Guillemet

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Guillemets
« »
“ ” ou ‘ ’ ou ‹ › ou " " ou ' '
Graphies
Graphie « … »
»…«
«…«
‹ … ›
›…‹
“…”
„…“
‘…’
‚…‘
"…"
'…'
`…`
Codage
Noms • double guillemet gauche –
double guillemet droit (en français)[2]
• simple guillemet gauche –
simple guillemet droit (en français)[3]
• double guillemet-virgule tourné[4]
double guillemet-virgule[5]
• double guillemet-virgule bas[6]
(– double guillemet-virgule tourné, fermant en allemand)
• simple guillemet-virgule tourné[7]
apostrophe guillemet-virgule[8]
• simple guillemet-virgule bas
(– simple guillemet-virgule tourné, fermant en allemand)
• double guillemet générique[9]
• simple guillemet générique[10]
• accent grave
Unicode U+00AB et U+00BB
U+2039 et U+203A
U+201C et U+201D
U+201E et U+201C
U+2018 et U+2019
U+201A et U+2018
U+0022
U+0027
U+0060
Bloc Latin de base et commandes C0
Latin-1 complémentaire et commandes C1
Ponctuations générales
'"`UNIQ--nowiki-00000003-QINU`"'1'"`UNIQ--nowiki-00000004-QINU`"'

Un guillemet est un signe typographique de ponctuation, traditionnellement utilisé par paires d’un guillemet ouvrant et d’un guillemet fermant (appariés). Les guillemets au pluriel désigne un ensemble de caractères dont l’usage varie selon les langues (ouvrant/fermant) et les systèmes d’écriture (gauche/droit, certains guillemets étant bidiréfléchis).

Le principal usage des guillemets est de mettre en relief une expression, un terme ou une citation. Les guillemets s’emploient ainsi pour le discours rapporté et les dialogues. Ils sont parfois utilisés pour indiquer que le terme ou l’expression mis en exergue n’a pas sa signification littérale ou habituelle — on parlera alors de guillemets d’ironie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Déjà dans l’Antiquité, le diplè (en) est un signe de ponctuation composé d’un chevron indiquant différentes annotations, dont notamment les citations.

Au Moyen Âge, et principalement à partir du XIIe siècle, les guillemets sont des virgules (du latin virgula, « petite verge ») destinées à séparer ou signaler les citations[11], ou encore à encadrer un mot d’orthographe ou de sens douteux, pour signaler au lecteur un terme à corriger. Le guillemet proprement dit est apparu pour la première fois en 1527, l’invention en ayant ultérieurement été faussement attribuée à l’imprimeur Guillaume en 1622[12].

Les guillemets sont d’abord utilisés dans la marge, hors du texte, et ont la forme de virgules, inversées ou non, ou de petites parenthèses doubles. Les guillemets fermants sont introduits au XVIIIe siècle et se mettent dans le corps de texte[11].

Guillemets en caractères Didot de l’Imprimerie nationale en 1934.

En français, les guillemets angulaires en chevrons apparaissent à partir de la fin du XVIIIe siècle et deviennent majoritaires vers la fin du XIXe siècle[11].

Dans l’usage typographique moderne, les guillemets ne se sont imposés qu’en concurrence avec l’italique et le tiret de dialogue (U+2015), notamment dans l’impression des pièces de théâtre de Diderot[13].

Formes et terminologie[modifier | modifier le code]

Il existe différents guillemets. Au sein d’un système d’écriture donné, on distingue en premier lieu le guillemet ouvrant du guillemet fermant, car ce signe typographique ne s’utilise que par paires (plus ou moins symétriques), à la manière des parenthèses ou des crochets. Mais à travers les langues et même les pays d’une même langue, l’usage des guillemets varie si fortement qu’un même caractère est ouvrant ici, fermant là-bas, et son pendant apparié vice-versa (« … » contre »…«), s’il n’est pas remplacé par un autre caractère (“…” contre „…“). L’aspect change aussi en fonction de l’écriture utilisée, car depuis l’avènement d’Unicode, les guillemets-chevrons sont bidiréfléchis, de sorte que leurs glyphes sont réfléchis dans un contexte droite-à-gauche (arabe, hébreu) par rapport à ce qu’ils sont dans un contexte gauche-à-droite (grec, cyrillique, écriture latine) et ne peuvent plus être appelés « gauche » ou « droit »[14].

La forme des guillemets varie selon les marches typographiques.

Guillemets-chevrons[modifier | modifier le code]

Ces guillemets se distinguent par leur forme angulaire en chevrons pointant vers la gauche ou la droite, qui peut toutefois être arrondie. En français métropolitain, ils sont comptés comme des ponctuations hautes, et en tant que telles appellent l’usage d’espaces insécables. Selon la meilleure pratique[réf. nécessaire], ils sont séparés du texte par une espace fine insécable U+202F espace fine insécable . Si toutefois ils suivent une autre ponctuation haute comme un point d’interrogation, déjà précédée d’une espace insécable, ils ne prennent plus d’espace insécable pour leur compte[réf. nécessaire].

Doubles guillemets-chevrons[modifier | modifier le code]

Selon une certaine tradition en France, les doubles guillemets-chevrons sont appelés français par opposition aux guillemets-virgules appelés anglais. On les appelle aussi typographiques, par opposition au guillemet dactylographique « " » (cf. plus bas). Ils ont la forme de chevrons (ou parfois de courbes[15]) imbriqués, centrés sur le corps des lettres minuscules, séparés de leur contenu par une espace fine insécable U+202F (ou au pire des cas, d’une espace insécable classique U+00A0) : « … » :

  • double guillemet gauche : « ; il ne peut en réalité être nommé ni « gauche » (étant droit en arabe et dans les autres écritures droite-à-gauche : ‮«‬[16] ; cf. le signe inférieur dans le même contexte : ‮<‬), ni « ouvrant » (étant fermant en allemand, voir ci-après) ;
  • double guillemet droit : » ; il ne peut en réalité être nommé ni « droit » (étant gauche en arabe et dans les autres écritures droite-à-gauche : ‮»‬ ; cf. le signe supérieur dans le même contexte : ‮>‬), ni « fermant » (étant ouvrant en allemand, voir ci-après).

