Lucien Gaudin

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Lucien Gaudin
Lucien Gaudinà la 'Grande semaine d'armes de combat',le 25 mai 1912.
Lucien Gaudin
à la 'Grande semaine d'armes de combat',
le 25 mai 1912.
Contexte général
Sport pratiqué escrime
Arme fleuret, épée et sabre
Période d'activité 1904-1929
Biographie
Nationalité Drapeau : France français
Naissance 27 septembre 1886
Lieu de naissance Arras
Décès (à 47 ans)
Lieu de décès Paris
Palmarès
Jeux olympiques 4 2 0
Championnats du monde 2 2 3
Championnats d'Europe 1 0 0
Championnats de France 9 0 0

Lucien Gaudin, né le 27 septembre 1886 à Arras, mort le 23 septembre 1934 à Paris, fut le meilleur représentant de l'Escrime française d'avant-guerre. Longtemps privé de Jeux olympiques, il participe pour la première fois aux Jeux en 1920 où il remporte la médaille d'argent en fleuret par équipe. Quatre ans plus tard, lors de l'édition de 1924, il remporte deux titres, lors des compétitions par équipes du fleuret de l'épée. Il doit attendre les jeux de 1928 pour devenir champion olympique en individuel, au fleuret et à l'épée, remportant également l'argent de la compétition par équipes de fleuret.

Biographie[modifier | modifier le code]

Photo en moir et blanc d'un escrimeur de face, tendant son arme de la main gauche.
Lucien Gaudin, vainqueur du Championnat international 1905.

Lucien Gaudin, né à Arras, est le fils d'un militaire qui pratique l'escrime, initiant son fils à cet art et à d'autres sports, comme l'équitation, la natation et le tennis[1]. Lucien Gaudin grandit à Paris où il est scolarisé au lycée Carnot[1], où son maître d'arme est Carrichon. Ses maîtres d'armes seront ensuite Louis puis Lucien Mérignac à l’A.C.F.

Champion de France amateur de fleuret en 1904, il remporte l'année suivante, à dix-huit ans, le championnat international, nom du championnat du monde.

Alors au service militaire, il ne peut participer aux Jeux olympiques de 1908 à Londres[2].

Un boycott des Français lors des Jeux olympiques de 1912 de Stockholm le prive une nouvelle fois de pouvoir participer aux Jeux[3]. Durant la période de 1905 à 1914, il remporte chaque année le titre de champion de France d'épée[4].

Après avoir remporté la première compétition d'escrime de l'après-guerre, il est désigné « champion hors classe » par la Fédération internationale[5].

C'est finalement lors de l'édition de 1920 à Anvers qu'il fait ses débuts aux Jeux olympiques d'été. Sa première épreuve est la compétition du fleuret par équipes. Lors de la rencontre contre l'Italie, il s'incline a à la surprise générale face à Aldo Nadi sur le score de 3 à 1[6]. Gaudin remporte tous ses combats face aux autres Italiens, mais la France ne remporte que la médaille d'argent[6]. Gaudin doit ensuite rester au lit cinq jours et déclarer forfait pour le concours individuel : lors des qualifications de la compétition par équipes, il s'est retourné l'orteil gauche et il a disputé la finale avec cette blessure[6].

L'année suivante, il remporte la première édition des Championnats d'Europe d'escrime en épée, compétition disputée à Paris[1]. En 1922, un match exhibition désigné sous le terme de « match du siècle » l'oppose à Aldo Nadi, match qu'il remporte sur le score de 20 à 11[5]. Il donne la prime de 40 000 francs pour cette rencontre à sa fédération, ne risquant ainsi pas une suspension pour professionnalisme[7].

Les Jeux olympiques de 1924 à Paris commencent pour Gaudin par la compétition de fleuret par équipes. Quatre nations se disputent la victoire en poule finale, la Belgique, la Hongrie, l'Italie et la France. Lors de la rencontre opposant ces deux dernières, un problème survient lors du match entre Gaudin et Aldo Boni : à 4 partout, une touche est accordée sur une attaque du Français alors qu'une parade-riposte de l'Italien semblait l'avoir précédée[8]. L'équipe italienne quitte alors la piste[8].

il remporte les 22 matchs qu'il dispute, pour un bilan de 110 touches données contre 21 concédées[8]. La France remporte la poule finale devant la Belgique et la Hongrie. Mais une névrite lui paralyse la main gauche et l'oblige à déclarer forfait le lendemain pour la compétition individuelle en fleuret[8]. Il participe toutefois à la compétition par équipes de l'épée. Lors de la rencontre face aux Italiens, le score est de huit victoires partout, la décision se faisant au nombre de touches où la France s'impose 21 à 20, remportant ainsi le titre olympique, devant la Belgique et l'Italie[9]. Gaudin déclare de nouveau forfait pour l'individuelle[9].

