Grande vitesse ferroviaire en Chine

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Train Hexie CRH380A, à Shanghai

La grande vitesse ferroviaire en Chine consiste en un réseau de lignes à grande vitesse (LGV) parcouru par des trains à grande vitesse, de la gamme Hexie (CRH, China Railway High-speed) issue de technologies étrangères et de la gamme Fuxing (CR, China Railway) depuis 2017.

Le réseau national chinois des lignes à grande vitesse destinées aux passagers est conçu pour des vitesses allant de 200 à 350 km/h.

Train Fuxing CR400AF, en gare de Pékin-Sud, en 2017.

Fin 2018, ce réseau de plus de 29 000 km constitue environ plus de 60% du total des lignes ferroviaires à grande vitesse du monde en service commercial, le plus long du monde mais aussi le plus utilisé, avec 1,713 milliard de voyages effectués en 2017 portant le nombre total de voyages à plus de 7 milliards. Avec cette taille, la longueur du réseau de grande vitesse est 44,5 fois plus développé qu'en 2008, au début du réseau.

Le train à grande vitesse s'est développé rapidement en Chine au cours des 15 dernières années grâce à plusieurs plans de développement du gouvernement chinois. La première ligne à grande vitesse qui a ouvert telle que la connaît aujourd'hui est la ligne Pékin - Tianjin, inaugurée en 2008. Le réseau actuel a été réalisé sous le plan « Quatre Verticales et quatre Horizontales » (四纵四横), et continue de se développer sous le plan « Huit Verticales et huit Horizontales » (八纵八横).

L'avènement du train à grande vitesse en Chine a considérablement réduit le temps de déplacement et a transformé la société et l'économie chinoises. Selon une étude de la Banque mondiale, « un large éventail de voyageurs de différents niveaux de revenu choisissent le train à grande vitesse pour son confort, sa commodité, sa sécurité et sa ponctualité ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Les recherches pratiques sur le train à grande vitesse commencent en 1990 en Chine[1].

En 1998, la ligne Guangzhou-Shenzhen (zh) (Guang-shen) utilisant le train pendulaire suédois SJ2000 (ou X 2000) est ouverte, permettant d'atteindre les 200 km/h[2]. À partir de 1999, la Chine développe le DDJ1 (zh) permettant également d'atteindre les 200 km/h en exploitation, puis le DDJ2 (zh), nommée étoile de Chine (中华之星, Zhōnghuá zhī xīng) qui atteint une vitesse maximale de 270 km/h en 2002[3], pendant des essais sur une ligne de 321,5 km, mais utilisé à 160 km/h lors de son exploitation à partir de 2005.

Le , la première véritable ligne à grande vitesse est inaugurée entre Qinhuangdao et Shenyang (Qin-shen), pour une vitesse commerciale à 200 km/h.

« Quatre Verticales et quatre Horizontales »[modifier | modifier le code]

Le plan est proposé par la Commission du Développement et de la Réforme en 2004 et révisé en 2008. Ces axes couvrent une longueur de 12 000 km, certaines voies étant prévues pour une exploitation commerciale à 250 km/h et d'autres à 350 km/h. La pièce centrale pour le développement de la grande vitesse ferroviaire est un nouveau maillage de lignes à grande vitesse qui est "overlaid" dans le réseau ferroviaire existant.

D'après le plan "Mid-to-Long Term Railway Network Plan" du ministère (révisé en 2008), ce maillage se compose de 8 couloirs à grande vitesse, 4 nord-sud et 4 est-ouest, pour un total de 12 000 km. La plupart des nouvelles lignes suivent les routes existantes et sont uniquement dessinées pour le trafic passager. Elles sont connues sous le nom de lignes dédiées aux passagers (passenger-designated lines, PDL), allant entre 250 et 350 km/h. Une ligne mélangeant les trafic passager et fret ne peut dépasser 250 km/h.

De plus, Jinqin Passenger Railway (Tianjin-Qinhuangdao) (ouverte au premier [4]) et Qinshen Passenger Railway (Qinhuangdao-Shenyang) ne font pas partie des huit principales lignes, mais ces lignes sont toutefois considérées dans le réseau vu l'importance des lignes Pékin-Harbin et Pékin-Shanghai.

En 2019, toutes les lignes de ce plan sont quasiment achevées à part une dernière section entre Pékin et Chengde sur la LGV Pékin - Shenyang.

