Hervé Vilard

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Hervé Vilard
Description de cette image, également commentée ci-après
Hervé Vilard au Festival Païoun Ven, à Contes, en juillet 2016.
Informations générales
Nom de naissance René Villard
Naissance (72 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale auteur-compositeur-interprète
Genre musical chanson française, pop
Années actives 1965 - en activité
Labels Universal Music Group

René Villard, dit Hervé Vilard, né le à Paris, est un auteur-compositeur-interprète français. La sortie, en 1965, de sa chanson Capri c'est fini, qui devient un succès immédiat, lance sa carrière nationale et internationale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

René Villard naît le à Paris, en France[1],[2]. Orphelin d'un père qu'il ne rencontrera jamais, il est, à l'âge de six ans, retiré à sa mère, déchue de ses droits maternels, et envoyé à l'orphelinat Saint-Vincent-de-Paul, situé à Paris. Séparé de sa famille, il tente de s'échapper plusieurs fois[3],[2].

Placé successivement dans plusieurs familles d'accueil, Villard rencontre, en 1957, à La Celette, dans le Cher, un homme d'église qui l'éveille à la musique et à la littérature[2],[1]. À treize ans, il obtient son certificat d'études et envisage, un an plus tard, de s'investir dans une carrière musicale[4].

À seize ans, Villard fugue à Paris[5]. Il fréquente loubards et prostituées dans le quartier de Pigalle interlope avant d'être placé en foyer de redressement. Il enchaîne les auditions et les séances de Radio-crochet[1]. Un jour, il rencontre, dans le quartier du Montparnasse le peintre Dado qui l'invite à un vernissage, dans une galerie parisienne[6]. Dans celle-ci, il fait la connaissance d'un ancien résistant, secrétaire de Jean Moulin : Daniel Cordier, qui le prend sous son aile puis devient, en 1962, son tuteur légal[2],[1]. Encouragé par Cordier, il suit des cours de chant et trouve un emploi chez un disquaire des Champs-Élysées[2],[1].

Débuts de carrière[modifier | modifier le code]

Repéré, à l'occasion d'une audition, par le directeur des disques Philips, Villard signe, avec le label Mercury Records, un contrat d'enregistrement qui aboutit, en décembre 1964, à la sortie de son premier disque 45 tours[2]. L'EP, qui comprend quatre titres, notamment Je veux chanter ce soir et Une voix qui t'appelle, n'obtient qu'un succès modeste[7],[8]. René Villard prend alors le nom de scène d'« Hervé Vilard », enlevant un « L » à son patronyme pour qu'il soit plus gros sur les titres et adoptant le prénom d'« Hervé » qui correspond phonétiquement aux initiales de son vrai nom « R. V. »[3],[2],[1].

Succès commercial et développement artistique[modifier | modifier le code]

Travaillant à l'élaboration de son deuxième 45 tours, il s'inspire d'une chanson de Charles Aznavour, C'est fini, de la composition musicale d'une œuvre de Jacques Brel et d'une affiche publicitaire promouvant la destination touristique italienne Capri, pour écrit Capri, c'est fini, une chanson que sa maison de disque, peu enthousiaste, consent à produire[7]. L'œuvre musicale est refusée par le jury du concours la Rose d'or d'Antibes[7], mais, après une diffusion sur les ondes de la radio française Europe 1, puis des reprises par d'autres stations, elle sort en juin 1965[7],[2],[1] sur un EP rassemblant trois autres titres, dont la reprise d'un succès de Jimmy Fontana : Il mondo, et l'adaptation d'une ritournelle du folklore napolitain[9]. Avec plus de trois millions d'exemplaires vendus dans le monde — la chanson est enregistrée en plusieurs langues —, dont plus de 400 000 en France[10], la carrière du chanteur est lancée[2],[1],[11]. Il figure sur la photo du siècle regroupant, en avril 1966, 46 vedettes françaises du yéyé. Il fait des tournées aux côtés d'Adamo, de Michèle Torr et de Christophe, et fréquente personnellement Dalida qui le parraine[12],[5].

