Abdelfattah Mourou

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Abdelfattah Mourou
Abdelfattah Mourou en 2014.
Abdelfattah Mourou en 2014.
Fonctions
Premier vice-président de l'Assemblée des représentants du peuple
En fonction depuis le
(2 ans, 11 mois et 19 jours)
Élection
Président Mohamed Ennaceur
Législature Ire
Prédécesseur Meherzia Labidi Maïza
(première vice-présidente de l'Assemblée constituante)
Député de la deuxième circonscription de Tunis
En fonction depuis le
(2 ans, 11 mois et 21 jours)
Élection 26 octobre 2014
Groupe politique Ennahdha
Biographie
Date de naissance (69 ans)
Lieu de naissance Tunis (Tunisie)
Nationalité tunisienne
Parti politique Ennahdha (1981-1992)
Indépendant (2011-2012)
Ennahdha (depuis 2012)
Diplômé de Université de Tunis
Profession Avocat

Abdelfattah Mourou (عبد الفتاح مورو) ou Abdel Fattah Mourou, né le 1er juin 1948 à Tunis[1],[2], est un avocat et homme politique tunisien islamiste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Fils de marchand, issu d'une famille d'origine morisque[3], il fait ses études au Collège Sadiki. Il poursuit ensuite des études de droit à l'Université de Tunis et obtient, en 1970, une licence en droit et une autre en sciences islamiques[1]. Il exerce le métier de juge jusqu'en 1977, lorsqu'il devient avocat[4].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Très tôt, il rejoint un ordre soufi, appelé Madaniyya, créé au début du XXe siècle et appelant à l'origine au rejet de la présence étrangère en Tunisie. Il commence ses activités islamistes dans les années 1960, en prêchant dans les lycées et les mosquées[2].

En 1969, il fait la connaissance de Rached Ghannouchi dans une mosquée de Tunis et se met d'accord avec lui pour fonder un mouvement islamique en Tunisie. En 1973, en tentant d'organiser une assemblée d'une centaine de personnes à Sousse, Mourou, Hmida Ennaifer et Ghannouchi sont arrêtés par la police. À la suite de cet incident, il est décidé de créer une organisation clandestine (Jamâa Al-Islamiya) qui se décompose en structures régionales et nationales[5]. Elle est active principalement dans les mosquées et les universités et édite un journal, El Maarifa, diffusé librement dans certains kiosques et dans les librairies proches de l'organisation.

Mourou devient l'un des grands prêcheurs de la capitale et le leader populaire de Jamâa Al-Islamiya. Celle-ci devient en 1981 le Mouvement de la tendance islamique (Ennahdha) dont Mourou est le numéro deux. Toutefois, le mouvement est rapidement la cible de la répression : Mourou est arrêté et passe deux ans en prison. Après l'attaque du commissariat de police de Bab Souika, en 1991, il est à nouveau détenu[2]. Il fait l'objet, en 1992, d'une campagne de diffamation de la part du régime qui vise à le discréditer personnellement[6].

Après cette nouvelle détention, Mourou adopte une approche de conciliation, dénonce la violence et annonce la suspension de son appartenance au mouvement Ennahdha[7]. Mourou cesse alors toute activité politique en Tunisie mais continue de pratiquer son métier d'avocat.

Le 30 janvier 2011, à la suite du retour d'exil de Rached Ghannouchi, Mourou laisse entendre qu'il va exercer à nouveau une activité politique. À la suite d'un appel du prédicateur Youssef al-Qaradâwî, Ghannouchi déclare que Mourou se chargerait de la campagne électorale de son parti lors de l'élection de l'Assemblée constituante en octobre 2011. Mais Mourou confirme son divorce qui est alors présenté comme définitif avec le mouvement Ennahdha et se présente à l'élection en tant qu'indépendant, dans le cadre d'une alliance centriste, l'Alliance démocratique indépendante[8], constituée de plusieurs personnalités indépendantes et de partis politiques qui se sont joints à cette alliance[9].

Au terme du congrès d'Ennahdha, tenu du 12 au 16 juillet 2012, il fait son retour au bureau exécutif en tant que vice-président et représentant personnel du président Rached Ghannouchi pour les questions d'intérêt général[10].

En août 2012, il est violemment agressé par un militant islamiste radical qui le blesse légèrement à la tête[11].

Il est élu à l'Assemblée des représentants du peuple lors des élections du 26 octobre 2014, avant d'en être élu premier vice-président.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est père de quatre garçons et une fille. Il porte dans sa vie de tous les jours une tenue, typiquement tunisienne, qu'il a adoptée à l'âge de 18 ans.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (ar) Saïda Bou Helal, « Tous les Tunisiens ont été brûlés par le feu de l'ancien régime mais les islamistes ont été à l'intérieur du four », Assabah, 6 février 2011
  2. a, b et c (en) Emad Eldin Shahin, « Abdelfattah Mourou », Political Ascent. Contemporary Islamic Movements in North Africa, éd. Westview Press, Boulder, 1998
  3. Ahmed Manaï, « Hommage à Cheikh Abdel Fettah. Le dernier des Moriscos ! », Institut des relations internationales, 20 décembre 2005
  4. (ar) Mouvement de la tendance islamique en Tunisie : Ennahdha (Saaid.net)
  5. « Tunisie, Rached Ghannouchi remonte aux origines d'Ennahdha », GlobalNet, 20 mars 2011
  6. « Rapport alternatif au deuxième rapport périodique de la Tunisie au Comité contre la torture de l'ONU » (I-11), Lettre bimensuelle de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, n°267, novembre 1998
  7. « Mohamed Zrig contre le ministre de la citoyenneté et de l'immigration » (section 109), Bureau du commissaire à la magistrature fédérale, Ottawa, 24 septembre 2001
  8. « L'Alliance Mourou, Jourchi et Masmoudi révèle ses 27 listes », Leaders, 4 septembre 2011
  9. Chawki Rouissi, « Abdelfettah Mourou : Bientôt Ennahdha sans Rached Ghannouchi », Mosaïque FM, 1er septembre 2011
  10. « Nouveau bureau exécutif d'Ennahdha : Mourou et Akrout y reprennent place », Leaders, 27 août 2012
  11. « Bagarre dans une mosquée en Tunisie », Agence France-Presse, 7 août 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]