Brigade de recherche et d'intervention

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BRI
Brigades de recherche et d'intervention
Création 1977
Pays Drapeau de la France France
Branche Police nationale
Surnom brigades antigang - l'Antigang

Les Brigades de recherche et d'intervention (BRI), communément appelées brigades antigang ou simplement l'Antigang, sont des unités d'enquête et d'intervention de la police judiciaire française.

Les BRI dépendent de l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO, ex-OCRB) et sont mises à disposition des DRPJ ou DIPJ, (directions régionales ou interrégionales de police judiciaire) et de leurs composantes (SRPJ, antennes PJ), ainsi que des autres services de police qui les sollicitent (sécurité publique, GIR, police d'un état étranger, etc.)

Seules huit d'entre elles sont dirigées par des commissaires de police (Marseille, Lyon, Montpellier, Nice, Corse, Versailles, Bayonne et la BRI Nationale).

Compétences[modifier | modifier le code]

À l'exception de la BRI-PP (mais cela devrait prochainement être le cas)[réf. nécessaire], les BRI, en tant qu'émanation de l'OCLCO, disposent, pour exercer leurs missions, d'une compétence géographique nationale.

Parmi celles-ci, il convient de distinguer :

  • la BRI-PP[1] (dite brigade Antigang) du « 36 quai des Orfèvres », qui est une brigade centrale de la direction régionale de la police judiciaire de la préfecture de police, dépendant directement de la préfecture de police de Paris comme tous les services de police judiciaire de Paris et des départements limitrophes de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne). Elle est créée en 1964 par le commissaire François le Mouël. Son principe était et est encore de surveiller les bandes organisées de la grande criminalité afin de les interpeller quelque temps après le passage à l'acte et ce afin de pouvoir fournir un maximum de preuves contre elles et pas seulement l'association de malfaiteurs. Ce travail demande un grand sang-froid et un esprit d'équipe très poussé. L'interpellation idéale se faisant en profitant d'un relâchement des individus et à un endroit où tout risque de fusillade est écarté pour ne pas avoir des victimes innocentes. En cas de crise, cette unité comptant 48 membres peut regrouper jusqu'à 72 policiers en formation BRI-BAC (brigade anticommando), constituée avec l'appui d'autres unités de la préfecture de police : brigade d'intervention (BI) de la direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) et d'une équipe cynophile de la direction de sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP)[2]. La brigade anticommando formée autour de la BRI-PP est une des trois composantes de la FIPN (Force d'intervention de la Police Nationale) avec le RAID et les différents GIPN ultra-marins[3]. Le chef de la BRI-PP (normalement un commissaire divisionnaire) assume la direction de la brigade anticommando lorsque cette dernière est activée. À noter que l'intervention n'est que l'une des missions de la BRI-PP, qui est une unité permanente de police judiciaire, alors qu'elle est la mission principale de la brigade anticommando, unité temporaire constituée en renforçant la BRI-PP avec d'autres éléments de la préfecture de police (BI, équipes cynophiles etc.) ;

La première BRI fut créée à Lyon en 1977 puis à Nice en 1978 et à Marseille en 1986. Ce sont les trois BRI dites traditionnelles.

Les BREC (brigades régionales d'enquêtes et de coordination) s'apparentaient aux BRI mais ont disparu au 1er janvier 2008 pour devenir des BRI (avec l'avantage d'une compétence nationale, et non plus régionale ou interrégionale).

Missions[modifier | modifier le code]

Les BRI interviennent pour interpeller les groupes de malfaiteurs se livrant à des actes de banditisme graves comme les vols à main armée, les séquestrations, les prises d'otages. Disposant d'un matériel technologique d'observation et d'écoute de pointe, elles sont aussi chargées de rechercher et d'archiver tous les renseignements relatifs au banditisme. Pour ce faire, elles mettent en place des surveillances et filatures discrètes qui durent parfois plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Elles assistent aussi les services de police judiciaire (y compris ceux de la sécurité publique, comme les brigades de sûreté urbaine ou sûretés départementales) dans les surveillances, les interpellations et les interventions à risques.