Lors de ses débuts lors des Jeux olympiques de 1928 à Amsterdam, il remporte la médaille d'argent du fleuret par équipes, épreuve remportée par l'Italie. Lors du tournoi de fleuret individuel, il remporte ses sept premiers combats de la poule finale avant de subir un KO face à l'Allemand Erwin Casmir qui remporte ce match. Trois fleurettistes doivent disputer un barrage : Gaudin, Casimir et l'Italien Giulio Gaudini[10]. Gaudin bat l'Allemand sur le score de 5 à 3, puis alors qu'il est mené 4 à 2, après avoir de lui-même déjugé l'arbitre en accordant une touche à son adversaire, il remporte la rencontre sur le score de 5 à 4[10]. Il ne participe pas à la compétition par équipes en épée mais fait son retour pour le tournoi individuel où il domine pour remporter son deuxième titre individuel[10]. Il devient ainsi le deuxième escrimeur, après le Cubain Ramón Fonst à remporter les titres individuels du fleuret et de l'épée lors de la même compétition olympique[5].

Banquier de profession, il utilise durant sa carrière sa fortune pour pouvoir s'entraîner. Ruiné, il se suicide six ans après ses titres d'Amsterdam à l'âge de 48 ans.

Il est honoré en faisant partie de la promotion 1994 des « Gloire du sport ».

Palmarès[modifier | modifier le code]

Lucien Gaudin en 1906.
Lucien Gaudin en 1923.
Lucien Gaudin, en 1924, aux JO de Paris.

Lucien Gaudin est le premier Français, avant l'autre fleurettiste Christian d'Oriola ainsi que le biathlète Martin Fourcade, à remporter quatre médailles d'or aux jeux olympiques.

Son palmarès olympique, également composé de deux médailles d'argent, fait de lui l'un des sportifs français le mieux médaillé avec Christian d'Oriola (les deux fleurettistes Philippe Cattiau et Roger Ducret détenant le record français en nombre de médailles olympiques, 3 d'or, 4 d'argent et 1 de bronze), et Martin Fourcade.

  • Jeux olympiques d'été
    • Médaille d'or, Jeux olympiques Médaille d'or en épée par équipe en 1924
    • Médaille d'or, Jeux olympiques Médaille d'or en fleuret par équipe en 1924
    • Médaille d'or, Jeux olympiques Médaille d'or en épée individuelle en 1928
    • Médaille d'or, Jeux olympiques Médaille d'or en fleuret individuel en 1928
    • Médaille d'argent, Jeux olympiques Médaille d'argent en fleuret par équipe en 1920
    • Médaille d'argent, Jeux olympiques Médaille d'argent en fleuret par équipe en 1928
  • Championnats du monde d'escrime
    • Médaille d'or, monde Médaille d'or en 1905 (titre exact: "Champion international")
    • Médaille d'or, monde Médaille d'or en 1918 (titre exact: "Champion international")
  • Championnats d'Europe d'escrime
    • Médaille d'or, Europe Champion d'Europe d'épée en 1921 (1re édition)
  • Championnats de France d'escrime
    • Champion de France de fleuret de 1906 à 1914 (neuf titres nationaux consécutifs)
    • Champion de France amateur de fleuret en 1904
    • Champion de France scolaire en 1903
  • Coupe Internationale de Barcelone
    • en 1907 (tournoi par équipes de quatre amateurs, avec Olivier, Dilon-Kavanah et Bernard Gravier)[11]
  • Grande semaine des armes de combat (8 victoires diverses, entre 1905 et 1913)
  • Grande semaine des armes de combat
    • troisième du championnat individuel d'épée 1906 (mai)
    • Vainqueur du tournoi par équipes 1906 (avec Alibert, Jean Sern, Dillon-Cavanagh, Collignon, Willy et Sulzbacher)
  • Grande semaine des armes de combat
    • Vainqueur du tournoi à l'épée par équipes 1907 (juin, avec Olivier, Peigner et Bernard Gravier)[13]
  • Grande semaine des armes de combat
    • Vainqueur du tournoi individuel à l'épée, le jeudi 29 juillet 1909 (exceptionnellement organisé à Vittel, 2e Dodivers)[14]
  • Grande semaine des armes de combat
    • Vainqueur avec l'équipe de France en 1910 de l'équipe de Belgique (associé à Armand Massard, Lippmann, Gravier, Alibert et Poupar)[15]
  • Grande semaine des armes (organisée par la Fédération Parisienne d'Épée)
    • Membre de l'équipe de Paris, victorieuse de celle de Province en 1911 (juin, gagnant individuel Bernard Gravier, et meilleur par équipe Armand Massard[16])
  • Grande semaine des armes de combat
  • Grande semaine des armes de combat
    • Critérium des Champions (Poule des Champions) en 1913 (mai)[18]

