Robert Broussard

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Robert Broussard
Naissance (81 ans)
Aulnay-de-Saintonge
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Commissaire de police puis préfet
Distinctions


  • Officier de la Légion d'Honneur
  • Officier de l'Ordre National du Mérite par Pierre Joxe
  • Commandeur de l'Ordre National du Mérite par Charles Pasqua
Famille

Robert Broussard est né le à Aulnay-de-Saintonge en Charente-Maritime est un Commissaire de police devenu préfet. Il participe à la résolution de certaines affaires les plus importantes des années 1970 : l'assassinat de Jean de Broglie, l'enlèvement du baron Édouard-Jean Empain, la prise d'otages de l'ambassade d'Irak à Paris et la lutte contre les réseaux de la French Connection. Il est alors considéré comme un « Super-flic ».

Mais Robert Broussard reste essentiellement célèbre pour avoir mis fin à la cavale de Jacques Mesrine, l'ennemi public n°1, abattu le 2 novembre 1979 à la Porte de Clignancourt, à Paris alors qu'il était au volant de sa voiture.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et début de carrière[modifier | modifier le code]

Fils de cheminot de Charente, plus intéressé par le clairon, le rugby et l'ébénisterie, il eut la vocation policière par accident. C'est en sauvant une personne des eaux glacées du canal Saint-Martin qu'il fait la connaissance d'un vieux brigadier, et du même coup de la police parisienne. Entré comme commis stagiaire aux écritures au commissariat d'Argenteuil en 1960, il sera officier de police adjoint de 1961 à 1968 et officier de police judiciaire en 1969 (commissaire). Tout cela à force de potasser le droit tous les jours pendant un an, de 4h à 8h du matin, de 20h à minuit[2].

Il intègre l'Antigang (Brigade de recherche et d'intervention) comme chef-adjoint en 1972 dont il aime le côté "commando". En 1973, Raymond Marcellin, ministre de l'Intérieur, qui en août 1973, propulse le jeune patron bis de l'antigang à la télévision pour vanter le dénouement d'une prise d'otage à Brest. Le commissaire vient de parlementer trente-six heures avec un "Breton" et un "Sicilien" braqueurs qui retiennent une vieille dame. "Un corps à corps psychologique", vante Broussard qui dans ces moments graves, peut "uriner un bon coup contre un mur" pour décompresser avant de repartir à l'assaut verbal. Le grand patron de la place Beauvau le dépêche devant les caméras : « Rendez-nous ce service, Broussard. La presse nous bassine avec LIP (affaire Lip). Pendant qu'on parlera de Brest, on ne parlera plus de montres... »[2].

Le 28 septembre 1973, Jacques Mesrine est localisé dans un appartement parisien. Comme il refuse de se rendre, Broussard est obligé de parlementer durant une heure. Il est obligé de glisser sa carte d'identité pour démontrer qu'il est bien le commissaire Broussard. Il s'ensuit une provocation qui découle sur un défi que les deux hommes se lancent. Broussard doit se mettre derrière la porte sans armes, à la merci potentielle de Mesrine. Il s'exécute et Mesrine ouvre la porte en étant théâtral. Cette arrestation sera relatée dans la presse.

Broussard raconte son altercation en plein tribunal avec Gilbert Zémour à la suite de la fusillade au bar le Thélème en 1975. Lors de cette fusillade, est abattu le chef des frères Zemmour, surnommés les "Z" par le milieu, William Zémour, son garde du corps et Edgar Zémour est grièvement blessé. Les frères rescapés avaient décidé de mettre un "contrat" sur la tête de Broussard. Donc en plein tribunal, Broussard attrape par le col Gilbert Zémour et lui dit : « Alors, tu veux me faire descendre. »

Arrestation de Mesrine et polémique[modifier | modifier le code]

Le 8 mai 1978, Jacques Mesrine, condamné à vingt ans de prison, s'évade de la prison de la Santé. En pleine cavale, il donne des interviews à des journalistes. Broussard y voit un défi à la police pour l'arrêter. Le commissaire principal Broussard était alors le chef de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) de la Préfecture de Police de Paris dont la compétence est limitée à la région parisienne. C'est le commissaire divisionnaire Lucien Aimé-Blanc, chef de l'Office central pour la répression du banditisme (OCRB), service à compétence territoriale nationale, qui est chargé de la mission de retrouver Jacques Mesrine.

