Caeca et obdurata

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Le pape Clément VIII

Caeca et obdurata est une bulle pontificale rédigée par le pape Clément VIII et nommée d'après ses premiers mots : « La perfidie aveugle et insensible des Hébreux est non seulement ingrate envers le Seigneur et le Rédempteur de l'espèce humaine qui leur fut promis et naquit de la semence de David, mais encore elle ne reconnaît pas la miséricorde envers eux de l'Église qui attend patiemment leur conversion. » En latin: « Caeca et obdurata Hebraeorum perfidia, non solum ingrata est in Dominum, ac Redemptorem humani generis Iesum Christum Dei Filium ipsis promissum, et ex semine David secundum carnem natum, sed neque etiam sanctae Matris Ecclesiae, ipsorum conversionem, patienter expectantis, magnam erga eos misericordiam agnoscit […] »[1]). Elle est datée du 25 février 1593.

Directives[modifier | modifier le code]

Au début de la bulle le pape Clément VIII accuse les juifs de faire injure à l'Église catholique pour la grâce qu'elle leur offre, et de ne pas cesser de commettre quotidiennement beaucoup d'infamies détestables au détriment des chrétiens qui les tolèrent bénignement et les acceptent. Clément VIII, ému par les graves plaintes qui lui parviennent, se sent obligé de traiter ce mal avec un remède convenable[1].

Dans §1 et §2 le pape rappelle les bulles Cum nimis absurdum de Paul IV et Hebraeorum gens de Pie V, par laquelle les Juifs furent expulsés de tous les domaines des États pontificaux sauf Rome et Ancône[1].

Dans §3 le pape accuse les Juifs d'avoir arraché de ses prédécesseurs quelques permissions et de les avoir abusés. Selon Clément VIII, ils ont ruiné et assiégé beaucoup de citoyens et habitants des États pontificaux et les ont dépourvus de leurs biens (en latin: « plurimos cives et incolas ditionis temporalis ecclesiasticae, ubi commorantur, misere exhauserint, circumvenerint, bonis spoliaverint ») et ont fait cela contre les lois divines, naturelles et humaines par de hautes et graves usures qu'ils exigent des pauvres et indigents, par des monopoles illicites, des fraudes et des ruses dans le rassemblement (des usures). Ainsi ils ont amené surtout des gens simples et des villages à l'extrême privation et mendicité et presque à l'esclavage (en latin: « tenuis potissimum fortunae homines, praesertim rusticos et simplices, non solum ad extremam inopiam et mendicitatem, sed propemodum in servitutem redegerint »). Selon le pape, les Juifs offrent leurs services aux vauriens et aux gens perdus pour que ces-derniers commettent des crimes (en latin: « perdito cuique ac nequissimo in facinoribus patrandis suam licentissime operam et quamcumque potuerunt opem praestiterunt »)[1].

§4 : Motivé de ces plus graves raisons, le pape décide de faire sortir de la plupart de ses peuples une telle nation, pour laquelle l'expérience montre qu'on peut espérer beaucoup plus de détriment que de bien de celle-là (en latin: « huiusmodi nationem a plerisque ex nostris Populis, apud quos experientia docuit eam multo plus detrimenti afferre, quam boni ab ipsa sperari queat, censuimus omnino expellendam »). Cependant, pour ne la pas divertir vers des gens qui ne connaissent pas Christ, le pape ne la bannit pas des états voisins. Le pape confirme toutes les constitutions et lettres de Paul IV et de Saint Pie V[1].

§5 : En apprenant quelle pie et bénigne indulgence fut donné aux Juifs par ses prédécesseurs suivants qui avaient espéré à riposter ainsi la malice juive contre les fidèles, le pape Clément VIII décide de révoquer, abolir et annuler les privilèges et permissions données par Pie IV, Sixte V et d'autres prédécesseurs dans la part où elles contredisent les lettres de Clément VIII, de Paul IV ou de
Saint Pie V[1].

§6 : Le pape accorde aux Juifs trois mois depuis la publication de ce document pour quitter tous les domaines des États pontificaux. Si quelqu'un était rattrapé après le déroulement des trois mois, il serait privé de toutes ses possessions, et s'il peut le soutenir selon son âge et fermeté, servirait sur les trirèmes (navires) pour le reste de sa vie (en latin: « Eorum unusquisque, qui aetate et corporis viribus satis firmis ad eam poenam sustinendam reperietur, ad triremes quoad vixerit sit eo ipso damnatus »). Cela ne concerne ni les Juifs qui vivent à Rome, Avignon ou Ancône ni ceux qui veulent revenir pour faire du négoce avec l'Orient[1].

Dans §7 le pape exhorte ceux parmi les Juifs qui vont rester, à observer les constitutions de Paul IV et Saint Pie V[1].

Dans §8 le pape ordonne l'exécution de ces lettres aux légats et aux autorités publiques[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i Les bulles de Clément VIII dans le Magnum bullarium, Caeca et Obdurata sur pp. 23-24 du livre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (la) Les bulles de Clément VIII dans le Magnum bullarium, Caeca et Obdurata sur les pages 23 et 24 du livre, sous le titre de : Approbatio constitutionum Pauli IV et Pii V circa leges, et ordinationes a Iudaeis ubique locorum observandas. Et expulsio eorumdem ab omnibus Civitatibus et Terris Status Ecclesiast. Roma, Avenione et Ancona exceptis (« Approbations des constitutions de Paul IV et Pie V selon les lois et les ordinations qui doivent être observés par les juifs partout. Et leur expulsion de toutes les domaines et terres pontificaux, sauf Rome, Ancône et Avignon »)