Hervé Vilard

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Hervé Vilard
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Hervé Vilard au Festival Païoun Ven, à Contes, en juillet 2016.

Informations générales
Nom de naissance René Villard
Naissance (70 ans)
Paris, Seine
Activité principale auteur-compositeur-interprète
Genre musical chanson française, pop
Années actives 1965 - en activité
Labels Universal Music Group

René Villard, dit Hervé Vilard (« Hervé » correspondant aux initiales de ses prénom et nom, R. V. ), né le à Paris, est un auteur-compositeur-interprète français.

Son plus grand succès, Capri c'est fini, sort en 1965. Au cours de sa carrière, il a vendu plus de 40 millions de disques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Marcelle Blanche Villard (originaire de Dordogne), une vendeuse de violettes et de partitions qui chante dans les rues avant d'être ouvreuse au théâtre des Variétés, le petit René Paul Hervé naît dans un taxi alors que sa mère se rend à l'hôpital Saint-Antoine. Il ne connaîtra jamais son père dont il apprendra qu'il est un chauffeur de taxi corse. Sur plainte d'une voisine disant que Blanche est alcoolique, elle est déchue de ses droits maternels. Son fils Hervé est retiré à sa garde en vertu d'une ordonnance du tribunal et envoyé, à l'âge de six ans, à l'orphelinat Saint-Vincent-de-Paul, situé à Paris. Séparé de sa famille, il tente de s'échapper plusieurs fois[1].

Placé dans sept familles d'accueil dans le Berry, il garde d'assez bons souvenirs de ses premières « mères ». En 1957, à l'âge de 11 ans, il rencontre à La Celette près de Saint-Amand-Montrond celui qui sera son père spirituel et qui lui donnera une solide formation scolaire, l'abbé Denis Angrand. À 13 ans, Hervé obtient son certificat d'études et décide, à 14 ans, que la musique sera son avenir[2].

À l'âge de 15 ans, il fugue à Paris. Il fréquente loubards et prostituées dans le quartier de Pigalle interlope avant d'être placé en foyer de redressement. Il s'en échappe, travaille dans un bar, mais continue de flirter avec la délinquance. « Gamin des rues » et « crève-la-faim » comme il se décrit, il rencontre le peintre Dado qui le présente à des personnalités, notamment le galeriste Daniel Cordier (ancien résistant et secrétaire de Jean Moulin) qui exerce aussi une grande influence sur lui et devient plus tard son tuteur légal[3]. Il devient alors vendeur de disques dans le magasin Sinfonia des Champs Élysées[4].

Grâce à un salaire de disquaire dans les boîtes de nuit, Hervé peut prendre des cours de chant, de danse et de comédie. Dès sa première audition, Louis Hazan, le directeur des disques Philips l'engage et il signe en 1963 un premier contrat de cinq ans avec le label Mercury Records. En novembre 1964, il enregistre son premier quarante cinq tours avec notamment « Je veux chanter ce soir » et « Une voix qui t'appelle ». Avec douze mille exemplaires vendus, le disque n'obtient qu'un succès d'estime, grâce surtout à son jeune animateur et fan Jacques Morali qui en fait acheter sept mille. Morali deviendra son secrétaire. Il prend alors le nom de scène d'« Hervé Vilard » (enlevant un L à son nom pour qu'il soit plus gros sur les titres). La chanson suivante, Capri c'est fini, tube de l'été 1965, lui apporte un immense succès. Il fait désormais des tournées aux côtés d'Adamo, de Michèle Torr et de Christophe. Il fréquente personnellement Dalida qui le parraine. Avec ses chansons d'amour, il est classé dans les « chanteurs à minettes », ce qui ne l'empêche pas de faire en 1967 son coming-out dans l'émission Radioscopie de Jacques Chancel[5].

Il part pour de longues tournées internationales, si bien que la France finit par l'oublier et que la critique musicale relègue cette idole des jeunes dans la catégorie des one-hit wonders. Il s'exile alors en Amérique du Sud où il fait une carrière remarquée pendant dix ans. Il fait partie, de 1970 à 1973, de l'écurie Claude Carrère, avant d'intégrer le label Tréma fondé par Jacques Revaux et Régis Talar. Installé à Buenos Aires, il produit sept albums au Mexique, avant de renouer le succès en France avec le titre Nous, double disque d'or en 1979. Après 10 ans de carrière, il est pour la première fois en vedette sur la scène de l'Olympia. Il continue dès lors une carrière régulière avec des succès comme Mammamia en 1992, Simplement en 1997, l'album concept Cri du cœur en 2004[6], entrecoupés de nombreuses compilations, ce qui lui permet de vendre 40 millions d'albums[5].