« Quatre Verticales » (Nord-sud)[modifier | modifier le code]

Couloir Ligne Description Vitesse maximale
(km/h)
Longueur
(km)
Date de début de construction Date d'ouverture
Jing-ha LGV Pékin - Harbin (Jing-ha) Grande ligne du Dongbei, composée des LGV Pékin - Shenyang, Harbin - Dalian et Panjin - Yinkou. 350 1700 2007-08-23 2014
Jing-hu LGV Pékin - Shanghai (Jing-hu) Principale ligne nord-sud de Chine orientale, reliant Pékin, Jinan, Tai'an, Xuzhou, Bengbu, Nanjing et Shanghai 350 1302 2008-04-18 2011
LGV Hefei - Bengbu (He-beng) Branche de la LGV Jing-hu de Bengbu à Hefei 300 131 2008-01-08 2012
LGV Nanjing - Hangzhou (NIng-hang) Branche de la LGV Jing-hu de Nanjing à Hangzhou. 350
Jing-gang LGV Pékin - Canton (Jing-guang) Grande ligne nord-sud de Chine centrale, composée des LGV Pékin - Shijiazhuang, Shijiazhuang - Wuhan, Wuhan - Canton. 350 2087 2005-09-01 2012
LGV Canton - Shenzhen - Hong Kong

(Guang-shen-gang)

Extension de Canton à Hong Kong via Shenzhen 200 - 350 142 2008-08-20 2018-09-23
Hang-shen LGV Hangzhou - Shenzhen (Hang-shen) Grande ligne côtière de Hangzhou à Shenzhen, via Ningbo, Wenzhou, Fuzhou, Xiamen 250 - 350 1450 2005-08-01 2011-01-01

« Quatre Horizontales » (Est-ouest)[modifier | modifier le code]

Couloir et ligne Description Vitesse maximale
(km/h)
Longueur
(km)
Date de début de construction Date d'ouverture
LGV Qingdao - Taiyuan (en) (Qing-tai) HSR à travers le nord de la Chine constituée de trois segments reliant Taiyuan, Shijiazhuang, Jinan et Qingdao.

- Qingdao - Jinan

250 873 2005-06-01 2012
LGV Xuzhou - Lanzhou (Xu-lan) HSR à travers la vallée du fleuve Jaune (Huang He) en Chine centrale, composée de quatre segments reliant Xuzhou, Zhengzhou, Xi'an, Baoji et Lanzhou. 250 - 350 1363 2005-06-01 2017-7-9
LGV Shanghai - Wuhan - Chengdu

(Hu-han-rong)

Le couloir HSR à travers la vallée du fleuve Yangtze Yangtze, se compose de la section Shanghai-Nanjing de la section PDL Pékin-Shanghai PDL, et de 7 segments HSR d'utilisation mixte reliant Nanjing, Hefei, Wuhan, Yichang, Lichuan, Chongqing, Suining et Chengdu. 200 - 350 2078 2003-12-01 2012
LGV Shanghai - Kunming (Hu-kun) Ligne affectée au trafic passagers reliant Chine orientale, centrale et du sud ouest. Elle est composée de trois sections reliant Shanghai, Hangzhou, Changsha et Kunming.

- Shanghai - Hangzhou

- Hangzhou - Changsha

- Changsha - Kunming

350 2066 2008-12-28 2014

Accident de Wenzhou[modifier | modifier le code]

Alors que le réseau à grande vitesse est encore en plein développement, un grave accident eut lieu le samedi près de la ville de Wenzhou, dans la province du Zhejiang. Quarante personnes, dont trois étrangers, furent tuées lorsqu'un train à grande vitesse, immobilisé après que la ligne eut été frappée par la foudre, fut percuté à l'arrière par un autre convoi, ce qui entraina la chute depuis un viaduc de quatre voitures. On dénombre aussi 210 passagers blessés. Le ministre des Chemins de fer, Sheng Guangzu, a ordonné « une enquête approfondie » sur les causes de l'accident[5].

Parmi les réformes clés annoncées par Xi Jinping en mars 2013 lorsqu’il est devenu Président figurait en bonne place le démantèlement du ministère des Chemins de fer. L’ancien titulaire de ce ministère, Liu Zhijun, l’artisan du programme CRH, a été condamné à mort pour prévarication en . China Railway, la société d’exploitation créée en 2013 pour prendre le relais et qui emploie 3 millions de salariés, supporte une dette énorme : 500 milliards de dollars. Ses pertes sur neuf mois en 2013 s’élevaient à 280 millions de dollars[6].