Ce que l’on appelle « guillemets-chevrons allemands », ce sont en réalité les mêmes caractères que les guillemets-chevrons français, sauf qu’ils sont permutés : »…«.

Simples guillemets-chevrons[modifier | modifier le code]

Les simples guillemets-chevrons ont la forme de chevrons légèrement plus épais que les deux dont se composent les doubles guillemets, et eux aussi centrés sur le corps des lettres minuscules, séparés de leur contenu par une espace fine insécable U+202F (ou au pire des cas, d’une espace insécable classique U+00A0) : ‹ … ›.

Ce que l’on appelle « simples guillemets-chevrons allemands », ce sont en réalité les mêmes caractères que les simples guillemets-chevrons français, sauf qu’ils sont permutés : ›…‹.

Guillemets-virgules[modifier | modifier le code]

Les guillemets-virgules ont la forme de virgules élevées. C’est la position par défaut de ces guillemets, position qu’il est inutile de préciser dans les noms. Ce qui les distingue en premier lieu est leur forme en virgule. Cette forme caractérise aussi l’apostrophe (en pratique le même caractère que le simple guillemet-virgule qui est fermant en français, quoique rarement utilisé en français justement, et jamais en allemand comme guillemet, uniquement comme apostrophe : U+2019 apostrophe guillemet-virgule ).

Doubles guillemets-virgules[modifier | modifier le code]

Les doubles guillemets-virgules sont dits aussi “guillemets anglais”, étant les guillemets de premier niveau en anglais américain. Ils ont la forme de (doubles) virgules hautes, tournées ou non, alignées sur la hauteur d’ascendante ou de majuscule : “…”.

Les guillemets-virgules allemands sont en forme de guillemets-virgules permutés et, pour le guillemet ouvrant, rabaissé sur la ligne de base : „…“.

Simples guillemets-virgules[modifier | modifier le code]

Les simples guillemets-virgules pourraient être appelés “guillemets anglais” avec plus de raison, car ils sont utilisés comme guillemets de premier niveau en anglais britannique. Ils ont la forme de (simples) virgules hautes, dont l’une est tournée et l’autre non, alignées sur la hauteur d’ascendante ou de majuscule : ‘…’.

Le guillemet fermant dans cet exemple et l’apostrophe française – mais non l’apostrophe bretonne, U+02BC ʼ lettre apostrophe [17] – sont un seul et même caractère U+2019, ayant été unifiés dans Unicode comme déjà sous Windows).

Les simples guillemets-virgules allemands sont en forme de simples guillemets-virgules permutés et, pour le guillemet ouvrant, rabaissé sur la ligne de base : ‚…‘. On note le risque de confusion du guillemet ouvrant avec la virgule, la différence étant l’espace qui précède au lieu de suivre. Mais si le glyphe est bien semblable, ce ne sont pas du tout les mêmes caractères : U+201A simple guillemet-virgule bas [18] contre U+002C , virgule .

Guillemets génériques[modifier | modifier le code]

Les guillemets génériques sont des caractères ASCII couvrant de multiples usages et de ce fait adaptés à aucun usage en typographie, contrairement à leur usage en programmation avec des sémantiques bien définies. Le problème des guillemets génériques est leur persistance en exclusivité sur de nombreuses dispositions de claviers d’ordinateur, conduisant à leur emploi en écriture des langues comme à l’époque des machines à écrire.

Les guillemets génériques sont devenus d’usage courant avec les machines à écrire, puis les premiers ordinateurs avec les jeux de caractères limités à 7 bits. Ils servent encore aujourd’hui en dactylographie sur des dispositions de clavier obsolètes ; aussi les logiciels de traitement de texte sont-ils pourvus d’un automatisme remplaçant les guillemets génériques par les guillemets propres à la langue du texte. Leur vrai usage est en programmation informatique, au même titre que le guillemet réfléchi (« ` »), codé dans l’ASCII en tant qu’accent grave, U+0060 dans Unicode. Ce dernier n’est plus utilisé en écriture des langues, pas plus que l’accent aigu U+00B4 (utilisés tous les deux encore comme caractères morts).

Les guillemets droits (ou génériques) sont aussi utilisés à tort, en lieu et place du prime ou du double prime, comme symbole du pouce (par exemple 17" pour la diagonale d’un moniteur ou 26" pour une roue de vélo, écrits normalement « 17″ » ou « 26″ »), des minutes et secondes ou des minutes et secondes d'arc.

Double guillemet générique[modifier | modifier le code]

Le double guillemet générique est aussi, d’après sa forme, appelé guillemet droit[19] : "…". Mais en pratique, l’appeler « guillemet droit » amène des confusions avec les guillemets-chevrons dont l’un est appelé « droit » (mais à tort, voir plus haut).

Simple guillemet générique[modifier | modifier le code]

Le simple guillemet générique est appelé aussi, selon sa forme neutre, simple guillemet droit, ou apostrophe droite, voire simplement apostrophe : '…'.

Guillemet réfléchi[modifier | modifier le code]

Il convient de mentionner ici un caractère codé comme accent (U+0060 ` accent grave ) et servant autrefois de guillemet ouvrant, car il sert toujours en programmation, apparié avec lui-même en tant que troisième type de guillemet, souvent bien utile : `…`.

Usage en français[modifier | modifier le code]

Les guillemets sont utilisés pour indiquer le début et la fin d’un texte, soit qui est la citation d’un autre auteur, soit qui est tenu par une personne dans le style indirect, en particulier pour restituer un dialogue ou une partie de discours. L’auteur cité peut être anonyme dans le cas des proverbes, devises, maximes, idiomes, ou expressions consacrées qui seront mises entre guillemets pour indiquer que ce ne sont pas les propos tenus par l’auteur, mais un texte rapporté.

