Avisa Partners

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Avisa Partners
logo de Avisa Partners

Ancien nom iStrat, Demeter Partners
Création
Fondateurs Matthieu Creux, Arnaud Dassier
Forme juridique SAS
Siège social 17 avenue Hoche, 75008 à Paris
Drapeau de la France France
Direction Matthieu Creux, président, Samuel Dralet et Antoine Violet-Surcouf, directeurs généraux
Actionnaires Raise Investissement, Rive Croissance, management
Activité e-réputation, Cybersécurité, Investigation, Relations internationales, Affaires publiques
Société mère Avisa holdco
Filiales Lexfo, DGM, 35° Nord, etc.
Effectif 300 ()
Site web Site officiel

Chiffre d'affaires 60 millions (2022)
45 millions (2021)

20 millions (2019)

Avisa Partners est un groupe français de conseil spécialisée dans l'e-réputation, la cybersécurité, l’intelligence économique, l'investigation et les relations publiques. Son siège est situé à Paris et l'entreprise est présente dans sept autres pays.

Il est publiquement accusé de désinformation par plusieurs enquêtes journalistiques, en 2015 dans l'affaire des tribunes fantômes créées lors de l'OPA sur le Club Med et en 2022 dans le cadre des Uber Files, pour avoir manipulé des informations à grande échelle sur de nombreux médias en ligne ainsi que sur Wikipédia.

Histoire[modifier | modifier le code]

La société Avisa Partners est créée en 2010 par Matthieu Creux, l'ancien responsable internet des Jeunes populaires, devenu conseiller ministériel de Valérie Pécresse[1]. Au moment de sa création, la société s'appelle iStrat et la principale expertise du cabinet est alors la communication numérique[2].

En 2015, elle change de nom pour devenir Demeter Partners[3]. La même année, la société fait l'acquisition du fonds de commerce de Momentum System International, à New York, un spécialiste de la lutte contre la désinformation sur internet[4].

Le groupe est renommé Avisa Partners en 2018 à l'issue d'un rapprochement avec Lexfo, un cabinet de sécurité informatique français, et Avisa, un cabinet d'affaires publiques belge, dont le groupe prend le nom[5].

En 2019, le fonds Raise Investissement et Rive Croissance acquièrent 25 % du capital, valorisant la société à hauteur de 130 millions d'euros[6]. La même année, Avisa Partners fait l’acquisition du cabinet britannique d’affaires publiques Gabara Strategies et du groupe allemand d'intelligence stratégique IDA Group[7].

En 2020, le cabinet rachète la Compagnie Européenne d’Intelligence Stratégique (CEIS), créée par Olivier Darrason[6] mais principalement détenue par ses associés et le Crédit mutuel Alliance fédérale[8]. Quelques semaines plus tard, Avisa Partners prend une part majoritaire dans le cabinet de conseil en sécurité informatique lyonnais Calypt[9].

En 2021, Avisa Partners acquiert l'Observatoire des pays arabes à son fondateur Antoine Basbous[10], ainsi que de l’agence de communication 35°Nord, spécialiste des relations publiques en Afrique[11].

En juin 2022, Avisa Partners rachète Leakid, une entreprise spécialisée dans la protection des contenus propriétaires, dont la technologie permet de signaler et d'obtenir le retrait des contenus illicites[12]. En parallèle, Avisa Partners fait l'acquisition de Databack, un laboratoire français de récupération de données informatiques[13].

La société compte environ 300 collaborateurs et une quinzaine de filiales, réalisant plus de 60 millions d'euros de chiffres d'affaires, dont 10 millions aux États-Unis[14].

Activités[modifier | modifier le code]

Métiers[modifier | modifier le code]

Avisa Partners développe quatre grandes activités : la cybersécurité, la gestion du risque et la lutte contre la criminalité économique, les relations internationales, et enfin, les affaires publiques et la communication stratégique[réf. nécessaire].

La filiale cyber du groupe, Lexfo, est un centre d'évaluation de la sécurité des technologies et de l'information agréé par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information.

