Ayanamsa

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Illustration du décalage lié à la précession des équinoxes entre le zodiaque sidéral des constellations et le zodiaque tropical commençant au point vernal.

On appelle « Ayanamsa » l'écart, d'environ 24° en l'an 2000, entre le zodiaque sidéral utilisé par l'astrologie hindoue, aussi nommée Astrologie védique ou jyotish, et le zodiaque tropical utilisé par la majorité des astrologues occidentaux, lequel divise l'écliptique en douze secteurs égaux à partir du point vernal. En raison de la précession des équinoxes, l'« Ayanamsa » croît de 1° tous les 71 ans et sept mois environ[1].

Différences entre « constellations zodiacales » et « signes » de l'astrologie tropicale[modifier | modifier le code]

Polaris, Thuban et Véga comme étoiles polaires au cours des millénaires

Du fait de la précession des équinoxes, l'axe des pôles terrestres effectue en 25 770 ans[2] une rotation semblable à celle, beaucoup plus rapide (quelques secondes), d'un gyroscope[3]. Observons cependant que c'est l'attraction de la Lune orbitant autour de la Terre qui cause ce décalage graduel. Si nous projetons l'axe des pôles vers la voûte céleste, nous observons un trajet circulaire. Actuellement, le pôle Nord pointe vers l'étoile que nous appelons « polaire », Polaris, mais qui ne l'a pas toujours été. En 2000 avant notre ère, l'étoile polaire était Thuban, une étoile de la constellation Draco (le Dragon). En 11 000 avant notre ère, c'était, à quelques degrés près, Véga de la Lyre.

Trajet circulaire de l'axe des pôles projeté vers la voûte céleste.

Même si l'axe des pôles tourne ainsi, l'inclinaison de cet axe, par contre, ne varie pas : elle est de 23 degrés et demi, approximativement, un angle d'inclinaison comparable à celui de ce gyroscope[4].

C'est à cette inclinaison que sont dues les saisons : de la Terre, toujours « penchée » vers Polaris (depuis quelques siècles), nous voyons (si par exemple nous sommes dans l'hémisphère Nord), le Soleil plus longtemps et plus haut dans le ciel - c'est l'été - s'il est placé au plus proche de cette étoile[5]; si, en d'autres termes, nous sommes « penchés » vers un Soleil semblant être dans le signe tropical du Cancer (correspondant peu ou prou à la constellation des Gémeaux) voisin(e) de Polaris. À l'opposé, en hiver, nous sommes toujours penchés dans la même direction, mais, la Terre ayant effectué la moitié d'un cycle, le Soleil semble être plus proche du signe tropical du Capricorne (correspondant peu ou prou à la constellation du Sagittaire), et il n'apparaît que peu et s'élève peu dans le ciel[5]. Nous somme penchés de l'autre côté. En vérité, l'inclinaison n'a pas varié, c'est notre position par rapport au Soleil qui a changé en six mois.

Alternance des saisons dans l'hémisphère Nord.

Lorsque la Terre est penchée au maximum vers le soleil, c'est l'été boréal; à l'opposé, six mois plus tard, c'est l'hiver boréal qui commence. Ces deux positions de la Terre par rapport au Soleil forment l'axe des solstices. Lorsque la Terre est à mi-chemin entre ces deux dates, ce sont les équinoxes du printemps et de l'automne. Ces deux moments du système Terre-Soleil forment l'axe des équinoxes. Étant donné que ce cycle est entièrement tributaire de l'inclinaison de la Terre, le déplacement de l'axe des pôles fera en sorte que l'arrière-plan stellaire devant lequel se trouve le Soleil à chaque moment du cycle changera.

Point vernal, axe des équinoxes et axe des solstices

Douze constellations, de tailles et de conformations fort différentes, semblent jalonner le trajet apparent du Soleil en douze mois : ce sont les constellations zodiacales. Il n'y a cependant aucun lien nécessaire entre, par exemple, la constellation du Bélier et le mois du signe du Bélier du zodiaque tropical (le premier mois du printemps, marqué par le passage du Soleil au point vernal); il y a 13 000 ans, le Bélier sidéral n'était pas l'arrière-plan tropical du Soleil de printemps, mais d'automne.

Il n'existe qu'un seul zodiaque tropical car il n'existe qu'un seul point vernal.

Astrologie hindoue[modifier | modifier le code]

Coordonnées équatoriales.

Il existe chez les hindous plusieurs étoiles qui servent de point de référence pour leur zodiaque sidéral. On citera deux systèmes principaux, qui diffèrent très peu:

  • l'étoile fixe Revati (en) (ascension droite 01h 13m 43,80s et déclinaison +07° 34′ 31,8″) correspond au degré zéro du signe sidéral du Bélier,
  • l'étoile fixe Spica (ascension droite 13h 25m 11,587s et déclinaison -11° 09′ 40,71″) correspond au degré zéro du signe sidéral de la Balance[6].

Il découle de ce qui précède qu'il existe plusieurs « Ayanamsas » différents qui, heureusement, diffèrent très peu.

L'étoile du Bélier qui sert de point de départ de cette division égale en 12 est assez insignifiante visuellement en comparaison par exemple d'Aldébaran ou d'Antarés. Elle n'a été choisie que parce qu'elle s'inscrivait au sein d'un dispositif plaqué sur l'écliptique et inspiré des 12 mois de l'année terrestre au regard de l'iconographie des activités saisonnieres comme on les trouve décrites dans les almanachs, les livres d'heures et sur les cathédrales.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. donnée de l'an 2000, le facteur de la précession variant au cours des siècles.
  2. soit 360 degrés x (71 + 7/12) ans/degré, donnée de l'an 2000.
  3. François Le Calvez, Ère du Verseau?, Éditions traditionnelles, 2000, p. 48
  4. Joachim Herrmann, Atlas de l'astronomie, Éd. Le livre de poche, 1995, ISBN 9-782253-064534, p. 43.
  5. a et b Joachim Herrmann, op. cité, p. 43.
  6. François Le Calvez, op. cité, p. 52.

Articles connexes[modifier | modifier le code]