LGV Bordeaux - Toulouse

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LGV Bordeaux — Toulouse
Ligne de Villenave-d'Ornon (Bordeaux) à Saint-Jory (Toulouse)
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Bordeaux, Agen, Montauban, Toulouse
Caractéristiques techniques
Longueur 200 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification

25 kV – 50 Hz

Nombre de voies Double voie
Trafic
Propriétaire RFF
Trafic TGV

La LGV Bordeaux-Toulouse est un projet de ligne à grande vitesse d'une longueur de 200 km environ consacrée au trafic voyageurs entre Bordeaux et Toulouse. Elle a une double vocation radiale (temps de parcours entre Paris et Toulouse de l'ordre de 3 heures et demi) et transversale (relier l'Atlantique à la Méditerranée). Il s'agit d'un prolongement de de la LGV Sud Europe Atlantique (Tours-Bordeaux). Elle s'inscrit dans le Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest. Le projet sera annulé ou confirmé en 2015, selon l'état des finances de l'État français. La mise en service est prévue pour 2024, 9 ans après l'arbitrage, et 7 ans après le début du terrassement.

Début du projet[modifier | modifier le code]

L’aménagement d’une ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse apparaît dès les années 1980 : le succès de la LGV Sud-Est entre Paris et Lyon, entraînant un report modal massif depuis l’avion et bloquant la progression du trafic sur l’autoroute A6 conduit les gouvernements ainsi que les élus locaux à désirer des dessertes à grande vitesse nombreuses depuis Paris[1]. À l’instar du développement du réseau ferroviaire classique et du réseau autoroutier, l’itinéraire reliant Paris à Toulouse via Bordeaux est préféré à celui passant par Limoges, en raison de l’importance des villes du sud-ouest et de la préexistence du projet de LGV Atlantique, inaugurée dès 1989. C’est donc la ligne Bordeaux — Toulouse, prolongée jusqu’à Narbonne, qui est inscrite au schéma directeur des lignes à grande vitesse, conjointement au le prolongement de la LGV Atlantique vers Bordeaux, par le comité interministériel d’aménagement du territoire (CIAT) le [2]. Toutefois, aucune échéance n’est spécifiée pour la réalisation des projets, aucun investissement débloqué, et le demi-échec de la LGV Nord, plus chère, moins fréquentée et moins rentable que prévu avant que l’ouverture du tunnel sous la Manche ne booste le trafic, entraîne le report des autres projets de ligne à grande vitesse.

À partir du 30 septembre 1990[3], des TGV Atlantique allers-retours circulent quotidiennement entre Paris-Montparnasse et Toulouse, empruntant la LGV déjà construite entre Paris et Tours, puis poursuivant sur les lignes classique, à vitesse élevée (jusqu’à 220 km⋅h-1 sur certains tronçons de la ligne de Paris-Austerlitz à Bordeaux-Saint-Jean) jusqu’à Bordeaux, mais limitée à 150 km⋅h-1 sur la ligne de Bordeaux-Saint-Jean à Sète-Ville. Le prolongement de la ligne nouvelle jusqu’à Bordeaux puis Toulouse est fréquemment évoqué et le débat public a lieu pour le tronçon Tours — Bordeaux en 1994 et 1995 ; cependant aucune étude au sujet de la section Bordeaux — Toulouse n’est menée.

C’est entre 2002 et 2004 que Réseau ferré de France, devenu responsable de l’infrastructure ferroviaire française avec la réforme ferroviaire de 1997, lance une série d’études préliminaires. Elles permettent d’envisager :

  • une desserte de Bordeaux et Toulouse par leurs gares centrales : Bordeaux-Saint-Jean et Toulouse-Matabiau ;
  • deux arrêts intermédiaires à Agen et Montauban par gare nouvelle : l’une en rive gauche à une dizaine de kilomètres du centre d’Agen, l’autre à proximité de Montauban[4],[5] ;
  • un tracé entre Agen et Toulouse suivant la vallée de la Garonne et l'A62 ;
  • trois possibilités de tracé entre Bordeaux et Agen : une au nord de la vallée de la Garonne, une longeant la vallée et une plus au sud passant par Captieux[6]. Cette dernière, finalement choisie, permet une première partie commune entre la LGV Bordeaux-Toulouse et le prolongement de la LGV SEA de Bordeaux à la frontière espagnole. De plus, elle permet une desserte directe de Mont-de-Marsan et offre un accès direct aux villes de la dorsale pyrénéenne (Pau, Lourdes, Tarbes).

