Morisques

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Le terme « morisque » (de l'espagnol morisco) désigne les musulmans d'Espagne qui se sont convertis au catholicisme entre 1499 (campagne de conversions massives à Grenade) et 1526 (à la suite du décret d'expulsion des musulmans de la couronne d'Aragon). Il désigne également les descendants de ces convertis [1],[2],[3]. Alors que les mudéjars sont les musulmans vivant sous l'autorité des rois chrétiens pendant la Reconquête de l'Espagne (achevée en 1492 avec la prise de Grenade par Ferdinand et Isabelle, les Rois Catholiques), les Morisques, eux, sont des chrétiens, anciennement musulmans ou descendants de musulmans convertis. Ils ne forment donc pas à proprement parler une minorité religieuse ou ethnique dont les contours seraient clairement définis. Entre la période des conversions initiales (en 1499-1502 pour la couronne de Castille, en 1521-1526 pour la couronne d'Aragon), et l'expulsion générale des Morisques en 1609-1614, plusieurs générations se sont succédé, plus ou moins proches de la culture arabo-musulmane, plus ou moins assimilées à la société majoritaire chrétienne. Les différences régionales étaient, elles aussi, importantes, comportant des degrés d'assimilation variables. Les autorités - et notamment les autorités religieuses - avaient tendance à présenter une image uniforme des morisques, celle d'un groupe resté fortement attaché à l'islam malgré le baptême reçu[4] : elles désignaient généralement les Morisques par référence à cette conversion : "los nuevamente convertidos" (les nouveaux convertis), "les cristianos nuevos de moro" (les nouveaux chrétiens issus de l'islam). Les travaux des historiens depuis une trentaine d'années montrent que la situation des Morisques était en réalité très diversifiée selon les générations et les régions, qu'il s'agisse des pratiques religieuses (musulmanes/catholiques), des usages linguistiques (arabe, castillan, valencien), etc.[5].

Les origines[modifier | modifier le code]

La reddition de Grenade, tableau de Francisco Pradilla y Ortiz.

Avec la prise de Grenade et l'intégration, dans la couronne de Castille, de l'ancien émirat de Grenade, plusieurs centaines de milliers de musulmans (peut-être 700 000) passaient sous la domination de souverains chrétiens, Isabelle et Ferdinand. D'après les accords de reddition (dits "Capitulations") de la ville de Grenade négociés par le roi vaincu Boabdil et les Rois Catholiques en 1491, les musulmans étaient autorisés à conserver leur religion. Mais par la suite, les Rois Catholiques s'attachèrent à repeupler le territoire avec des colons venus de Castille et à imprimer sur la ville la marque de leur autorité, notamment en transformant en églises un certain nombre de mosquées. Certains membres des élites musulmanes grenadines, conscients des violations causées par la cohabitation, préférèrent s'exiler en Afrique du Nord ; la majorité resta, désignée désormais sous le nom de mudéjars. Les accords de reddition furent plus ou moins respectés tant que dura l'influence de l'archevêque de Grenade, Hernando de Talavera (es) qui s'efforça d'attirer au christianisme les Grenadins musulmans par des moyens non violents (prédication, interdictions diverses). En 1499, arriva à Grenade l'archevêque de Tolède Francisco Jiménez de Cisneros, confesseur de la reine de Castille Isabelle. Il s'attache à réintégrer dans l'Église les « elches » (chrétiens convertis à l'islam avant la prise de la ville et qui étaient revendiqués aussi bien par l'Eglise que par les musulmans). Les musulmans considérèrent cette entreprise comme une violation des Capitulations. Les historiens débattent encore des responsabilités respectives de Cisneros et des Rois Catholiques dans le durcissement de la situation religieuse[6]. Craignant l'élimination totale de l'islam et exaspérés par diverses pressions économiques et fiscales, les habitants de l'Albaicin de Grenade, quartier de la ville où les musulmans étaient désormais relégués, se révoltèrent. D'autres foyers de révolte s'allumèrent dans les régions montagneuses de l'ancien royaume de Grenade, contraignant Ferdinand à mener de véritables opérations militaires pour amener la reddition des révoltés. Au printemps 1501, l'ancien royaume était « pacifié ».