Ses œuvres suivantes, comme Fais-la rire, Mourir ou vivre et Pedro, ne connaissent cependant pas le même succès que Capri. En novembre 1965, à peine dix-neuf ans, Vilard assure la première partie, lors d'une tournée de Claude François, avant d'entamer, quelques mois plus tard un tour de chant mondial[2],[1]. Son tout premier 33 tours, qui inclut douze titres dont Capri, c'est fini et est diffusé dans toute l'Europe, s'écoule à 450 000 unités[2],[13].

Hervé Vilard, qui, avec ses chansons d'amour, est classé dans les « chanteurs à minettes », ce qui ne l'empêche pas de faire en 1967 son coming out dans l'émission Radioscopie de Jacques Chancel[3],[14], est de retour en France en 1969, après une tournée de deux ans en Amérique latine[2]. Son nouveau tube, Sayonara, atteint les 100 000 ventes la même année[15].

Des années 1970 à 2000[modifier | modifier le code]

Hervé Vilard part pour de longues tournées internationales, si bien que la France finit par l'oublier et que la critique musicale relègue cette idole des jeunes dans la catégorie des « succès sans lendemain ». Il fait partie, de 1970 à 1974, de l'écurie Claude Carrère, avant d'intégrer le label Tréma[12] — de 1970 à 1978, sa discographie grossit d'une dizaine d'albums, des compilations pour la plupart[2]. Installé à Buenos Aires, il produit sept albums au Mexique[2], avant de renouer avec le succès en France avec le titre Nous, disque d'or en 1979[16] pour plus d'un million de ventes[17]. Après dix ans de carrière, il est pour la première fois en vedette sur la scène de l'Olympia, le [2].

Il déclare, dans Paris Match, en 1984, qu'à la fin des années 70, il remarqua la présence de l’ex-officier SS, Klaus Barbie, assistant à un de ses concerts en Bolivie, qui permit son arrestation puis son extradition en France pour être jugé[18].

L'été 1980, paraît le single Reviens, qui se vend à plus de 800 000 exemplaires[19]. Durant cette décennie, il continue à sortir des albums et à se produire en tournée, proposant également des spectacles de charité et des apparitions dans des orphelinats. Le chanteur se produit à l'Olympia en janvier 1981 puis en septembre 1982. L'année suivante, Hervé Vilard sort l'album Ensemble, puis Les Chansons que j'aime, en 1984, et P'tit brun deux ans plus tard[2]. L'album L'Amour défendu sort en 1990. Deux années plus tard, Hervé Vilard reçoit, sur la scène du théâtre des Variétés, des mains de Jean-Paul Belmondo, l'ordre national du Mérite[2].

De la fin des années 1990 au début des années 2000, le chanteur multiplie, en France, les concerts, les galas, au cours desquels il partage l'affiche avec d'autres stars nationales telles que Patrick Juvet, Rose Laurens, Dave, Jean-Pierre Mader et Plastic Bertrand, les prestations radiophoniques locales et, en 1998, publie un nouvel album titré Simplement[2],[20].

Reconnaissance et fin de carrière[modifier | modifier le code]

Hervé Vilard à la Comédie du Livre de Montpellier, le .

En janvier 2004, Hervé Vilard inaugure, dans la région du Berry où il a passé son enfance, une salle portant son nom. Le mois suivant son univers musical s'élargit avec la parution de Cri du cœur dans lequel sont mis en musique des textes d'auteurs de la littérature contemporaine : Marguerite Duras (India Song), Bertolt Brecht, Aragon (Les Yeux d'Elsa), Pablo Neruda (Cuerpo de mujer), Bernard Dimey, Eugène Ionesco et Jean Genet (Le Condamné à mort)[2],[5],[20]. Cette incursion dans un registre musical plus élististe, vaut au chanteur estampillé « variété française » d'être invité à de nombreuses émissions télévisées, au festival de musique des Francofolies de La Rochelle et les honneurs d'une partie de la presse qui l'avait jusque-là ignoré, comme Libération[2],[21].

