Didier Tauzin

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Officier général francais 3 etoiles.svg Didier Tauzin
Didier Tauzin en 2015.
Didier Tauzin en 2015.

Naissance (66 ans)
Dakar, Sénégal
Origine Drapeau de la France France
Arme Armée de terre
Grade Général de division
Années de service 1975-2006
Commandement 1er régiment de parachutistes d'infanterie de marine
Service militaire adapté
Établissement public d'insertion de la Défense
Distinctions Officier de la Légion d'honneur
Commandeur de l'ordre national du Mérite
Chevalier de l'ordre des Palmes Académiques
Croix de la Valeur militaire
Autres fonctions Homme politique (depuis 2015)

Didier Tauzin, né le à Dakar, est un général de division de l'armée de terre française. Il est notamment connu pour sa participation à la guerre du Rwanda et pour sa contestation des conclusions de la Commission Mucyo. Il souhaite se présenter à l'élection présidentielle de 2017.

Études et formation[modifier | modifier le code]

Fils de Raoul Tauzin, militaire[1], et Jane Renaudin[2], Didier Tauzin fréquente l'école communale d'Aubeterre-sur-Dronne, en Charente. Il continue sa scolarité au Maroc, où son père est affecté en 1956-1957, de nouveau à Aubeterre-sur-Dronne, puis à Bouar (Centrafrique), en 1960-1962. Il revient à Aubeterre en 1962 et prépare le concours d'entrée au Prytanée national militaire de La Flèche (Sarthe). Il y passera huit ans, et quitte le Prytanée pour entrer à Saint-Cyr en 1971.

Saint-Cyrien de la promotion Capitaine Danjou (1971-1973)[3]. Diplômé de l'École de guerre (promotion 1986-1988), il est aussi auditeur du Centre des hautes études militaires[4] (CHEM), également appelé l'« école des généraux », et de l'Institut des hautes études de Défense nationale[4] (IHEDN). Il est titulaire d'un DESS[4] de l'institut d'administration des entreprises de Poitiers.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

En trente-six années de vie militaire, dont trente-et-une en postes de responsabilités, il effectue une vingtaine d'opérations extérieures, la plupart « opérations spéciales » (libération d’otages, assistance opérationnelle à armée étrangère en difficulté, etc.) sur la presque totalité des théâtres d’opération des années 1975 à 1996[5].

Outre les opérations extérieures, il occupe des fonctions variées : chef de bureau d'études et prospective, responsable de formation des officiers, administration territoriale, réorganisation de l'Armée de terre[6].

Il est à la tête, de 1992 à 1994, du commandement du 1er régiment de parachutistes d'infanterie de marine[7], qui est un régiment de forces spéciales installé à Bayonne[8]. Après avoir pris part au conflit au Rwanda[9],[7] et avoir commandé l'opération Chimère[10] puis participé à l'opération Turquoise[11], il est accusé, avec ses hommes, de la responsabilité du génocide[1]. Il s'en défend dans ses livres Rwanda : je demande justice pour la France et ses soldats[12],[13],[14] et La Haine à nos trousses de Kigali à Paris[15].

De 2004 à 2005, il commande le service militaire adapté, service d’insertion sociale et économique de jeunes ultramarins défavorisés : huit régiments répartis dans tous les départements et territoires d'outre-mer, 3 500 garçons et filles par an.

De 2005 à 2006, à la demande de Michèle Alliot-Marie, il conçoit, puis crée[16] l’établissement public d'insertion de la Défense (ÉPIDe), qui est un service d’insertion de jeunes Français métropolitains défavorisés, à partir de son expérience du service militaire adapté (SMA)[17]. Il propose d'impliquer le plus grand nombre possible de Français dans cette œuvre, qui est selon lui politique au sens le plus fort du terme, et pour cela de fonder le développement de l'ÉPIDe sur un partenariat très large entre l'État, maître d'œuvre, les collectivités territoriales, les associations, les entreprises et syndicats. Cette proposition n'est pas retenue par les services du ministre ni le directeur général nommé. Il quitte alors l'armée.

Après l'armée[modifier | modifier le code]

Il enseigne d'abord à l'université de Sceaux l’éthique comportementale du cadre, la prise de décision et l’éthique dans les relations internationales, dans le mastère de diplomatie dirigé par Sélim el-Sayegh[4]. Il prononce de nombreuses conférences, essentiellement sur la guerre du Rwanda, la situation internationale et l’Afrique, et participe à des colloques, notamment à l’université de Kaslik, au Liban[18].

Il conçoit, avec son épouse, (avec laquelle il a adopté deux enfants), un projet d'école financièrement autonome au Sénégal[19]. Ce projet est concrétisé à Sédhiou, en Casamance. Pour le mettre en œuvre, Didier Tauzin crée, en France, une association (les Compagnons bâtisseurs d'espoir) et une entreprise commerciale (CBE Eco)[19], aujourd'hui fermée. Il crée également, au Sénégal, une association, une exploitation agricole (banane, produits maraîchers) et une école[19].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Didier Tauzin en novembre 2016, lors d'un meeting à Rennes.