Par ailleurs, l'entreprise organise également des événements comme le Forum International de la Cybersécurité (FIC)[15], co-organisé avec la Gendarmerie nationale et la Région Hauts-de-France depuis 2007, et le Forum international de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique, co-organisé avec le Ministère des affaires étrangères sénégalais et financé par le Quai d'Orsay depuis 2014[16].

En 2022, Avisa Partners crée l'Initiative globale pour la paix et la sécurité en Afrique[17], un think-tank financé par l'Union européenne dans lequel sont notamment impliqués Kamissa Camara, ancienne secrétaire générale de la présidence du Mali, Emanuela Del Re (en), représentante spéciale de l’Union européenne pour le Sahel, Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin, et Ahmedou Ould Abdallah[18], diplomate mauritanien, cofondateur et membre du conseil consultatif de Transparency International.

Clients[modifier | modifier le code]

Clientèle publique[modifier | modifier le code]

En direct ou au travers de ses filiales, Avisa Partners travaille avec plusieurs institutions publiques[19] ou des États, parmi lesquels la Commission européenne[20], l’OTAN[21], le Sénégal[22], l’île Maurice[23], Monaco[24], le Togo[25], la Hongrie[26], l'Ukraine[26], la Côte-d'Ivoire et le Congo-Brazzaville[27], l'Azerbaïdjan[28], le Kazakhstan[29], le Qatar[30] ou encore le comité d’organisation de la Coupe du monde de rugby à XV 2023[31].

La société est intervenue dans la récupération des données médicales de l'hôpital public de la ville de Dax, cible d'un rançongiciel en février 2021[32].

Clientèle issue du monde privé[modifier | modifier le code]

Avisa Partners travaille aussi avec des entreprises privées, parmi lesquelles Airbus, Ericsson, Technicolor, Springer[6]. Sa filiale 35°Nord, s’occupe de la communication de nombreux industriels impliqués en Afrique, parmi lesquels Canal+, EDF, Huawei, Heineken, Facebook, Orange, la CFAO, Danone, Rawbank ou encore la compagnie d'assurance NSIA[11],[33].

Dans le cadre de ses activités de protection des contenus audiovisuels, Avisa Partners protège les droits de la Ligue des champions de l'UEFA et ceux de la série française Le Bureau des légendes[32].

Avisa Partners a également été sollicitée par Matthew McConaughey dans le cadre du débat sur les armes à feu aux États-Unis[34],[35].

D'après l'enquête de la journaliste Léna Lutaud[36], Avisa Partners a mené des investigations pour le compte de Laeticia Hallyday dans le cadre de la dispute entre les héritiers de Johnny Hallyday, ce que la société a toujours démenti[37].

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Actionnariat et direction du groupe[modifier | modifier le code]

Le groupe est dirigé par son fondateur Matthieu Creux, ancien collaborateur parlementaire à l'Assemblée nationale, puis conseiller ministériel de Valérie Pécresse au ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche[38],[39].

Depuis 2011, Arnaud Dassier, l'ancien responsable Internet des campagnes présidentielles de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy[40], ancien candidat aux élections législatives sous l'étiquette UDF[41], proche d'Éric Zemmour[42], est actionnaire de la société[43], et par ailleurs actionnaire de Talmont media, société éditrice du site Atlantico[44].

Henri et François Tillinac furent également actionnaires d'Avisa Partners dès 2011 (jusqu'en 2016 où ils fondent Nativiz, société partenaire d'Avisa Partners qui dirige de faux sites d'information, mimétiques de vrais sites comme Journal Economique et la Santé Publique). Jean Tillinac les rejoint en 2012 et demeure un des cadres d'Avisa Partners[45].

