Mohamed Saïd Ramadân al Boutî

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ou cette section ne s'appuie pas, ou pas assez, sur des sources secondaires ou tertiaires (septembre 2011).

Pour améliorer la vérifiabilité de l'article, merci de citer les sources primaires à travers l'analyse qu'en ont faite des sources secondaires indiquées par des notes de bas de page (modifier l'article).

Muhammad Saîd Ramadân Al-Bûtî
Description de l'image Dr_bouti_1.jpg.
Naissance
Jilka (Turquie)
Décès
Damas
Activité principale
Écrivain, théologien, prédicateur.
Auteur
Langue d’écriture Arabe

Muhammad Saîd Ramadân Al-Bûtî, orthographié aussi Al-Boti et Al-Bouti, était un théologien musulman syrien d'origine kurde. Il était à la tête du département des Croyances et Religions de la Faculté de la Sharî`ah, à Damas[1],[2]. Il prêchait régulièrement dans les mosquées de la capitale syrienne, ainsi que d’autres villes syriennes où des centaines de musulmans et de musulmanes venaient assister à ses cours, sermons et conférences[1],[3]. Il est l'auteur de plus d'une quarantaine d'ouvrages dont beaucoup sont traduits en plusieurs langues dont le français[2],[4]. Il arrivait à la 23e position du classement des 500 musulmans les plus influents de 2009[5]. Cheikh El-Bouti a été assassiné le 21 mars 2013 à Damas[6].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Mohammed Saïd Ramadan Al-Bouti est né en 1929 dans le village de Jilka sur l’île de Buthan (d'où il tire son nom) en Turquie non loin de l'Irak[1]. Il est le fils d'un mollah empreint d'ascétisme et de piété[7]. À l'âge de 4 ans, lui et son père émigrent à Damas où il effectue son cycle secondaire à l'Institut de formation islamique. En 1953, il part étudier à l’Université d’Al-Azhar, à la Faculté de la Loi islamique. Il y obtient, en 1955, Al-`Alamiyyah, le plus haut diplôme délivré par Al-Azhar à cette époque. Il étudie ensuite à la Faculté de la langue arabe d’Al-Azhar, et obtient son diplôme la même année[2]. En 1960, il enseigne à la Faculté de la Religion à l’Université de Damas où il occupe plusieurs postes hiérarchiques.

Activités[modifier | modifier le code]

Al-Bouti est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages traitant de sciences de la religion, de littérature, philosophie et sociologie[1]. Il était à la tête du Département des Croyances et Religions de la Faculté de la Sharî`ah, à Damas où ses lectures rassemblaient tous les vendredis des centaines de musulmans. Il avait participé à de nombreuses conférences et colloques à travers le monde. Il écrivait occasionnellement des articles pour des journaux musulmans et répondait aux questions relatives à l'islam et sa pratique à travers des fatwas publiées sur Internet[8]. Il s'était rendu en France à de nombreuses reprises pour des conférences[9],[10],[11] et des inaugurations de mosquées[réf. souhaitée]. Il était membre de la Société royale de recherche en civilisation islamique à Amman, en Jordanie, ainsi que du Haut Conseil de l'Université d'Oxford en Grande-Bretagne[3]. Al-Bouti parlait couramment le turc, le kurde et avait de bonnes notions d'anglais[1].

Auteur[modifier | modifier le code]

L'écrivain est particulièrement apprécié pour sa méthodologie et son humilité. Al-Bouti est un représentant typique de l'école traditionnelle du Moyen-Orient, il s’oppose en cela aux fondamentalistes d’Arabie saoudite. Fervent défenseur de l'autorité des 4 écoles de jurisprudence (madhhab), il qualifie son éventuelle disparition comme « la plus dangereuse innovation menaçant la Sharia »[3]". Dans un de ses livres, il accuse les salafistes modernes de manipuler le terme "djihad" dans leur intérêts[3], il souligne l'importance de la jurisprudence islamique (fiqh). Ses livres et essais traitent des fondements de l'islam et de ses réflexions sur la Civilisation islamique dans le monde moderne. Il est l'auteur d'une série d'ouvrages sur la question de la prédestination et du libre arbitre.

Prises de positions et polémiques[modifier | modifier le code]

En 1994, dans son ouvrage Djihad en Islam, il s'oppose à la fatwa controversée d'Al Albani ordonnant aux musulmans de quitter la Palestine[12].

En 2004, à Strasbourg, il dénonce la [loi française sur les signes religieux dans les écoles publiques, qu'il désigne comme une tentative pour faire exploser la famille musulmane. Il surprend son auditoire en qualifiant les représentants musulmans qui soutiennent cette loi du terme coranique « Mounafiquoun » (faux musulmans)[10] alors que le recteur d'Al-Azhar Mohammed Tantaoui venait de donner sa caution à cette loi en présence du ministre de l'Intérieur français Nicolas Sarkozy[13].