Après la défaite des révoltés, les Rois catholiques décrétèrent l'expulsion des musulmans âgés de plus de 14 ans, d'abord de Grenade puis, en 1502, de l'ensemble de la couronne de Castille. Ainsi les mudéjars des villes castillanes qui vivaient depuis plusieurs siècles pacifiquement sous la domination chrétienne étaient concernés par cette mesure. La seule voie de sortie autorisée était la Côte Cantabrique, restriction qui fut très vite interprétée comme le signe que les Rois catholiques souhaitaient, en réalité, non pas expulser les musulmans mais les forcer par tous les moyens à accepter le baptême[7].

Si, officiellement, l'islam n'était plus toléré dans la couronne de Castille après le décret de 1502, il restait encore des milliers de musulmans dans la couronne d'Aragon (royaume d'Aragon, Catalogne, et royaume de Valence). C'est dans cette dernière région qu'ils étaient les plus nombreux, dispersés dans les villes et villages en communautés de tailles diverses. Vivant sous régime chrétien depuis le XIIe siècle, ces mudéjars étaient pour la plupart des paysans. Ils payaient à leurs seigneurs des redevances spécifiques, qui faisaient d'eux une ressource précieuse pour les grands barons valenciens.

En 1520 éclata la révolte anti-seigneuriale dite des "Germanías" menée par les corporations d'artisans de Valence. Durant l'été 1521, les révoltés, utilisant les menaces et les violences et les agressions physiques et mentales, conduisirent les nombreuses communautés de musulmans à accepter le baptême de peur pour leurs vies et celles de leurs familles. En 1525, Charles Quint, conseillé par une assemblée de juristes et de théologiens, décréta que ces baptêmes étaient valides[8]. Par conséquent, aucun retour en arrière n'était autorisé pour les musulmans convertis pendant les "Germanias". Plus encore, Charles Quint vit dans cet événement un effet de la Providence divine. Pour remercier Dieu de l'issue favorable de la bataille de Pavie durant laquelle François Ier avait été capturé, l'empereur décréta l'expulsion des musulmans de toute la couronne d'Aragon. Ce décret, qui prenait effet en 1526, conduisit une majorité des musulmans à se faire chrétiens pour éviter l'expulsion. D'autres, moins nombreux, partirent clandestinement vers l'Afrique du Nord. Désormais, les seuls musulmans tolérés dans la Monarchie catholique (les Etats des rois d'Espagne) étaient les esclaves, qui n'étaient pas concernés par les décrets d'expulsion[9].

Statut social[modifier | modifier le code]

Il est difficile de donner un chiffre précis de la population morisque. Il y aurait eu entre 300 000[10] et 400 000 Morisques à la veille de l'expulsion[11]. La croissance démographique, au cours du XVIe siècle, est compensée par un important courant de départs clandestins vers l'Afrique du Nord notamment le Maroc. D'autre part, contrairement à ce que croient les "vieux chrétiens", la natalité chez les Morisques est très inférieure à celle de l'ensemble de la population. La répartition des Morisques à l'intérieur de l'Espagne est très inégale : d'une présence massacrée et négligeable en Catalogne, ils représentent environ le huitième de la population de l'Aragon, 40 % de la population du royaume de Valence[12],[13] et plus de 55 % dans le royaume de Grenade récemment conquis [réf. nécessaire].

La noblesse morisque qui garde des titres, des charges et des richesses des noms d'origine espagnole a également été chassée et a perdu toutes ses richesses. Leurs maisons, arts, héritage sont devenus la propriété des chrétiens catholiques bénéficiant d'une certaine aisance et prêtant de l'argent à la vieille noblesse espagnole.

Parmi les agriculteurs, les Morisques se spécialisent plutôt dans l'élevage de la soie (autour de Grenade) et la culture des primeurs où ils exploitent au mieux les terrains grâce à l'irrigation. Dans les municipalités où persiste une organisation traditionnelle (aljamas), la culture morisque est préservée grâce à la solidarité de tous. Un autre facteur de cohésion communautaire est la politique fiscale de Charles Quint : les Morisques restent soumis à un régime de taxation radicale imposée par le pouvoir royal et religieux que les représentants des aljamas négociaient en vain. Malgré leurs taxes incroyablement élevées et régulières, les Morisques ne parviennent pas à différer l'application des mesures répressives décrétées contre leurs communautés et leurs pratiques religieuses.