Plusieurs autres associés qui ont travaillé avec ce cabinet disposaient d'une expérience politique importante, dont Olivier Darrason, ancien député UDF des Bouches-du-Rhône, fondateur de CEIS, Sylvain Fort, ancien conseiller en communication et rédacteur des discours du président de la République Emmanuel Macron, associé de mars 2020[46] à mai 2022[47], ou Olivia Grégoire, secrétaire d'État chargée de l'Économie sociale, solidaire et responsable sous le gouvernement Jean Castex, puis porte-parole du gouvernement d'Élisabeth Borne à partir de mai 2022, qui – bien que l'information soit absente de plusieurs de ses biographies officielles[26] – était directrice associée de la société entre 2013 et 2014[48] et supervisait la rédaction d'articles[26].

Experts associés[modifier | modifier le code]

Avisa Partners dispose d'un réseau d'experts associés, dont ont notamment fait partie Jean-Louis Georgelin (ancien Chef d'État-Major des armées)[49], Patrick Calvar (ancien directeur général de la DGSI)[50], Bernard Attali[51], Éric Besson (ancien ministre français de 2007 à 2012)[52], Ardavan Amir-Aslani (avocat d'affaires)[53], Jean-Paul Paloméros (ex-chef d'état-major de l'Armée de l'air française et commandant allié transformation au sein de l'OTAN)[54], Joe Trippi (expert démocrate pour les campagnes électorales américaines)[55] ou Maurice Gourdault-Montagne (ex-secrétaire général du quai d'Orsay)[56]. En mai 2022, ce dernier cesse d'être le président du comité éthique d'Avisa Partners, fonction qu'il occupait à titre gracieux, mais continue par ailleurs à travailler avec la société[57].

Lors de la forte médiatisation d'Avisa Partners en juin 2022, le journaliste à Mediapart Fabrice Arfi affirme que la respectabilité de ces experts associés est destinée à cacher les pratiques douteuses d'Avisa Partners[58].

Implantations[modifier | modifier le code]

Avisa Partners dispose de bureaux à Paris, Lyon, Toulouse, Washington, Miami, Londres, Bruxelles, Berlin, Genève et Abidjan[59].

Activités de lobbying[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Une enquête du Journal de 20 heures de France 2 a montré que la filiale d'Avisa Partners, CEIS, est l'un des cabinets de conseil ayant le plus dépensé de frais de lobbying en 2017, soit un montant compris entre 1 250 000 euros et 1 500 000 euros, par l'intermédiaire de l'organisation des Universités d'été de la Défense, un événement qui réunit les industriels de la défense et de la sécurité et les responsables politiques, rassemblant près de 500 personnes[60].

En 2021, l'entreprise déclare à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique des dépenses de lobbying d'un montant inférieur à 10 000 euros[61].  

Union européenne[modifier | modifier le code]

La société Avisa Partners est inscrite depuis 2009 sur les registres de transparence de l'Union européenne. En 2021, elle déclare représenter les intérêts de plus d'une quarantaine d'entreprises ou d'associations professionnelles, pour un montant de 1 845 000 euros[62],[63].

États-Unis[modifier | modifier le code]

D'après les registres de transparence du Sénat américain, les honoraires de lobbying perçus par Avisa Partners en 2021 s'élèvent à près de 570 000 dollars[64],[65].

Désinformation[modifier | modifier le code]

Depuis 2013, des enquêtes publiées dans de nombreux médias, parmi lesquels le Journal du Net[66],[67], Challenges[68], le Desk[69], Complément d'enquête[70], Fakir[71], Mediapart[72],[73], Marianne[74], Libération[26], Arrêt sur images[75],[45],[44], Le Monde[76], ou France inter[77] montrent que la société iStrat, devenue Avisa Partners, a piloté des campagnes d'influence sur Internet. En direct ou grâce à de nombreux sous-traitants, Avisa Partners fait rédiger des articles et des tribunes au profit d'entreprises clientes, d'États ou de personnalités, dont l'objectif consiste à « abreuver internet de contenus flatteurs ou complaisants pour leurs clients afin d'influencer l'opinion publique, de faciliter leurs affaires ou de taper sur un concurrent »[71].

