Géographie de l'Île-de-France

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Aire et zones de l'Île-de-France
Les départements de l'Île-de-France

La géographie de l'Île-de-France est marquée, sur le plan physique, par sa situation au centre d'un bassin sédimentaire, le bassin parisien, au relief relativement plat, irrigué par un fleuve navigable, la Seine, dont les principaux affluents convergent précisément dans cette région, par un climat tempéré et des sols agricoles très fertiles, et sur le plan économique, par la présence en son centre de Paris, capitale et principale agglomération urbaine de la France.

Avec une superficie de 12 012 km2, l'Île-de-France est l'une des plus petites régions françaises (la plus petite de la France métropolitaine après la Corse), mais de loin la plus importante par sa population (12,08 millions d'habitants en 2015, soit 18,8 % de la population de la France métropolitaine)[1] et par son produit intérieur brut : 30,9 % du PIB total de la France métropolitaine et 30,4 % du PIB de la France (DOM inclus) en 2014[2].

Concentrant les pouvoirs économiques, administratif et politique d'un pays très centralisé, elle est au centre d'un réseau de communication qui se ramifie en étoile autour de Paris.

Paris et ses couronnes[modifier | modifier le code]

La commune de Paris[modifier | modifier le code]

Avec une superficie de 105 km2, Paris est une petite commune. Rome est par exemple 12 fois plus étendue (1 285 km2) et Berlin 8,5 fois. En revanche, elle concentrait 2 206 488 habitants[3] en 2015, soit une densité de population de 21 014 hab/km2, l'une des plus élevées du monde, et 18,3 % de la population totale de la région Île-de-France, pour à peine 0,9 % de sa superficie. En excluant les 18 km2 des bois de Boulogne et de Vincennes, la densité de Paris atteint même 25 361 hab/km2.

La commune de Paris correspond à un ensemble géographique et historique déterminé dont les limites furent tracées en 1860, lors de l'annexion de certaines communes adjacentes (comme Montmartre, La Villette ou Bercy), à peu près sur le tracé de l'ancienne enceinte militaire de Thiers, bâtie en 1840. Bien que rapidement désaffectée, cette enceinte marqua longtemps une rupture dans le tissu urbain, toujours visible dans les « Boulevards des Maréchaux », ensemble de boulevards ceinturant presqu'intégralement la ville en deçà du boulevard périphérique, autoroute urbaine circulaire située à l'intérieur des limites administratives de la commune. Il existe même à certains endroits des terrains situés entre le périphérique et la limite administrative, très prisés par les promoteurs de bureaux puisqu'ils conservent une adresse parisienne.

En 2005, l'Insee évaluait le PIB de la commune de Paris à 166 milliards d'euros et le PIB par habitant à 75 455 euros.

La petite couronne[modifier | modifier le code]

Carte représentant Paris et les trois départements de la petite couronne

La petite couronne est la zone constituée des trois départements limitrophes de la ville de Paris : les Hauts-de-Seine (92), la Seine-Saint-Denis (93) et le Val-de-Marne (94). Jusqu'à la fin de 1967, une partie de cet ensemble, regroupée avec Paris, formait le département de la Seine. Depuis le 1er janvier 2016, la petite couronne, ainsi que sept communes de grande couronne, sont regroupées avec Paris au sein de la métropole du Grand Paris.

Urbanisée dès la fin du XIXe siècle, elle se caractérise par une très forte densité de population, atteignant près de 9 000 habitants/km2 dans les Hauts-de-Seine, soit plus que la majorité des centres-villes de la plupart des métropoles mondiales : par comparaison, la densité du quartier de Queens à New York est de 8 000 habitants/km2. Cette zone possède d'importantes fonctions de commandement, en particulier le quartier de La Défense (Hauts-de-Seine), véritable expansion du centre-ville et premier quartier d'affaires européen. La petite couronne comprend 123 communes, 4 566 621 habitants en 2015, soit 37,8 % de la population de la région[4], et a une superficie de 657 km2.

En 2005, l'Insee évaluait le PIB des trois départements à 189 milliards d'euros et le PIB par habitant à 43 950 euros.

La grande couronne[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1967, avec la Seine-et-Marne (77), le département de Seine-et-Oise entourant celui de la Seine, formait la grande couronne.

Le 1er janvier 1968, elle est réorganisée en quatre départements à la périphérie de l'Île-de-France : la Seine-et-Marne qui conserve ses limites, ainsi que les Yvelines (78), l'Essonne (91) et le Val-d'Oise (95) nés du démantèlement de la Seine-et-Oise. La grande couronne a 5 309 035 habitants en 2015, soit 43,9 % de la population de la région.

En 2006, l'Insee évaluait le PIB des 4 départements à 101 milliards d'euros et le PIB par habitant à 26 715 euros.

