Georges André

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Georges André
Description de l'image Géo André cropped.jpg.
Naissance
Paris (France)
Décès (à 53 ans)
près de Tunis (Protectorat français de Tunisie)
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Activité principale
champion sportif
Formation
ingénieur de Supélec
ingénieur de SUPAERO

Géo André
Informations
Disciplines décathlon, pentathlon, 110 m haies, saut en hauteur, saut en longueur.
Période d'activité 1908-1924
Nationalité Française
Naissance 13 août 1889
Lieu Paris
Décès 4 mai 1943
Lieu Mateur (Tunisie)
Taille 1,88 m
Poids 85 kg
Surnom L'homme complet
Records
Recordman d'Europe du 400 m haies en 1920 Recordman de France à 8 reprises : saut en hauteur (2 fois, dont 1,885 m en 1908 – durée 14 ans), saut en hauteur sans élan (en 1906, son 1er record), 200 m, 110 m haies (15 s 2/5 en 1922) et 400 m haies (4 fois, dont 54 s 4/5 en 1920 – durée 10 ans)
Distinctions
gloire du sport français
Palmarès
Jeux olympiques - 1 1
Championnats de France 16 - -

Georges Yvan André appelé aussi Géo André (dit Le Bison au Racing, et L'Athlète complet en athlétisme), né le à Paris 8e et mort le près de Tunis, est un athlète et joueur de rugby à XV français (ailier gauche), de 1,86 m. Athlète dans les courses : 100, 200 et 400 m, 110 m haies, 400 m haies ; dans les sauts : hauteur et longueur ; dans les lancers : poids, disque et javelot. Affilié au Racing Club de France, il était un ancien élève de l'École supérieure d'électricité et de l'École supérieure de l'aéronautique, marié, et père de deux enfants[1]. Enseignant un temps l'éducation physique, il fut le plus grand sportif de son époque. Il pratiqua aussi les sports collectifs, au rugby au Racing Club de France et dans le XV tricolore, et le football. Il excellait aussi sur route, en cyclisme et même dans les courses automobiles ou de motos. Il brillait aussi dans l'eau, en natation et à l'aviron, aux patins à glace et à roulettes. Il se distingua également aux haltères, dans les sports de combats, lutte et boxe, dans les sports de plein air comme le golf et la pelote basque, et dans les sports de salle, à l'épée notamment. Il fut aussi performant au tennis, en équitation, au tir et même au jiu-jitsu. Sans oublier pour terminer cette longue liste, sans doute incomplète, dans les sports aériens, voltige et vol à voile, en endurance et en acrobaties aériennes. Il passa son brevet de pilote aviateur avant le premier conflit mondial, en 1908, et fut l'un des pères de l'Aviation populaire dans les années 1930. A 53 ans il était encore reconnu apte au pilotage d'avions bombardiers[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Plaque 9 rue Marguerin (14e arrondissement de Paris), où il vécut.
Géo André en 1920.
Caricature de Géo André, alors porte-drapeau français aux Jeux Interalliés de 1919.
Géo André prête le serment olympique en 1924.

Né à Paris durant l'Exposition universelle de 1889, après une enfance à Lausanne puis à Paris, ce seront d'abord ses débuts dans l'aviation, presque en pionnier, puis les J.O. de Londres en 1908, ceux de Stockholm en 1912, ses sélections dans XV de France, le titre de Meilleur Athlète complet de 1914, en « premier Kevin Mayer » français, le chef de bataillon héroïque sur le front de la Grande Guerre, sa mort déjouée grâce au sport, sa longue captivité en Allemagne jalonnée d'évasions épiques, ses écrits de guerre pour témoigner, et son retour, mais cette fois dans l'aviation de guerre en 1918. Puis, malgré les séquelles d'une mauvaise blessure de guerre, sa reprise des sports à haut niveau dans les années 1920, sur tous les stades d'Europe, en athlétisme et au rugby, et notamment aux Jeux interalliés de 1919, aux J.O. d'Anvers 1920 et aux J.O. de Paris 1924 où il fut l'acteur-phare de ces Jeux. Puis ce sera durant toutes les années 1920 et 1930 le manager et grand chroniqueur sportif, ô combien respecté. Géo André, sportif exceptionnel, athlète complet, rugbyman hors pair, adepte de quasiment tous les sports physiques, mais aussi mécaniques, au parcours sans équivalent dans l'Histoire des sports. Pour ne citer simplement que le rugby et l'athlétisme : ses 7 sélections en équipe de France de rugby à XV, sa participation à quatre olympiades, 1908, 1912, 1920 et 1924, un titre de vice-champion olympique à la hauteur en 1908, à seulement 18 ans, puis médaillé de bronze au relais 4 × 400 mètres des J.O. de 1920, une place de 4è en finale du 400 mètres haies aux J.O. de 1920 et de 1924, ses 14 sélections en équipe de France de 1908 à 1926, dans 13 disciplines différentes (100 m, 200 m, 400 m, 4 × 400 m, 110 m haies, 400 m haies, hauteur, poids, disque, pentathlon et décathlon), le titre de recordman d'Europe sur 400 mètres haies, à 6/10è du record du monde, de recordman de France à huit reprises, et ses 28 titres de champion de France. Acclamé sur tous les stades d'Europe pendant plus de vingt ans, de 1906 à 1927, ce grand sportif de la Belle Epoque (1890 - 1914) et des Années Folles (les années 1920) fut une idole des foules sur les stades, à l'égal du grand Jean Bouin trop tôt disparu, ou de Jules Ladoumègue dans l'entre-deux guerres. Les grands entraîneurs américains qui le remarquèrent en auraient fait un champion du monde imbattable.

