Histoire de la carte électorale du Québec

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Cet article fait l'historique des modifications apportées à la carte électorale du Québec depuis la confédération. Depuis 1867 le nombre de circonscriptions provinciales a presque doublé, partant de 65 pour atteindre aujourd'hui le nombre de 125. La liste qui suit présente les principaux changements à la carte électorale. La date indiquée est celle de l'adoption de la carte électorale modifiée, quand cette information est connue, et sinon de la première élection générale qui utilisa cette carte modifiée.

Résultats de l'élection générale québécoise de 2007

1867[modifier | modifier le code]

À la confédération, la carte électorale demeure la même que celle adoptée en 1853 par le gouvernement de la province du Canada pour le Canada-Est. Les 65 circonscriptions fédérales et provinciales appelés Districts électoraux, divisent alors la province nouvellement créée.

Circonscriptions présentes en 1867 :

Les noms en gras désigne les circonscriptions actuelles, ceux en italiques furent refondues ou ont changé de noms.

1890[modifier | modifier le code]

La carte électorale est modifiée le 2 avril 1890 (date de sanction de la loi[1]) et utilisée pour la première fois à l'élection générale de la même année. Le nombre de circonscriptions passe de 65 à 73. Réaménagement des circonscriptions de la ville de Montréal.

À Montréal[modifier | modifier le code]

Ailleurs[modifier | modifier le code]

1895[modifier | modifier le code]

La carte électorale est modifiée le 21 décembre 1895[2] et utilisée pour la première fois à l'élection générale de 1897. On passe de 73 à 74 circonscriptions.

1912[modifier | modifier le code]

La carte électorale est modifiée le 3 avril 1912[3] et utilisée pour la première fois lors de l'élection générale de la même année. On passe de 74 à 81 circonscriptions[4].

À Montréal[modifier | modifier le code]

Carte des circonscriptions de l'île de Montréal lors de la refonte de 1912.

Ailleurs[modifier | modifier le code]

1918[modifier | modifier le code]

Changement de dénomination d'une circonscription. Cette carte électorale fut utilisée pour la première fois lors de l'élection générale de 1919.

1922[modifier | modifier le code]

La carte électorale est modifiée le 29 décembre 1922[6] et utilisée pour la première fois lors de l'élection générale de 1923. On passe de 81 à 85 circonscriptions. Deux nouvelles circonscriptions sont créées à Montréal.

1930[modifier | modifier le code]

La carte électorale est modifiée le 4 avril 1930[7] et utilisée pour la première fois lors de l'élection générale de 1931. Le nombre de circonscriptions passe de 85 à 90.

1939[modifier | modifier le code]

La carte électorale est modifiée le 28 avril 1939[8] et utilisée pour la première fois lors de l'élection générale de la même année. Cette fois on revient de 90 à 86 circonscriptions. Certaines circonscriptions de Montréal sont réaménagées.

Regroupements éphémères[modifier | modifier le code]

1944[modifier | modifier le code]

La carte électorale est modifiée le 26 mai 1944[9] et utilisée pour la première fois lors de l'élection générale de la même année. Le nombre de circonscriptions remonte à 91.

Retour à la carte de 1939[modifier | modifier le code]

Les circonscriptions de St-Jean, Napierville-Laprairie et Châteauguay sont rétablies comme elles étaient avant 1939.

1945[modifier | modifier le code]

La carte électorale est modifiée le 1er juin 1945[10] et utilisée pour la première fois lors de l'élection générale de 1948. Le nombre de circonscriptions passe à 92.

1954[modifier | modifier le code]

La carte électorale est modifiée le 5 mars 1954[11] et utilisée pour la première fois lors de l'élection générale de 1956. Ajout d'une circonscription pour en faire passer le nombre à 93.

1960[modifier | modifier le code]

Une nouvelle carte électorale est adoptée le 18 mars 1960[12] et utilisée pour la première fois lors de l'élection générale de la même année. Deux nouvelles circonscriptions en font passer le nombre à 95.