Le 11 janvier 2006, il publie chez Fayard le premier tome de son autobiographie, L’Âme seule, écrite avec l'aide du nègre littéraire Jean-François Kervéan[7]. Le second tome, Le Bal des papillons, paraît le 2 novembre 2007[8].

En novembre 2008, un accident cardiaque l'oblige à annuler deux concerts[5].

Après avoir raillé[5] la tournée nostalgique des yéyé Âge tendre et têtes de bois, Hervé Vilard fait partie de la saison 5 en 2010, avec notamment Stone, Éric Charden, Michèle Torr, Sheila, Allain Turban

Il revient en 2011 pour la saison 6. Puis il remplace Michel Delpech sur les dernières dates de la saison 7, début 2013, avant de faire partie de la saison 8 en 2013/2014.

Répertoire[modifier | modifier le code]

Parmi ses autres succès, on peut citer Fais-la rire, Mourir ou vivre, Sayonara, Les Anges du matin, Les enfants ont besoin d'amour, Champagne, Elle était belle, L'Idiot, T'es pas Dietrich, Pour la retrouver, La vie est belle, le monde est beau, Rêveries, Je l'aime tant, Mamma Mia, Venise pour l'éternité, Dans le cœur des hommes, et surtout les trois tubes Nous, Reviens et Méditerranéenne, composés par Toto Cutugno, adaptés en français pour Hervé.

Didier Barbelivien, Michel Fugain, Danyel Gérard, Jacques Revaux, entre autres, ont composé pour Hervé Vilard au fil des ans.

Il a chanté des poèmes d'Aragon, de Marguerite Duras, Maurice Fanon, Eugène Ionesco, Jacques Prévert, Bernard Dimey et Jean Genet.

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 1967, il révèle publiquement son homosexualité[9]. Il est ainsi le premier chanteur français à effectuer un coming out médiatique[10].

Il est installé, depuis 1989, à La Celette près de Saint-Amand-Montrond, où il a restauré le presbytère de l'abbé Angrand pour en faire sa maison principale[11].

Un journaliste, Jean Doli, tâche de retrouver sa mère, et organise avec toute l'équipe du journal France Dimanche les retrouvailles, après une tournée à Verdun. Mais ce moment reste un des pires souvenirs d'Hervé Vilard car trois journalistes sont sortis, à son insu, des placards de la chambre pour immortaliser cet instant intime[12].

Hervé Vilard a vécu pendant quatre ans avec sa mère. À défaut d'établir un lien solide, il a toujours gardé un contact avec elle. Blanche est morte en 1981.

Discographie[modifier | modifier le code]

Participation[modifier | modifier le code]

Hervé Vilard en 2015 au festival du film de Cabourg.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Note[modifier | modifier le code]

  1. Thierry Ardisson, Tout le monde en a parlé, Flammarion, , p. 321
  2. Hervé Vilard, L'âme seule, Éditions Libra Diffusio, , p. 103
  3. Hervé Vilard, interviewé par Virginie Desvignes, « Le jour où Dado me sauve de la misère », Paris Match, semaine du 25 juin au 1er juillet 2015, page 134.
  4. Magasin racheté en 1969 par son seul concurrent Lido-Musique, il permettait notamment de s'offrir à prix d'or des disques américains en import. Cf. Philippe Thiébaut, Art nouveau revival, Snoeck, , p. 11.
  5. a, b, c et d Thierry Ardisson, Tout le monde en a parlé, Flammarion, , p. 323
  6. Il pose sa voix sur des textes de Pablo Neruda, Bertold Brecht ou Marguerite Duras.
  7. L’Âme seule. Plus de 275.000 exemplaires vendus !, site officiel d'Hervé Vilard.
  8. Le Bal des papillons. Déjà plus de 110.000 exemplaires vendus !, site officiel d'Hervé Vilard.
  9. http://www.melody.tv/artistes/voir/192/herve-vilard
  10. http://www.francedimanche.fr/infos-people/herve-vilard-il-aurait-du-etre-papa%E2%80%89/
  11. « L’ancien presbytère devenu son antre », sur leberry.fr,‎
  12. Blanche, sa maman, site officiel d'Hervé Vilard.

Liens externes[modifier | modifier le code]