Mais c'est aussi le lanceur d'alerte et l'infatigable avocat de la cause sportive, le passionné d'aviation et de vol à voile en particulier, la cheville ouvrière de l'Aviation populaire en France de 1936 à 1939, l'engagé politique du Front populaire en 1936. Pour représenter la France à l'Assemblée Nationale, il avait fait cause commune avec Ambroise Croizat, père de la Sécurité Sociale. C'est aussi l'opposant à l'Allemagne nazie lors des J.O. de Berlin, contre la récupération politique des Jeux par Hitler. Mais encore, l'entraîneur et le modèle d'un autre champion naissant, à savoir son fils. Et enfin le quinqua engagé volontaire pour combattre l'Allemagne nazie en 1939, le grand manager de la jeunesse d'Afrique du Nord durant la guerre 39 - 45, et enfin en 1943, le combattant toujours volontaire et une fois de plus héroïque lors de la bataille de Tunisie contre les nazis. Pour ses publics, ses camarades sportifs, les chroniqueurs et tous les jeunes de son temps, il fut un modèle de vie, d'engagement, un exemple pour sa génération et les suivantes. Modèle également pour son fils Jacques André et sa fille Christiane

Il devint ensuite journaliste sportif, à La Vie au grand air (jusqu'en 1920), au Miroir des sports (chef de la rubrique athlétisme de 1920 à ), à L'Excelsior et à L'Intransigeant, publiant aussi régulièrement son almanach sportif L'As à la fin des années 1920, ainsi qu'un ouvrage, La Course à pied. Vitesse aux éd. Bornemann, en 1936.

Il détint les records de France du 200 mètres haies et du saut sans élan jusqu'après la Libération[2].

Une plaque commémorative honore sa mémoire, 9 rue Marguerin à Paris[3], lieu où il résidait. L'un des deux stades historiques de Tunis est le Géo André devenu aujourd’hui le Chedly Zouiten. En Afrique noire, les ivoiriens avaient aussi baptisé leur grand stade d'Abidjan, stade Géo André, un immense stade de 65.000 places qui s'est imposé comme stade national de la Côte d’Ivoire et devenu depuis Stade Felix Houphouet Boigny. Dans l'hexagone, idéalement situé à Paris dans le 16ème, à proximité du Parc des Princes et du stade Roland Garros, Géo-André est un complexe sportif multisports et le siège social du Stade Français. De nombreux stades en France portent de nos jours son nom.

Son fils, Jacques André (aviateur), a été 4 fois de champion de France (110 m haies en 1937 (en junior),110 m haies et 4 fois 400 m en 1938, 400 m haies militaire en 1938), 3 fois vice-champion de France (400 m haies en 1938 et 1939, 400 m militaire en 1948. Et fut 10 fois en sélection nationale. Sur 400 m haies il participa au championnat d'Europe en 1938 et aux J.O. de Londres en 1948 pour atteindre les demi-finales. En 1939 il fut 2è meilleure performance européenne sur 400 m haies, en 53''6 (après avoir fait presque jeu égal avec le crack américain Roy Cochran, futur double médaillé d'or aux J.O. sur cette distance), puis sur 4 fois 400 m en 3'17'', et en 1948 encore sur 400 m haies en 53''8. Durant la guerre 1939-1945 son fils Jacques et Marcel Albert furent (cf règles anglo-saxonnes) les deux plus titrés des 100 pilotes de l'escadrille Normandie-Niémen (20 victoires dont 4 probables à son actif), et revint auréolé de la haute et rare distinction Héros de l'Union Soviétique[2].