Il n'est pas prévu de contournement de l'agglomération bordelaise du moins à moyen terme ; les TGV assurant la liaison Paris-Toulouse traverseront la gare St-Jean. La LGV débuterait à Hourcade au sud-est de Bordeaux et rejoindrait la ligne classique à Saint-Jory au nord-ouest de Toulouse. Le projet de court-circuit de Bordeaux (Libourne-La Réole) semble peu compatible avec l'option du tronc commun.

Le , Michel Leboeuf, directeur du développement TGV à la SNCF, a annoncé que la ligne Bordeaux-Toulouse serait la première à circuler à 360 km/h en vitesse commerciale afin notamment de concurrencer l'avion. Mireille Faugère, directrice de Voyageurs France Europe, les grandes lignes de la SNCF a déclaré : « Avec des TGV à 360 km/h sur la ligne nouvelle Bordeaux-Toulouse, le temps de parcours entre Paris et la ville rose serait ramené à h 55 contre environ h 35 aujourd'hui ».

Cette future ligne entrerait en service au plus tôt en 2020[7],[8] pour un coût de l'ordre de trois milliards d'euros.

Phase de débat et d’études[modifier | modifier le code]

Le débat public sur l'opportunité de la LGV Bordeaux-Toulouse s'est terminé le . Il a fait apparaître :

  • un large consensus dans les institutions pour la réalisation du projet à Agen, Montauban et Toulouse. Parmi les arguments avancés figurent l'accès de Toulouse et de la vallée de la Garonne au réseau à grande vitesse, le souhait de développer le chemin de fer comme transport moins polluant ou encore la nécessité de répondre à la saturation de l'aéroport de Blagnac par un report vers le rail des voyageurs aériens. La poursuite du projet jusqu'à Narbonne a également été évoquée ;
  • une opposition de la part de la gauche antilibérale, qui soutient qu'il vaut mieux dépenser l'argent pour améliorer la ligne existante, pour le train de proximité ;
  • quelques oppositions dans le sud de la Gironde et notamment la région de Captieux où les riverains craignent la destruction des sites naturels et estiment qu'un aménagement de la ligne existante serait plus opportun. Les élus aquitains souhaitent quant à eux donner la priorité au prolongement de la LGV SEA jusqu'à la frontière espagnole.

Le , le conseil d'administration de RFF décide la poursuite des études en s'appuyant sur les conclusions du débat public. Il a retenu la desserte de Montauban par une gare nouvelle et souhaité étudier plus précisément les deux variantes pour celle d'Agen (gare nouvelle ou existante). Les différentes options entre Bordeaux et Agen seront approfondies pour déterminer un fuseau de passage à l'issue du débat public sur la ligne Bordeaux - frontière espagnole.

Le , un accord est conclu par les collectivités territoriales de Midi-Pyrénées pour le financement croisé de la nouvelle ligne. Le conseil régional de Midi-Pyrénées participera à hauteur de 5,24 millions d'euros. La communauté d'agglomération du Grand Toulouse débloquera 4,5 millions d'euros. Le conseil général de la Haute-Garonne 3,5 millions d'euros. Estimé au total à 36 millions d'euros par RFF, le financement des études sera assuré pour un montant de 14,4 millions d'euros par les collectivités locales de Midi-Pyrénées[9].

Fin mai 2009, une polémique éclate suite à la remise en cause du tronçon Bordeaux-Bayonne de la LGV Paris-Bordeaux-Frontière espagnole[10]. L'arrêt des études sur ce prolongement transfrontalier pourrait remettre en cause les crédits européens de l'ensemble du projet (700 M€) de LGV qui inclut la partie Bordeaux-Toulouse. Une pétition a même été lancée à ce sujet[11].

Le , RFF annonce le lancement de pré-études fonctionnelles pour un prolongement vers Narbonne[12].

Le , Nathalie Kosciusko-Morizet, alors ministre des Transports, affirme que l'extension de ligne à grande vitesse de Bordeaux vers l'Espagne et vers Toulouse se fera, essayant de rassurer les collectivités qui menacent de suspendre leur financement au projet[13].

Le , le nouveau ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac, confirme les orientations validées par RFF en juillet 2011[14].

