2
  11. L’Art Français : conversation avec le peintre L. Dumoulin in Le Constitutionnel, n°28490 du samedi 9 avril 1892.
  12. Cf. Le XIXème siècle, n°10056 du 21 septembre 1897.
  13. Expression utilisée pour la première fois par Maurice Guillemot (1859-1931) dans un article du journal Gil Blas du 27 septembre 1897 relatant sa rencontre avec Louis Dumoulin au sujet de la préparation de son panorama du tour du monde.
  14. Cf. Archives nationales, base LEONORE – dossier Dumoulin, cote LH/848/56, consultable à l’adresse suivante : http://www.culture.gouv.fr/LH/LH056/PG/FRDAFAN83_OL0848056v001.htm (consulté le 20/04/2017)
  15. Arrêté du 14 septembre 1925 paru au Journal officiel de Madagascar et dépendances. N°2057 du 19 sept. 1925. Acte 14 du gouvernement général.
  16. Julien Béal. Le Japon dans la collection photographique du peintre Louis-Jules Dumoulin (1860-1924). 2017. pp.9-18 <hal-01517490v3>
  17. Ibid, p.8

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lynne Thornton, Les Africanistes, peintres-voyageurs, ACR éditions p. 318
  • Benezit, Dictionnaire des peintres, Librairie Gründ p. 406 tome 3
  • Isabelle Leroy, Le panorama de la bataille de Waterloo, éditions Luc Pire p. 104-130
  • Sanchez, P. La Société coloniale des artistes français : Répertoire des exposants et de leurs oeuvres : 1908-1970. L’échelle de Jacob, 2010. ISBN 978-2-3596-8004-1
  • Michel Loirette, Louis Dumoulin, peintre des colonies, l'Harmattan, 2011. ISBN 978-2-296-13816-2
  • Julien Béal. La collection photographique Chine de Louis-Jules Dumoulin (1860-1924). 汉学研究, 中华书局, 2016, pp.212-219. version française disponible sur  : <hal-01375937>
  • Julien Béal, Le Japon dans la collection photographique du peintre Louis-Jules Dumoulin (1860-1924). 2017. <hal-01517490v3>

Liens externes[modifier | modifier le code]