Abén Humeya

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Abén Humeya
Los Monfies de las Alpujarras Illustration pag 204.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Fernando de Córdoba y Válor
Surnom
Kunya

Abén Humeya né vers 1545-1569, surnommé « roi des Morisques » avait comme nom chrétien Fernando de Córdoba y Válor et comme nom musulman Muhammad ibn Umayya. Il prendra le surnom kunya de Abén Hemeya faisant ainsi référence à son ascendance Umayyade. Il est une figure importante de la résistance et révolte morisque pendant l'inquisition en Espagne. Il sera assassiné par son propre cousin Aben Abou, lui-même trahi par son propre cousin El Seniz

Biographie[modifier | modifier le code]

Aben Humeya est né Fernando de Válor dans une famille Morisque et a prétendu être de lignage noble, descendant de la dynastie omeyyade. Le nom Aben Humeya est la version hispanisée du nom arabe Ibn Umayya, qui signifie «Fils d'Umayya» et suggère ainsi une descendance Omeyyade. Avant le début de la révolte Morisque, Aben Humeya avait été conseiller municipal de Grenade et avait été en résidence surveillée pour avoir arraché un poignard au conseil municipal[réf. nécessaire].

La révolte Morisque (1568–1571)[modifier | modifier le code]

Il est allégué que pour provoquer une rébellion qui lui donnerait une bonne raison d'expulser les Morisques du sud de l'Espagne, Philipe II a cessé ses promesses précédemment faites dans des traités conclus avec les musulmans et a émis un édit obligeant les Morisques à renoncer à leurs noms arabes, leur vêtements maures traditionnels, et même l'interdiction de parler l'arabe et le berbère. On leur a également dit qu'ils devaient abandonner leurs enfants pour être scolarisés par des prêtres chrétiens[réf. nécessaire].

La persécution croissante de la population Morisque restante de l'ancien royaume de Grenade a conduit à une révolte armée. La révolte fut planifiée par Ferag ben Ferag, descendant de la maison royale de Grenade et Diego López Ben Aboo. Ils ont soigneusement déterminé les dispositions des habitants des Alpujarras, où la meilleure position pourrait être faite contre les forces royales, sollicité l'aide des Roi d'Afrique du Nord et persuader les bandits locaux d'embrasser leur cause. La veille de Noël 1568, les représentants des Crypto-musulmans de Grenade, des Alpujarras se sont réunis clandestinement au Valle de Lecrin pour acclamer la Vale comme leur roi qu'ils ont ensuite renommé Aben Humeya, et apostasié. Aben Humeya a également pris quatre femmes, provenant de nombreuses régions, afin de renforcer les alliances politiques sur lesquelles il s'est appuyé. L'insurrection menée par Aben Humeya a pris la forme d'une guérilla contre les forces castillanes dans les montagnes de l'Alpujarra. Comptant initialement seulement environ 4 000 hommes, les forces rebelles ont rapidement augmenté à environ 25 000[réf. nécessaire].

Chute et meurtre[modifier | modifier le code]

Élection de Abén Humeya comme roi des morisques

Un musulman éminent d'Ugíjar, Diego Alguacil, demande, comme c'est la tradition, la main de Zahara, la veuve de son cousin Vicente de Rojas (ou Vicente de Roxas). La veuve est d'une rare beauté, ce qui rend Abén Humeya envieux, et lors d'une mission donnée à Diégo pour l'éloigner, force la veuve à devenir sa concubine. Diégo humilié usera d'un stratagème pour faire assassiner Abén. Alguacil l'épousa finalement à Tétouan six ans plus tard. Pour venger l'honneur de son cousin, Alguacil entraînera la chute d'Abén Humeya[1][réf. incomplète].

Aben Humeya avait également longtemps déçu ses alliés turcs et maghrébins, qu'il a retiré de son camp jusqu'à la frontière d'Almeria et placé sous le commandement de son cousin, Aben Aboo[réf. nécessaire].

Alguacil a commencé à jouer sur les tensions que Humeya aurait eu avec le contingent turc de son armée depuis un certain temps. Il est allé aux Turcs et a affirmé que «il avait fourni du Haschich à Aben Humeya afin qu'il soit donné aux capitaines turcs pour qu'ils soient drogués et plus tard, tués cette nuit». Les Turcs ont refusé l'offre, expliquant que le califat turc les avait envoyés « pour ne pas devenir des rois, mais pour aider le roi des Maures »[réf. nécessaire].

Les capitaines ont suggéré que le meilleur moyen était, après avoir obtenu l'approbation d'Alger, de mettre le pouvoir entre les mains d'un homme local de noble descendance chez qui on pourrait avoir confiance, quelqu'un qui servirait les intérêts des musulmans[réf. nécessaire].

Le 20 octobre 1569, il a été étranglé à mort dans un coup ingénieux par les experts militaires turcs et Aben Aboo a été proclamé chef des Morisques sous le nom de Mulley Abdalla. Son successeur, Aben Aboo, a finalement été tué par son propre homme. La mort d'Aben Humeya et Aben Aboo, couplée à l'arrivée de 20 000 soldats sous le commandement de Juan d'Autriche, le demi-frère illégitime de Philip, pour annuler la rébellion, a mis fin à plus de deux ans de guerres de guérilla vicieuse dans les Alpujarras. Presque toute la population des Alpujarras a ensuite été déportée vers Castille a l'ouest de l'Andalousie, quelques 270 villages et hameaux ont été repeuplés par des colons venus du nord de l'Espagne. Les villages restants ont été abandonnés. Cela a conduit à la destruction de l'industrie de la soie au cours de plusieurs siècles[réf. nécessaire].

Le roi Philippe II avait ordonné la dispersion de 80 000 Morisques de Grenade dans d'autres régions du pays. Philip s'attendait à ce que cela fragmenterait la communauté de Morisques et accélérerait leur assimilation dans la population chrétienne. Cependant, les Morisques de Grenade, dispersés dans tout le Royaume de Castille (notamment en Andalousie et en Estrémadure) ont eu une influence sur les Morisques locaux qui s'étaient alors assimilés. Cela a finalement abouti à l'Expulsion des Morisques[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Refinc|Les Révoltés de Cordoue - Auteur :Ildefonso FALCONES - Traduit par Anne PLANTAGENET - Éditeur : Robert Laffont/bouquins/segher, 2011 - (ISBN 2221126564 et 9782221126561) - Longueur 853 pages

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire des Mores mudejares et des Morisques, ou des Arabes d'Espagne sous la domination des chrétiens : De Anne Marie J. Albert de Circourt, Albert Circourt – G.A Dentu : Imprimeur Paris - Publié 1846