Inquisition espagnole

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Autodafé sur la Plaza Mayor de Madrid, Francisco Ricci, 1683.

L'Inquisition espagnole ou Tribunal du Saint-Office de l'Inquisition est une juridiction ecclésiastique instaurée en Espagne en 1478, avant la fin de la Reconquista, par une bulle[1] de Sixte IV à la demande des Rois catholiques. Conçue à l'origine pour maintenir l'orthodoxie catholique dans leurs royaumes, elle avait des précédents dans d'autres institutions similaires en Europe depuis le XIIIe siècle. Elle a élargi le champ de ses justiciables (musulmans, protestants, sectes…), réprimé les actes qui s'écartaient d'une stricte orthodoxie (blasphème, fornication, bigamie, pédérastie…) et combattu la persistance de pratiques judaïsantes[2]. Dépendant de la couronne, qui nomma les premiers inquisiteurs dès 1480, son pouvoir juridique était absolu pour juger et condamner. Elle fut définitivement abolie en 1834.

Historique[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Inquisition.
Le sceau de l'Inquisition espagnole.

En Espagne, dans le contexte de la reconquête des territoires musulmans par les chrétiens espagnols et la construction d'une identité nationale basée sur la foi catholique, les nouveaux chrétiens faisaient l'objet, depuis le début du XIVe siècle, de persécutions soutenues par les autorités, comme, en particulier, la révolte de Pedro Sarmiento à Tolède en 1449, qui avait abouti à la proclamation des premiers statuts de « limpieza de sangre » (« pureté de sang », en espagnol) refusant l'accès à diverses fonctions publiques aux nouveaux chrétiens. Ce sont au premier chef les « marranes » (« porcs » en espagnol), c'est-à-dire les juifs convertis au christianisme, dont le nombre fut particulièrement élevé après les répressions anti-juives de 1391, qui furent suspectés de ne pas être sincères dans leur nouvelle foi chrétienne - souvent à juste titre, leur conversion étant le résultat des menaces de mort à leur encontre - et de poursuivre la pratique du judaïsme en secret.

Comme les évêques demandaient aux souverains de pouvoir prouver la vigueur de leur engagement en pourchassant les « nouveaux chrétiens » dont la conversion n'était pas jugée sincère, et comme les Rois catholiques refusaient l'intervention directe d'un légat du Pape dans les affaires intérieures du pays, les ambassadeurs espagnols à Rome firent pression pour obtenir l'Inquisition. Le Pape accéda à leur requête à contrecœur, ne pouvant contrôler cette institution.

Le 17 septembre 1480, les premiers inquisiteurs dominicains, Miguel de Morillo et Juan de San Martín, sont nommés par l'État. Ils prennent leurs fonctions à Séville où la communauté marrane menacée échoue dans une tentative d'insurrection. Le siège de l'Inquisition est établi au Château de San Jorge, qui lui servira également de prison[3]. Six personnes sont brûlées vives. L'Inquisition commence ainsi sa longue carrière. Les humiliations et persécutions incessantes menées contre les hérétiques par les inquisiteurs sont loin d'être toujours désintéressées. En effet, lors des confiscations de biens, qui frappent non seulement ceux qui sont jugés coupables mais aussi toute leur famille, le Saint-Office perçoit une part de plus en plus élevée, pouvant atteindre 80 % du produit des biens saisis. Ainsi, il leur arrive de déterrer des morts pour un procès au terme duquel les os sont brûlés et les biens du défunt transférés. Certains Juifs accusés de ne pas avoir dénoncé des conversos sont tués par l'Inquisition. Certains membres du clergé tombent eux aussi sous les accusations.

La direction de Torquemada[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tomás de Torquemada.
Tomás de Torquemada, premier Grand Inquisiteur d'Espagne

Le changement dans le mode de nomination des inquisiteurs, institué par la bulle du 31 janvier 1482, entraîna la création de nouveaux postes, dans le nombre desquels figura Torquemada, de l'ordre des Dominicains. En 1483, le Conseil de l'Inquisition Suprême et Générale (abrégé la Suprema) fut institué. L'Inquisiteur Général ou Grand Inquisiteur (Inquisidor General) en était le président de droit - nouvelle fonction à laquelle Torquemada fut nommé pour la Castille puis, après quelques réticences de Sixte IV, pour l'Aragon, la même année[4]. Cette charge fut étendue à la Catalogne en 1486.

