Bataille de Loigny

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Bataille de Loigny
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Les zouaves pontificaux à La bataille de Loigny, Charles Castellani (1838-1913), 1879, Musée de l'Armée, Paris

Informations générales
Date 2 décembre 1870
Lieu Loigny-la-Bataille
Issue Victoire prussienne
Belligérants
Drapeau français France Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse
Drapeau du Royaume de Bavière Royaume de Bavière
Commandants
Général d'Aurelles de Paladines, Général Antoine Chanzy,
Général de Sonis
Grand Duc de Mecklembourg
Forces en présence
5 divisions (initial)
14 divisions (final)
6 divisions (initial)
14 divisions (final)
Pertes
5 000 morts
3 000 prisonniers
4 000 morts

Guerre franco-prussienne de 1870

Batailles

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Coordonnées 48° 07′ 26″ nord, 1° 44′ 02″ est

Géolocalisation sur la carte : Centre-Val de Loire

(Voir situation sur carte : Centre-Val de Loire)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Loigny.

Géolocalisation sur la carte : Eure-et-Loir

(Voir situation sur carte : Eure-et-Loir)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Loigny.

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Loigny.

La bataille de Loigny s’est déroulée au nord d’Orléans, le 2 décembre 1870, à la fin de la guerre de 1870. Cet affrontement, qui opposa trois corps de l’armée de la Loire à l’armée du Grand-duc de Mecklembourg, annonce la fin de la campagne de la Loire et la défaite finale de la France.

Contexte[modifier | modifier le code]

Vers la fin de l'automne 1870, une nouvelle armée, formée des débris de deux corps d’armée (le XVe et le XVIe) et d’un contingent de volontaires, l’Armée de la Loire, fait marche vers Paris afin de forcer les Prussiens à lever le siège de la capitale. Le 9 novembre, par un effet de surprise, elle parvient à forcer le passage à un corps d'armée bavarois en reprenant au passage la ville d’Orléans lors de la bataille de Coulmiers ; mais sa progression ne reprend qu’à la fin novembre, par la volonté de son général, Louis d’Aurelle de Paladines, de réorganiser ses troupes et de compléter leur formation militaire ; et encore la reprise des opérations n’est-elle entreprise que sous la pression constante du conseil national de la résistance, emmené par Léon Gambetta.

Portraits des acteurs[modifier | modifier le code]

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Le contact[modifier | modifier le code]

Le 20 novembre, la 2e armée du prince Frédéric-Charles, rendue à sa liberté de manœuvre par la reddition de Metz, prend position sur la ligne de PithiviersMontargis (IIIe et Xe corps d'armée), laissant le IXe corps d'armée allemand en réserve à Angerville. La masse de l’Armée de la Loire ayant pris position sur l’axe Orléans-Paris, le prince ordonne le regroupement des IIIe et IXe corps d’armée sur les hauteurs dominant Toury. Puis ces forces regroupées reçoivent l’ordre du prince de fondre, via Beaugency, sur l’aile gauche des Français.

Les Français progressent à présent vers Paris sur un front de 80 kilomètres, les divisions les unes à côté des autres. Le 28 novembre, le Xe corps d'armée prussien est accroché mais parvient à stopper l’avance ennemie à Beaune-la-Rolande, forçant l’aile droite de l’Armée de la Loire à se reformer en forêt d’Orléans. Pour éviter une contre-attaque de ces forces, le centre allemand, constitué des XVe et XVIe corps, pivote sur la droite en direction de Pithiviers, mais le 1er décembre, la 1re Division bavaroise, bousculée à Villepion, doit se replier. Ayant cependant localisé ainsi le gros des forces françaises, le groupe d’armées du grand-duc de Mecklembourg reçoit l’ordre de contre-attaquer le 2 décembre. Le front allemand comprend : à l’aile droite, la 4e division de Cavalerie du prince Albert de Prusse et le Ier corps d'armée bavarois du général von der Tann ; au centre, la 17e division prussienne d'Infanterie, et à l’'aile gauche, la 22e division d’Infanterie et la 2e division de Cavalerie du comte zu Stolberg.

Le combat[modifier | modifier le code]

L'affrontement à Loigny[modifier | modifier le code]

Sur ordre du général d’Aurelle de Paladines, le XVIe corps du général Chanzy prend position sur les hauteurs de Jouville, suivi du XVIIe corps du général de Sonis, parti de la lisière Nord de la forêt d’Orléans ; le XVe corps du général des Pallières se dirige à droite vers Poupry via Artenay[1].

Les 2e et 3e divisions du corps d’armée Chanzy marchent au matin depuis Terminiers contre la ligne Loigny–Lumeau, avec la 1re division tenue en réserve et la division de cavalerie du général Michel couvrant leur aile gauche. La bataille de Loigny commence vers 9 heures, avec l’assaut du XVIe corps contre les Bavarois retranchés autour du château de Goury (entre Loigny et Champdoux), qui venaient juste de s’emparer de la place[2]. Dans le même temps, la 1re division bavaroise du général Karl von Dietl, la 4e division de cavalerie du prince Albert de Prusse et la brigade de cuirassiers bavarois (général von Tausch) ont pris position à Tanon-Baigneaux[3], avec pour objectif Terminiers[4], pour couper la retraite du corps Chanzy. Les Bavarois, encore sous le coup des combats des jours précédents, sont bientôt débordés par un ennemi supérieur en nombre, et se replient en désordre. À Beauvillers, la 2e Division bavaroise ne parvient à arrêter les Français qu’avec peine. Sur le point d’être vaincu, le grand-duc de Mecklembourg ordonne alors à la 17e Division de von Tresckow, en position sur Lumeau, de galoper pour attaquer l’aile droite française. Vers 11h30, une contre-attaque des Bavarois entre Beauvillers et Château-Gouvry parvient à repousser la division de l’amiral Jaureguiberry sur Loigny. L’attaque simultanée sur deux ailes finit par provoquer l’encerclement des Français. Le général Chanzy, en dégageant son aile droite, laisse plusieurs bataillons allemands refermer l’étau sur Terre-Noire. Après plusieurs tentatives infructueuses, la 33e brigade du général Hugo von Kottwitz finit par s’emparer de Loigny puis, en quelques heures, arrête tous les assauts du XVIIe corps.