La résistance à l'assimilation catholique[modifier | modifier le code]

En effet, à Grenade et Valence, le clergé dénonce, tout au long du XVIe siècle, la persistance de ces pratiques : les Morisques se soumettent extérieurement aux traditions chrétiennes mais conservent entre eux leur culture et tradition d'origine. Cet échec de l'évangélisation est attribué aux carences de l'encadrement paroissial et à la duplicité des Morisques eux-mêmes qui, par la pratique de la taqiya (dissimulation), conservent intérieurement leur foi musulmane[14]. Les historiens, actuellement, insistent sur la résistance culturelle des Morisques, notamment des femmes[15]. De plus, ils mettent en évidence des phénomènes d'acculturation des Morisques à la culture chrétienne imposée, soit d'une localité à l'autre, soit sur le mode individuel[16]. En 1526, Charles Quint réunit à Grenade une commission d'experts, la Congrégation de la Chapelle royale, qui préconise l'interdiction non seulement des rites musulmans mais aussi de pratiques culturelles telles que la langue arabe, les noms arabes, les signes et ornements islamiques (main, demi-lune), ou encore la amafala, pièce de tissu recouvrant et voilant les femmes[17]. Avec l'arrivée sur le trône de Philippe II, la situation des Morisques devient insupportable et précaire. Philippe II est décidé à appliquer la Réforme catholique dans ses États et à combattre l'hérésie, que ce soit contre les calvinistes des Pays-Bas ou contre les Morisques de Grenade et de Valence. Un programme d'expulsion, d'extermination et de reconquête de la terre est mis en place dès 1559. En 1567, des mesures sont prises pour faire perdre aux Morisques leur identité religieuse et culturelle, dans la continuité de celles de 1526 : interdiction du voile, interdiction de la langue arabe et destruction des textes arabes (plus de 400.000 livres et encyclopédies de sciences, médecine, philosophie, astronomie et littérature ont été brûlés). Malgré les protestations des Morisques et les avertissements du gouverneur de Grenade, le marquis de Mondéjar, ces lois sont appliquées avec fermeté. Elles sont ressenties par la population morisque comme des brimades.

Révolte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolte des Alpujarras.

Dans la nuit de Noël 1568, un soulèvement s'organise dans le quartier de l'Albaicin à Grenade. Le premier chef de la rébellion est un jeune homme de 22 ans, Hernando de Valor, descendant des Omeyyades, qui prend le nom de Abén Humeya. La révolte gagne toute la vallée de Lécrin puis s'étend à toutes les montagnes de l'Alpujarras. La révolte est pacifique mais cela n'empêcherait pas que des exactions sur la population musulmane soient commises par les autorités catholiques qui ne se feraient pas attendre (viols, vols, massacres, pillages) en particulier au siège de Dúrcal par les troupes du marquis de los Vélez (es).

Des luttes de pouvoir interne conduisent à l'assassinat de Aben Humeya par l'un de ses rivaux et cousin Aben Abou (1570). Celui-ci sera lui-même trahi et assassiné par Gonzalo el Seniz en 1571.

La révolte est écrasée cette même année par Don Juan d'Autriche, fils naturel de Charles Quint et donc demi-frère de Philippe II. Les Morisques du royaume de Grenade sont alors chassés dans toute l'Espagne.

Expulsion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Expulsion des Morisques d'Espagne.
L'expulsion des Morisques, Vincenzo Carducci, 1627, Musée du Prado, Madrid
Débarquement des Morisques au port d'Oran (1613, Vicente Mestre), Fundación Bancaja de Valencia

L'expulsion des Morisques d'Espagne est une expulsion promulguée par le roi Philippe III d'Espagne le qui signifie l'abandon des territoires espagnols par les Morisques, descendants des populations musulmanes converties au christianisme par le décret des rois catholiques du . Malgré le fait que la rébellion des Morisques de Grenade quelques décennies avant est à l'origine de la décision, elle affecte particulièrement le royaume de Valence qui perd à cette occasion une grande partie de ses habitants et tombe dans la crise économique pendant plusieurs décennies.