En octobre 2010, il écrit une fatwa selon laquelle celui qui reconnaît la loi islamique mais ne peut pas l'appliquer n'est pas un apostat mais celui qui ne la reconnaît pas et refuse de l'appliquer est un apostat[14].

Le 13 juin 2011, pendant la répression de la Révolte syrienne de 2011, il publie une fatwa interdisant aux militaires de tuer des civils[15].

Décès[modifier | modifier le code]

Cheikh al Bouti a été assassiné le 21 mars 2013 par des révoltés contre le régime de Bachar El Assad, lors d'un attentat-suicide terroriste dans la mosquée Al-Imane de Damas faisant 49 neuf autres victimes, dont des civils[16]. Mais la BBC avance une autre version, qui au vu de la vidéo émet des doutes sur la possibilité qu'une explosion qui n'a pas endommagé la table sous laquelle la bombe était placé, ait pu tuer 50 personnes, elle s'appuie aussi sur le fait qu'aucune trace de bain de sang n'a été retrouvé sur les lieux de l'assassinat. Ainsi que sur la présence d'un homme mystérieux, qui juste après l'explosion, alors qu'al Bouti semble être sonné, s'approche très calmement de lui, lui tient la tête de sa main gauche et semble lui injecter ou lui glisser quelque chose, et c'est a ce moment que la tête d'al Bouti bascule sur le côté gauche, et se met a saigner du côté gauche et de la bouche. A la vue de ces éléments la BBC émet l'hypothèse que le meurtre aurait pu être perpétré par le régime Assad [1].

Livres[modifier | modifier le code]

En français :

  • L'Islam et l'Occident
  • L'Islam refuge de l'humanité
  • Le péché intérieur : Ce grand danger qui guette les musulmans
  • Comment appeler à l'Islam ?
  • L'homme et la justice de Dieu sur terre
  • Qui est maître du destin des hommes ?
  • La décadence des musulmans, qui est responsable ?
  • Le djihad en islam

En arabe uniquement (non exhaustif) :

  • Kubrâ Al-Yaqîniyyât Al-Kawniyyah (La plus grande certitude de l'univers)
  • `Alâ Tarîq Al-`Awdah ilâ Al-Islâm (Sur la voie du retour à l'islam)
  • Manhaj Al-Hadârah Al-Insâniyyah fi Al-Qur’ân (Méthodologie de la civilisation humaine dans le coran)
  • Ma`a An-Nâs (Avec les gens)
  • Min Rawâ’i` al-Qur’ân (Parmi les merveilles coraniques)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e http://www.islamophile.org/spip/Sheikh-Muhammad-Sa-id-Ramadan-Al,381.html
  2. a, b et c http://www.librairie-boutique-musulmane.com/blog/2011/06/04/said-ramadan-al-bouti.html
  3. a, b, c et d http://rayz-biography.blogspot.com/2011/02/sheikh-dr-muhammad-said-ramadan-al.html
  4. http://recherche.fnac.com/Search/SearchResult.aspx?SCat=2%211&Search=al+bouti&sft=1&submitbtn=Ok
  5. http://www.scribd.com/doc/22652672/The-500-most-influential-Muslims-in-the-world
  6. http://news.xinhuanet.com/english/world/2013-03/22/c_132252506.htm
  7. http://www.islamophile.org/spip/Sheikh-Muhammad-Sa-id-Ramadan-Al,381.html voir dernier livre où il rend hommage à son père
  8. http://www.naseemalsham.com/ar/Pages.php?page=readFatwa&pg_id=13060
  9. http://www.soufisme-fr.com/threads/7391-Cheikh-al-bouti-ha-%C3%A0-Evry-dans-le-91 à Evry
  10. a et b http://www.saphirnews.com/A-Strasbourg-Ramadan-Al-Bouti-defend-le-voile_a668.html à Strasbourg
  11. http://forum.islamboutique.fr/showthread.php?p=6468 à Saint Denis
  12. http://www.aslama.com/forums/showthread.php/1960-sheikh-al-Bouti-r%C3%A9ponse-au-sheikh-al-Albani
  13. http://www.liberation.fr/monde/0101466239-cheque-en-blanc-pour-sarkozy-a-la-mosquee-d-al-azhar
  14. http://islamopediaonline.org/fatwa/qaradawi-issues-opinion-how-muslims-should-handle-poor-muslim-ruler
  15. http://syrie.blog.lemonde.fr/2011/06/13/le-cheykh-al-bouti-interdit-aux-militaires-de-tuer-des-civils/
  16. L'érudit, Mohammad Saïd Ramadane al-Bouti, et 49 fidèles tombent en martyr du fait d'une explosion terroriste dans la mosquée d'al-Imane à Damas

Voir aussi[modifier | modifier le code]