Le combat de Poupry[modifier | modifier le code]

La 22e Division du général de corps d’armée Ludwig von Wittich s’est repliée au matin de nouveau à Baigneaux, et elle reçoit alors l’ordre de prendre position sur Lumeau en appui. Dans sa progression, elle est interceptée par les 2e et 3e division du 15e corps d'armée (France) venues d'Artenay, et l'affrontement qui s'ensuit élargit le front au sud-est. La 22e division doit obliquer vers la gauche pour faire face et se retranche à Poupry. Dans un premier temps, l'engagement se fait par l'aile gauche française, et oppose la colonne Peyvatin de la 3e division, partie de Dambron, à la 3e Brigade de cavalerie allemande. Dès que le général Wittich apprend la nouvelle, il se précipite au secours de Pourpry avec toute sa division en traversant Anneux, où son avant-garde (43e brigade) déloge les quelques troupes françaises commises à la garde du village. Six batteries d'artillerie de campagne de la 43e brigade sont dépêchées vers le sud, à Morale, et bientôt arrêtent les colonnes de la Division Martineau, progressant entre Poupry et Autroches, par un feu roulant. Là, au prix de lourdes pertes, les Allemands repoussent l'attaque française. Vers 16h00, les Français lancent un assaut général avec de forts contingents de voltigeurs, détournés de Poupry et de Morale. Le commandant de la 43e brigade allemande, le colonel von Kontzki, meurt en défendant Poupry ; quant à la 22e division, elle reste retranchée jusqu'à 22h00, et ne reprend position au centre, autour d'Anneux, qu'à l'annonce de la victoire de Loigny.

La route de Paris barrée[modifier | modifier le code]

La situation au soir du 2 décembre.

Vers 16h30, la 2nde brigade d'infanterie bavaroise du général von Orff est parvenue à repousser les Français à deux kilomètres environ au-delà de Loigny, la 4e division de cavalerie couvrant son aile gauche ; mais la résistance acharnée des Français empêche un total encerclement.

Le centre français, au sud de Lumeau, ne rejoint l'arrière du XVIIe corps de l'armée de la Loire qu'avec retard, et ne permet plus de renverser l'issue du combat. À la tombée de la nuit, les troupes allemandes se sont repliées de nouveau, et le champ de bataille se fige sous le contrôle des avant-postes des deux camps.

Sur le front de Poupry, le XVe corps d'armée français a été repoussé sur la ligne Artenay-Dambron.

Conséquences[modifier | modifier le code]

L'Armée de la Loire ne peut désormais plus secourir Paris[5]. Le 3 décembre, la IIe armée allemande du prince Frédéric-Charles lance une attaque en masse, appuyée par le groupe d'armées du grand-duc de Mecklembourg, qui s'empare le 5 décembre d'Orléans. Quoique cette défaite soit essentiellement imputable à l'ordre d'attaque à tout prix de Gambetta, le gouvernement de la Défense nationale accable le général d’Aurelle de Paladines et le démet de son commandement le 6 décembre.

Représentations et commémorations[modifier | modifier le code]

Cette bataille est notamment représentée par un bas-relief d'Eugen Boermel et de Conrad Freyberg sur le mémorial du Prince-Albert, à Berlin. On y reconnaît notamment le prince Albert de Prusse en général de cavalerie. Une peinture de Richard Knötel (1857-1914) met également en scène cet affrontement.

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. D'après Michael Howard, The Franco Prussian War, Londres-New-York, Routledge, , p. 245 et suiv.
  2. Cf. à ce sujet le rapport du correspondant du Times: History of the Franco-Prussian War
  3. ...à 2 km au nord-ouest de Goury, non loin de l'actuelle D927.
  4. ...à 4 km au sud de Loigny-la Bataille
  5. D'après Geoffrey Wawro, The Franco-Prussian War: The German Conquest of France in 1870-1871, Cambridge University Press, , p. 275.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Colonel Rousset, Histoire générale de la guerre franco-allemande, tome 2, Tallandier, Paris, 1911.
  • Challan de Belval, Carnet de campagne d’un aide-major, Plon, Paris, 1902
  • Ladislas-Xavier Gorecki, Bataille de Loigny-Pourpry, 2 décembre 1870, au point de vue du service de santé, Paris : R. Chapelot, 1901, in-8° , 41 p. & fig. [1]
  • A. Le Guay, « Aperçu général sur l'invasion prussienne dans le département d'Eure-et-Loir ; rapport du préfet », Rapports et délibérations / Département d'Eure-et-Loir, Conseil général,‎ , p. 285 (ISSN 1262-6155, lire en ligne)
  • Compton's Home Library: Battles of the World
  • Friedrich Engels, « Über den Krieg », The Pall Mall Gazette, no 1812,‎ (lire en ligne)
  • Friedrich Engels, « Über den Krieg », The Pall Mall Gazette, no 1816,‎ (lire en ligne)
  • Friedrich Engels, « Über den Krieg », The Pall Mall Gazette, no 1824,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]