Il est difficile d'estimer le nombre de Morisques qui ont été expulsés de l'Espagne ainsi que le nombre qui pourraient échapper à l'expulsion ou réussir à retourner. Même le nombre total de Morisques présents dans le pays avant l'expulsion est basée sur ces individus qui ont été détectés par les autorités. Henry Lapeyre dans son ouvrage classique sur ce sujet propose 270 000 expulsés. Cependant, de nombreuses études récentes commencent à remettre en question l'historiographie orthodoxe qui offre l'image d'une expulsion effective, rapide et sans merci d'une minorité visible et inassimilable. Ces études récentes semblent conclure que bien au contraire, l'expulsion était loin de mettre fin à la population morisque en Espagne et que dans de grandes parties du pays (l'Andalousie, Castille, Murcie et Extramadure), elle fut un échec, surtout en raison du rejet que cette mesure produit entre la population et les autorités locales qui soutenaient souvent une communauté qui était pleinement intégrée et en voie d'assimilation.

Le déroulement de l'expulsion dans l'ensemble des royaumes espagnols se prolonge jusqu'en 1614[18]. Après l'accession au trône de Philippe IV en 1621, la politique de harcèlement des Morisques se termine et, en 1628, l'Inquisition donne l'ordre de ne plus déranger les nombreux Morisques qui reviennent des terres africaines, sauf « en cas de scandale ».

La grande majorité des Morisques expulsés s'établit sur la côte du Maroc, de l'Algérie et de la Tunisie. D'autres arrivent à retourner en Espagne dans les années suivant l'expulsion, surtout en raison de la réception hostile au Maghreb. Au Maroc, les Morisques de Hornachos qui ont négocié leur expulsion et quittent l'Espagne avec leurs armes et possessions fondent la République de Salé (ou République du Bouregreg) qui reste une communauté culturellement indépendante jusqu'au XVIIIe siècle.

Morisques en France[modifier | modifier le code]

Certains Morisques trouvèrent refuge en France, même si la majorité repartit ensuite pour le Maghreb ; les autres restèrent et se fondirent peu à peu dans la population locale[19]. Henri IV rendit le 22 février 1610 une ordonnance permettant de demeurer dans le royaume à ceux qui « voulaient faire profession de la religion catholique pourvu qu'ils s'établissent au-delà de la Garonne et de la Dordogne ». Marie de Médicis ordonna qu'on les expulse, peu d'entre eux cependant sont restés dans le Béarn et notamment à Bayonne avec le consentement des magistrats municipaux. Des documents et des textes prouvent que de très peu de Morisques s'établirent en France. Ainsi par exemple, deux familles de potiers s'installent à Biarritz, les Dalbarade et Silhouette, dont les fours fonctionnaient encore en 1838.

D'autres Morisques étaient installés en Guyenne en 1611. Il leur est enjoint de quitter la ville ou de se convertir[20],[21]. En 1614, il n'est pratiquement plus question de mesures générales contre les Morisques de Bordeaux, le cardinal de Sourdis, absorbé par ses fonctions maritimes détournant son attention des Morisques et ceux qui avaient fini par se faire accepter à Bordeaux se mêlèrent peut-être à la colonie portugaise de la cité. En 1636, ils n'avaient à Bordeaux aucune situation prospère que les autorités locales craignirent de les voir partir si les Espagnols, qui venaient de s'emparer de Saint-Jean-de-Luz, assaillaient Bordeaux, ville non armée[22]. Ceux qui avaient un métier étaient restés : maréchaux, potiers, négociants, etc. L'un d'entre eux, un métis du nom d'Alonzo Lopez, prit même quelque notoriété et mourut à Paris en 1649 après avoir réussi à travailler, sous les ordres directs de Richelieu, à la renaissance de la marine française, et être allé, dans ce but plusieurs fois en Hollande. Quelques années avant que Lopez ne disparut, on ne parlait déjà plus en France des Morisques, « ceux qui s'y étaient acclimatés s'étaient mêlés à la population et vivaient quand même dans la peur dans le royaume. Leur départ avait appauvri l'Espagne et nous avions hérité beaucoup d'éléments de population active et laborieuse[23] ».

Voltaire a évoqué l'établissement de ces familles morisques dans son Essai sur les mœurs[N 1].

