Le « Concept » du 11 septembre

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Le « Concept » du 11 septembre
Auteur Jürgen Habermas, Jacques Derrida
Genre Dialogue de sociologie
Éditeur Éditions Galilée
Date de parution 2004

Le « Concept » du 11 septembre est un dialogue philosophique entre l'Allemand Jürgen Habermas et le français Jacques Derrida publié en 2003 avec Giovanna Borradori en Amérique sous le titre, Philosophy in a Time of Terror puis en 2004 en Europe[1].

Analyse[modifier | modifier le code]

Derrida et Habermas, en étudiant les attentats du 11 septembre 2001, développent des points philosophiques:

  • Est-ce le premier évènement mondial digne de ce nom ? Qu'est-ce qu'un événement majeur[2] ? L'événement est pour Derrida ce qui ne se laisse pas anticiper.
  • Qu'est-ce que la perversion auto-immune ? Si la violence coïncide, pour Lévinas, avec la nécessité pour Autrui de se montrer dans le Même et pour le Même (la racine ultime de la violence étant le temps) Derrida élabore une notion d'historicité qui échappe à la forme temporelle du présent et à toute détermination archéo-téléologique de l'histoire, auto-affective, synthèse passive du temps, fuyant irréversiblement le présent et la re-présentation opposée au « vieillissement »[3].
  • Peut-on parler de terreur hors du cadre étatique ? Existe-il un concept de la paix[4] ? Habermas présente une trilogie : l'action violente et aveugle des kamikazes palestiniens, la guérilla paramilitaire et le terrorisme mondial, provoquant une surréaction. Derrida s'interroge sur l'imprévisible, la datation, la répétition du 11 septembre, son processus d'auto-immunité, de suicide (dont Lévinas qualifie l'essence d'éternelle imminence) ou d'autodestruction de ses propres protections : la guerre froide, la guerre au terrorisme telle une guerre contre soi[5]. Michel Wieviorka dans son ouvrage sur la violence invente de nouveaux concepts de rapport du sujet au sens dans la violence, par exemple en créant les concepts d' hypersujet ou de sujet flottant[6].

Critique[modifier | modifier le code]

Dans l'émission, Les nouveaux chemins de la connaissance, sur France Inter, Raphaël Enthoven présente la critique principale de Habermas à Derrida concernant son style trop "littéraire" et rappellent l'hostilité de l'université allemande à son travail pour sympathies fascistes, reprenant son étude du concept d'hospitalité inconditionnelle[7].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]