(nota bene: en mai 1914, Gaudin est absent pour la dernière édition de la "Grand semaine d'escrime", organisée par la F.P.E.. Le Champion des Champions est Armand Massard[19], le vainqueur à l'épée amateur Roger Ducret, et de Eynde au sabre[20]. Après guerre, la "Grande semaine des armes de combat" sera remplacée du 6 au 10 juillet 1919 par un "Challenge de la Victoire" -comme il y en eut dans d'autres sports-, organisé au lycée Carnot par la "Fédération Parisienne d'Escrimeurs", désormais[21])

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Très Sport, n°12, Lucien Gaudin - Escrime, 1er avril 1923.
  • Très Sport, n°19, Pour devenir bon escrimeur, par Lucien Gaudin et Roger Ducret, Hors-texte Degland et Jean Berthier, 1er novembre 1923.
  • Match - L'Intran, n°424, Lucien Gaudin - Le plus grand champion d'escrime vient de mourir, 25 septembre 1934.
  • L'escrime, n°18, par Lucien Gaudin (champion hors-classe) et Gilbert Gros, illustrations Abel Petit, éditions S. Bornemann (1952 - Paris), Broché (ASIN B073WYLWH1).
  • Laurent-Frédéric Bollée, Lucien Gaudin - Le Maître des Armes, Cristel Eds, , 188 p. (ISBN 978-2844210197).
  • Robert Parienté et Guy Lagorce, La Fabuleuse Histoire des Jeux olympiques, Minerva, , 814 p. (ISBN 9782830705836).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Le Siècle olympique. Les Jeux et l'Histoire (Athènes, 1896-Londres, 2012), Encyclopaedia Universalis, , 2754 p. (ISBN 9782852291171), « Lucien Baudin ».
  2. « La patience de Lucien Gaudin », sur pierrelagrue-jo.com.
  3. « Histoire de l’escrime » [PDF], sur asbouillargues-escrime.com.
  4. (en) « Lucien Gaudin : French fencing master par excellence », sur olympic.org.
  5. a, b et c (en) Nick Evangelista, The Encyclopedia of the Sword, Greenwood Publishing Group, , 690 p. (ISBN 9780313278969).
  6. a, b et c Parienté et Lagorce 2000, La détresse de Gaudin, p. 122-123.
  7. (en) Richard Cohen, By the Sword : Gladiators, Musketeers, Samurai Warriors, Swashbucklers and Olympians, Simon and Schuster, , 560 p. (ISBN 9781849831666).
  8. a, b, c et d Parienté et Lagorce 2000, Scandale à l'escime, p. 133-134.
  9. a et b Parienté et Lagorce 2000, Gaudin s'efface, Ducret gagne, p. 134-135.
  10. a, b et c Parienté et Lagorce 2000, Gaudin enfin couronné, p. 153-155.
  11. Le Figaro, 27 mars 1908, p.7.
  12. La Vie au grand air, 18 mai 1906, p.385.
  13. Journal des débats politiques et littéraires, 3 juin 1907, p.3.
  14. La Gazette des Eaux (La Presse thermale et climatique : stations thermales, balnéaires, climatiques et touristiques), n°2631, 52e année, samedi 7 août 1909, p.372.
  15. La Vie au grand air, 18 juin 1910, p.425.
  16. La Presse, 24 juin 1911, p.3.
  17. Le Sport universel illustré, n°877, 1er juin 1913, p.353.
  18. La Vie au grand air, 31 mai 1913, p.406.
  19. (également vainqueur du Championnat International amateurs et professionnels de Nice)
  20. La Presse, 1er juin 1914, p.3.
  21. Le Matin, 6 juillet 1919, p.3.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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