Les guillemets peuvent aussi s’utiliser pour indiquer l’ironie – on préfère dans ce cas les guillemets-virgules –, pour les surnoms ou sobriquets, pour les mots cités en tant que mots, pour les phrases pensées dans les dialogues introduits par un tiret, pour les titres de parties d’œuvres[20].

En revanche, l’italique s’utilise pour les titres d’ouvrages, de journaux, de revues, de recueils ainsi que pour les noms de bateaux ou d’aéronefs[21],[22]. Un cinéma projette le film Psychose et non « Psychose ».

Les guillemets ne doivent jamais être utilisés pour les noms de lieux, rues, places, boulevards ou institutions, car la majuscule suffit à les identifier : on réside en Martinique et non en « Martinique » ; on étudie au lycée Chaptal et non au lycée « Chaptal » ; on est soigné à l’hôpital Necker et non à l’hôpital « Necker » ; on habite avenue du Trône ; on visite le palais de la Découverte[23].

Dans les textes manuscrits, comme les copies d’examens ou les travaux scolaires, les titres, qui ne peuvent être signalés par l’italique, doivent être soulignés. Cet usage n’est pas très ancien : jusqu’à la fin du XXe siècle, les guillemets étaient admis.

En français, on sépare les guillemets typographiques ou français (« ») de l’expression qu’ils mettent en exergue par une espace insécable, fine si possible (U+202F espace fine insécable ). Lorsque la citation est sur plusieurs paragraphes, un guillemet ouvrant est placé à chaque alinéa, voire à chaque début de ligne dans le cas d’une citation de second niveau.

Écriture manuscrite et dactylographie[modifier | modifier le code]

Les guillemets anglais (“ ” et ‘ ’) sont souvent utilisés pour l’écriture manuscrite[réf. nécessaire]. Les guillemets droits doubles ou simples (" " et ' ') sont souvent employés en dactylographie, en raison d’une fréquente absence de touches correspondant aux guillemets français sur les claviers de machines à écrire et d’ordinateurs. Cet usage est cependant déconseillé par l’Académie française.[réf. nécessaire]

Double ou triple niveau de citation[modifier | modifier le code]

Selon certains typographes[24], les guillemets anglais (“ ”) peuvent être employés comme guillemets de second niveau et, en troisième niveau, on peut utiliser des apostrophes[25] — et, dans ces deux cas, les guillemets anglais et apostrophes sont directement accolés à l’expression —, mais afin d’éviter l’ambigüité avec les guillemets d’ironie, les guillemets français simples (en simple chevron) sont préférés pour le second niveau[26],[27]. En cas de déficience, un pis-aller courant (et préférable à l’ambigüité) consiste à imbriquer les guillemets français, au prix d’une perte de clarté pour le lecteur qui doit alors compter les occurrences (comme avec les parenthèses imbriquées), et d’esthétique quand plusieurs niveaux se referment en même temps (exemple : Il dit : « Il m’a dit : « D’accord. »» contre Il dit : « Il m’a dit : ‹ D’accord. ›»).

Cependant en troisième niveau, l’usage de l’italique est préférable.

  • Méthode avec simples guillemets : « L’ouvreuse m’a dit : ‹ Donnez-moi votre ticket. › Je le lui ai donné. »
  • Méthode avec doubles guillemets-virgules : « L’ouvreuse m’a dit : “Donnez-moi votre ticket.” Je le lui ai donné. »
  • Méthode avec doubles guillemets répétés : « L’ouvreuse m’a dit : « Donnez-moi votre ticket. » Je le lui ai donné. »

Lorsque la citation est sur plusieurs paragraphes, un guillemet ouvrant est placé à chaque alinéa, voire à chaque début de ligne dans le cas d’une citation de second niveau, mais le guillemet fermant n’est pas répété à chaque alinéa et se place seulement à la fin du dernier. Enfin, dans les règles de l’Imprimerie nationale, une citation de premier rang peut être simplement mise en italique et sans guillemets (les citations de second rang utilisent systématiquement des guillemets, mais on ne les répète pas en début de ligne dans ce cas-là), mais cette solution est à éviter si elle contient de nombreux mots eux-mêmes en italiques (langues étrangères ; ils seraient alors composés en romain)[28].

L’usage de citation française de premier niveau entre guillemets et en italique est traditionnellement considérée comme inutile car les deux ont la même fonction. La formule : « Ceci est une citation » est donc proscrite selon cette convention. Cependant, l’usage des guillemets et de l’italique est justifiée par certains pour des considérations graphiques – pour faciliter la lecture – comme le font de nombreux journalistes[29] ou pour distinguer l’incise de narration en romain de la citation en italique[30] par exemple : « Ce coiffeur travaille, dit-il, avec l’air de s’ennuyer. ».

Citation d’un texte en langue étrangère[modifier | modifier le code]

L’italique sert à marquer un passage en langue étrangère, donc on utilisera des guillemets et de l’italique pour une citation en langue étrangère, ce qui permettra une claire distinction avec la citation en français deux lignes plus haut. L’italique se fait à l’intérieur des guillemets (qui n’ont pas à être en italique).

Si la citation est introduite par un deux-points et que son caractère de citation est clair, on ne met pas de guillemets mais on utilise simplement l’italique. La traduction éventuelle est en romain, entre parenthèses si la citation est guillemétée, entre guillemets si elle ne l’est pas[28].

Je suivais le vieux précepte d’Horace, « Carpe diem » (mets à profit le jour présent).
— ou bien —
Je suivais le vieux précepte d’Horace : Carpe diem, « mets à profit le jour présent ».

Ponctuation dans la phrase citée[modifier | modifier le code]

Lorsqu’on cite une phrase terminée par une ponctuation expressive, la règle générale est de laisser la ponctuation à l’intérieur des guillemets 

L’ouvreuse m’a dit : « Donnez-moi votre ticket ! » avec un grand sourire.

S’il s’agit d’un point, on le supprime 

L’ouvreuse m’a dit : « Donnez-moi votre ticket » avec un grand sourire.

S’il s’agit d’un point final, il est conservé à l’intérieur de la phrase guillemetée 

L’ouvreuse m’a dit : « Donnez-moi votre ticket. » Je le lui ai donné.