Bien que sous l'autorité théorique des monarques espagnols, le Grand Inquisiteur, en tant que représentant du pape, avait la haute main sur l'ensemble des tribunaux inquisitoriaux et pouvait déléguer ses pouvoirs à des inquisiteurs de son choix, qui étaient responsables devant lui. La fonction d'Inquisiteur Général était la seule fonction publique dont l'autorité s'étendait à tous les royaumes composant l'Espagne, constituant ainsi un relais utile pour le pouvoir des souverains.

De 1483 à 1498, l'Inquisiteur Général Torquemada donna à l'Inquisition espagnole une importance et une puissance sans précédent.

Particulièrement dirigée, à cette époque, contre les juifs et musulmans convertis (marranes et morisques), elle laissa un souvenir terrifiant (d'une source à l'autre les chiffres sont très variables, les plus conservatrices estiment à environ 2 000 le nombre de personnes brûlées sous le gouvernement de Torquemada). À tel point que le caractère souvent expéditif de la procédure provoqua les protestations du Saint-Siège (voir interventions de Sixte IV dès 1483).

Les successeurs de Torquemada[modifier | modifier le code]

Structure de l'Inquisition.

La répression qui eut lieu entre 1480 et 1500, sous l'impulsion de Torquemada, fut si efficace que la traque aux judaïsants devint par la suite moins fructueuse et plus difficile, ce qui conduisit parfois à de terribles excès[5]. À tel point que le mouvement d'opposition à l'Inquisition grandit. L'inquisiteur Diego Deza (en) qui avait pris la suite de Torquemada fut démis de ses fonctions en 1507.

Les successeurs de Torquemada et de Deza furent, pour la plupart, plus modérés. Certains ont même fait preuve d'ouverture d'esprit, comme le cardinal Cisneros, inquisiteur général de 1507 à 1517, qui projeta d'inviter Érasme en Espagne[6] ou encore Alonso Manrique de Lara (en), inquisiteur général et archevêque de Séville de 1523 à 1538, protecteur des humanistes[7].

Est mise en place, en Espagne puis au Portugal, une structure de surveillance systématique et de délation généralisée, non seulement à l'encontre des convertis, mais aussi de leurs descendants, et de tous les chrétiens d'ascendance même très partiellement juive, baptisés « nouveaux chrétiens ».

À partir de 1525, les tribunaux se tournent vers les morisques, c'est-à-dire les Maures pratiquant l'islam en secret. Puis ils s'intéressent aux protestants, et à partir de 1530, aux délits divers tels que la bigamie, la fornication ou le blasphème. Contrairement aux autres pays aux XVIIe et XVIIIe siècles, la sorcellerie, mobilise peu l'Inquisition. L'attention principale est toujours concentrée sur les personnes accusées de judaïser. Joseph Perez souligne dans son Histoire de l'Espagne que la raison qui avait motivé la multiplication de ces nouvelles cibles de l'inquisition était l'obtention de nouvelles ressources pour les tribunaux. En effet, autant les grandes persécutions des premières années de l'Inquisition avaient permis le financement aisé de ses structures et de son développement - grâce à l'abondance des biens confisqués aux judaïsants -, autant il a fallu réduire le nombre des tribunaux et augmenter les ressources dès le début du XVIe siècle[8].

Un tour de vis est donné par le carriériste Fernando de Valdés y Salas (en), inquisiteur général de 1547 à 1566 et archevêque de Séville, avec l'intensification de la persécution contre les foyers luthériens et le terrible autodafé de 1559[9]. La même année, il publie le premier index espagnol des livres interdits, où figurent plusieurs centaines de titres. C'est aussi durant son mandat que l'Inquisition commence à délivrer des « limpiezas de sangre » (« certificat de propreté du sang ») aux personnes ne possédant pas d'ancêtre juif ou musulman. Ces certificats sont non seulement exigés pour l'accès à l'armée, aux charges du Saint Office, pour l'entrée aux universités, mais également réclamés par les familles à la veille des mariages.

L'Inquisition devient alors si puissante et brave parfois si impunément la justice civile qu'elle s'attire l'aide de tous ceux qui la craignent. C'est ainsi qu'elle développe autour d'elle l'institution des « Amis de l'Inquisition ». Ceux-ci, loin de se cacher, se flattent avec arrogance de cette appartenance et défilent annuellement à des parades, notamment à l'occasion des autodafés.

