Christian Piquemal

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Officier général francais 4 etoiles.svg Christian Piquemal
Image illustrative de l'article Christian Piquemal

Nom de naissance Christian Jean Piquemal
Naissance (76 ans)
Huos (Haute-Garonne)[1]
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Armée de terre
Grade Général de corps d'armée
Années de service 1962-2000
Conflits Opération Épervier (Tchad)
Commandement 3e régiment étranger d'infanterie
Légion étrangère
Distinctions Officier de la Légion d'honneur
Commandeur de l'ordre national du Mérite
Commandeur de l'ordre de Malte

Emblème
Liste des commandants de la Légion étrangère

Christian Piquemal, né le à Huos (Haute-Garonne), est un militaire français, ayant fini sa carrière comme général de corps d'armée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancien élève du lycée Hoche à Versailles, Christian Piquemal intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en octobre 1960 et est nommé sous-lieutenant en avril 1962.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

En octobre de la même année, il intègre l'École d'application de l'infanterie de Saint-Maixent, puis, l'année suivante, s'engage dans la Légion étrangère. Son stage d'intégration effectué au 1er régiment étranger d'infanterie (REI) à Aubagne, août 1964 le voit affecté à Mers el-Kébir, à cette époque base du 2e régiment étranger parachutiste (2e REP). Il effectue un séjour de huit mois en Nouvelle-Calédonie avec son régiment.

Promu lieutenant, il sert comme chef de section, puis comme officier chargé de l'entraînement sportif des légionnaires, et enfin en tant qu'adjoint au commandant de la 4e compagnie du 2e REP[2].

Avec le même grade, il sert sous les ordres du général Bigeard en Algérie (pas possible, Bigeard a quitté l'Algérie en 1960, il est alors nommé commandant du 6e RIAOM en RCA). En juin 1967, il rejoint la nouvelle base du 2e REP, à Calvi, qui était auparavant affectée au 1er bataillon de Choc de la 11e demi-brigade parachutiste de choc. Il servira aussi au 9e régiment de chasseurs parachutistes

Ingénieur diplômé de Supélec[3], il commence, en 1969, une spécialisation en génie atomique à l'université de Paris-Jussieu et à l'École des applications militaires de l'énergie atomique, et obtient à ce titre le brevet technique d'études militaires supérieures[1] à l'École supérieure de guerre.

Nommé chef-adjoint de la section des études techniques et radiologiques de la direction des centres d'expérimentations nucléaires, il est basé de 1978 à 1980 au centre d’expérimentation du Pacifique à Moruroa (Polynésie française).

Il est chef de corps du 3e régiment étranger d'infanterie de 1985 à 1987[4]. Pendant trois ans, il est adjoint au chef du cabinet militaire de trois Premiers ministres[5] : Michel Rocard (1989-1991)[6], Édith Cresson (1991-1992)[7] puis Pierre Bérégovoy (1992)[8],[9]. De 1994 à 1999, il est le commandant de la Légion étrangère[10]. Durant son commandement, il est à l'origine de la création d'une équipe de cross-country au sein de la Légion[11]. Dans cette équipe , le caporal-chef Mohamed Ouaadi, allait remporter le marathon de Paris en 2000[12].

Christian Piquemal est promu au rang de général de corps d'armée[13] en 1999.

Il est président de l'Union nationale des parachutistes de 2004 à 2014[14].

Prises de position politique[modifier | modifier le code]

Son placement en deuxième section permet à Christian Piquemal d'animer le blog politique Cercle des Citoyens-Patriotes, qui vise à « préserver, restaurer les valeurs qui ont fait la grandeur et le rayonnement de la France »[15],[16].

Le , il est interpellé à Calais par la police après s'être exprimé lors d'une manifestation contre les migrants et l'« islamisation de l'Europe »[17],[18]. Cette manifestation, interdite par la préfecture, était organisée à l'initiative du mouvement d'extrême droite PEGIDA [non neutre] [19],[20].

Les réactions de ses anciens collègues sont partagées. Le 8 février, la Fédération des sociétés d'anciens de la Légion étrangère, se désolidarise de son action, tandis que le général Bruno Dary, lui aussi ancien commandant de la Légion étrangère, lui exprime son soutien en sa qualité de président de l’Amicale des anciens légionnaires parachutistes (AALP)[21], que Piquemal a présidée durant 10 ans jusqu'en 2014[22], tout en estimant qu'il n'aurait pas agi comme lui[23]. Le général Didier Tauzin, qui envisagerait de se présenter à l'élection présidentielle de 2017, lui apporte son soutien et le félicite publiquement[23].

Alors qu'il doit être jugé en comparution immédiate le 8 février 2016, son audience est repoussée au 12 mai du fait de son hospitalisation à la suite d'un malaise[16]. Le soir même, il accorde une interview dans laquelle il indique regretter « que Pegida se soit trouvé en même temps que [eux] sur place » mais il « ne regrette absolument pas d'y être allé »[24],[22]. Il est relaxé le 26 mai 2016 par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer des faits d'organisation d'une manifestation interdite par la préfecture[25].

Radiation des cadres de l'Armée[modifier | modifier le code]

Désirant sanctionner ce manquement au devoir de réserve, le 7 mars 2016, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, demande qu'un conseil de discipline l'exclue de la deuxième section et le mette en retraite[26].

Le 14 juin 2016, il est entendu par le Conseil supérieur de l'armée de terre, qui transmet ensuite un rapport non communiqué au ministère de la Défense[27].