Comité de 1962[modifier | modifier le code]

Le gouvernement libéral de Jean Lesage nomme un comité d'experts formé d'universitaires pour réaliser une étude préliminaire sur la révision de la carte électorale[13]. Ce comité présidé par le géographe Fernand Grenier comprenait aussi le sociologue Harold Angell, l'historien Jean Hamelin, le sociologue Vincent Lemieux, le démographe Yves Martin, et l'économiste André Raynauld. Son rapport constate que la base de la carte électorale du Québec a peu changé depuis 1853 si ce n'est des divisions de territoire en fonction de l'augmentation de la population, et recommande plusieurs mesures pour améliorer son établissement, dont des critères pour la délimitation des circonscriptions ainsi que la recommandation de confier cette responsabilité à un organisme indépendant[14].

1965[modifier | modifier le code]

Une nouvelle carte électorale est adoptée le 6 août 1965[15] et utilisée pour la première fois lors de l'élection générale de 1966. Le nombre de circonscriptions passe de 95 à 108. Pour tenir compte du fort écart de population qui s'est établi entre les circonscriptions rurales et urbaines, plusieurs nouvelles circonscriptions sont créées dans la région de Montréal. De plus, les préfixes Montréal- et Québec- sont supprimés du nom des circonscriptions.

À Québec[modifier | modifier le code]

1972[modifier | modifier le code]

Une nouvelle carte électorale est adoptée le 21 décembre 1972[16] et utilisée pour la première fois lors de l'élection générale de 1973. Le nombre de circonscriptions augmente de deux, passant à 110, mais une refonte en profondeur des circonscriptions est effectuée dans le but d'équilibrer le nombre des électeurs. Des circonscriptions rurales sont éliminées ou regroupées, tandis qu'on ajoute plusieurs circonscriptions dans les villes ou en périphérie.

Nouvelles toponymies[modifier | modifier le code]

Regroupements[modifier | modifier le code]

Nouvelles circonscriptions[modifier | modifier le code]

1980[modifier | modifier le code]

Une nouvelle carte électorale est adoptée le 27 mars 1980[17] et utilisée pour la première fois lors de l'élection générale de 1981. Il s'agit de la première modification de la carte électorale faite sous l'égide de la Commission de la représentation électorale. Création de 11 nouvelles circonscription dont le nombre passe de 110 à 122.

Nouvelles toponymies[modifier | modifier le code]

Nouvelles circonscriptions[modifier | modifier le code]

1985[modifier | modifier le code]

Une nouvelle carte électorale est adoptée en 1985 et utilisée pour la première fois lors de l'élection générale de la même année. Le nombre de circonscriptions reste stable à 122; aucune circonscription n'est ajoutée ni supprimée mais les limites de 33 circonscriptions sont modifiées[18].

1988[modifier | modifier le code]

Une nouvelle carte électorale est adoptée en 1988 et utilisée pour la première fois lors de l'élection générale de 1989[18]. Le nombre de circonscriptions passe de 122 à 125.

1992[modifier | modifier le code]

Une nouvelle carte électorale est adoptée en 1992 et utilisée pour la première fois lors de l’élection générale de 1994[18]. Le nombre de circonscriptions reste stable à 125. Pour refléter les changements dans la répartition de la population, le nombre de circonscriptions au centre-ville de Montréal est diminué, et il est augmenté en périphérie.

2001[modifier | modifier le code]

Une nouvelle carte électorale est adoptée le 16 décembre 2001[19] et utilisée pour la première fois lors de l'élection générale de 2003. Le nombre de circonscriptions reste stable à 125.

2011[modifier | modifier le code]

Les 125 circonscriptions provinciales du Québec à la suite du redécoupage adopté le 19 octobre 2011
Redécoupage de 2011 de la carte électorale québécoise

Une nouvelle carte électorale est adoptée le 19 octobre 2011[20],[21]. Elle sera en vigueur lors de l'élection générale de 2012. Le nombre de circonscriptions reste stable à 125.

Un bon nombre de circonscriptions sont également modifiées, souvent pour simplifier le découpage ou refléter les limites de municipalités et d'arrondissements.

2017[modifier | modifier le code]

Le rapport préliminaire de la Commission de la représentation électorale (CRE) est déposé le 17 mars 2015. Des auditions publiques sont tenues au printemps 2015 à différents endroits à travers le Québec, puis en septembre 2016 la Commission de l'Assemblée nationale procède à l'étude détaillée de ce rapport. En février 2017, le rapport révisé de la CRE est déposé[22],[23] puis débattu à l'Assemblée nationale[24]. Enfin, la Commission dépose son rapport final le 14 juin 2017[25].