Le , il publie chez Fayard le premier tome de son autobiographie : L’Âme seule, écrite avec l'aide du nègre littéraire Jean-François Kervéan[22]. Le second tome : Le Bal des papillons, paraît le [23].

En novembre 2008, un accident cardiaque l'oblige à annuler deux concerts[3].

Après avoir raillé[3] la tournée nostalgique des yéyé Âge tendre et têtes de bois, Hervé Vilard fait partie de la saison 5 en 2010[5], avec notamment Stone, Éric Charden, Michèle Torr, Sheila, Alain Turban… Il revient en 2011 pour la saison 6, puis remplace Michel Delpech sur les dernières dates de la saison 7, début 2013, avant de faire partie de la saison 8 en 2013/2014[24].

En novembre 2015, Hervé Vilard fait paraitre Hervé Vilard et Nous..., un hommage public à de grands textes français enregistré à l'occasion d'un récital au Théâtre La Bruyère[25],[26].

À 71 ans, Hervé Vilard chante, pour la dernière fois, ses succès passés, lors d'une dernière tournée nationale qui passe par l'Olympia début mai 2018[14].

Répertoire[modifier | modifier le code]

Hormis Capri c'est fini, qui s'est classé dans plusieurs pays (Espagne, Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Turquie, Brésil, Chili...) et s'est vendu à un total de 2,5 millions de copies[27], le succès du chanteur à l'étranger reste limité : en effet, hors francophonie, seuls deux autres titres se sont classés en Espagne et en Argentine, ainsi que cinq en Turquie[28].

Parmi ses autres succès, on peut citer Fais-la rire, Mourir ou vivre, Sayonara, Les anges du matin, Tous les enfants ont besoin d'amour, Amore caro, Amore bello, Elle était belle, Rêveries, J'ai mal, je t'aime, Je l'aime tant, et surtout Nous, Reviens et Méditerranéenne, composés par Toto Cutugno et adaptés en français pour Hervé Vilard.

Didier Barbelivien, Michel Fugain, Danyel Gérard, Jacques Revaux, entre autres, ont également composé pour lui au fil des ans. Il a aussi chanté des poèmes d'Aragon, de Marguerite Duras, Maurice Fanon, Eugène Ionesco, Jacques Prévert, Bernard Dimey et Jean Genet.

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 1967, il révèle publiquement son homosexualité. Il est ainsi le premier chanteur français à effectuer un coming out médiatique[14],[29].

Il est installé, depuis 1989, à La Celette près de Saint-Amand-Montrond, où il a restauré le presbytère de l'abbé Angrand pour en faire sa maison principale[30]. Il vend cette propriété en 2016 pour s'installer à Paris[2].

À l'initiative d'une équipe du journal France Dimanche, Hervé Vilard retrouve sa mère, après une tournée à Verdun. Le chanteur vivra pendant quatre ans avec sa mère qui meurt en 1981[2],[1].

Discographie[modifier | modifier le code]

Hervé Vilard en 2015 au festival du film de Cabourg.

Albums studio[modifier | modifier le code]