Lorsque les policiers de Lucien Aimé Blanc repèrent la planque de l'ennemi public n° 1, rue Belliard à Paris, Maurice Bouvier, alors direction centrale de la Police judiciaire, confie à la BRI de Robert Broussard, compétente territorialement sur Paris, la mission d'arrêter Mesrine. Maurice Bouvier demande à Lucien Aimé-Blanc de mettre ses hommes à la disposition de Robert Broussard. Alors que Robert Broussard se trouve sur la rampe de sortie du boulevard Ney dans la voiture de commandement de l'opération en compagnie de Lucien Aimé-Blanc et de l'Inspecteur divisionnaire de l'OCRB Emmanuel Farrugia, une camionnette bâchée de la BRI se place dans la circulation devant la voiture de Mesrine. Robert Broussard donne alors le feu vert à ses hommes. Un camion bâché, qui s'est inséré devant son véhicule, dissimule des tireurs qui ouvrent le feu sur lui et sa compagne. Vingt et une balles sont tirées. On retrouvera dix-huit impacts de balles à haute vélocité sur son corps. Il est tué en possession de grenades et d'armes de poing dissimulées à ses pieds. Sa compagne, grièvement blessée, perd un œil dans la fusillade. Lorsque Robert Broussard, Lucien Aimé-Blanc et Emmanuel Farrugia, qui ont quitté précipitamment la voiture de commandement, arrivent au niveau de la BMW, tout est joué : l'ennemi public numéro 1 gît, simplement retenu par sa ceinture de sécurité[3].

Une polémique, développée par la famille et les amis de Jacques Mesrine, s'ensuivit, soutenant que les policiers n'avaient pas exécuté les sommations d'usage avant d'ouvrir le feu et qu'il s'agissait donc d'un assassinat. Cette controverse a été tranchée le 6 octobre 2006 par la Cour de cassation, qui a déclaré irrecevable le pourvoi en cassation de la famille Mesrine à la suite du non-lieu prononcé le 1er décembre 2005 par la chambre d'instruction de la Cour d'appel de Paris.

Suite de sa carrière[modifier | modifier le code]

Il passe commissaire principal en 1977 et devient le chef de cette unité de 1978 à 1982.

Nommé commissaire divisionnaire en 1982, il occupe le poste de conseiller technique au cabinet de Joseph Franceschi (secrétaire d'État chargé de la sécurité publique).

Il sera successivement nommé Commissaire de la République délégué pour la police en Corse en 1983, puis Préfet délégué pour la police en Corse.

En 1985, avec l'accord du ministre de l'Intérieur Pierre Joxe, il fonde l'Unité de recherche, assistance, intervention et dissuasion (RAID), dont il confie la direction à Ange Mancini, qui était alors directeur du SRPJ d'Ajaccio.

La même année, nommé préfet hors cadre, il officie en tant qu'adjoint opérationnel du Directeur général de la police nationale pour la lutte antiterroriste. En 1985, lors de la prise d'otages du palais de justice de Nantes par Georges Courtois et ses complices, il est mandaté pour discuter en première ligne avec les preneurs d'otages.

Il continue son ascension hiérarchique jusqu'à être nommé, directeur central des polices urbaines de 1986 à 1992, puis chargé de mission pour la lutte contre l'usage et le trafic de stupéfiants.

En 1992, il prend la direction de la police aux Frontières et de la lutte contre l'immigration clandestine. Il est admis à faire valoir ses droits à la retraite en décembre 1996.

À la suite de la sortie du film Jean-François Richet sur Mesrine en 2008 (L'instinct de mort), Broussard se réserve le droit de porter plainte en diffamation quant à la manière dont est dépeinte la scène finale où Mesrine est abattu. Mesrine y est achevé d'une balle dans la tête, ce qui ne reflète pas la réalité des faits[4].

Divers[modifier | modifier le code]

Les grandes affaires[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]