Marie Holzman

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Marie Holzman
Portrait de Marie Holzman
Sinologue
Biographie
Naissance (70 ans)
Drapeau de la France France
Nationalité Française
Thématique
Formation DEA Chinois Paris VII
Titres Présidente Solidarité Chine
Profession Professeur, écrivain et journalisteVoir et modifier les données sur Wikidata
Travaux Articles, livres, éditions, traductions.
Intérêts Droits de l'homme en République populaire de Chine,
Idées remarquables Soutien aux dissidents chinois et au mouvement démocratique chinois
Œuvres principales Chine, on ne bâillonne pas la lumière (1996)
Les Massacres de la Révolution culturelle (préface 2009)
Dans l'empire des ténèbres (traduction 2013)
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur‎ (d) et prix littéraire de l'Asie ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Auteurs associés
Influencé par Vladimir Boukovsky[1]

Marie Holzman, née le à Paris, est une sinologue[1],[2], spécialiste de la Chine contemporaine et de la dissidence chinoise (en), enseignante de chinois à l'université, écrivain, journaliste et traductrice française[3],[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

En octobre 1968, à l’âge de 17 ans, elle vit un an à Taïwan avec son père, un professeur américain de littérature chinoise classique, et sa mère, une assistante sociale[1]. Elle passe son baccalauréat en 1969, en tant que candidate libre à Tokyo[5],[6]. Entre 1972 et 1980, elle séjourne en Asie à Taïwan, au Japon et en République populaire de Chine. Elle est étudiante à Pékin quand éclate le premier « printemps de Pékin » en 1978. Quand Wei Jingsheng est condamné à la prison en 1980, elle décide de quitter la Chine : « J'ai quitté ce pays après cette condamnation. Je ressentais un profond dégoût pour les élites de la société ». Alors enceinte, elle refuse que son enfant naisse dans ce pays[6].

En Chine, la jeune fille avait découvert que « la langue entrait dans sa tête comme dans du beurre ». De retour en France, elle se lance dans des études de chinois à l'université et doit, non sans effort, « mémoriser 3000 caractères plus des combinaisons de caractères »[6].

Carrière enseignante[modifier | modifier le code]

Après avoir obtenu un DEA, elle devient professeur de chinois, chargée de cours à l'université Paris VII puis responsable de la section Chine du DESS- NCI à Paris III de 1984 à 2002[7],[8].

Engagement militant[modifier | modifier le code]

Elle mène depuis lors un combat engagé pour les victimes de la répression en Chine[9],[6].

Présidente de l’association Solidarité Chine, créée en 1989 à la suite des manifestations de la place Tian'anmen, elle est membre du conseil d'administration de Human Rights in China, animatrice de l'Observatoire des Libertés en Asie Orientale, membre du Forum Asie-Démocratie et porte-parole du Collectif Pékin J.O. 2008[7]. Pour Marie Holzman, « Il faut faire entendre la voix de ceux qui adoptent une démarche pro-démocratie, pacifique et rationnelle, pour que l’Occident comprenne que les Chinois ne sont pas tous fascinés par le business ou la falsification des œuvres d’art »[9].

Production[modifier | modifier le code]

Marie Holzman a publié des ouvrages documentés sur les personnalités marquantes du mouvement démocratique chinois dont Wei Jingsheng, Lin Xiling, Ding Zilin, Hu Ping et Liu Qing[10]. Elle a, en particulier, préfacé Les Massacres de la Révolution culturelle, ouvrage collectif coordonné par Song Yongyi, et traduit le livre de Liao Yiwu, Dans l'empire des ténèbres[11].

Elle a donné des conférences sur la Chine contemporaine à la Banque de France, à l'INALCO, à l'Institut Prepasia, aux Missions Étrangères de Paris[7].

Elle écrit régulièrement dans la revue Politique internationale.

Elle a créé la collection les Moutons Noirs avec le soutien de Pierre Bergé et en collaboration avec Jean-François Bouthors et Galia Ackerman[12].

Militantisme pro-tibétain[modifier | modifier le code]

En 2008, elle devient la porte-parole du Collectif Jeux Olympiques 2008. Elle appelle les sportifs et hautes personnalités étrangères à boycotter la cérémonie d'ouverture tant que les dirigeants chinois ne changeront pas de position sur la répression et l'emprisonnement d'opposants tibétains[13].