Participation[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i et j Benjamin D'Alguerre, « Herve Vilard », sur Olympia Hall, (consulté le 10 février 2019).
  2. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u et v RFI Musique, « Hervé Vilard », RFI, (consulté le 10 février 2019).
  3. a b c d et e Thierry Ardisson, Tout le monde en a parlé, Flammarion, , 357 p. (ISBN 9782081221260, OCLC 948317049), p. 321-323
  4. Vilard 2007, p. 103.
  5. a b c et d « Hervé Vilard », France Inter, (consulté le 10 février 2019).
  6. Virginie Desvignes et Hervé Vilard, « Hervé Vilard - « Dado m'a sauvé de la misère » », sur parismatch.com, Paris Match, (consulté le 10 février 2019).
  7. a b c et d Fabien Lecœuvre, 1001 histoires secrètes de chansons, éditions du Rocher, , 603 p. (ISBN 9782268096728, OCLC 1017608335), « Capri, c'est fini ».
  8. (en) "Une Voix Qui T'appelle" sur Discogs.
  9. (en) "Capri C'est Fini " sur Discogs.
  10. Fabrice Ferment, « TOP 45 Tours - 1965 », sur 40 ans de Tubes, (consulté le 11 février 2019).
  11. Chantal Brunschwig, Louis-Jean Calvet et Jean-Claude Klein, 100 ans de chanson française, Paris, Seuil, , 384 p., p. 358.
  12. a et b « Hervé Vilard à l'Escale vendredi », La Dépêche du Midi, (consulté le 11 février 2019).
  13. (en) Capri C'est Fini sur Discogs.
  14. a b et c Éric Bureau, « Hervé Vilard : «Je ne chanterai plus mes succès» », Le Parisien, (consulté le 11 février 2019).
  15. Fabrice Ferment, « TOP 45 Tours - 1969 », sur 40 ans de Tubes, (consulté le 11 février 2019).
  16. Daniel Lesueur et Dominic Durand, « Les Certifications Officielles d'un Artiste (Depuis 1973) », sur www.infodisc.fr, (consulté le 11 février 2019).
  17. Fabrice Ferment, « TOP 45 Tours - 1979 », sur 40 ans de Tubes, (consulté le 11 février 2019).
  18. Paris Match, Capri c'est fini a aidé à arrêter Klaus Barbie N°2876/79, P.343
  19. Fabrice Ferment, « TOP 45 Tours - 1979 », sur 40 ans de Tubes, (consulté le 11 février 2019).
  20. a et b Yves Jaeglé, « Hervé Vilard chante les poètes », Le Parisien, (consulté le 11 février 2019).
  21. Sabrina Champenois, « Vilard en vers », Libération, (consulté le 11 février 2019).
  22. L’Âme seule. Plus de 275 000 exemplaires vendus !, site officiel d'Hervé Vilard.
  23. Le Bal des papillons. Déjà plus de 110 000 exemplaires vendus !, site officiel d'Hervé Vilard.
  24. « Age tendre et tête de bois. C'est chaud cacao au Musik-hall », (consulté le 11 février 2019).
  25. Faustine Bollaert, « Hervé Vilard et Anaïs Delva », sur France Bleu, (consulté le 11 février 2019).
  26. « Hervé Vilard rend hommage aux poètes », France Info, (consulté le 11 février 2019).
  27. 50 ans de chansons françaises par Daniel Ichbiah, (ISBN 9791091410168)
  28. Hervé Vilard dans les charts.
  29. Dominique Préhu, « Hervé Vilard : Il aurait dû être papa ! », France Dimanche, (consulté le 11 février 2019).
  30. « L’ancien presbytère devenu son antre », sur leberry.fr,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hervé Vilard, L'âme seule, Le Mans, Libra diffusio, (1re éd. 2005), 325 p. (ISBN 9782844922670, OCLC 716425621).
    H. Vilard évoque son enfance, l'époque où il se prénommait René. Orphelin parisien, il est envoyé dans un village du Berry. Il découvre la vie rurale, faite de beaucoup de labeur et de trop peu de tendresse. Il apprend que sa mère est vivante mais Anthony, le curé du nouveau village où il est envoyé, ne peut l'aider. Revenu à Paris, René galère et rencontre Cordier, le secrétaire de Jean Moulin.
  • Projet : Du lierre dans les arbres.
  • Le Bal des papillons / avec la collaboration de Jean-François Kervéan. Paris : Fayard, 2007, 310 p. (ISBN 978-2-213-63071-7). Rééd. Le Mans : Libra diffusio, 02/2009, 222 p. (ISBN 978-2-84492-352-3) ; Paris : Le Livre de poche n° 31558, 11/2009, 310 p. (ISBN 978-2-253-12590-7).
    H. Vilard raconte son passage de la pauvreté à une soudaine célébrité, qu'il a difficilement vécue, autour d'artistes tels que Juliette Gréco, Claude Nougaro ou Barbara, et comment grâce à son renom il a retrouvé sa mère, sous les assauts des photographes.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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