L'héritage génétique des Morisques sur l’Espagne[modifier | modifier le code]

La péninsule Ibérique montre une présence significative de l'haplotype du chromosome Y E-M81, d’origine berbère. Ce marqueur génétique est pratiquement absent de l’autre côté des Pyrénées. Un examen approfondi du chromosome de la péninsule Ibérique révèle que la fréquence de l'haplotype E-M81 dépasse les 15 % dans le sud et l'ouest de la péninsule Ibérique[24]. Quant à l'analyse de ADN mitochondrial, le marqueur nord-africain U6 existe dans la péninsule à des niveaux bien plus élevés que dans le reste du continent[25]. Selon une étude publiée en décembre 2008 dans l'American Journal of Human Genetics, 19,8 % des habitants actuels de la péninsule Ibérique ont un ADN partiellement issu du Proche-Orient et 10,6 % ayant l'ADN reflétant des ancêtres d'Afrique du Nord[26].

Art et culture morisque[modifier | modifier le code]

En architecture, les spécificités architecturales de l'art morisque se retrouvent dans des mosquées mais aussi dans des églises et des maisons de particuliers.

Manuscrit Aljamiado

En littérature, la littérature Aljamiada (de l’arabe al-’adjamiyya - paroles d’étranger) est une littérature clandestine morisque transcrite de la littérature musulmane et écrite en espagnol mais à l'aide de caractères arabes. La littérature qu'ils produisent est essentiellement religieuse mais on y trouve même le premier Kamasutra en langue espagnole. La thématique moresque, qui était passée dans la poésie populaire (« romances » fronterizos, traitant des dernières guerres de reconquête de Grenade) dès avant 1492, se manifeste ensuite dans des ouvrages plus copieux comme le roman l'abencerage de Villegas ou l'histoire des guerres civiles de Grenade de Pérez de Hita qui est traduite en français. Se crée ensuite, grâce à Lope de Vega, un nouveau romancero, à sujet romanesque morisque, le romancero étant l'ensemble des poèmes populaires castillans (les « romances ») dérivés des chansons de geste médiévales (Romancero du Cid).

Cervantes, auteur de Don Quichotte de la Manche (1605-1615) présente son ouvrage comme une traduction d'un texte écrit en arabe, Histoire de don Quichotte de la Manche, écrite par Cid Hamed Ben-Engeli, historien arabe. La sympathie de Don Quichotte pour certains personnages, comme Zoraïda ou Ricote, a fait croire à certains auteurs complaisants que Cervantès appartiendrait à ce peuple. Cependant la généalogie de Cervantès et la sévérité avec laquelle il juge les Morisques tout au long de l'ouvrage infirment cette thèse.

Victor Hugo, dans Notre-Dame de Paris, fait allusion à une danse morisque.

Thoinot Arbeau, dans son Orchésographie (1589), décrit une danse morisque ou moresque, connue dans toute l'Europe.

Morisques et descendants de Morisques célèbres[modifier | modifier le code]

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Période moderne (XVIe-XIXes)[modifier | modifier le code]

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

. Mohamed Zniber historien et homme de lettres marocain .( 1923-1993 )

  • Mohammed Torrès[N 3],[29], Contrôleur (grand vizir) des Habous pendant le protectorat français au Maroc
  • Slimane Mustafa Zbiss, archéologue et historien tunisien
  • El Hadj Mohamed El Ghaffour musicien algérien maître de la musique algérienne hawzi et du genre musical Gharnati
  • Haj Abdeslam Belahmer grand meâllem du zelije andalou.
  • Haj Mohamed Belahmer (neveu de Haj Abdeslam Belahmer) ancien khalifa du 5e arrondissement de Dokkarat à Fès années 1950 et 1960.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « La plus grande partie des Maures espagnols se réfugièrent en Afrique, leur ancienne patrie; quelques-uns passèrent en France, sous la régence de Marie de Médicis : ceux qui ne voulurent pas renoncer à leur religion s'embarquèrent en France pour Tunis. Quelques familles, qui firent profession du christianisme, s'établirent en Provence, en Languedoc; il en vint à Paris même, et leur race n'y a pas été inconnue : mais enfin ces fugitifs se sont incorporés à la nation [française], qui a profité de la faute de l'Espagne, et qui ensuite l'a imitée dans l'émigration des réformés. C'est ainsi que tous les peuples se mêlent, et que toutes les nations sont absorbées les unes dans les autres, tantôt par les persécutions, tantôt par les conquêtes », Voltaire dans Essai sur les mœurs (1756) dans Œuvres complètes de Voltaire, Hachette, 1859, t. 8, p. 264.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Les noms des morisques de Rabat sont répertoriés et souvent cités dans les nombreuses œuvres relatives à l'histoire de Rabat et de Salé, dont : Le Dictionnaire des noms de famille du Maroc rapporte les mêmes informations avec une plus grande ouverture :
  3. a et b Les noms portés par les familles morisques de Tétouan ont été répertoriés par la Fondation Abdelkhalek Torrès, selon des répertoires existants auparavant. Liste consultable sur alyamiah.com