Palmarès[modifier | modifier le code]

  • Licencié au Stade français de 1906 à 1908, puis au Racing Club de France de 1909 à 1927 dans les sections d'athlétisme et de rugby à XV.
  • Rugby à XV :
    • 8 sélections en équipe de France de rugby à XV au poste de trois-quarts aile (de 1913 à 1914 ; international no 93).
  • Coupe de l'Espérance : vainqueur en 1918 avec le RCF[4].
    • Médaille d'argent Vice-champion de France : 1912 et 1920, avec le RCF.
  • Athlétisme :
    • En 1914 il remporta a finale parisienne du Concours de l'Athlète complet (10 épreuves en un jour) :1 m 52 à la hauteur sans élan (record de France égalé), 1 m76 à la hauteur, 6 m 57 à la longueur, et 10''6 au 100 m (non homologué mais couru sur l'herbe).
    • Il participa à 4 olympiades, de 1908 à 1924. Il fut deux fois médaillé aux J.O. : au saut en hauteur avec en 1908 (1 m 89), sur 4 fois 400 m en 1920, et deux fois 4è de la finale olympique du 400 m haies (aux J.O. de 1920 à Anvers et de 1924 à Paris où il était porte-drapeau de la délégation française et celui qui prononça le serment olympique. Il fut aussi médaillé de bronze au pentathlon des Jeux interalliés de 1919 où il fut aussi porte-drapeau de la délégation française.
    • Il fut 13 fois en sélection nationale (1908 à 1926).
    • Recordman d'Europe du 400 m haies en 1920, en 54 s 8 (le record du monde cette année-là était de 54 s 2, puis 54 s).
    • Recordman de France à 8 reprises : saut en hauteur (2 fois, dont 1,885 m en 1908 – durée 14 ans), saut en hauteur sans élan (en 1906, son 1er record), 200 m, 110 m haies (15 s 2/5 en 1922) et 400 m haies (4 fois, dont 54 s 4/5 en 1920 – durée 10 ans).
    • Il fut 28 fois champion de France : 5 fois sur 110 m haies (1908, 1914, 1919, 1920, 1922 ), 5 fois sur 400 m haies(1913, 1914, 1919, 1920, 1922 ), 7 fois à la hauteur avec élan (1907, 1908, 1909, 1911, 1914, 1919, 1920), et 8 fois à la hauteur sans élan (1907, 1908, 1909, 1911, 1912, 1914, 1919, 1920). Mais aussi 3 fois vice-champion de France : à la hauteur sans élan en 1908, sur 110 m haies en 1911 et sur 400 m haies en 1924.
  • Tennis :

Ses meilleures performances :

  • 100 mètres : 10 s 3/5 (le 12 juillet 1914)
  • 400 mètres : 49 s 3/5 ;
  • 110 mètres haies : 15 s 2/5 ;
  • 200 mètres haies : 25 s 2/5 ;
  • 400 mètres haies : 54 s 4/5 ;
  • saut en hauteur sans élan : 1,53 m ;
  • saut en hauteur avec élan : 1,885 m ;
  • saut en longueur sans élan : 3,18 m ;
  • saut en longueur avec élan : 6,85 m ;
  • lancer du poids : 12,40 m ;
  • lancer du disque : 38,55 m ;
  • lancer du javelot : 44 m.

Hommages[modifier | modifier le code]

La tombe de Géo André, près de Matteur (1946).

Géo André est nommé gloire du sport français.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René et Maryvonne Gaudart, Dieux des stades As du ciel, Géo et Jacques André des J.O. de 1908 à 1948 aux guerres 14-18 et 39-45, Editions JPO, 2021, 388 p. (ISBN 978-2-37301-161-6)
  • L'homme sportif du jour : Géo André, Le Miroir des Sports, , p.348-349.
  • Le Miroir des sports, du au , reportages sur la famille André.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

références[modifier | modifier le code]

  1. Article Géo André est mort, Le Miroir des sports, 17 mai 1943.
  2. a b et c René et Maryvonne Gaudart, Dieux des stades As du ciel, Géo et Jacques André des J.O. de 1908 à 1948 aux guerres 14-18 et 39-45, JPO, , 388 p. (ISBN 978-2-37301-161-6)
  3. voir en ligne
  4. La Vie au grand air, 1er juin 1918, p.15.

Liens externes[modifier | modifier le code]