Barbara Lefebvre

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Barbara Lefebvre
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Barbara Lefebvre est une enseignante française et essayiste née en 1972 à Paris. Elle intervient sur l'égalitarisme, l'antisémitisme, la laïcité, le rôle de l'école.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de sa formation universitaire d'histoire à Paris 1 Panthéon-Sorbonne entre 1994 et 1996, son objet d'étude porte sur la période pré-coloniale et les débuts de la colonisation au Soudan Occidental (actuel Mali)[1]. Ses recherches portent sur la figure de Mademba Sy, roi de Sansanding, puis sur les processus d'ethnicisation au Soudan Occidental au début de la période coloniale.

Elle réside une année à l'Université hébraïque de Jérusalem, au milieu des années 1990 [2]. Le 21 août 1995, le bus qui précédait le sien est soufflé par l’explosion d’une bombe et plusieurs étudiants qu’elle connait y perdent la vie[3].

Elle enseigne dans le secondaire l'histoire-géographie à partir de 1998[1].

Elle est également titulaire d'une maîtrise de lettres modernes sur Gustave Flaubert (Paris Sorbonne Nouvelle, 2001).

Enseignante dans un collège de Colombes, elle est marquée par les cris de joie dans son collège, dans la cité au moment des attentats du 11 septembre 2001[3].

En 2002, elle contribue à l'ouvrage collectif Les Territoires perdus de la République sous la direction d’Emmanuel Brenner (pseudonyme de Georges Bensoussan). Elle y livre un témoignage personnel sur la montée de l'antisémitisme et du sexisme dans les établissements scolaires des zones urbaines sensibles. Elle dénonce avec ses coauteurs l'inertie des autorités devant la montée de la haine anti-juive et anti-occidentale provenant de jeunes se revendiquant de leur identité musulmane. Elle participe activement à la médiatisation de l'ouvrage entre 2003 et 2005 (interventions télévisuelles, radiophoniques, conférences). L'ouvrage est un des premiers livres à avoir révélé l'ampleur de la désintégration culturelle des quartiers sensibles et la montée contingente de l'islamisme. En 2004, un rapport de l'Inspection générale de l'Éducation nationale connu sous le nom de Rapport Obin viendra largement confirmer le constat des ces témoignages[3].

En 2004, elle entre à la LICRA où elle co-préside avec Alain Seksig la Commission Éducation. Elle restera membre actif du bureau exécutif jusqu'à sa démission suite à l'élection d'Alain Jakubowicz à la tête de l'organisation en janvier 2010[1].

En 2005, dans Élèves sous influence, elle analyse avec quel a priori idéologique anti-américain et quelle avalanche de simplifications le terrorisme est, selon elle, présenté par les éditeurs de manuels scolaires.

Ainsi pour Magnard, le terrorisme « est l’arme des faibles, qui dans l’incapacité d’attaquer frontalement une grande puissance, cherchent à la déstabiliser en s’en prenant à des cibles symboliques ». Pour Bordas, les djihadistes sont des « protestataires » profitant d'un « contexte d’opposition à Israël et aux Etats-Unis », l'islamisme séduisant par son refus de « la prépondérance occidentale et de la mondialisation du modèle américain ». Pour Nathan et Belin, « la présence de troupes occidentales dans la région du Golfe accroît le sentiment d’humiliation de l’opinion arabe »[4].

Entre 2006 et 2009 elle est membre du comité éditorial du mensuel Le Meilleur des mondes (publié chez Denoël). Entre 2006 et 2010 elle est membre du comité éditorial de la revue Controverses dirigée par Shmuel Trigano.

De décembre 2008 à août 2011, elle est chargée de mission au Haut Conseil à l'intégration et membre de la mission laïcité du Haut Conseil à l’intégration[1].

Depuis 2014, elle est aussi enseignante-spécialisée (titulaire d'un master 2 ; sa recherche a porté sur les conditions de scolarisation en milieu ordinaire des élèves avec des troubles du spectre autistique[1]).

Elle publie de nombreuses tribunes dans la presse française (Le Figaro, Causeur) sur la question scolaire et éducative, l'antisémitisme, la défense de la laïcité républicaine[5].

À la suite de son échange avec le candidat Emmanuel Macron dans L'Émission politique de France 2 en portant sur la fracture culturelle française, Barbara Lefebvre, professeur au collège Jean Lecanuet de Rouen, est accusée en direct par le journaliste qui l'a invitée d'avoir caché son parti-pris politique. Une polémique née pendant l'émission avec la diffusion de tweet porte sur son soutien au candidat François Fillon qu'elle a nié durant l'émission. Elle a participé à trois tables rondes d'experts de la société civile Familles avec Fillon portant sur le handicap à l'école[6]. Barbara Lefebvre assure ne pas avoir participé à la campagne officielle du candidat Les Républicains, alors que son nom apparaît sur le site officiel du candidat comme membre du comité national France solidaire avec Fillon[7], ce qu'elle dément[8]. Après quelques jours elle publie une tribune dans Le Figaro dans laquelle elle répond aux critiques[9].