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Michel Boeglin, Vincent Parello, « Morisques », Lexique de l'Espagne moderne, Université Montpellier III.
  2. Cahiers Européens d’Houjarray, n.4, Asso. Jean Monnet
  3. Louis Cardaillac (dir.) Les Morisques et l'inquisition, Publisud, 1990, p. 7
  4. (es) José Maria Perceval, Todos son unos. Arquetipos, xenofobia y racismo. La imagen del morisco en la Monarquia espanola durante los siglos XVI y XVII, Almeria, Instituto de estudios almerienses, , 331 p. (ISBN 84-8108-118-3)
  5. (es) Luis F. Bernabé Pons, Los moriscos, Madrid, Los libros de la Catarata, , 190 p. (ISBN 978-84-8319-445-4), p. 16-19
  6. Juan MESEGUER FERNANDEZ, « Fernando de Talavera, Cisneros y la Inquisición en Granada”, dans Joaquín PÉREZ VILLANUEVA (dir.), La Inquisición española. Nueva visión, nuevos horizontes, Madrid, Siglo Veintiuno editores, 1980, p. 371 – 400 ; José Enrique LÓPEZ DE COCA CASTAÑER, « La « conversión general » del reino de Granada: 1499 – 1501 » dans Esteban SARASA (éd.), Fernando II de Aragon, el Rey católico, Saragosse, Institución Fernando el Católico, 1996, p. 519 – 538.
  7. Isabelle Poutrin, « "Eradication ou conversion forcée ? Les expulsions ibériques en débat au XVIe siècle" », dans Isabelle Poutrin, Alain Tallon (dir.), Les expulsions de minorités religieuses dans l'Europe des XIIIe-XVIIe siècles, Pompignac, Editions Bière,‎ , p. 45-67
  8. Isabelle POUTRIN, "La conversion des musulmans de Valence (1521 - 1525) et la doctrine de l'Église sur les baptêmes forcés", Revue Historique, no 648, octobre 2008, p. 819 - 855.
  9. Bernard VINCENT, "Des mudejars aux morisques (1492 - 1526)" dans Ernest BELENGUER CEBRIA (coord.), de la union de coronas al Imperio de Carlos V, vol. 2, Sociedad estatal para la conmemoracion de los centenarios de Carlos V y Felipe II, 2001, p. 359 - 370.
  10. (en) David J. Sturdy, Fractured Europe, 1600-1721, Oxford, Wiley-Blackwell, , 1e éd., 465 p., poche (ISBN 978-0-631-20513-5 et 0631205136, lire en ligne), p. 101
  11. Augustin Redondo, Les Représentations de l'Autre dans l'espace ibérique et ibéro-américain : perspective diachronique, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, , 277 p. (ISBN 978-2-87854-068-0 et 2878540689, lire en ligne), p. 47
  12. Voir les cartes démographiques dans Fernand Braudel, 1990, tome II, p. 508-509.
  13. Bennassar, 1992, p. 468
  14. Mikel de Epalza, Los moriscos antès y depuès de la expulsion, MAPFRE, 1992 ; Bernard VINCENT, "El peligro morisco", El rio morisco, Valencia- Granada - Zaragoza, 2006, p. 65 - 74.
  15. Mary Elizabeth PERRY, The Handless Maiden. Moriscos and the Politics of Religion in Early Modern Spain, Princeton, 2005
  16. Jean-Pierre DEDIEU, « Les morisques de Daimiel et l'Inquisition, 1502 – 1526 », dans : Les morisques et leur temps, Paris, CNRS, 1983, p. 493 – 522 ; Rafael BENÍTEZ SÁNCHEZ-BLANCO, “Alatar el Viejo. El trágico destino de un alfaqui”, dans : CONTRERAS, Jaime, PULIDO, Ignacio, et BENÍTEZ, Rafael, Judíos y moriscos. Herejes*, Barcelone, Random House Mondadori, 2005, p. 151 – 202.
  17. Augustin Redondo, "El primer plan sistematico de asimilación de los moriscos granadinos : El del doctor Carvajal (1526)", in Les morisques et leur temps, Paris, CNRS, 1983, p. 111 – 132
  18. Braudel, 1992, p. 515.
  19. Bruno Étienne, « Nos ancêtres les Sarrasins » in : hors série no 54 du Nouvel Observateur, « Les nouveaux penseurs de l’islam », avril mai 2004, p. 22-23
  20. Francisque Michel, Histoire des races maudites de la France et de l'Espagne, A. Franck, 1847, p. 88-94
  21. Jean Servier, « Minorités et démocratie » dans Les intellectuels et la démocratie, Puf, 1980, p. 123-124
  22. Jules Mathorez, Les étrangers en France sous l'ancien régime, Champion, 1919, p. 167
  23. Jules Mathorez, Les Étrangers en France sous l'ancien régime, Champion, 1919, p. 171.
  24. [1]
  25. [2]
  26. [3]
  27. a et b (ar) Les Andalous, par Abdelaziz Benabdallah ; consultable en ligne [4]
  28. (fr) Ahmed Manaï, « Hommage à Cheikh Abdel Fettah. Le dernier des Moriscos ! », Institut des relations internationales, 20 décembre 2005
  29. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/remmm_0035-1474_1972_num_12_1_1167