En dépit de la relaxe des poursuites engagées contre le général Piquemal par le procureur de la république[28], le 23 août 2016, le ministère de la Défense publie un décret signé par le Président de la République, François Hollande, le radiant hors des cadres de l'armée. Cela signifie que, bien qu'il conserve formellement son grade de général, le port de l'uniforme lui est désormais interdit, et il perd sa carte d'identité d'officier militaire - d'habitude cette carte est accordée à vie. Il retourne ainsi au statut de civil[27].

Le 5 octobre 2016, il annonce au Figaro son attention d'entamer une procédure de recours devant le Conseil d’État, et éventuellement devant la Cour européenne des droits de l'homme. A cette fin, un comité de soutien, présidé par le général Antoine Martinez, se monte[27].

Distinctions[modifier | modifier le code]

(Liste non exhaustive)

Décorations françaises[modifier | modifier le code]

Legion Honneur Officier ribbon.svg Ordre national du Merite Commandeur ribbon.svg Medaille de la Jeunesse et des Sports Or ribbon.svg

Décorations étrangères[modifier | modifier le code]

OPMM-cX.svg Ordre de l'Etoile de Moheli Officier ribbon.svg

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Who's Who in France : 2000-2001, Paris, J. Lafitte, , 32e éd., 1999 p. (ISBN 2-85784-037-3), p. 1433.
  2. « Piquemal Christian, Jean », sur fanion-vert-rouge.fr.
  3. « Comines: la Légion d’honneur pour l’audioprothésiste Xavier Renard », La Voix du Nord, 29 juin 2015.
  4. Jean Mercier, L'armée française et la Guyane, Matoury, Ibis rouge, coll. « Espace outre-mer », , 477 p. (ISBN 978-2-84450-350-3), p. 353.
  5. Catherine Robinson, « Entretien avec le général Piquemal », Revue Item, 15 juillet 2010.
  6. Arrêté du 23 juin 1989 relatif à la composition du cabinet du Premier ministre, JORF no  du 25 juin 1989, p. 7925, NOR PRMX8910277A.
  7. Arrêté du 7 juin 1991 relatif à la composition du cabinet du Premier ministre, JORF no 132 du 8 juin 1991, NOR PRMX9110357A.
  8. Arrêté du 4 avril 1992 relatif à la composition du cabinet du Premier ministre, JORF no 82 du 5 avril 1992, p. 5120, NOR PRMX9210453A.
  9. Arrêté du 31 juillet 1992 relatif à la composition du cabinet du Premier ministre, JORF no 177 du 1er août 1992, p. 10403, NOR PRMX9210266A.
  10. AFP, « Manifestation de Pegida à Calais : l'ex-commandant de la légion étrangère arrêté », Libération, 6 février 2016.
  11. « La Légion étrangère au service du marathon. L'armée pourvoit le haut niveau des fondeurs tricolores. », sur Libération.fr (consulté le 9 février 2016)
  12. lefigaro.fr, « Le général Piquemal, de la Mitterrandie à la «défense de la France» face aux migrants », sur Le Figaro (consulté le 9 février 2016)
  13. « Qui est Christian Piquemal ? », Le Cercle des libéraux.
  14. « Historique de l'UNP », Union nationale des parachutistes - Section Robert-Duret Haute-Savoie.
  15. Cercle des Citoyens-Patriotes
  16. a et b « Calais : l’audience du général Piquemal reportée au 12 mai ».
  17. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/02/06/01016-20160206ARTFIG00011-la-manifestation-de-pegida-maintenue-a-calais-malgre-l-interdiction.php
  18. http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/calais-pegida-compte-manifester-malgre-l-interdiction-prefectorale-7781738048
  19. A. Del., O. P. et T. B., « Calais : une vingtaine d’interpellés, dont le général Piquemal, au cours du rassemblement anti-migrants de PEGIDA », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne).
  20. « Calais : interpellation de l'ancien commandant de la Légion étrangère Christian Piquemal », lefigaro.fr, 6 février 2016.
  21. « Communiqué du général d'armée (2s) DARY, président de l’Amicale des anciens légionnaires parachutistes (AALP) », sur www.asafrance.fr (consulté le 9 février 2016).
  22. a et b Solène Cordier, « Le général Piquemal, pourfendeur de « la décadence de la France » », Le Monde, (consulté le 9 février 2016)
  23. a et b « Affaire Piquemal : l'armée, entre solidarité et légalisme ».
  24. « Général Piquemal : "Je ne regrette absolument pas d'être allé à Calais" », sur europe1.fr (consulté le 23 février 2016).
  25. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/05/26/97001-20160526FILWWW00181-le-general-piquemal-relaxe.php
  26. Le Drian demande la mise à la retraite du général Piquemal, BFMTV, 7 mars 2016.
  27. a, b et c « Le général Piquemal radié des cadres de l'armée », sur lefigaro.fr, (consulté le 7 octobre 2016)
  28. Goldnadel : « l'Etat préfère sanctionner le général Piquemal plutôt que les violences de l'extrême-gauche », Gilles-William Goldnadel, valeursactuelles.com, 24 octobre 2016
  29. Décret du 26 juin 1996 portant promotion et nomination, JORF no 150 du 29 juin 1996, p. 9747, NOR DEFM9601537D.
  30. Décret du 2 novembre 1999 portant promotion et nomination, JORF no 255 du 3 novembre 1999, p. 16384, NOR DEFM9902002D.

Voir aussi[modifier | modifier le code]