Forme finale du projet[modifier | modifier le code]

Le 23 octobre 2013, Frédéric Cuvillier, ministre délégué aux Transports, dévoile le tracé définitif. La réalisation de la ligne à grande vitesse entre Toulouse et Bordeaux est inscrite en phase I du grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO) et doit être réalisée à l’horizon 2024, en même temps que l’embranchement jusqu’à Dax. La première phase, dont le montant est estimé à 9,1 G€, fait l’objet d’une enquête publique au premier semestre 2014, préalable nécessaire à l’obtention de la déclaration d'utilité publique (DUP)[15].

Le projet final prévoit la construction d’un tronc commun depuis Bordeaux jusqu’au sud de la Gironde, d’où s’embrancheraient la LGV Bordeaux - Espagne, dans un premier temps limitée à Dax, et la LGV Bordeaux — Toulouse proprement dite. Cette dernière suivrait la vallée de la Garonne, comporterait comme initialement prévu deux gares nouvelles placées au plus près des villes d’Agen et de Montauban, et se raccorderait à la ligne classique à Saint-Jory, quelques kilomètres seulement au nord de Toulouse.

Tracé[modifier | modifier le code]

Aménagements au nord de Toulouse[modifier | modifier le code]

Les 19 kilomètres de ligne entre Toulouse et Castelnau-d’Estrétefonds sont concernés par d’importants réaménagements, enjeu local des transports à Toulouse. Le projet inclut en effet la mise à quatre voies intégrales sur cette section resserrée entre un tissu industriel dense (gare de triage de Saint-Jory notamment) et le canal latéral à la Garonne afin de pallier la saturation à moyen terme de cet axe emprunté par de nombreux TER. Certains ouvrages d’art importants (ponts routiers notamment) seraient remodelés, et les haltes de Lacourtsenourt et Route-de-Launaguet déplacées pour faciliter l’intermodalité avec les transports locaux (ligne B du métro de Toulouse)[16].

Historique[modifier | modifier le code]

  • 2002-2003 : études préalables sur l'opportunité du projet
  •  : projet retenu par le Comité Interministériel d'Aménagement et de Développement du Territoire
  • -  : débat public organisé par la Commission Nationale du Débat Public
  •  : décision de Réseau ferré de France de poursuivre les études
  •  : RFF dévoile le fuseau de 1 000 mètres définissant la quasi-totalité des lignes Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne[17]
  •  : validation par le ministère des Transports de la future ligne à grande vitesse[18]
  •  : ouverture des enquêtes publiques [19]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Zembri, Les fondements de la remise en cause du Schéma Directeur des liaisons ferroviaires à grande vitesse : des faiblesses avant tout structurelles, 1997, p. 183-194, Annales de Géographie no 593-594
  2. Décret n°92-355 du 1er avril 1992 approuvant le schéma directeur national des liaisons ferroviaires à grande vitesse et carte du schéma directeur
  3. La Dépêche du Midi, 30 septembre 1990 [lire en ligne].
  4. GPSO.fr, la LGV Bordeaux - Toulouse
  5. La Dépêche, LGV Bordeaux-Toulouse : validée mais…
  6. http://mneaquitaine.wordpress.com/2010/01/12/le-trace-sud-de-la-future-lgv-bordeaux-espagnetoulouse-est-decide-carte/
  7. TGV à 360 km/h entre Toulouse et Bordeaux La Dépêche, 15 octobre 2008
  8. À quand une ligne TGV Paris-Toulouse? SNCF Questions et Réponses, 29 novembre 2010
  9. Toulouse: Bouclage du financement des études pour la portion Toulouse-Bordeaux, Challenges, Actualité, fr, toulouse.fr, le site officiel de la ville de Toulouse
  10. http://www.sudouest.com/accueil/actualite/economie/article/615044/mil/4641550.html
  11. http://www.defendonslalgv.fr
  12. http://www.ladepeche.fr/article/2010/04/08/812830-LGV-Toulouse-Narbonne-4-bureaux-d-etudes-planchent-sur-le-projet.html
  13. NKM : la LGV Bordeaux-Toulouse se fera, Le Figaro, 2 janvier 2012.
  14. Toulouse : LGV pas remise en cause, Le Figaro, 13 juillet 2012.
  15. http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/CP_-_DM_GPSO_-_23-10-2013.pdf
  16. Bétrice Colin, LGV Bordeaux-Toulouse : que va nous apprendre l’enquête publique ?, 20 minutes, 2 octobre 2014
  17. http://www.gpso.fr/
  18. Validation des LGV Bordeaux-Toulouse, Le Figaro, 6 avril 2012.
  19. [1], communiqué de presse du préfet de la région aquitaine, 3 septembre 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]