Géologie[modifier | modifier le code]

La région Île-de-France occupe le centre du Bassin parisien. Sa surface est principalement composée de terrains tertiaires. Les couches géologiques qui s'y sont accumulées font alterner des roches dures (calcaires) et tendres (marnes, argiles et sables). Au centre, elles sont moins épaisses, bien souvent sub-horizontales, coïncidant avec des plateaux si elles sont dures (calcaire de Beauce, calcaire de Brie, Lutétien ou calcaire grossier, etc.), avec des pentes adoucies ou des surfaces ondulées si elles sont tendres (sables de Fontainebleau, par exemple)[5]. Les couches géologiques se redressent vers l'est et le nord-est, donnant naissance à la cuesta d'Île-de-France. Plusieurs ondulations de direction nord-ouest - sud-est sont à l'origine de la formation de petites boutonnières, comme la vallée du ru de Gally, à l'ouest de Versailles, et de buttes-témoins situées entre l'Oise et la Marne, comme celles du Mont-Valérien, du Parisis, de Dammartin-en-Goële ou encore la butte Montmartre. La plupart de ces buttes sont couronnées d'une couche de meulière, issue de l'altération du calcaire, qui a servi de matériau pour la construction de nombreux pavillons de banlieue à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

Les cours d'eau, dont l'essentiel du réseau est mis en place au Miocène, ont déposé des alluvions (sables et limons) dans les vallées qu'ils ont creusées, notamment pendant l'Holocène, qui servent aussi de matériaux de construction : ainsi, de nombreuses gravières et sablières jalonnent le lit de la Seine et de ses affluents. Dans celles qui ne sont plus en exploitation, comblées par de l'eau, des bases de loisirs aquatiques ont été aménagées, comme celles de Draveil ou de Jablines. Des lœss ont également recouvert une partie des plateaux pendant le Quaternaire, contribuant à la bonne qualité agronomique de leurs sols.

En dehors des zones construites le long des rivières, les carrières et les zones rocheuses exploitables sont encore nombreuses dans la région. On trouve du gypse au nord et à l'est de la Seine, exploité dans de vastes carrières à plâtre (Cormeilles-en-Parisis, butte de Montmorency, monts de la Goële, bois de Bernouille à Coubron, près du fort de Vaujours, etc.), beaucoup de sablons notamment dans le Gâtinais et les boucles de la Marne, de l'argile près de Provins (Seine-et-Marne) et dans le Mantois ainsi que du calcaire aux limites champardennaises et le long du Loing[6]. Les sables de Fontainebleau, présents dans une zone allant de Nemours à Étampes et Dourdan, sont réputés pour leur grande pureté et utilsés en verrerie, en fonderie, dans la fabrication de béton et dans la filière sportive[7].

Relief[modifier | modifier le code]

Du fait de sa situation au cœur du Bassin parisien, la région possède un relief essentiellement tabulaire. Les vastes horizons, sous la forme de plateaux de basse altitude et de plaines alluviales, l'emportent sur les parties pentues (talus, buttes et collines, versants de vallées parfois encaissées dans les plateaux, comme dans le Hurepoix). Les plus hauts plateaux et les buttes-témoins sont alignés selon une ondulation de direction armoricaine (nord-ouest - sud-est) et, bien souvent, couverts de forêts (comme celles de Rambouillet, de Marly, de Meudon ou de Fontainebleau)[8].

Les altitudes les plus élevées sont à peine supérieures à 200 m, dans les parties septentrionale (Vexin français) et orientale (Brie champenoise) du territoire. Le point culminant de la région d'Île-de-France est situé à Haravilliers (Val-d'Oise) sur les buttes de Rosne, à 216 m[9], juste devant la butte Saint-Georges (215,6 m) à Verdelot (Seine-et-Marne). La colline d'Élancourt (anciennement colline de la Revanche) est plus haute avec ses 231 m, mais il s'agit d'une colline en partie artificielle, élevée avec les remblais de construction de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines : son sommet n'est pas d'origine naturelle. Le point culminant de Paris et de la petite couronne se trouve dans la forêt de Meudon, à 178 m.

Le point le plus bas est à 11 m à Port-Villez (Yvelines), dans la zone située en aval de la partie francilienne de la vallée de la Seine, à la limite de la Normandie. L'altitude moyenne est de 108 m[réf. nécessaire].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

L'Île-de-France constitue une zone de convergence hydrographique, au centre du Bassin parisien. La Seine, fleuve aisément navigable jusqu'à la mer, en constitue l'axe structurant. Elle est alimentée par de nombreux affluents, dont les principaux sont, dans la région, l'Yonne, le Loing, l'Essonne, l'Orge, l'Yerres, la Marne (elle-même alimentée par le Grand Morin) et l'Oise. La faiblesse de la pente, au cœur de la cuvette, explique que certains cours d'eau, notamment la Marne et la Seine, dessinent de vastes boucles et méandres, comme à Saint-Maur-des-Fossés, à Boulogne-Billancourt, à Gennevilliers ou à Saint-Germain-en-Laye, ainsi que l'abondance de dépôts alluviaux contribuant à la formation d'îles. Deux de ces méandres abritent les grands ports fluviaux de la région : celui de Bonneuil-sur-Marne et celui de Gennevilliers.