Parmi les clients privés de l'agence figurent Air France, EDF, LVMH, Vivarte, Uber, des cigarettiers, les JO de Tokyo, le projet Cigéo de Bure, Rusal ou encore PDVSA. Les enquêtes ont établi que des États travaillaient également avec celle-ci, comme Bahreïn, l'Inde, le gouvernement français, la Côte d'Ivoire, le Qatar (au bénéfice de la Coupe du monde de football 2022). Par ailleurs, certaines personnalités ont également été clientes, comme Alassane Ouattara et son épouse Dominique, Idriss Déby, Mounir Majidi, ou Bernard Arnault. Au bénéfice de ses clients qui visaient des concurrents, ont également été ciblés Andrea Bonomi[66], en lice pour racheter le Club Med lors d'une OPA qui l'opposait au chinois Fosun[78], Airbnb, l'OMS, la mutuelle "Groupe Pasteur Mutualité", Aléxis Tsípras[45], Engie[réf. souhaitée], François Ruffin, le Centre international de recherche sur le cancer[71], le Monténégro[45], le Bénin[réf. souhaitée] et la junte thaïlandaise[71].

Mediapart affirme que la société serait à l'origine de plusieurs centaines d'articles dans le « Club de Mediapart », l'espace participatif du journal, ainsi que dans les blogs de L'Express, du Huffington Post, d'Agoravox et de nombreux autres médias en ligne. D'après les enquêtes journalistiques, ces prestations ont également ciblé The Conversation, Jeune Afrique, La Tribune, Valeurs actuelles, Boulevard Voltaire ou Atlantico, Les Échos, Entreprendre ou Contrepoints. À ce propos, et malgré les démentis des dirigeants de la société[79], une enquête de Libération conclut qu'entre 2013 et 2014, les directeurs d'iStrat Matthieu Creux, Arnaud Dassier et Olivia Grégoire, supervisaient la rédaction de ces articles, une activité qui représentait alors « au moins 90 % des activités » du cabinet[26].

Au moins depuis 2015[67], Avisa Partners intervient également sur Wikipédia. La société est intervenue sur les pages d'Uber[76], de Bernard Arnault, de Linky, de La Poste[73], de Bayer. Avisa Partners reconnaît les faits, et est bannie de l'encyclopédie[80].

La société a également créé ou racheté des médias référencés sur Google Actu pour diffuser la propagande de ses clients avec davantage de visibilité, tels Le Monde de l'énergie, La Revue Internationale (ex-JOL press), Raison d'être, Planete business, etc., des médias aujourd'hui déréférencés de Wikipédia. Dans ce même but, elle a également noué des partenariats avec des groupes de presse comme Economie matin, Causeur ou Conflits[74],[75],[45].

Par ailleurs, dans la série d’enquêtes que Mediapart a consacré à Avisa Partners en 2022, il est indiqué que la société a mené au profit d’une agence de communication, comme sous-traitant, une enquête sur un lanceur d’alerte bulgare, Atanas Tchobanov, qui a révélé des scandales politico-financiers dans son pays [81]. D’après ses dirigeants interrogés par le média d’investigation, il ne s’agissait que d’une note interne non diffusée, synthétisant des éléments connus et publiés sur Internet. Avisa n’aurait pas poursuivi son enquête au regard des premiers éléments constatés et affirme n’avoir pas donné suite à toute sollicitation commerciale liée au lanceur d’alerte et à ses sources.

Avisa Partners entame en septembre 2022 une série de procès-bâillons contre Reflets, Mediapart, Arrêt sur Images, Next Inpact mais aussi Jean-Marc Manach pour une revue de web, en les poursuivant pour diffamation[82],[83],[84]. Sont aussi menacés des médias tels que l'ADN et Le Miroir du Nord[85]. Selon l'analyse du site Stratégies, cette information sur des dépôts de plaintes « donne une nouvelle vigueur aux accusations qui ont été formulées contre [Avisa] »[83].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Domaines d'activité[modifier | modifier le code]

Concurrence[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]