Dans les cas qui précèdent, la citation correspond à une phrase entière, d’où la présence d’un deux-points avant les guillemets ouvrants et d’une lettre majuscule au début de la citation. Lorsqu’on ne cite qu’un morceau de phrase, on se contentera d’une lettre minuscule, sans insérer de ponctuation à la fin 

La caissière du cinéma m’a recommandé un « film sensationnel » !

Dialogue[modifier | modifier le code]

L’usage le plus courant consiste à placer un guillemet ouvrant au début du dialogue et un guillemet fermant à la fin du dialogue. On ne sort pas des guillemets au moment des incises, sauf pour celle qui suit éventuellement la dernière réplique. Les répliques, hormis la première, sont introduites par un tiret cadratin.

« J’vais voir si c’est ainsi ! que je crie à Arthur, et me voici parti à m’engager, et au pas de course encore.
— T’es rien c… Ferdinand ! » qu’il me crie, lui Arthur en retour, vexé sans doute par l’effet de mon héroïsme sur tout le monde qui nous regardait.
(Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit.)

Toutefois, si une réplique comporte plusieurs alinéas, les alinéas supplémentaires seront introduits par un guillemet ouvrant. L’édition a néanmoins de plus en plus tendance à supprimer les guillemets[31].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En bibliographie, les guillemets sont employés pour les titres d’articles[32]. Par extension, dans des références, on placera entre guillemets les titres de parties, sections et sous-sections. En revanche, les titres de livres, recueils et journaux sont présentés en italique[21]

Tout poème extrait d’un texte plus large se met entre guillemets, ce qui permet de différencier « Les Fleurs du mal », section du recueil de poèmes Les Fleurs du mal. En revanche, les titres de fables se mettent par tradition en italique[21].

Guillemets d’ironie[modifier | modifier le code]

Les guillemets d’ironie, dits aussi guillemets ironiques, désignent une utilisation particulière des guillemets pour indiquer que le terme ou l’expression mis en exergue n’a pas sa signification littérale ou habituelle et n’est pas nécessairement cité d’une autre source. Les guillemets d’ironie marquent la distance, l’ironie, le mépris que l’auteur veut montrer vis-à-vis de ce qu’il cite. Ils ont un pouvoir de distanciation et indiquent les réserves de l’auteur par rapport à un mot ou à une expression[33].

Le linguiste Jacques Drillon écrit : « Les guillemets ont deux fonctions principales : on les emploie pour citer, mais on les emploie aussi pour se désolidariser de ce qu’on dit, pour ajouter une distance, une nuance d’ironie ou d’étrangeté[30]. »

Les guillemets peuvent servir à mettre en valeur le ou les mots isolés, dans un but (fréquemment poursuivi dans la langue actuelle) de dérision, d’ironie ou de mise en doute de la véracité de l’idée ou du fait énoncé[34].

Pour lever l’ambiguïté qui en résulte, il est courant dans la presse d’employer comme guillemets d’ironie un type particulier de guillemets, appelés en typographie française les guillemets courbes appariés ou guillemets anglais : U+201C guillemet-virgule double tourné et U+201D guillemet-virgule double [35].

Les exemples suivants sont tirés d’ouvrages imprimés, issus d’une tradition typographique qui considère les guillemets-virgules comme “étrangers” et n’utilise par conséquent que les guillemets-chevrons, laissant chaque fois au lecteur le soin de décrypter si par exemple, l’auteur cite sa source pour la critiquer avec les expressions d’origine, ou s’il critique sa source en utilisant ses propres mots 

Freud a voulu bâtir une « science », et il n’y est pas parvenu ; il a voulu « prouver » que l’inconscient avait ses lois, sa logique intrinsèque, ses protocoles expérimentaux — mais, hélas, il a un peu (beaucoup ?) menti pour se parer des emblèmes de la scientificité[36]

Autre exemple, plus ancien 

Lorsque, pendant la Première Guerre mondiale, les Allemands se vantaient de leur culture supérieure et qu’ils regardaient de haut la civilisation occidentale comme s’il se fût agi d’une conquête bien superficielle, de leur côté, les Français n’omettaient jamais les guillemets ironiques lorsqu’ils évoquaient la « culture allemande[37]

Dans le curieux exemple suivant, Vladimir Nabokov suggère que le mot réalisme n’a pas de signification littérale ou habituelle définie, mais qu’une signification subjective et relative au contexte dans lequel il est employé, que chaque lecteur déterminera à sa manière ; on peut aussi voir dans les guillemets qui entourent le mot réalisme une référence au coconstructivisme d'Edgar Morin

La recherche des ingrédients locaux propres à assaisonner d’un brin de « réalisme » (c’est là un de ces mots qui n’ont de sens qu’entre guillemets) la recette de l’imagination personnelle s’avéra une tâche beaucoup plus pénible, à cinquante ans, qu’elle ne l’avait été pendant ma jeunesse européenne, quand l’automatisme de ma réceptivité et de ma mémoire était à son apogée[38]

Répétition[modifier | modifier le code]

Le signe double prime ‹ ″ › ou certains guillemets fermants (guillemet français fermant ‹ » ›, guillemet anglais double fermant ‹ ” ›, guillemet droit ‹ " ›) sont utilisés seuls pour ne pas répéter une entrée déjà écrite à la ligne précédente dans une table de données. Il est utilisé à chaque ligne où l’entrée est censée être répétée[39],[40].

Par exemple 

NOM  Prénom  Jour  Mois  Année
Dupont Jean 23 mai 1825
" Marie 9 mars "
Dupuis Michel 5 " "

Dans cet exemple, la seconde ligne est lue « Dupont Marie 9 mars 1825 » et la troisième « Dupuis Michel 5 mars 1825 ».

En comptabilité, il peut y avoir confusion étant donné les usages différents en francophonie[41]. En France, le guillemet fermant ‹ » › est égal au zéro et marque l’absence[42], la répétition étant indiquée à l’aide du tiret ‹ — ›[43]. Au Canada, le guillemet fermant ‹ » › indique la répétition tandis que le tiret ‹ — › marque l’absence[41].