Premier réseau mondial, toujours en expansion[modifier | modifier le code]

Alors que le réseau ferroviaire chinois était plutôt ancien et lent, les décennies de 2000 et de 2010 voient le développement très rapide d'un réseau de lignes à grande vitesse, contribuant à moderniser le réseau chinois. La Chine devient ainsi le pays disposant du plus grand réseau de lignes à grande vitesse dans le monde.

Avec la construction du plan « Quatre Verticales et quatre Horizontales », le réseau à grande vitesse chinois constitue, en 2012, la moitié du réseau de lignes à grande vitesse (LGV) de la planète[7].

En 2013, le réseau dispose de plus de 10 000 kilomètres de voies à grande vitesse.

En 2015, 961 millions de voyages ont été effectués en lignes à grande vitesse[8].

En 2016, le réseau à grande vitesse double en seulement 3 ans la longueur des voies avec plus de 20 000 kilomètres de voies[8]. La Chine dit disposer d'au moins six lignes à grande vitesse rentables[9], effectuer des essais avec des trains avançant à 420 km/h[10] pour fonctionner sur le réseau domestique ainsi que sur la ligne russe de Moscou à Kazan[11].

En 2017, le réseau compte 22 000 kilomètres de voies à grande vitesse, soit 60 % du total mondial[12].

Le est ouverte la LGV Canton - Shenzhen - Hong Kong, connectant ainsi la région administrative spéciale de Hong Kong au reste du réseau chinois.

Dénomination[modifier | modifier le code]

Le réseau de grande vitesse en Chine est constitué de lignes ferroviaires de 3 types différents :

  • Des lignes dédiées aux passagers (客运专线, passenger-designated lines, PDL) :
  • Des lignes classiques autorisant en même temps le trafic de passagers et le trafic de marchandises :
    • Des lignes (铁路) limitant la vitesse commerciale à 200 - 250 km : Ligne Ningbo - Taizhou - Wenzhou, Ligne Wenzhou - Fuzhou, etc.

En raison des différentes périodes de projets du réseau, la dénomination des nouvelles lignes est souvent confuse. Depuis 2009, le nom de "ligne dédiée aux passagers" (客运专线) est officiellement abandonné dans les documents officiels, remplacé simplement par "ligne à grande vitesse" (高速铁路, Gaosu Tielu).

Certaines lignes à grande vitesse sont nommées "lignes intercités" (城际铁路, Chengji Tielu) pour leurs caractéristiques (lignes courtes, distances courtes entre les gares, situées dans des grandes agglomérations développées) : LGV Pékin - Tianjin, etc.

Techniquement, ces lignes sont conçues comme des lignes à grande vitesse standards. Sur le plan de l'exploitation, le code des missions des trains est précédé de la lettre C, contrairement aux trains à grande vitesse classique, précédé par la lettre G (jusqu'à 350 km/h) ou D (jusqu'à 250 km/h).

Réseau actuel[modifier | modifier le code]

Le réseau à grande vitesse de la Chine
  • 300-350 km/h
  • 200–299 km/h
  • Services TGV (CRH, CR)
  • Ligne conventionnelle

Le réseau de transport ferroviaire en Chine est l'un des plus grands au monde avec ses 139 000 km de lignes à la fin de l'année 2019 (deuxième rang mondial après les États-Unis) néanmoins, le réseau des lignes à grande vitesse chinoises se situe au premier rang mondial en fin 2019, atteignant plus de 35 000 km de longueur.[13]

La carte ci-contre montre le réseau des lignes permettant la circulation des trains à grande vitesse (CRH/CR) qui desservent la grande majorité des villes chinoises, concentrées dans la partie est du pays.

