Astrologie traditionnelle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

L'astrologie traditionnelle ne prend en compte que les planètes dites visibles à l'oeil nu. Ainsi, les planètes orbitant au-delà de Saturne comme Uranus (découverte en 1781) ne sont par exemple pas prises en compte par ces astrologues. Cette astrologie est majoritairement celle qui était la seule et unique en vigueur du troisième siècle av. J.-C. jusqu'au XVIIe siècle. Cependant, si certains des astrologues majeurs de ces époques comme Ptolémée ou Johannes Kepler conseillaient de pratiquer une astrologie tenant compte des faits indépendants d'elle-même[1], les astrologues traditionalistes ont tendance à considérer que leur pratique se suffit à elle-même, et ils ne recourent donc pas à des sciences humaines telles que la psychanalyse (comme André Barbault), aux théories neuro-biologiques de Ivan Petrovitch Pavlov (comme Jean-Pierre Nicola) ou au mimisme du Professeur Marcel Jousse (comme Claire Santagostini) par exemple[2].

Ce que recouvre le mot de Tradition en astrologie[modifier | modifier le code]

Selon certains, l'astrologie est-le fruit d'une révélation[3] ce qui en ferait un savoir intégral et parfait dès l'origine[4], une « science ancienne à reconstruire »[5] et non une « science nouvelle à créér »[6].

Cependant, un auteur traditionnel comme Marcus Manilius avance lui-même avoir innové en astrologie. En effet, il s'est attribué[7] la paternité de la méthode de détermination de l'ascendant suivante, qui ne vaut pas[7] - contrairement à ses dires- pour tous les endroits du globe terrestre[8] :

« En quelque lieu de la terre qu'on se propose de résoudre le problème, il faut déterminer le nombre d'heures égales comprises dans la durée du plus long jour et de la plus courte nuit de l'Eté. La sixième partie du plus long jour correspond au temps d'ascension du Lion. Partagez de même la durée de la plus courte nuit et assignez une de ces parties au Taureau pour s'élever au-dessus de l'horizon. Prenez ensuite la différence entre les durées des levers du Lion et du Taureau et divisez la en trois. A la durée du Taureau, ajoutez un tiers, deux tiers, trois et enfin quatre tiers de cette différence, vous aurez successivement les temps des Gémeaux, de l'Ecrevisse, du Lion (qui correspond à celui déjà obtenu) et enfin de la Vierge. La Balance prend le même temps que la Vierge et à partir de celle-ci, les durées décroissent dans la même proportion. Autant chaque signe met de temps à monter, autant le signe opposé met de temps à descendre. » (Les Astronomiques, section III, vers 398 à 414)
« Combinant cela avec l'heure courante, on n'aura aucune erreur à craindre dans la détermination du point de l'horoscope, puisque l'on pourra attribuer à chaque signe le temps qui lui convient en commençant à compter du lieu que le soleil occupe. » (III, 433-437)

Du fait de l'existence de cette innovation, on est en droit de se demander dans quelle mesure l'astrologie traditionnelle fait exception à la règle de l'évolution historique du savoir humain général.

Sources de la Tradition en astrologie[modifier | modifier le code]

Les méthodes de l'astrologie traditionnelle sont essentiellement héritées de Claude Ptolémée[9], le « Prince des Astrologues »[10]. Ce dernier était un compilateur de sources antérieures (et non un praticien).

Les astrologues traditionalistes se réfèrent aussi à - par ordre chronologique - Hermès Trismégiste, Marcus Manilius, Vettius Valens, Firmicus Maternus, Claude Dariot (1533-1594), auteur d'une Introduction au jugement des astres, Robert Fludd, Jean-Baptiste Morin de Villefranche, William Lilly, toujours très respecté dans l'astrologie anglo-saxonne[11], Eustache Lenoble (1643-1711), Henry de Boulainvillier, Alain Yaouanc (né en 1931).

Ces sources sont ainsi basées sur le principe d'autorité, et la foi totale de l'enseigné envers l'enseignant[12].

Nature de l'astrologie traditionnelle[modifier | modifier le code]

L'astrologie traditionnelle est avant tout prédictive[13],[14], posant en principe un destin implacable[15]. Elle diffère ainsi fortement de l'astropsychologie (en) contemporaine, ou astrologie psychologique, qui a pris son essor au XXe siècle en se basant sur les théories formulées par Carl Gustav Jung. Cette dernière estime que l'astrologie est un savoir permettant de comprendre le fonctionnement psychologique de l'individu, et que la prévision reste incertaine et aléatoire.

Répondant à une demande de voyance[16], l'astrologie traditionnelle recourt souvent à un vocabulaire manichéen (planètes “bénéfiques“/planètes “maléfiques“, "bons“ aspects/“mauvais“ aspects). L'astrologue Yves Lenoble a écrit[17] : « Toutefois, on ne peut nier que, dans le grand public, c’est encore cette notion de “bons” et “mauvais” signes qui fonctionne le mieux, ce qui peut expliquer que cette astrologie conserve des adeptes ». A noter qu'en astrologie traditionnelle il n'est nullement question de signes "bons" ou "mauvais" mais de signes "féminins" ou "masculins" qui déterminent leur nature ensemble à d’autres structures tels que les éléments (feu, terre, air, eau), les saisons (printemps, été, automne, hiver) et une subdivision de chaque saison en trois états (cardinal, fixe, mutable).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Cahiers Astrologiques n°181 (juillet-août 1976), page 143.
  2. Les Cahiers Astrologiques n°181, page 153.
  3. André-Jean Festugière, La Révélation d'Hermès Trismégiste, t. I : L'astrologie et les sciences occultes (1944), Les Belles Lettres.
  4. Une astrologie née "toute casquée"
  5. Paul Choisnard, Influence astrale, janvier 1913.
  6. Paul Choisnard, opus cité
  7. a et b J. Hieroz, Manilius et la tradition astrologique, Éditions des Cahiers Astrologiques, 1941, p. 5.
  8. Comme pour la domification Placidus, il n'y a plus d'ascendant aux pôles terrestres.
  9. André Barbault, Connaissance de l'astrologie, Éditions du Seuil, page 45.
  10. André Barbault, op. cité, page 44.
  11. (en) Dr J. Lee Lehman, Ph.D., Classical astrology for modern living, Whitford Press, 1996, ISBN 9-780924-608247
  12. André Barbault, Connaissance de l'Astrologie, Éditions du Seuil, 1975.
  13. Denis Labouré, Cours Pratique d'Astrologie: Secrets de l'Astrologie des Anciens, Éditions Chariot d'Or, 2004, ISBN 9-782911-806452
  14. Arnaud Esquerre, Prédire : L'astrologie au XXIe siècle en France, éd. Fayard, 2013, ISBN 9-782213-678566, p. 55.
  15. Déterminisme de l'astrologie traditionnelle
  16. et non à une vision de la vie en terme d'évolution (aspects stressants/aspects confortables...).
  17. Les grands courants astrologiques du XXème siècle en France

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]