Autres langues et autres pays[modifier | modifier le code]

En anglais[modifier | modifier le code]

Les anglophones emploient les guillemets anglais 

  • doubles (double quote) : “…” ;
  • simples (single quote) : ‘…’.

Selon le Chicago Manual of Style, l’utilisation des guillemets est similaire à celle qu’on peut trouver en français. Néanmoins, l’usage spécifique de chacun de ces deux types de guillemets peut varier légèrement selon le pays, les doubles étant en général préférés aux États-Unis et au Canada, tandis qu’au Royaume-Uni et dans la majeure partie du Commonwealth, les simples et les doubles sont utilisés.

En portugais[modifier | modifier le code]

Au Portugal, on emploie les guillemets angulaires, soit en chevrons[44], comme on le fait en français. Au Brésil, on emploie surtout les guillemets courbes doubles au premier niveau, courbes simples au deuxième niveau[réf. nécessaire].

En espagnol[modifier | modifier le code]

Les guillemets français (comillas latinas ou comillas españolas) sont généralement préférés, les guillemets anglais doubles (comillas inglesas) peuvent être employés au deuxième niveau[45] et les guillemets anglais simples (comillas simples ou comillas sencillas) au troisième niveau si nécessaire[46]. L’usage des guillemets anglais au premier niveau est déconseillé, mais est préféré par certains éditeurs, par exemple dans le journal El País utilisant les guillemets anglais doubles[45]. Cependant, on n’insère pas d’espace entre les guillemets et ce qui se trouve entre ; on écrira ainsi «España».

En espéranto[modifier | modifier le code]

On utilise “ comme guillemet ouvrant et ” comme guillemet fermant, sans espace insécable.[réf. nécessaire]

En italien[modifier | modifier le code]

En italien on préfère les «guillemets français» (sans espace) au premier niveau et les “guillemets anglais” au deuxième niveau. Cependant beaucoup d’éditeurs utilisent les deux formes avec une signification différente: les «guillemets français» sont employés pour les discours rapportés et les dialogues, tandis que les “guillemets anglais” sont utilisés pour mettre en relief des termes.

En allemand, danois, bulgare, slovène, tchèque et croate[modifier | modifier le code]

Les germanophones (sauf en Suisse et Liechtenstein), les Croates, les Danois, les Slovènes, les Bulgares, etc. emploient des formes dites inversées des guillemets français et anglais sans espace 

  • soit » comme guillemet ouvrant et « comme guillemet fermant ;
  • soit comme guillemet ouvrant et comme guillemet fermant.

Les Tchèques et les Bulgares n’emploient que ces derniers (forme inversée des guillemets anglais sans espace).

En polonais et hongrois[modifier | modifier le code]

Les polonais et hongrois utilisent une autre forme de guillemets fermants que les tchèques et bulgares.

  • soit comme guillemet ouvrant et comme guillemet fermant.

En Suisse, au Liechtenstein et en Norvège[modifier | modifier le code]

En Suisse (pour les quatre langues nationales) au Liechtenstein et aussi en Norvège, on utilise les guillemets français, mais sans espace ou avec une espace fine[47] entre les guillemets et la citation 

  • soit «Schweiz», «Suisse», «Svizzera», «Svizra», «Liechtenstein».

En finnois, suédois et norvégien[modifier | modifier le code]

En finnois et suédois, on utilise des ”guillemets arrondis droits” (guillemets anglais fermants), à la fois comme guillemets ouvrants et fermants. Microsoft Office utilise ces mêmes guillemets aussi dans la version norvégienne, ce qui fait qu’on les voit utilisés souvent en norvégien courant, bien que leur usage soit incorrect.

En russe, ukrainien et biélorusse[modifier | modifier le code]

En russe, et dans les langues apparentées, on utilise des «guillemets français» (mais sans espace) au premier niveau, et des „guillemets allemands“ au deuxième niveau[48].

En chinois et en japonais[modifier | modifier le code]

Il existe différents types de guillemets selon le mode d’écriture. En japonais, que ce soit dans le cas de l’écriture horizontale ou verticale, on utilise principalement 「 comme guillemet ouvrant et 」comme guillemet fermant, que ce soit pour les dialogues ou pour marquer certains mots. Les Japonais utilisent des formes évidées 『 et 』 pour citer le titre d’un ouvrage.

Pour obtenir le même effet, les Chinois possèdent des guillemets à la française 《 et 》 (bien qu’occasionnellement les Japonais s’en servent aussi). Les guillemets anglais servent de façon très occasionnelle. En écriture verticale, ces guillemets subissent une rotation (d’un quart de tour dans le sens horaire) pour des raisons évidentes d’esthétisme. En chinois, les noms de lois et de déclarations sont toujours accompagnés de guillemets.

Les guillemets ne sont généralement pas suivis ou précédés d’espace car ils occupent (comme pour tout caractère sino-japonais) un cadratin, ce qui simule la présence d’une petite espace (les caractères sino-japonais ne sont pas non plus séparés par des espaces autres que virgules et points).

En néerlandais[modifier | modifier le code]

Les “guillemets anglais” sont utilisés ; les « guillemets français » sont déconseillés.[réf. nécessaire]

Les guillemets en informatique[modifier | modifier le code]

Chaînes de caractères[modifier | modifier le code]

Les guillemets droits, simples ou doubles, sont fréquemment utilisés en informatique pour délimiter les chaînes de caractères.

Exemples 

  • '0123456789'
  • "" (chaîne vide)
  • '' (chaîne vide)

Comme il n’est pas possible d’imbriquer différents niveaux de guillemets dans une chaîne de caractères, certains langages de programmation (JavaScript, Ruby…) permettent d’utiliser des apostrophes, comme ceci 

  • 'Le texte suivant est "entre guillemets" dans une chaîne délimitée par des apostrophes'
  • "Ici l'on a placé une apostrophe dans une chaîne délimitée par des guillemets"

Et tous les langages comportent un moyen de signaler au processeur qu’une apostrophe ou un guillemet sont contenus dans la chaîne de caractères, et ne la terminent pas. En SQL et en Pascal, on redouble l’apostrophe à inclure 

  • 'Ah, l''écriture informatique !'