Vitesse commerciale jusqu'à 350 km/h[modifier | modifier le code]

  • LGV Pékin - Canton (Jing-guang) : 2 087 km, composée des sections :
    • LGV Pékin - Shijiazhuang (Jing-shi) : 281 km, depuis le
    • LGV Shijiazhuang - Wuhan (Shi-wu) : 838 km, depuis le
    • LGV Wuhan - Canton : 968 km, depuis le
  • LGV Nanjing - Hangzhou (Ning-hang) : 249 km, depuis le 1er
  • LGV Hangzhou - Ningbo (Hang-yong) : 150 km, depuis le 1er
  • LGV Hefei - Fuzhou (He-fu) : 808 km, depuis le
  • LGV Chengdu - Chongqing (Cheng-yu) : 305 km, depuis le
  • LGV Zhengzhou - Xuzhou (Zheng-xu) : 357 km, depuis le

Vitesse commerciale jusqu'à 250 km/h[modifier | modifier le code]

Lignes en projet ou en construction[modifier | modifier le code]

Carte montrant le réseau ferroviaire à grande vitesse projeté en Chine aux alentours de 2020 et le temps de trajet par rail depuis Beijing (Pékin) vers chacune des capitales provinciales.

L'objectif de la Chine est de couvrir 80 % des villes chinoises en 2020 avec 30 000 kilomètres[15]de voies à grande vitesse. Le réseau sera porté à 38 000 km de lignes en 2025 et 45 000 km en 2030[16].

En 2018, le réseau de LGV chinoises constitue environ 66 % du réseau de LGV de la planète.

« Huit Verticales et huit Horizontales »[modifier | modifier le code]

Le plan "Quatre Verticales et quatre Horizontales" étant quasiment achevé en 2016, le gouvernement a présenté sur cette base la réalisation du plan "Huit Verticales et Huit Horizontales" (八纵八横) qui vise à réaliser un réseau performant pouvant desservir toutes les capitales des provinces et les relier entre elles, complété par des lignes complémentaires.

Réseau des Passenger dedicated line (PDL) en Chine (février 2018)

Huit Verticales[modifier | modifier le code]

Huit Horizontales[modifier | modifier le code]

  • Couloir Sui-man (Suifenhe - Manzhouli) : Suifenhe - Mudanjiang - Harbin - Qiqihar - Halar - Manzhouli
  • Couloir Jing-lan (Pékin - Lanzhou) : Pékin - Hohhot - Lanzhou - Yinchuan
  • Couloir Qing-yin (Qingdao - Yinchuan) : Qingdao - Jinan - Shijiazhuang - Taiyuan - Yinchuan
  • Couloir du pont continental eurasien : Lianyungang - Xuzhou - Zhengzhou - Xi'an - Lanzhou - Xining - Urumqi
  • Couloir du fleuve Yangtsé : Shanghai - Nanjing - Hefei - Wuhan - Chongqing - Chengdu / Nanjing - Anqing - Jiujiang - Wuhan - Yichang - Chongqing / Wanzhou - Chongqing - Suining - Chengdu
  • Couloir Hu-kun (Shanghai - Kunming) : Shanghai - Hangzhou - Nanchang - Changsha - Guiyang - Kunming
  • Couloir Xia-yu (Xiamen - Chongqing) : Xiamen - Longyan - Ganzhou - Changsha - Changde - Zhangjiajie - Qianjiang - Chongqing
  • Couloir Guang-kun (Canton - Kunming) : Canton - Nanning - Kunming

Matériel roulant[modifier | modifier le code]

L'exploitation des rames, des voies et des services du réseau de trains à grande vitesse est gérée depuis par la compagnie nationale China State Railway Group Company, plus simplement China Railway (CR), qui était anciennement avant les réformes le ministère des Chemins de fer.

Les premiers trains à grande vitesse de la Chine ont été importés ou construits dans le cadre d'accords de transfert de technologie avec des constructeurs de trains étrangers, notamment Alstom, Siemens, Bombardier et Kawasaki Heavy Industries. Avec le soutien technologique initial, les ingénieurs chinois ont redessiné les composants internes des trains et construit des trains indigènes fabriqués par la société nationale chinoise CRRC Corporation.

Hexie (CRH)[modifier | modifier le code]

Hexie CRH380 avec le logo CRH

Inaugurée en , la première gamme des trains à grande vitesse issue des technologies étrangères porte le nom de Hexie Hao (和谐号, héxié hào, « Harmonie ») et les noms des différentes versions commencent par CRH (China Railway High-speed) : CRH1, CRH2, CRH3, CRH5, CRH6 ainsi que les CRH380 qui sont des versions modifiées et améliorées des versions originales.