À ce propos, l'historien Bennassar explique que la machine politique de l'Inquisition fonctionnait, dans les premières décennies, sur la base d'une « pédagogie de la peur »[10]. L'imagerie de la peur était portée par la torture et les bûchers et renforcée par le côté secret et impénétrable de la procédure. Les trois principales tortures employées lors de l'Inquisition espagnole furent la « garrucha » (estrapade avec une poulie, le patient étant suspendu et relâché par saccades), la « toca » (sorte de chevalet, chaque tour de garrot donnant lieu à un rapport circonstancié du notaire) et surtout la « potro » (entonnoir de tissu qui couvrait le nez et la bouche et qui asphyxiait le torturé lorsqu'on y versait des cruches d'eau)[11],[12].

La dispersion des Marranes[modifier | modifier le code]

Les Marranes s'établissent aux Amériques. Mais l'Inquisition a le bras long, et s'y étant également implantée, les pourchasse comme en Europe. Pourtant, certains Marranes portugais réfugiés dans la région de Bordeaux finissent par obtenir des souverains français le droit d'y demeurer et reviennent finalement à la religion de leurs ancêtres.

Plaque commémorative, de 2009, de la ville de Ribadavia en hommage à ses citoyens condamnés par l'Inquisition il y "400 années à cause de leur croyance".

Les lieux de refuge les plus sûrs sont les pays protestants, notamment la Hollande et l'Angleterre. Dans les premiers temps, les « nouveaux chrétiens », redevenus juifs ou non, sont laissés en paix, dans la limite de certains interdits, tandis qu'ils peuvent s'installer en pays musulman, bénéficiant du statut de dhimmis. En Turquie, ils jouent ainsi un rôle important auprès de Soliman le Magnifique dans sa lutte contre les royaumes chrétiens. L'un d'eux, le duc de Naxos est le conseiller personnel du fils de Soliman, Selim II. Lorsqu'ils adoptent l'islam, ils obtiennent, ainsi que leurs descendants, le même statut que les autres musulmans.

La fin de l'Inquisition espagnole[modifier | modifier le code]

L'Inquisition prend fin en Espagne officiellement sous Napoléon Ier en 1808, puis est rétablie en 1814. La dernière victime est un instituteur déiste pendu à Valence le 26 juillet 1826. L'Inquisition espagnole est abolie définitivement par la reine Marie-Christine en 1834, et la « limpieza de sangre » le 13 mai 1865.

Lorsque le décret de l'Alhambra ordonnant l'expulsion des juifs fut officiellement abrogé en 1967 par le gouvernement franquiste, il était lettre morte depuis longtemps, et des dizaines de milliers de descendants des expulsés, persécutés dans le reste de l'Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, ont pu se réfugier en Espagne et y être accueillis en tant qu'anciens Espagnols.

Les condamnations à mort[modifier | modifier le code]

Selon Béatrice Leroy, il est aujourd’hui admis qu’il est impossible de parvenir à un calcul exact du nombre de condamnés à mort par l’Inquisition[13][réf. insuffisante]. En 1817, Juan Antonio Llorente publie, dans son ouvrage Histoire critique de l’Inquisition d’Espagne, le chiffre de 39 671 remises au bras séculier espagnol. Ce chiffre est tenu aujourd’hui pour totalement dénué de validité scientifique et peu probable tant il est élevé. En effet, la recherche historique ne cesse de revoir le nombre de condamnés à mort par l’Inquisition à la baisse[14].

L’historien danois Gustav Henningsen qui étudia 50 000 procédures inquisitoriales datées de 1560 à 1700 estimait qu’1 % seulement des accusés avaient dû être exécutés[15].

La Revue des études juives étudia l’activité du tribunal de Badajoz entre 1493 et 1599. Elle y a recensé une vingtaine de condamnés à mort sur une période de 106 ans[15].