Dans le format CSV, on redouble de la même manière les guillemets droits 

  • "Le code est ainsi truffé de ""pattes de mouche"" difficiles à lire."

Dans la plupart des autres langages, on « échappe » apostrophes ou guillemets en les faisant précéder d’une barre oblique inversée

  • 'Ah, l\'écriture informatique !'
  • "Le code est ainsi truffé de \"pattes de mouche\" difficiles à lire."

En langage Python, il est possible d’utiliser les triples apostrophes ou triples guillemets pour délimiter des chaînes de caractères contenant des apostrophes, des guillemets ou des retours à la ligne 

  • '''L'exemple suivant est "entre guillemets"'''
  • """L'exemple suivant est 'entre apostrophes'"""

Codage[modifier | modifier le code]

Notes

  • Les codes Unicode inférieurs à 128 sont identiques aux codes ASCII, Windows-1252 et MacRoman.
  • Les codes Unicode inférieurs à 256 sont identiques aux codes ISO-8859-1.
  • Les préfixes 0x et U+ sont suivis de chiffres hexadécimaux.
  • Les entités numériques HTML permettent de noter tous les caractères en utilisant les codes Unicode. On utilise le préfixe &# pour les chiffres décimaux (&#187;) et &#x pour les chiffres hexadécimaux (&#xBB;).
  • Les lettres Oo dans le tableau servent à situer les caractères par rapport à la ligne d’écriture.
nom glyphe Unicode Windows-1252 MacRoman entité HTML nommée
guillemet anglais (nom Unicode, appelé
« guillemet droit » dans l’article)
Oo " Oo U+0022 = 34 0x22 = 34 0x22 = 34 &quot;
guillemet gauche Oo « Oo U+00AB = 171 0xAB = 171 0xC7 = 199 &laquo;
guillemet droit Oo » Oo U+00BB = 187 0xBB = 187 0xC8 = 200 &raquo;
guillemet-apostrophe culbuté Oo  Oo U+2018 = 8216 0x91 = 145 0xD4 = 212 &lsquo;
guillemet-apostrophe Oo  Oo U+2019 = 8217 0x92 = 146 0xD5 = 213 &rsquo;
guillemet-virgule inférieur Oo  Oo U+201A = 8218 0x82 = 130 0xE2 = 226 &sbquo;
guillemet-virgule supérieur culbuté Oo  Oo U+201B = 8219
guillemet-apostrophe double culbuté Oo  Oo U+201C = 8220 0x93 = 147 0xD2 = 210 &ldquo;
guillemet-apostrophe double Oo  Oo U+201D = 8221 0x94 = 148 0xD3 = 211 &rdquo;
guillemet-virgule double inférieur Oo  Oo U+201E = 8222 0x84 = 132 0xE3 = 227 &bdquo;
guillemet-virgule double supérieur culbuté Oo  Oo U+201F = 8223
guillemet simple vers la gauche Oo  Oo U+2039 = 8249 0x8B = 139 0xDC = 220 &lsaquo;
guillemet simple vers la droite Oo  Oo U+203A = 8250 0x9B = 155 0xDD = 221 &rsaquo;

Rappel, autres symboles proches en aspect 

nom glyphe Unicode Windows-1252 MacRoman entité HTML nommée
apostrophe (nom Unicode, appelé « apostrophe droite[49] » dans l’article) Oo ' Oo U+0027 = 39 0x27 = 39 0x27 = 39 &apos;
virgule Oo , Oo U+002C = 44 0x2C = 44 0x2C = 44
signe inférieur à Oo < Oo U+003C = 60 0x3C = 60 0x3C = 60 &lt;
signe supérieur à Oo > Oo U+003E = 62 0x3E = 62 0x3E = 62 &gt;
accent grave (avec chasse) Oo ` Oo U+0060 = 96 0x60 = 96 0x60 = 96
accent aigu (avec chasse) Oo ´ Oo U+00B4 = 180 0xB4 = 180 0xAB = 171 &acute;
prime Oo  Oo U+2032 = 8242 &prime;
double prime Oo  Oo U+2033 = 8243 &Prime;
triple prime Oo  Oo U+2034 = 8244 &tprime;
prime réféchi Oo  Oo U+2035 = 8245 &bprime;
double prime réféchi Oo  Oo U+2036 = 8246
triple prime réféchi Oo  Oo U+2037 = 8247
quadruple prime Oo  Oo U+2057 = 8248