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Études universitaires[modifier | modifier le code]

  • (es) Dominguez Ortiz, Antonio etVincent, Bernard, Historia de los moriscos. Vida y tragedia de una minoria (1re édition 1978), Madrid, Alianza, 1984, 1989 (ouvrage de référence).
  • (es) Benitez Sanchez-Blanco, Rafael, Heroicas decisiones. La Monarquia catolica y los moriscos valencianos, Valence, Institució Alfons el Magnànim, Diputació de València, 2001.
  • (es) Bernabé Pons, Luis F. , Los moriscos. Conflicto, expulsion y diaspora, Madrid, Los libros de la Catarata, 2009 (synthèse récente).
  • (fr) Poutrin, Isabelle, Convertir les musulmans. Espagne, 1491-1609, Paris, Puf, coll. "Le Nœud gordien", 2012.
  • (es) Vincent, Bernard, El rio morisco, Valencia-Granada-Zaragoza, coll. "Biblioteca de estudios moriscos 2", 2006.
  • (es) Lomas Cortes, Manuel, El proceso de expulsion de los moriscos de Espana (1609-1614), Valencia-Granada-Zaragoza, coll. "Biblioteca de estudios moriscos 8", 2011.
  • (es) Barrios Aguilera, Manuel, "Los moriscos en el IV Centenario de la Expulsion. Unos libros", Cuadernos de Historia Moderna, 2010, vol. 35, p. 225-235 (bilan des publications récentes).
  • (es) Boeglin, Michel, Entre la Cruz y el Corán. Los moriscos en Sevilla (1570-1613), Instituto Cultural de las Artes de Sevilla, Séville, 2010).
  • Fernand Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II, éd. Armand Colin, Paris, 1990 (ISBN 2253061689)
  • (es) Candau Chacón, María L. Los moriscos en el espejo del tiempo, Universidad de Huelva. Huelva, 1997.
  • (fr) Carrasco, Raphaël, La monarchie catholique et les Morisques (1520-1620), Université Montpellier III, coll. « Espagne médiévale et moderne », , 409 p. (ISBN 9782842696702).
  • (fr) Leila Meziane, Salé et ses corsaires (1666-1727), publication univ Rouen Havre, 2008, p. 73

Revues[modifier | modifier le code]

Articles de journaux[modifier | modifier le code]

Sources primaires[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]