Marche verte

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La Marche verte (en arabe : المسيرة الخضراء) désigne une grande marche, présentée comme pacifique, partie du Maroc vers le territoire du Sahara occidental et lancée par le roi du Maroc Hassan II le dans le but d'annexer ce territoire occupé par l'Espagne. À la différence de la Cour internationale de justice[1], les Marocains considèrent cette marche comme une récupération de leurs territoires historiques. Dans le même temps, les Forces armées royales marocaines interviennent secrètement dans l'est du territoire, pour occuper plusieurs points stratégiques et attaquer le Front Polisario, un mouvement indépendantiste sahraoui qui rejette les revendications du Maroc.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le Maroc revendique le territoire du Sahara occidental depuis son retour à l’indépendance en 1956. En août 1974, l'Espagne, qui souhaite se retirer, annonce l'organisation d'un référendum d'autodétermination pour 1975. Le Maroc s'oppose à tout référendum qui pourrait conduire à l'indépendance du territoire et demande à la Cour internationale de justice de statuer sur sa revendication. Une mission des Nations unies visite le territoire en mai-juin 1975 et publie un rapport le 15 octobre qui constate un « consensus écrasant » de la population sahraouie en faveur de l’indépendance. Le lendemain, la Cour internationale de Justice rend son avis : elle reconnaît que le territoire du Sahara occidental n'était pas terra nullius avant la colonisation par l'Espagne et qu'il avait des liens juridiques d'allégeance avec le Maroc et l'ensemble mauritanien. Cependant, elle ne constate aucun lien de souveraineté territoriale. Elle conclut que ces liens ne sont pas de nature à entraver « l'application du principe d'autodétermination grâce à l'expression libre et authentique de la volonté des populations du territoire »[2].

La Marche verte est un « coup de poker » d'Hassan II pour établir la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, dans un contexte de plus en plus défavorable. Dans les heures qui suivent la publication de l'avis de la CIJ, il annonce aux Marocains que celle-ci a conclu en faveur du Maroc, et qu'il est temps de prendre possession du territoire en y marchant pacifiquement. En montrant à l'Espagne que son pays est déterminé à reprendre les « territoires du Sud », il veut contraindre celle-ci à choisir entre des négociations directes de cession ou une confrontation avec des civils sans armes, ce qui déclencherait une guerre pour un territoire dont elle ne veut plus. En occupant physiquement le terrain, il cherche également à contrer le Front Polisario sur place et à dissuader l'Algérie d'intervenir.

La marche pacifique[modifier | modifier le code]

Hassan II sollicita le départ de 350 000 volontaires civils marocains portant chacun un Coran et un drapeau marocain en direction du Sahara occidental duquel l'Espagne ne voulait pas se retirer. Devant l'afflux des volontaires, une loterie est organisée pour désigner les participants.

Pièce marocaine de 50 dirhams à l'effigie du roi Hassan II et commémorant la Marche verte.

Plusieurs milliers de Marocains franchissent la frontière du Sahara occidental à Tah le 6 novembre. Les troupes espagnoles s'étaient préalablement retirées et avaient déminé le terrain. Les marcheurs s'arrêtent après quelques kilomètres, puis Hassan II les appelle à revenir.

L'intervention militaire[modifier | modifier le code]

La Marche verte et l'intervention militaire marocaine.

L'hebdomadaire marocain Telquel défend que la marche avait un caractère militaire[3].

Quelques jours avant la Marche, le , un détachement des forces armées marocaines commandé par Ahmed Dlimi s'infiltre dans l'extrême nord-est du territoire, afin de déjouer une contre-offensive possible de l'Algérie[4]. Il occupe les localités de Farsia, Haousa et Jdiriya. D'après son aide de camp, « Dlimi a libéré le Sud en 1975 lors de la Marche verte. Celle-ci s’est arrêtée après que quelques hommes eurent franchi symboliquement la frontière. Ce sont Dlimi et ses hommes qui sont rentrés les premiers dans ce territoire[5]. »

Conséquences[modifier | modifier le code]

Devant le fait accompli, l'Espagne négocie alors avec le Maroc et la Mauritanie et les trois pays signent les accords de Madrid qui prévoient le transfert de la souveraineté des deux tiers septentrionaux du territoire (Seguia el-Hamra) au Maroc et le tiers sud restant (Oued ed-Dahab) à la Mauritanie.

Pour commémorer cet évènement le 6 novembre est un jour férié au Maroc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Avis de la C.I.J. du 16 octobre 1975, http://www.icj-cij.org/docket/index.php?sum=323&code=sa&p1=3&p2=4&case=61&k=69&p3=5&lang=fr&PHPSESSID=7f5762a3fa1ec8af184455d0c5b2220e
  2. Voir avis consultatif du 16 octobre 1975 (CIJ)
  3. Mensonges d'État, dans Telquel, numéro 357, 24 janvier 2009, http://www.telquel-online.com/archives/357/couverture_357.shtml
  4. Jacob Mundy, How the US and Morocco seized the Spanish Sahara, Le Monde diplomatique, 12 janvier 2006
  5. cité par Hicham Bennani dans Ahmed Dlimi : l’homme des basses besognes de Hassan II, 10 avril 2009 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]