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le pluriel est plus adapté que le singulier dans les titres de blocs et les sous-titres d’Unicode. Le bloc « Ponctuations générales » ne contient pas la totalité des ponctuations d’un système d’écriture, comme il le faudrait pour l’utiliser au singulier, selon [1].
  2. DOUBLE GUILLEMET GAUCHE – DOUBLE GUILLEMET DROIT: Ces noms traditionnels en français et conservés dans la première adaptation en français du standard Unicode sont devenus impropres au Jeu de caractères universel depuis qu’Unicode spécifie (c’est-à-dire depuis les débuts d’Unicode) que les guillemets-chevrons eux aussi sont bidiréfléchis (traduction de l’anglais bidi-mirrored, voir le chapitre 4 du Standard Unicode). Dans le cas de ces guillemets, cela s’entend de toute manière dans le sens de pointant vers la gauche et pointant vers la droite, parce que dans d’autres langues (allemand d’Allemagne et d’Autriche), ces guillemets sont permutés, et cela reste toujours faux dans un contexte d’écriture droite-à-gauche, où chacun des guillemets-chevrons est réfléchi (au niveau du moteur de rendu, ce qui peut être implémenté sous la forme d’une permutation des glyphes). Les noms dans Unicode des caractères bidiréfléchis ne correspondent pas aux préférences des ingénieurs d’Unicode, mais à celles du premier rédacteur d’ISO/IEC 10646, qui se préoccupait davantage de la conservation des noms anciens que de la pertinence et cohérence d’ensemble, alors que par sa prédilection pour le flou naturel de l’anglais et son refus explicite de clarifier en vue de la traduction en français, il se disqualifiait lui-même pour ce poste à responsabilité culturelle [source tenue secrète pour des raisons de protection des témoins]. Les noms Unicode ne font ainsi pas autorité comme descripteurs, uniquement comme identifiants alphanumériques, astreints à stabilité et de ce fait inrectifiables, pendant que les communautés linguistiques sont invitées à faire des traductions exactes à l’intention des utilisateurs finaux. Cela est doublement vrai de la version française, officielle au niveau de l’ISO mais non astreinte à stabilité. Cf. [2].
  3. Voir la note précédente. Les attributs SIMPLE et DOUBLE sont préférés en épithète. La traduction française courante les appelle GUILLEMET SIMPLE VERS LA GAUCHE et GUILLEMET SIMPLE VERS LA DROITE, en incohérence avec ses choix pour les doubles, mais plus proche de l’anglais, toutefois toujours sous-optimale car ignorant la bidiréflexion.
  4. La traduction française courante l’appelle GUILLEMET-APOSTROPHE DOUBLE CULBUTÉ. « GUILLEMET-APOSTROPHE » est ambigu puisque ce nom rappelle la soi-disant APOSTROPHE U+0027 qui est en réalité avant tout le SIMPLE GUILLEMET GÉNÉRIQUE, selon son usage en informatique et attendu qu’il est déprécié en langues, où l’APOSTROPHE GUILLEMET-VIRGULE U+2019 et la LETTRE APOSTROPHE U+02BC lui sont largement préférés (et utilisés partout où l’on en a les moyens, que ce soit par logiciel interposé ou directement par le clavier). En ce qui concerne CULBUTÉ, on en sait autant que la traduction française avait été commandée par le gouvernement du Québec et confiée à un franco-canadien. Cela soit précisé ici car on suspecte l’usage de CULBUTÉ d’être un québécisme. Autrement on pourrait considérer comme appartenant au jargon d’imprimeur le fait d’appeler CULBUTÉES les lettres TOURNÉES (anglais : TURNED). Vu l’usage courant de « culbuté » en français métropolitain (voir par exemple [3]), on fait mieux ici de s’en tenir au calque de l’anglais, par égard pour la réputation de la Francophonie. « TOURNÉ » est l’une des transformations du plan permettant de diversifier l’alphabet, cf. [4].
  5. Anciennement GUILLEMET-APOSTROPHE DOUBLE.
  6. Anciennement GUILLEMET-VIRGULE DOUBLE INFÉRIEUR, nom critiqué par Olivier Randier [5] : « Appeler virgule supérieure ce qui est évidemment une apostrophe aboutit à une impasse terminologique et oblige à nommer la virgule elle-même inférieure, ce qui donne de sérieux doutes sur sa position (sur la ligne de base, en dessous?). Il y a toutefois un progrès par rapport à la version anglaise précédente, qui nommait ‹ virgule supérieure › le guillemet-apostrophe lui-même, et le guillemet-virgule ‹ guillemet en double-neuf inférieur ›, ce qui aboutissait au surréaliste ‹ guillemet en double-neuf supérieur culbuté ›… » [nommé dans la version française actuelle GUILLEMET-VIRGULE DOUBLE SUPÉRIEUR CULBUTÉ]. En évitant INFÉRIEUR (et SUPÉRIEUR) dans ce sens, on reste cohérent avec TIRET BAS et bien d’autres noms.
  7. Anciennement GUILLEMET-APOSTROPHE CULBUTÉ. Voir la note précédente.
  8. Anciennement GUILLEMET-APOSTROPHE. Ce nom conviendrait à la limite si l’on cessait en même temps d’appeler APOSTROPHE le SIMPLE GUILLEMET GÉNÉRIQUE, mais APOSTROPHE seul ayant déjà reçu la connotation d’apostrophe dactylographique, droite et générique, il n’est pas suffisant pour apporter au nom la précision souhaitable.
  9. Anciennement GUILLEMET ANGLAIS, ce qui laisse entendre à la fois que ce type de guillemet ne conviendrait pas au français (faux, voir les guillemets d’ironie), et que ce serait un guillemet de langues, ce qui est faux aussi car ce caractère n’est pas préféré comme guillemet en écriture des langues.
  10. Anciennement APOSTROPHE. En français, on ne peut pas laisser à ce caractère le nom d’« APOSTROPHE » sans induire les utilisateurs en erreur. Car en français, l’élision ne consiste pas à remplacer la fin du mot par ce caractère-ci, même si l’on s’en dépanne souvent, faute d’avoir davantage sur le clavier. Aujourd’hui que tout est codé et disponible dans Unicode, ce caractère sert avant tout en informatique, comme délimiteur de chaîne, ou en HTML à la place de 0022 DOUBLE GUILLEMET GÉNÉRIQUE. Un nom similaire, « guillemet simple informatique », se trouve dans ce post du 24/11/2012 : [6], et le nom de GUILLEMET SIMPLE est répertorié dans un mini-dictionnaire de traduction technique  : [7].
  11. a, b et c Uribe Echeverria 2009
  12. Doppagne 1998, p. 69
  13. da Cunha et Arabyan 2004
  14. Pour voir la bidiréflexion des guillemets en action, voir ce que fait le guillemet à [8] lorsque l’on clique dessus. Techniquement, la cellule de tableau est alors remplacée par une autre contenant le même caractère mais précédé d’un forçage droite-à-gauche U+202E (et suivi du dépilement de formatage directionnel U+202C).
  15. Méron 1999, p. 4.
  16. Le contexte d’écriture droite-à-gauche est ici obtenu artificiellement en faisant précéder le caractère FORÇAGE DROITE-À-GAUCHE U+202E (et en faisant suivre le DÉPILEMENT DE FORMATAGE DIRECTIONNEL U+202C).
  17. Suppression de MODIFICATIVE dans les noms de U+02BC et autres, comme une précision inutile, alourdissante (c’est l’apostrophe bretonne !), fausse voire ridicule (en breton, l’apostrophe n’est pas une lettre modificative, ou sinon toutes les lettres sont modificatives !), et en incohérence avec les nombreux flous et imprécisions rencontrées ailleurs dans le standard (comme dans U+00B2, anciennement EXPOSANT DEUX au lieu d’EXPOSANT CHIFFRE DEUX).
  18. BAS, ou INFÉRIEUR, le dernier étant un choix malheureux, en incohérence avec les noms des autres caractères bas comme le tiret bas, et prêtant à confusion avec des symboles mathématiques.
  19. Appelé GUILLEMET ANGLAIS dans ISO/IEC 10646-fr. Cf. la critique sur [9] : « Les guillemets anglais se distinguent des gants de toilette présents dans certains éditeurs de texte et sur les machines à écrire : ils sont virgulés et en forme de 6 et de 9. Voici des guillemets anglais : “ … ”. Voici de faux guillemets : "..." »
  20. Drillon 1991
  21. a, b et c Code typographique, p. 71-72.
  22. Ramat 1982, p. 91.
  23. Code typographique, p. 56.
  24. Perrousseaux 2002, p. 90
  25. Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française, Guillemets : généralités. Cet article qualifie de guillemets « allemands » ces apostrophes qui peuvent être droites (' ') ou symétriques (‘ ’).
  26. « Guillemets français », sur TypoGuide.ch (consulté le 27 avril 2016)
  27. Méron 1999, p. 46.
  28. a et b Lexique 2002, p. 48-53
  29. Desalmand 2004, p. 136
  30. a et b Drillon 2008
  31. Écrire en dialogue (par Alixe), Fan fiction, mode d’emploi, <ffnetmodedemploi.free.fr>
  32. Selon la norme ISO 690-2, adaptée en France à travers la norme AFNOR NF Z 44-005-2.
  33. Jean-Marc Defays, Laurence Rosier, Françoise Tilkin A qui appartient la ponctuation ? actes du colloque international et interdisciplinaire de Liège, 13-15 mars 1997, De Boeck Supérieur, 1er janvier 1998.
  34. Recueil Dalloz Sirey, Partie 1, 1982, page 599.
  35. Pour les saisir sous Windows sur une disposition de clavier incomplète, on utilise les codes Alt+numérique, composés sur le pavé numérique en appuyant pendant ce temps sur la touche Alt du bloc alphanumérique. Les deux codes en question sont 0147 et 0148.
  36. "Michel Onfray, Le Crépuscule d’une idole : L’affabulation freudienne, Présentation de l’éditeur, Grasset, 2010.
  37. Victor Klemperer, Lingua Tertii Imperii (LTI), la langue du Troisième Reich. Carnets d’un philologue, Paris, Albin Michel, coll. Bibliothèque Idées, [1947] 1996, 375 p. Traduit et annoté par Elisabeth Guillot.
  38. Vladimir Nabokov, Lolita, postface, 1958.
  39. Bureau de la traduction 2014, s.v. 7.3 Autres emplois des guillemets
  40. Tanguay 2006, s.v. 188 Le guillemet fermant pour marquer la répétition
  41. a et b Tanguay 2006, s.v. 238 Pour marquer la nullité
  42. Clément 2005, p. 116, s.v. Guillemet [438]
  43. Clément 2005, p. 230-231, s.v. Tiret [854]
  44. Bergström et Reis 2011, p. 52
  45. a et b Martínez 2001, p. 528
  46. Diccionario panhispánico de dudas
  47. Guide du typographe romand, 5e édition, p. 76
  48. Le deuxième niveau est un récit dit enchâssé.
  49. ou apostrophe dactylographique.