Fuxing (CR)[modifier | modifier le code]

Fuxing CR400B avec le logo CR

En , la nouvelle gamme des trains à grande vitesse de technologie 100% chinoise Fuxing Hao (复兴号, fùxīng hào, « Renaissance ») est annoncé comme pouvant circuler à une vitesse maximale de plus de 400 km/h[12]. Ces nouveaux trains peuvent rouler à une vitesse commerciale de 250 km/h à 350 km/h sur une voie à grande vitesse améliorée / dédiée. Les trains de la gamme Fuxing abandonnent la numérotation précédée par CRH. Désormais, les nouveaux trains Fuxing portent la marque CR (China Railway), en cohérence avec le nom de la compagnie nationale, suivi d'un nombre marquant la catégorie de vitesse : CR200J, CR300, CR400.

Le , le Fuxing CR400 est exploité officiellement à la vitesse commerciale maximale de 350 km/h sur la LGV Pékin - Shanghai, la Chine devient alors le pays où la vitesse commerciale est la plus élevée, dépassant le Japon ou la France.

Plusieurs grandes lignes, alors limitées à 300 km/h à cause de l'accident de Wenzhou, permettent à nouveau la vitesse de 350 km/h avec les nouveaux trains Fuxing. Les nouveaux trains Fuxing (CR) remplacent sur les lignes principales les trains Hexie (CRH) qui sont affectés sur des lignes secondaires afin de compléter l'offre grandissante.

Constructeurs de matériel[modifier | modifier le code]

La Chine comptait deux grands constructeurs de matériel ferroviaire : China CNR et CSR, toutes deux sociétés d'État, et tous deux impliqués dans la fabrication de rames à grande vitesse. Depuis 2015, les deux compagnies fusionnent pour former CRRC Corporation, regroupant l'étude, la construction, la réparation, la vente et la location de matériel de chemin de fer.

Le , lors de la visite du premier ministre chinois Li Keqiang au Royaume-Uni, un accord de principe a été signé sur la participation de la Chine au projet High Speed 2, premier réseau à grande vitesse du Royaume-Uni, en particulier par l’intégration de la China Development Bank (CDB) au financement du projet ; la CDB, spécialisée dans le financement des infrastructures nationales, a une forte expérience du financement de la grande vitesse ferroviaire, en particulier dans le réseau national chinois ; plus de 7 % de ses énormes encours de crédit sont engagés dans le secteur ferroviaire ; China CNR et CSR, les deux grands constructeurs chinois de rames à grande vitesse, pourraient trouver là l'occasion d'emporter leur premier contrat à l'exportation dans la grande vitesse[17].

Gares ferroviaires[modifier | modifier le code]

La plupart des gares classiques portent simplement le nom de la ville, comme la gare de Pékin, la gare de Shanghai. Les nouvelles gares nouvellement construites depuis les années 2000, ou spécialement pour les lignes à grande vitesse, portent en général un suffixe de direction ou plus rarement le nom du quartier local seul ou en suffixe :

La signalétique en chinois et en anglais dans toutes les gares indiquent parfois le nom de la gare en anglais, comme Beijing South Railway Station, ou en pinyin, Beijingnan Railway Station.

Dans les affichages de trains ou sur les billets de trains sont indiqués plus couramment le nom de la gare en pinyin. Lors des voyages en trains, il vaut mieux donc connaître les quatre directions en chinois pour ne pas se tromper de gare : -bei (nord, 北), -dong (est, 东), -xi (ouest, 西), -nan (sud, 南).

Interconnexions internationales[modifier | modifier le code]

La Chine envisage d'interconnecter son réseau à grande vitesse aux nations voisines. C'est par exemple le cas du projet de la Thaïlande[18]. Ces liaisons concerneraient Nakorn Ratchasima Nakhon Ratchasima à Nong Khai ainsi que l’itinéraire Bangkok-Phitsanuloak-Chiang Mai ; Bangkok Hua-Hin et Bangkok-Pattaya-Rayong.

Elles sont programmées dans le cadre de la nouvelle route de la soie notamment annoncée par le président Xi Jinping à l'Organisation de coopération de Shanghai.

Réseau existant et en projet de ligne à grande vitesse en Russie, intermédiaire entre l'Europe et l'Asie

Dans le cadre de la « Nouvelle route de la soie », des liaisons de fret relient déjà depuis 2016 la Chine et l'Europe de l'Ouest. Un projet de ligne à grande vitesse ferroviaire est également en cours de déploiement pour une finalisation à l'horizon 2026. Elle prolongera ainsi depuis Ürümqi, l'actuelle LGV Lanzhou - Ürümqi. Elle permettrait à terme de relier l'Europe de l'Ouest à la Chine. La liaison Londres-Pékin via le Tunnel sous la Manche devrait ainsi prendre 48 heures. La construction est estimée à 3 580 milliards de roubles, les compagnies de chemin de fer de Biélorussie, de Russie, du Kazakhstan et de Chine coopèrent sur ce projet[19]. La Russie a commencé les liaisons commerciales à grande vitesse ferroviaire sur son territoire en 2009 avec Sapsan.