Elle est signataire le de l'appel de 17 intellectuels : Que la vérité soit dite sur le meurtre de Sarah Halimi[10].

Depuis , elle est présidente de l'association Voir et Dire ce que l'on voit qui dénonce la judiciarisation du débat d'idées en France. Cette association est née suite au procès intenté par le Collectif contre l'islamophobie en France contre l'historien Georges Bensoussan.

En 2018 dans Génération « j'ai le droit » elle témoigne de son expérience face à une génération d'élèves et de parents qui croient que leurs droits individuels prévalent sur l'intérêt général dans un phénomène de non-consentement de l'autorité sensible dans les années 2000 mais encore accentué dans les années 2010 par l'explosion des réseaux sociaux. Des élèves dès la 6e se lèvent en plein cours et tutoient dans une école qui en étant moins exigeante s'est dé-légitimisée et a perdu sa capacité intégratrice, la crise de l'autorité se doublant d'une crise de la culture[11].

En , elle signe le « manifeste contre le nouvel antisémitisme » paru dans Le Parisien[12].

En 2019 dans C'est ça la France..., elle juge que les jeunes Français sont devenus des voyageurs sans bagages, ignorant l’histoire, la géographie et la littérature de leur propre pays. Elle juge que les ministères ont capitulé et dénonce un état d’esprit qui, selon elle, vise à discréditer l’idée de nation[13].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Les Territoires perdus de la République, sous la dir. d'Emmanuel Brenner, éd. Mille et une nuits 2002 et réédition augmentée éd. Hachette Pluriel 2015
  • Élèves sous influence, co-écrit avec Eve Bonnivard, éd. Audibert, 2005
  • Comprendre les génocides du 20e siècle. Comparer-enseigner, co-écrit avec Sophie Ferhadjian, éd. Bréal, 2007
  • L'Image des Juifs dans l'enseignement scolaire, co-écrit avec Shmuel Trigano, éd. du Nadir, 2008
  • Une France soumise. Les voix du refus, sous la dir. de Georges Bensoussan, éd. Albin Michel, 2017
  • Autopsie d'un déni d'antisémitisme. Autour du procès fait à Georges Bensoussan, ouvrage collectif, éd. L'Artilleur, 2017
  • Génération « J'ai le droit » : La faillite de notre éducation, Paris, Albin Michel, , 240 p. (ISBN 978-2-226-39821-5)
  • C'est ça la France... : Qu'a-t-on fait pour mériter ça ?, Paris, Albin Michel, , 224 p. (ISBN 978-2-226-43952-9)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e « Barbara Lefèbvre », sur gala.fr
  2. Génération J'ai le droit , Albin Michel, 2018, p. 195
  3. a b et c Mickaël Fonton, « Barbara Lefebvre, la combattante », sur valeursactuelles.com,
  4. « De l’antisémitisme au terrorisme », sur monde-diplomatique.fr, (consulté le 1er décembre 2017).
  5. « Barbara Lefebvre montre l'école en marche… arrière », Causeur,‎ (lire en ligne, consulté le 27 mai 2018).
  6. Mickaël Fonton, « Barbara Lefebvre, la combattante », Valeurs actuelles,‎ (lire en ligne, consulté le 27 mai 2018).
  7. Geoffroy Clavel, « Finalement, l'enseignante anti-Macron, qui assurait ne pas être filloniste, soutiendra Fillon », sur Le Huffington Post, (consulté le 28 septembre 2018).
  8. Geoffroy Clavel, « Face à Macron, la professeure d'histoire nie soutenir François Fillon. Et pourtant… », sur Le Huffington Post, (consulté le 28 septembre 2018).
  9. « Barbara Lefebvre : « Emmanuel Macron était en difficulté, on a détourné l'attention sur moi » », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 27 mai 2018).
  10. « L'appel de 17 intellectuels : « Que la vérité soit dite sur le meurtre de Sarah Halimi » », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 27 mai 2018).
  11. « Génération « J’ai le droit » : « Dès la 6e, les élèves se lèvent en plein cours, tutoient » », sur leparisien.fr, (consulté le 21 janvier 2018).
  12. « Manifeste contre le nouvel antisémitisme », sur leparisien.fr, .
  13. Alexandre Devecchio, « Barbara Lefebvre: «C’est notre faiblesse, notre fatigue qui fait la force de minorités tyranniques» », sur lefigaro.fr,

Liens externes[modifier | modifier le code]