Sources[modifier | modifier le code]

  • [Lexique 2002] Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, Imprimerie nationale, (réimpr. 2007) (ISBN 978-2-7433-0482-9)
  • (pt) Magnus Bergström et Neves Reis, Prontuário Ortográfico e Guia da Língua Portuguesa, Lisboa, Casa das Letras, , 50e éd. (ISBN 9789724620039)
  • Bureau de la traduction, Le guide du rédacteur, Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, (lire en ligne)
  • Jean-Pierre Clément, Dictionnaire typographique : petit guide du tapeur à l’usage de ceux qui tapent, saisissent ou composent textes, thèses ou mémoires à l’aide d’un micro-ordinateur, Paris, Ellipses, (ISBN 2729819983)
  • Doris da Cunha et Marc Arabyan, « La ponctuation du discours direct des origines à nos jours », l’Information grammaticale, no 102,‎ , p. 35‒45
  • Paul Desalmand, Guide pratique de l’écrivain, Paris, Leduc.S Éditions, (présentation en ligne)
  • (es) « comillas », sur Diccionario panhispánico de dudas (consulté le 23 juin 2015)
  • Albert Doppagne, La bonne ponctuation, De Boeck Université, , 102 p. (ISBN 280111197X, lire en ligne)
  • Jacques Drillon, Traité de la ponctuation française, Gallimard, (ISBN 978-2-07-072198-6)
  • Jacques Drillon, « Des guillemets et de l’italique », sur Le nouvel Observateur,
  • José Martínez de Sousa, Manual de estilo de la lengua española, Ediciones Trea, , 2e éd. (1re éd. 2000)
  • Jean Méron, En question : la grammaire typographique (les guillemets), (lire en ligne)
  • Yves Perrousseaux, Manuel de typographie française élémentaire, Atelier Pérrousseaux, , 128 p. (ISBN 2-911220-00-5)
  • Bernard Tanguay, L’art de ponctuer, Québec Amérique, , 3e éd. (ISBN 978-2-7644-0474-4, présentation en ligne)
  • Pedro Uribe Echeverria, « Deux-points et guillemets: le «procès-verbal» », L’Express,‎ (lire en ligne)
  • Syndicat national des cadres et maîtrises du livre, Code typographique, Paris, .
  • Aurel Ramat, Grammaire typographique, Montréal,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]