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 711 : conquête de la péninsule Ibérique par les Maures.
  • 1085 : reprise de Tolède par les chrétiens.
  • 1220 : fondation de l'ordre des Dominicains
  • 1231 : Grégoire IX commence l'inquisition médiévale
  • 1236 : reprise de Cordoue par les chrétiens.
  • 1241 : reprise de Murcie par les chrétiens.
  • 1248 : reprise de Séville par les chrétiens.
  • 1252 : Innocent IV approuve officiellement l’utilisation de la torture pour obtenir les aveux des suspects.
  • 1391 : émeutes contre les juifs d'Espagne. Début du mouvement de conversion des juifs au christianisme.
  • 1449 : révoltes contre les conversos de Tolède. L’accès aux carrières officielles leur est fermé.
  • 1453 : les Turcs s'emparent de Constantinople.
  • 1478 : Sixte IV promulgue une bulle papale autorisant la mise en place de l'Inquisition en Espagne au 1er novembre[16].
  • 1480 : les premiers inquisiteurs de Castille, Miguel de Murillo (en) et Juan de San Martin (en), sont nommés.
  • 1481 : premiers autodafés à Séville.
  • 1482 : les juifs sont expulsés d'Andalousie.
  • 1483 : Tomas Torquemada devient le premier Inquisiteur Général d'Espagne.
  • 1484 : Torquemada émet les premières procédures visant à régir les opérations de l'Inquisition espagnole.
  • 1485 : assassinat à Saragosse de l'inquisiteur d'Aragon, Pedro de Arbues. S'ensuivent de nombreux autodafés.
  • 1486 : 750 périssent lors de l'autodafé de Tolède.
  • 1492 : Grenade est reconquise par les Rois Catholiques. Décret de l'Alhambra d'expulsion des juifs. Christophe Colomb 'découvre' l’Amérique.
  • 1492: Édit général d'expulsion des Juifs de la Castille et de l'Aragon[17].
  • 1494 : traité de Tordesillas qui divise le 'nouveau monde' entre l'Espagne (la plupart de l'Amérique) et le Portugal (Afrique, Asie et Brésil).
  • 1500 : première exécution de sorcière par l'Inquisition (Narbone Dorcel).
  • 1502 : expulsion des musulmans de Grenade.
  • 1502 : expulsion des Maures de Castille et de Léon[18].
  • 1502-06 : à Cordoue, l'inquisiteur Diego Rodriguez Lucero condamne à mort plusieurs centaines de personnes pour judaïsation. Nombreuses révoltes; Lucero est contraint de s'enfuir.
  • 1504 : instauration d'un tribunal de l'Inquisition espagnole aux îles Canaries.
  • 1507 : le cardinal Francisco Jiménez de Cisneros est nommé Inquisiteur Général d'Espagne.
  • 1517 : début de la Réforme
  • 1520-22 : guerres civiles en Aragon et Castille soulevées par les comuneros et les germanias contre Charles Quint. Les germanias opèrent de nombreux baptêmes forcés de musulmans.
  • 1522 : Charles Quint interdit l'entrée du Nouveau Monde aux conversos et moriscos et établit l'inquisition aux Pays-Bas.
  • 1525 : édit de l'Inquisition espagnole contre les alumbrados
  • 1526 : expulsion de tous les musulmans d'Aragon. Des mesures visant à interdire certaines pratiques culturelles des moriscos sont planifiées à Grenade.
  • 1528 : premier autodafé dans le Nouveau Monde (à Mexico): deux conversos sont condamnés au bûcher.
  • 1529-36 : purges des disciples d'Erasme par l'Inquisition espagnole.
  • 1534 : fondation de l'ordre des Jésuites (reconnu par le pape en 1540).
  • 1536 : Paul III Farnèse autorise la création de l'Inquisition portugaise avec des pouvoirs restreints.
  • 1542 : Paul III établit l'Inquisition romaine.
  • 1547 : Statuts de 'pureté du sang' (limpieza de sangre) promulgués à Tolède.
  • 1547 : Fernando Valdés (en) est nommé Inquisiteur général d'Espagne (jusqu'en 1566).
  • 1557 : Philippe II succède à son père Charles Quint.
  • 1559 : autodafés contre des protestants à Valladolid et Séville. Publication du premier Index espagnol des livres interdits. Bartolomé de Carranza (en), l'archevêque de Tolède est arrêté.
  • 1561 : Valdés publie une standardisation des procédures inquisitoriales.
  • 1568-70 : rébellions des moriscos en Andalousie. Vaincus, ils se dispersent dans toute l'Espagne.
  • 1569 : fondation du tribunal de l'Inquisition à Lima au Pérou.
  • 1571 : fondation du tribunal de l'Inquisition à Mexico.