En outre, les limites de 16 autres circonscriptions sont modifiées.

Tableau de progression[modifier | modifier le code]

Futur[modifier | modifier le code]

En 2018, le Mouvement démocratie nouvelle (MDN) réclame une réforme sur le mode de scrutin au Québec[26]. Cette demande est bien accueillie chez le Parti Québécois, la Coalition Avenir Québec, Québec solidaire et le Parti vert du Québec, qui font front commun contre le Parti Libéral du Québec qui n'y est pas favorable[27]. D'ailleurs, les quatre partis d'opposition ont signé une entente de principe afin de s'engager à faire une réforme du mode de scrutin s'ils sont élus aux élections générales québécoises de 2018. Le mode de scrutin proportionnel mixte fait consensus chez les opposants au mode de scrutin actuel.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le titre complet de la loi est : « Acte concernant l'augmentation de la représentation à l'Assemblée législative, dans les divisions électorales de Montréal-Ouest, Montréal-Centre, Montréal-Est, Québec-Est, Drummond et Arthabaska, Rimouski, Chicoutimi et Saguenay »
  2. Assemblée nationale du Québec, Chronologie parlementaire, année 1895
  3. Assemblée nationale du Québec, Chronologie parlementaire, année 1912
  4. Gazette officielle du Québec, 16 avril 1912, p. 858
  5. Hormisdas Magnan, Dictionnaire historique et géographique des paroisses, missions et municipalités de la province de Québec, Arthabaska, L'imprimerie d'Arthabaska inc, , 738 p. (lire en ligne), p.100.
  6. Assemblée nationale du Québec, Chronologie parlementaire, année 1922
  7. Assemblée nationale du Québec, Chronologie parlementaire, année 1930
  8. Assemblée nationale du Québec, Chronologie parlementaire, année 1939
  9. Assemblée nationale du Québec, Chronologie parlementaire, année 1944
  10. Assemblée nationale du Québec, Chronologie parlementaire, année 1945
  11. Assemblée nationale du Québec, Chronologie parlementaire, année 1954
  12. Assemblée nationale du Québec, Chronologie parlementaire, année 1960
  13. Assemblée nationale du Québec, « Carte électorale », sur Encyclopédie du parlementarisme québécois, (consulté le 18 mars 2018).
  14. Commission de la représentation électorale du Québec, « Historique de la carte électorale », (consulté le 18 mars 2018).
  15. Assemblée nationale du Québec, Chronologie parlementaire, année 1965
  16. Assemblée nationale du Québec, Chronologie parlementaire, année 1972
  17. Assemblée nationale du Québec, Chronologie parlementaire, année 1980
  18. a, b et c La population bouge, la carte électorale change. Proposition de délimitation, rapport préliminaire, Commission de la représentation électorale, mars 2008, p.20
  19. Assemblée nationale du Québec, Chronologie parlementaire, année 2001
  20. Assemblée nationale du Québec, Chronologie parlementaire, année 2011
  21. http://www.electionsquebec.qc.ca/documents/pdf/DGE-6258-VF.pdf
  22. « Communiqué - Délimitation des circonscriptions électorales : dépôt du second rapport à l'Assemblée nationale », sur Le Directeur général des élections du Québec (consulté le 11 novembre 2017)
  23. Zone Politique - ICI.Radio-Canada.ca, « Carte électorale : déshabiller Montréal et la Mauricie pour habiller les Laurentides et Lanaudière », sur Radio-Canada.ca (consulté le 11 novembre 2017)
  24. « La carte électorale à l'image du Québec - Les grandes étapes », sur Commission de la représentation électorale du Québec (consulté le 19 mars 2018)
  25. « Rapport final - La Commission de la représentation électorale », sur lacarte.electionsquebec.qc.ca (consulté le 16 décembre 2017)
  26. Zone Politique - ICI.Radio-Canada.ca, « La révision du mode de scrutin de nouveau réclamée au Québec », sur Radio-Canada.ca (consulté le 18 juin 2018)
  27. Zone Politique - ICI.Radio-Canada.ca, « Les partis d'opposition à Québec veulent une réforme du mode de scrutin », sur Radio-Canada.ca (consulté le 18 juin 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]