Didier Tauzin n'appartient à aucun parti ; cependant, participant, en 2012 et 2013, au mouvement d'opposition au mariage homosexuel, à la PMA (procréation médicalement assistée) et la GPA (gestation pour autrui), il n'accepte pas de s'entendre traiter de fasciste par Manuel Valls et craint une dérive sécuritaire anti-démocratique[20].

Il décide de s'impliquer en politique et publie, en janvier 2015, Rebâtir la France[21]. Ses propositions parlent de la nécessité  de « refonder la politique comme service de l'homme et du citoyen », base sur laquelle l'économie, l'enseignement, la médecine et toutes activités humaines seront progressivement replacés au service de l'homme et du citoyen. Le livre se vend à plus de 10 000 exemplaires, ce qui est exceptionnel pour un essai politique[22].

En 2015, il déclare à l'agence de presse Sputnik qu'il est essentiel de détruire Daesh, et que la Russie et la France doivent unir leurs forces pour combattre ceux qui le soutiennent[23].

À plusieurs reprises, il laisse entendre qu'il pourrait présenter sa candidature à l'élection présidentielle de 2017[24],[25], ce qu'il confirme en mai 2016 dans une vidéo diffusée sur internet et sur son site[26]. Il publie, en février 2016, un nouveau livre : Rebâtir la France. Le projet présidentiel. Dans ce livre, il milite d'abord pour la responsabilisation de chaque citoyen avec notamment l'instauration d'une démocratie plus directe, notamment au moyen du référendum d'initiative populaire, et la création d'un « chèque-politique » d'un montant modique ; remis à chaque électeur avant toute élection, ce « chèque-politique » sera ensuite donné par ce dernier au candidat de son choix, que celui-ci soit membre d'un parti ou non.

Il milite aussi pour une réforme de l'État, celui-ci devant prioritairement se concentrer sur ses missions régaliennes (sécurité intérieure et extérieure, justice, affaires étrangères, monnaie)[27]. Il prône une politique libératrice des initiatives personnelles et collectives des Français dans tous les autres domaines, sauf dans les domaines qui ont un intérêt national majeur, dans lesquels l'État doit jouer un rôle stratégique de pilote et de fédérateur d'énergies[28]. Mais, assure-t-il, rien ne sera possible sans la revitalisation de l'économie par sa libération et par la réduction volontariste et drastique de la dette et de la dépense publique[29].

En février 2016, il déplore l'arrestation du général Christian Piquemal, qui participait à Calais à une manifestation contre l'« islamisation » de l'Europe, déclarant qu'« en France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu, et on persécute ceux qui tentent de l'éteindre »[30]. Il se déclare candidat à l'élection présidentielle de 2017 le [31],[32], mais échoue à obtenir les 500 parrainages nécessaires. Il est candidat aux élections législatives de la même année dans la 2e circonscription de la Charente[33].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Rwanda, je demande Justice pour la France et ses soldats : le chef de l'opération Chimère témoigne, Paris, Jacob-Duvernet, , 224 p. (OCLC 762787313)[34]
  • La haine à nos trousses de Kigali à Paris : témoignage, Aix-en-Provence, Éditions Persée, , 231 p. (OCLC 884269363)[35]
  • Rwanda : je demande justice pour la France et ses soldats ! : le chef de l'opération Chimère témoigne, Mareuil, , 231 p. (ISBN 978-2-37254-006-3)[36]
  • Rebâtir la France, Paris, Mareuil, , 103 p. (OCLC 900410437)[37]
  • Rebâtir la France, Le projet présidentiel, Paris, Mareuil, , 130 p. (ISBN 978-2372540285)
  • Rebâtir la France, Mon engagement pour le quinquennat 2017-2022, Paris, Mareuil, , 110 p. (ISBN 978-2-3725-4053-7)

Décorations et intitulés[modifier | modifier le code]

Legion Honneur Officier ribbon.svg Ordre national du Merite Commandeur ribbon.svg Croix de la Valeur Militaire ribbon.svg
Palmes academiques Chevalier ribbon.svg Croix du Combattant (1930 France) ribbon.svg Medaille d'Outre-Mer (Coloniale) ribbon.svg
Medaille de la Defense Nationale Bronze ribbon.svg Medaille de Reconnaissance de la Nation (d'Afrique du Nord) ribbon-2.png Medaille commemorative Francaise ribbon.svg
UNOSOM Medal bar.gif UNPROFOR Medal bar.gif NATO Medal w Służbie Pokoju i Wolności BAR.svg