  • 1576 : Carranza doit abjurer à Rome; meurt 18 jours plus tard.
  • 1580 : unification des couronnes d'Espagne et du Portugal sous Philippe II
  • 1609 : fondation du tribunal de l'Inquisition à Carthagène des Indes
  • 1609-14 : expulsion des moriscos d'Espagne.
  • 1610 : grand autodafé de Logroño où, pour la dernière fois, l'Inquisition espagnole a brûlé des sorcières (16).
  • 1636-49 : montée des persécutions par l'Inquisition dans les communautés portugaises en Amérique latine. Autodafés à Lima (1639) et à Mexico (1649)
  • 1640 : le Portugal entame la guerre d'indépendance contre l'Espagne.
  • 1648 : l'Espagne reconnait l'indépendance des Provinces-Unies.
  • 1668 : l'Espagne reconnait l'indépendance du Portugal.
  • 1680 : grand autodafé de Madrid.
  • 1700-46 : règne de Philippe V rallume les feux de l'Inquisition (54 autodafés).
  • 1713-15 : Melchor de Macanaz (es), ministre de Philippe V, propose une réforme de l’Inquisition qui se retourne contre lui et l'exile en France. Ferdinand VI parvient à le faire revenir des années plus tard.
  • 1751 : promulgation d'un édit contre les francs-maçons en Espagne.
  • 1756 : les ouvrages de Diderot, Montesquieu, Rousseau et Voltaire sont interdits par l'Inquisition espagnole.
  • 1767 : les jésuites sont expulsés d'Espagne
  • 1773 : décret abolissant les distinctions entre 'vieux chrétiens' et conversos
  • 1808 : Napoléon envahit l'Espagne et place son frère comme souverain fantoche.
  • 1813 : décret abolissant l'Inquisition adopté par le parlement de Cadix.
  • 1814 : Ferdinand VII, approuvé par Pie VII, réintroduit l'Inquisition en Espagne.
  • 1820: Ferdinand VII décrète la suppression de l'Inquisition en Espagne.
  • 1834 : loi d’abolition de l'Inquisition formellement votée en Espagne.
  • 1967 : abrogation du décret de l'Alhambra.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bulle Exigit sincerae devotionis du 1er novembre 1478.
  2. Joseph Pérez, Histoire de l'Espagne, Fayard, 1996, p. 363.
  3. (es) « Castillo de San Jorge », sur http://www.iaph.es (consulté le 28 décembre 2013)
  4. Voir pages 25-31 dans The Spanish Inquisition: A History, Joseph Pérez (traduction de Janet Lloyd), Yale University Press, 2006.
  5. Voir notamment l'affaire Lucero du nom de l'inquisiteur de Cordoue pages 58-59 in The Spanish Inquisition, Joseph Perez, Yale University, 2005.
  6. Voir page 199 in Spain 1474-1700, Colin Pendrill, Heinemann, 2002.
  7. Voir pages 299-300 in The Reformation World, Andrew Pettegree, Routledge, 2000.
  8. Voir page 365-366 in Histoire de l'Espagne, Joseph Perez, Fayard, 1996.
  9. Voir 289-291 in L'administration de la foi, Jean-Pierre Dedieu, Casa de Velázquez, 1992.
  10. Voir Patterns of the Inquisitorial Mind as the Basis for a Pedagogy of Fear, Bartolomé Bennassar, p. 177-84, Alcala Angel ed., 1987.
  11. André Morellet, Abrégé du manuel des inquisiteurs, Éditions Jérôme Millon,‎ 2000, p. 123
  12. André Fernandez, Au nom du sexe : inquisition et répression sexuelle en Aragon 1560-1700, Éditions L'Harmattan,‎ 2003, p. 174
  13. Béatrice Leroy, L’Espagne des Torquemada (édition? page?).
  14. Jean Sévillia, Historiquement correct, Perrin, 2006, pp.66 et 78.
  15. a et b Jean Sévillia, Historiquement correct, Perrin, 2006, p.79
  16. Pérez, Joseph, Brève histoire de l’Inquisition en Espagne, Paris : Fayard, 2002, p. 9
  17. Décret royal [Réal Provision] pour la Couronne de Castille, Archives Générales de Simancas, Patronato Real, legajo 28, fol. 6, dans Pérez, Joseph, Historia de una tragedia: la expulsion de los judios de España, Barcelone : 1993, p. 147-151 ou sur le site Internet: http://icp.ge.ch/po/cliotexte/xve-et-xvie-siecle-renaissance-humanisme-et-reforme/espagne.religions.html
  18. http://icp.ge.ch/po/cliotexte/xve-et-xvie-siecle-renaissance-humanisme-et-reforme/espagne.religions.html

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • (es) Emile van der Vekene, La Inquisición en grabados originales., Madrid, Universidad Rey Juan Carlos,‎ 2005 (ISBN 84-96144-86-0).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]