Après que la revue Sciences Humaines eut publié, en novembre 2011, un entretien avec Elisabeth Martens, auteur d'une Histoire du bouddhisme tibétain[14], Marie Holzman écrivit à la revue pour contester la légitimité d'Elisabeth Martens : « Pour la réputation de votre magazine, je vous encourage vivement à interviewer quelqu'un d'autre »[15].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Avec les Chinois, Flammarion, 1981, (ISBN 2080643606)
  • Pékin et ses environs, avec Danièle Crisà et René Giudicelli, Arthaud, 1986, 1992, (ISBN 2700305701)
  • Chinois de Paris, Seghers, 1989
  • Chine, Arthaud, 1992, (ISBN 2700306856)
  • Comment Lü Dongbin devint immortel, avec Chao-Pao Chen, Gallimard, 1995, (ISBN 2070583562)
  • Chine, on ne bâillonne pas la lumière avec Noël Mamère, Ramsay, 1997 (ISBN 2841142000)
  • Lin Xiling l’indomptable, Bayard éditions/Centurion, 1998, (ISBN 222713500X)
  • L'empire des Bas-fonds, par l’écrivain Liao Yiwu, traduction, Bleu de Chine, 2003, (ISBN 2910884600)
  • Écrits édifiants et curieux sur la Chine du XXIe siècle avec Chen Yan, éditions de l’aube, 2004, Langue d'origine : chinois, (ISBN 2876789302)
  • La pensée manipulée, Le cas chinois, Hu Ping, éditions de l’aube, 2004, traduction, (ISBN 2876789299)
  • Wei Jingsheng, un chinois inflexible, avec Bernard Debord, Bleu de Chine, , (ISBN 2849310018)
  • Chine, à quand la démocratie ? : Les illusions de la modernisation avec Hu Ping, 2005, (ISBN 2752600771) (poche, 2007, (ISBN 2752603118))
  • Pourquoi il faut boycotter la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin avec RSF et Marc Raimbourg, Le Cherche Midi, 2008, (ISBN 2749113180)
  • L'Envers des médailles : JO de Pékin 2008, Bleu de Chine, 2008, (ISBN 2849310352)
  • Quand la terre s'est ouverte au Sichuan : Journal d'une tragédie de Liao Yiwu, traduction avec Marc Raimbourg, 2010, Buchet-Chastel, (ISBN 2283024315)
  • Dans l’empire des ténèbres, de Liao Yiwu, avec Marc Raimbourg et Gao Yun, Collection Les moutons noirs, Books, 2014, (ISBN 2366080638)

Préfaces[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Marie Holzman, sinologue militante. Coups de cœur, La Croix, 1 juin 2013.
  2. Paul Jean-Ortiz, L'ombre chinoise de Hollande : « "On n'a pas pu les retenir tous en France car on ne pouvait rivaliser avec les universités américaines qui les attendaient les bras ouverts", se rappelle la sinologue et militante Marie Holzman. »
  3. Fiche de Marie Holzman, sur le site atlantico.fr : « Marie Holzman a été enseignante à l'université. »
  4. Légion d'honneur et Ordre du Mérite pour journalistes et dirigeants de médias (2005-2010), sur le site de l'Observatoire des médias ACRIMED, 14 juillet 2010 : « Marie Holzman, écrivaine, journaliste, présidente de l'association Solidarité Chine. »
  5. Marie Holzman, sinologue militante. 4 janvier 1952 : naissance à Paris, La Croix, 1 juin 2013.
  6. a b c et d Corine Chabaud, [http:/,/www.lavie.fr/actualite/portraits/marie-holzman-la-pasionaria-des-dissidents-17-01-2018-87419_63.php Marie Holzman, la pasionaria des dissidents], La Vie, 18 janvier 2018.
  7. a b et c « Le Tibet après les J. O., Conférence à la salle Barcelone, vendredi 7 novembre à 20h30. » [archive du ]
  8. « Marie Holzman - Auteur - Ressources de la Bibliothèque nationale de France », sur data.bnf.fr (consulté le ).
  9. a et b Joris Zylberman, Marie Holzman : "Ilham Toti, l’homme du dialogue avec Pékin sur les Ouïgours", Asialyst, 2 novembre 2016.
  10. Entretien avec Marie Holzman.
  11. Marie Holzman, Vincent Brossel et Alain Bouc, Covid-19 : Qui osera demander des comptes au régime chinois ?, Le Figaro, 1 avril 2020.
  12. http://www.ihtp.cnrs.fr/sites/ihtp/IMG/pdf/Booklet_Moutons_noirs.pdf
  13. Fiche de Marie Holzman, sur Chine Informations, 3 juin 2015.
  14. Entretiens avec Elisabeth Martens : Le bouddhisme tibétain, otage d'un conflit mondial, propos recueillis par Laurent Testot, Sciences Humaines, No 229, août-septembre 2011.
  15. Restons zen !, par Héloïse Lhérité, Sciences Humaines, No 231, novembre 2011.
  16. Décret du 31 décembre 2008, publié au Journal officiel de la République française du .
  17. Pierre Haski, Légion d'honneur pour Marie Holzman, amie des dissidents chinois, sur rue89.nouvelobs.com, 2 juin 2009.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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