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Sa bataille de Kigali », sur liberation.fr, (consulté le 28 juin 2016)
  2. « Biographie de l'auteur Didier Tauzin », sur booknode.com (consulté le 22 juin 2016)
  3. Créacyte, « La liste - Promotion Capitaine Danjou », sur www.capitainedanjou.org (consulté le 11 février 2016)
  4. a, b, c et d Didier TAUZIN, Rebâtir la France, Mareuil Editions (ISBN 9782372540155, lire en ligne)
  5. « Le général Didier Tauzin candidat à l'élection présidentielle pour "rebâtir la France" », sur leparisien.fr (consulté le 28 juin 2016)
  6. « Rebâtir la France, l'initiative du Général Tauzin », sur cyrano.net, (consulté le 28 juin 2016)
  7. a et b « Un général français livre sa vision du génocide rwandais », sur la-croix.com, (consulté le 28 juin 2016)
  8. « Didier Tauzin », sur atlantico.fr (consulté le 28 juin 2016)
  9. « Général Didier Tauzin : « Il faut établir la vérité sur le Rwanda. Nous sommes traités comme des Waffen SS ! » », sur Le Point,
  10. Serge Farnel, Rwanda, 13 mai 1994: un massacre français?, Serge Farnel, (ISBN 9782844052568, lire en ligne)
  11. « L'horreur qui nous prend au visage : l'État français et le génocide », sur books.google.fr, KARTHALA Editions, , p. 587
  12. « Rwanda : Le général Didier Tauzin défend le rôle de l'armée française pendant le génocide », sur afrikarabia2.blogs.courrierinternational.com (consulté le 11 février 2016)
  13. « Rwanda : Le général Tauzin veut rétablir l’honneur de l’armée », sur www.infos-bordeaux.fr (consulté le 11 février 2016)
  14. « Rwanda : le général Tauzin demande justice », sur Marianne Blog, (consulté le 24 juin 2016)
  15. « Le drame rwandais raconté par le général Tauzin », sur CharenteLibre.fr (consulté le 11 février 2016)
  16. « Aveyron - Intégration : le centre «deuxième chance» est-il mort-né ? », sur ladepeche.fr (consulté le 11 février 2016)
  17. Décret du 26 août 2005 portant affectation d'officiers généraux (lire en ligne)
  18. Thème : l’image de l’autre dans la crise et la guerre
  19. a, b et c « Le projet solidaire du général Tauzin », sur CharenteLibre.fr (consulté le 11 février 2016)
  20. « Si la Manif pour Tous signe le retour aux "années 1930" où est donc la grande manif anti-fasciste de gauche ? », sur Atlantico.fr (consulté le 11 février 2016)
  21. « Le général Didier Tauzin : « La mission des chrétiens : faire aimer la France » », Famille chrétienne, no 1392,‎ (lire en ligne).
  22. Samuel Pruvot, Le projet présidentiel du général Tauzin : « Je ne fais pas de la figuration ! », Famille chrétienne, 22 février 2016
  23. (en) Sputnik, « French General is Happy Russia, France 'Working Together' to Fight Daesh », sur sputniknews.com, (consulté le 4 juillet 2016)
  24. lefigaro.fr, « Affaire Piquemal : l'armée, entre solidarité et légalisme », sur Le Figaro (consulté le 11 février 2016)
  25. « Le général Didier Tauzin, vétéran de la guerre rwandaise, fait de nouveau parler de lui », sur www.grandslacs.info (consulté le 11 février 2016)
  26. « Le général Didier Tauzin candidat à l'élection présidentielle pour "rebâtir la France" », sur Le Parisien, (consulté le 7 août 2016).
  27. « Grande Muette : les gradés ouvrent la boîte des pandores », sur libération.fr (consulté le 25 juin 2016)
  28. « Le général Tauzin Un chef dans l’arène », sur liberation.fr (consulté le 28 juin 2016)
  29. « [EX-LIBRIS] Général Tauzin : Rebâtir la France », sur Le Rouge & le Noir (consulté le 11 février 2016)
  30. lefigaro.fr, « Affaire Piquemal : l'armée, entre solidarité et légalisme », sur Le Figaro (consulté le 11 février 2016)
  31. lefigaro.fr, « 2017 : le général Tauzin pense à être candidat » (consulté le 25 juin 2016)
  32. « Le général Didier Tauzin candidat à l'élection présidentielle pour "rebâtir la France" », sur leparisien.fr (consulté le 25 juin 2016)
  33. http://elections.interieur.gouv.fr/legislatives-2017/016/C101602.html.
  34. « Catalogue général BnF », sur catalogue.bnf.fr, (consulté le 26 juin 2016)
  35. « Catalogue général BnF », sur catalogue.bnf.fr, (consulté le 26 juin 2016)
  36. « Catalogue général BnF », sur catalogue.bnf.fr, (consulté le 26 juin 2016)
  37. « Catalogue général BnF », sur catalogue.bnf.fr, (consulté le 26 juin 2016)

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