Conformément à une répartition nationale des zones de compétence des unités d'interventions de la police nationale régissant l'action des groupes d'intervention de la police nationale (GIPN), de l'unité de recherche, assistance, intervention et dissuasion (RAID) et de la BRI de Paris, cette dernière a la particularité d'intervenir en formation BRI-BAC (brigade anticommando) sur les vingt arrondissements de Paris intra-muros. Le RAID intervient quant à lui dans les vingt-et-un départements les plus rapprochés de Paris, tout en ayant la particularité d'être compétent sur l'ensemble du territoire dans les situations les plus graves.

Elle s'est notamment illustrée lors de la traque et des assauts à la suite des attentats terroristes de janvier 2015 à Paris et en Île-de-France. Le lendemain de l'attaque qui a visé le journal satirique Charlie Hebdo, qui a fait douze morts, la BRI a été déployée, le matin, à Montrouge, après la fusillade d'Amedy Coulibaly, qui a tué une policière municipale. Quelques heures plus tard, la traque des terroristes s'intensifie dans l'Aisne, où une opération commune avec le RAID et le GIPN (unité présente sur territoire métropolitain jusqu'en avril 2015 et qui est remplacé par des antennes régionales du RAID) qui appartiennent à la Force d'intervention de la Police nationale ainsi qu'avec le Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale. Le vendredi 9 janvier, le GIGN se positionne auprès d'une imprimerie de Dammartin-en-Goële, où les frères Kouachi, terroristes qui ont mené l'attaque contre Charlie Hebdo sont retranchés. À 13 heures, une prise d'otages intervient à Paris, avenue de la Porte-de-Vincennes, dans un magasin de l'enseigne Hyper Cacher. La BRI est la première unité d'intervention à arriver sur place suivi du RAID. Aux alentours de 17 heures, un assaut quasi-simultané a lieu à Dammartin et à Paris, ce qui en constitue la première opération antiterroriste simultanée menée sur le territoire national. À l'issue de ces assauts, les terroristes sont tous tués et la plupart des otages libérés. Néanmoins, trois otages ont été abattus dès l'entrée du terroriste Amedy Coulibaly dans l'épicerie et un autre tentant de s'emparer d'une des armes du terroriste a été tué d'une balle dans la tête. Cette opération ultra-médiatisée, est une réussite pour l'unité. En reconnaissance des opérations du mois de janvier 2015, la BRI défile le 14 juillet 2015, à l'occasion de la fête nationale aux côtés du RAID et du GIGN.

La BRI-PP est également intervenue avec le RAID lors des attentats du 13 novembre 2015 en France et notamment lors des assauts du Bataclan et de Saint-Denis.

Moyens[modifier | modifier le code]

Vehicule blindé de la Brigade de Recherche et d'Intervention de la préfecture de police de Paris stationné au palais de Justice de Paris

Les BRI disposent de moyens matériels et humains en rapport avec les missions délicates qui leur sont dévolues : véhicules rapides, matériels de surveillance électronique, moyens d'enregistrement vidéo discret, tenues d'intervention et armements spécifiques. À la différence des GIPN ou du RAID, les policiers des BRI travaillent principalement en civil et n'interviennent que rarement cagoulés et en uniforme. Ils interviennent cagoulés principalement lors d'interpellations au domicile des malfaiteurs, afin de protéger leur anonymat.