Wang Mengshu, un expert ferroviaire réputé de l'Académie d'ingénierie chinoise, a déclaré le au Beijing Times que Pékin entend se lancer dans la construction de la plus importante ligne ferroviaire au monde, d'une longueur record de 13 000 kilomètres, 3 000 de plus que le Transsibérien. Le projet, baptisé «China-Russia plus America», consiste à relier le nord-est de la Chine à l'Amérique du Nord, en deux jours grâce à un train roulant à une vitesse moyenne de 350 km/h, en traversant la Sibérie, l'Alaska, le Canada et enfin les États-Unis, le détroit de Béring étant franchi via un tunnel de 200 kilomètres, quatre fois plus long que le tunnel sous la Manche[20]. Selon le China Daily, la technologie est déjà au point et "sera mise en œuvre sur le tunnel reliant la province du Fujian à Taïwan". Mais Pékin n'a jamais obtenu le feu vert du gouvernement de Taïwan pour construire cette liaison sous-marine[21].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (zh) 北京晨报, « 京沪高铁开工计划5年建成 北京到上海只需5小时 », sur 本地宝,‎
  2. (zh) 阎志祯 et 李汉君, 深圳市交通运输志, 北京, 方志出版社,‎ (ISBN 7-80122-699-2)
  3. (zh) « 中国速 », sur 经理日报,‎
  4. F_201, « Entrée en service de la ligne à grande vitesse Tianjin-Qinhuangdao », sur french.people.com.cn (consulté le 15 juillet 2016)
  5. « Chine : 35 morts et 210 blessés dans le déraillement d'un TGV », sur http://www.leparisien.fr/ (consulté le 24 juillet 2011)
  6. Le syndrome du rail chinois (26 janvier 2014), site de L'Usine nouvelle consulté le 12 mai 2014.
  7. « Les progrès des TGV chinois, dans un réseau encore très encombré. - Informations et actualité Chine - QuestionChine.net », sur www.questionchine.net (consulté le 15 juillet 2016)
  8. a et b Arnaud Deltenre, « La Chine passe le cap des 20 000 km de lignes TGV », sur Voyages d'affaires.com,
  9. « La Chine compte au moins six lignes de TGV faisant des bénéfices », le Quotidien du Peuple en ligne,
  10. « Deux trains chinois se croisent à très grande vitesse, établissant une première mondiale », Xinhua,
  11. « Des trains en Chine dépassant les 500 km/h ? », le Quotidien du Peuple en ligne,
  12. a et b « La Chine étrenne son TGV Fuxing de nouvelle génération », sur Business Travel,
  13. « La Chine construira plus de 4000 km de nouvelles lignes ferroviaires en 2020 », sur french.china.org.cn (consulté le 10 janvier 2020)
  14. « La LGV Beijing-Zhangjiakou ouvre l’ère du rail intelligent », sur french.china.org.cn (consulté le 10 janvier 2020)
  15. F_464, « Les chemins de fer à grande vitesse couvriront 80% des grandes villes chinoises d'ici 2020 », sur french.peopledaily.com.cn (consulté le 30 décembre 2016)
  16. F_464, « Chine : mise en service d'une ligne ferroviaire à grande vitesse est-ouest », sur french.people.com.cn (consulté le 30 décembre 2016)
  17. Le Royaume-Uni, nouvelle étape de l’offensive commerciale ferroviaire chinoise, site du journal Les Échos, 20 juin 2014.
  18. /www.thailande-fr.com/actu/25012-bangkok-relie-avec-la-chine-par-un-train-a-grande-vitesse
  19. LCDR (traduction), « Une ligne TGV Europe – Chine via la Russie prévue pour 2026 », sur Le Courrier de Russie,
  20. La Chine veut faire rouler un TGV jusqu'aux États-Unis, site du Figaro consulté le 12 mai 2014.
  21. Des ingénieurs chinois rêvent d'une liaison TGV Pékin / États-Unis, site de L'Usine nouvelle consulté le 12 mai 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]