À l'ouest, l'Eure draine timidement dans sa vallée le sud des Yvelines (rivières du Perray, de Guéville, etc.), et le pays Houdanais.

La région est aussi dotée de tout un réseau de canaux, destinés à faire la jonction entre bassins fluviaux, comme le canal du Loing et le canal latéral à l'Oise, à alimenter autrefois Paris en eau potable, comme le canal de l'Ourcq et/ou, plus généralement, à faciliter le transport des marchandises et des personnes (canal Saint-Martin, bassin de la Villette, canal de Chelles, canal Saint-Denis).

Climat[modifier | modifier le code]

La région Île-de-France bénéficie d'un climat tempéré océanique. Il est caractérisé par des circulations d'origine océanique pendant plus de deux jours sur trois, brassant de l'air plus ou moins instable et humide, un temps très changeant, une température moyenne annuelle s'élevant à 11 °C et des précipitations moyennes de 600 mm par an. En hiver, se succèdent des temps plus continentaux, froids et secs, et de fortes pertubations d'ouest. L'été est plus chaud, avec des temps secs et ensoleillés lorsque stationnent des anticyclones d'origine atlantique. La pluviosité moyenne est plus grande en automne, en raison de la fréquence des perturbations d'ouest, tandis qu'au printemps, des coups de froid et des gelées tardives peuvent intervenir en raison de flux venus du nord.

Du fait de sa situation au centre du Bassin parisien, la région bénéficie d'un climat d'abri, favorable aux brouillards, avec des précipitations un peu affaiblies en toute saison par rapport au climat océanique pur. Il existe une différence entre Paris et sa très proche banlieue, d'une part, qui bénéficient d'un micro-climat urbain, et le reste de l'Île-de-France, d'autre part. Du fait de l'omniprésence des surfaces bâties ou goudronnées, du chauffage urbain et de la circulation automobile, le climat de Paris est caractérisé par des températures moyennes plus élevées de 1 à 3 °C (ainsi, à Paris, les températures moyennes annuelles maximale et minimale sont respectivement de 16 °C et 8,9 °C[10], alors qu'à Melun elles sont respectivement de 15,7 °C et 6,8 °C[11]) et maximales par temps calme et en été. La pluviosité est plus grande en été, avec des orages plus fréquents et plus violents. En revanche, l'îlot de chaleur raréfie les brouillards et atténue fortement les gelées[12]. Il existe aussi une nuance régionale, en Beauce, plus sèche à cause des collines normandes qui l'abritent des vents humides[13].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Malgré sa forte urbanisation, l'Île-de-France est majoritairement occupée par des espaces agricoles et forestiers : sur ses 12 012 km2, 45 % sont consacrés à l'agriculture (une des plus productives de France) et 23 % à la forêt. Parmi les plus importantes forêts de la région, on peut citer celles de Fontainebleau, Rambouillet, Montmorency, Saint-Germain-en-Laye et Sénart. Cependant, la progression de l'urbanisation continue, année après année, de grignoter la surface agricole qui a perdu 1 000 km2 au cours des 50 dernières années face à l'étalement urbain et au développement des infrastructures.

Principales régions naturelles[modifier | modifier le code]

Parcs naturels régionaux[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Insee - Populations légales 2015 des régions, consulté le 2 mars 2018
  2. Insee - Statistiques locales. Cartes comparatives, consulté le 2 mars 2018
  3. Population municipale légale de Paris en 2015, consulté le 2 mars 2018
  4. Insee Flash Île-de-France, n° 29, décembre 2017, consulté le 2 mars 2018
  5. Jacqueline Beaujeu-Garnier et Jean Robert, « Île-de-France », dans La France dans ses régions. Tome 1, sous la direction de André Gamblin, Paris, SEDES, 3e édition, 2000.
  6. Services Collectifs des Espaces Naturels et ruraux d'IDF
  7. Sable de Fontainebleau, sur le site Silice pour tous, consulté le 2 mars 2018.
  8. IAU-IDF, Carte des unités paysagères d'Île-de-France, consulté le 2 mars 2018.
  9. IGN : carte topographique consultable depuis le Géoportail Consulté le 22/01/2015.
  10. Météo France, Données climatiques de Paris sur la période 1981-2010, consulté le 3 mars 2018.
  11. Météo France Données climatiques de Melun sur la période 1981-2010, consulté le 3 mars 2018.
  12. Pierre Estienne, Les régions françaises. Tome 1, Paris, Armand Colin, collection U, 4e édition, 1996, p. 160.
  13. Maryse Fabriès-Verfaillie et Pierre Stragiotti, La France des Régions, Rosny-sous-Bois, Bréal, 3e édition, 2000, p. 224.
  14. IAU-IDF, Projet de parc naturel régional du Bocage Gâtinais, consulté le 2 mars 2018.