Le nombre des BRI va évoluer :

  1. BRI-PP Paris (DRPJ Paris)
  2. BRI Lyon (DIPJ Lyon)
  3. BRI Marseille (DIPJ Marseille)
  4. BRI Montpellier (DIPJ Marseille – SRPJ Montpellier)
  5. BRI Nice (DIPJ Marseille – antenne PJ Nice)
  6. BRI Nantes (DIPJ Rennes – antenne PJ Nantes)
  7. BRI Rouen (ex-BREC) (DIPJ Rennes – SRPJ Rouen)
  8. BRI Lille (ex-BREC) (DIPJ Lille)
  9. BRI Versailles (ex-BREC) (DRPJ Versailles)
  10. BRI Strasbourg (ex-BREC) (DIPJ Strasbourg)
  11. BRI Bordeaux ( ex GES) (DIPJ Bordeaux)
  12. BRI Bayonne (DIPJ Bordeaux – antenne PJ Bayonne)
  13. BRI Toulouse (ex-BREC) (DIPJ Bordeaux – SRPJ Toulouse)
  14. BRI Ajaccio (ex-BREC) (DRPJ Ajaccio)
  15. BRI Orléans (ex-GRI) (DIPJ Orléans)
  16. une BRI criminelle nationale (ou BRICN communément appelé BRI NAT) basée à Nanterre, plus particulièrement chargée d'assister les services centraux de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).
  17. la BRIFN crée en 2001, la brigade de recherches et d'investigations financières nationale de l'OCRGDF à pour mission le soutien des offices de la SDLCODF en matières d'infractions financières. La BRI FN tout en gardant sa compétence nationale, rejoint la communauté des Brigades de Recherches et d'Interventions à compter du 24/12/2015. Administrativement cette brigade est sous la direction de l' OCRGDF et pour emploi opérationnel sous les instructions du chef de la BRI NAT (ou BRI CN).

Il est prévu la création d'une BRI Dijon (DIPJ Dijon), et d'autres sur le territoire nationale suite aux événements de 2015[réf. nécessaire].

Recrutement pour les BRI de la DCPJ[modifier | modifier le code]

Les fonctionnaires exerçant au sein des treize BRI territoriales et de la BRI nationale ont fait l'objet d'un recrutement se déclinant ainsi :[réf. nécessaire]

Les tests de sélection ont lieu généralement une fois par an et sont ouverts aux fonctionnaires de la police nationale, appartenant soit au corps des gradés et gardiens de la paix, soit au corps des officiers de police, comptant au moins cinq ans d'ancienneté en tant que titulaire. Après une sélection sur dossier et une consultation médicale d'aptitude, les fonctionnaires font d'abord l'objet d'une présélection au cours de laquelle ils sont évalués sur leurs capacités physiques et leur aptitude au tir opérationnel. Les candidats reçus à l'issue des présélections sont ensuite évalués au cours d'une batterie de tests professionnels articulés autour de plusieurs ateliers (exercice de filature et surveillance, tir de discernement, progression en milieu hostile,interpellation d'individus dangereux…). Au cours de cette période de sélection, les candidats sont également soumis à des tests psychologiques et des entretiens avec les psychologues de l'administration. À l'issue de ces différentes évaluations, le candidat est déclaré apte ou inapte à l'emploi au sein des brigades de recherche et d'intervention. S'il est déclaré apte, le candidat habilité intègre alors un vivier national pour une période de trois ans.

La BRI-PP, de par sa double compétence intervention et police judiciaire dispose d'un processus de sélection plus complet, alliant épreuves physiques et de discernement (sur une semaine), complété par un stage d'immersion de trois semaines au sein des groupes opérationnels.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. BRI-PP pour Brigades de recherche et d'intervention - Préfecture de police de Paris
  2. [PDF]Plaquette de présentation de la BRI de Paris sur le site de la Préfecture de police.
  3. Les anciens GIPN métropolitains, implantés à Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nice, Rennes et Strasbourg, sont devenus des antennes du RAID en avril 2015. Seuls les trois GIPN implantés outre-mer (à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe et à Saint-Denis de La Réunion) ont conservé cette appellation.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Livre traitant de la BRI[Quoi ?] (et plus particulièrement de la BRI-PP) publié par la société d'édition Mission Spéciale Productions, qui avait aussi réalisée celui sur les GIPN.
  • Danielle Thiery et Michel Faury, Histoire d'une unité d'élite, Jacob-Duvernet,‎ , 196 p. (ISBN 2847243488)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]