Affaire Maudet

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Pierre Maudet en 2017

L'affaire Maudet est le nom donné aux accusations « d'acceptation d'un avantage » faites à l'encontre du politicien genevois Pierre Maudet du Parti libéral-radical. Une enquête est menée par le Ministère public genevois et le Grand Conseil du canton de Genève a levé l’immunité du magistrat en 2018-2019. Pierre Maudet a avoué avoir menti sur la nature et le financement d’un voyage à Abou Dabi en 2015.

Résumé[modifier | modifier le code]

Pierre Maudet est soupçonné « d'acceptation d'un avantage » pour un voyage à Abou Dabi en 2015. Une enquête est menée par le Ministère public et le Grand Conseil lève l’immunité du magistrat en septembre 2018 et en janvier 2019. Pierre Maudet avoue avoir menti sur la nature et le financement de ce voyage, qui n'avait pas de caractère privé car il a été invité par le prince héritier de l'émirat.

Le Conseil d’État retire à Pierre Maudet son rôle de président, et réorganise les départements. Plusieurs instances politiques dont la présidence du PLR Genevois appellent à sa démission tandis que la base des membres du PLR Genevois lui renouvelle sa confiance à l'assemble générale extraordinaire du 15 janvier 2019.

Les faits[modifier | modifier le code]

Voyage à Abou Dabi[modifier | modifier le code]

Pierre Maudet et sa famille, son ancien chef de cabinet Patrick Baud-Lavigne et Antoine Daher, un ami actif dans l’immobilier à Genève, ont effectué un voyage à Abou Dabi du 26 au 30 novembre 2015 pour assister à un Grand Prix de Formule 1. Pierre Maudet affirmait jusqu'en mai 2018[1] que le voyage comprenant des vols en classe affaires, le logement à l’Emirates Palace et l’accès au Grand Prix, avait été payé par un ami de son ami[2]. Ce voyage, selon Pierre Maudet, était privé, et c'est par hasard qu'il aurait rencontré le cheik Mohammed ben Zayed Al Nahyane, prince héritier d'Abou Dabi et nouvel homme fort des Émirats arabes unis[3]. À la suite de cette rencontre, il a eu des entretiens avec des hauts dignitaires sur des sujets politiques[4].

Ce voyage a en définitive été organisé par Magid Khoury de la société Capwest, et payé par le cheik Mohammed ben Zayed Al Nahyane[5]. Un des organisateurs du voyage de Pierre Maudet à Abu Dhabi datant de novembre 2015 dont la facture a été réglée par le cheik Mohammed ben Zayed Al Nahyane, prince héritier de l’Émirat.

À un journaliste du journal Le Temps, Pierre Maudet affirme avoir fait don le 9 novembre 2015 de 2 000 francs à l'Église protestante et autant à l'Église catholique, le total correspondant au prix du « package » reçu (avion, hôtel et Grand Prix) selon les recherches qu’il a lui-même faites sur Internet[6]. Le coût de ce voyage est alors évalué à plusieurs dizaines de milliers de francs.

Le 5 septembre 2018, Pierre Maudet reconnaît sur la chaîne locale Léman bleu avoir menti dans cette affaire : « j'ai besoin de dire aux Genevois que j'ai caché une partie de la vérité et que ce n'est pas admissible ». Il affirme avoir « voulu dissimuler cette réalité », en soulignant avoir voulu protéger sa famille[7].

Financements de campagne et de cotisation, déduction fiscale[modifier | modifier le code]

La justice n'a pas statué sur la véracité de ce volet et l'administration fiscale cantonale ne s'est pas prononcée sur ce qui suit : deux associations auraient soutenu Pierre Maudet dans ses campagnes électorales, dont le Cercle Fazy-Favon (fondé en 2011 lors de la fusion des radicaux et des libéraux, provenant du parti radical). Ce fonds aurait financé l'association de soutien à Pierre Maudet pour plus de 86 000 francs. Le Cercle Fazy-Favon est qualifié de « trésor caché » (des radicaux) par la journaliste de la RTS[8]. Ces fonds auraient également payé la cotisation de membre du parti de Pierre Maudet, quatre ans, pour un total d’environ 40 000 francs. Et ces cotisations auraient été déduites fiscalement par Pierre Maudet, alors qu’il ne les aurait pas payées[9]. Le professeur de droit fiscal Xavier Oberson estime lui qu’il s'agit de « maladresses »[10].

Projet immobilier du Pré-du-Stand[modifier | modifier le code]

Selon David Haeberli du journal Le Temps, les informations divulguées par l'émission alémanique Rundschau le 3 septembre 2018 font soupçonner un possible lien avec une affaire immobilière impliquant Capvest, la société contrôlée par Magid Khoury, qui serait liée à l'organisation du voyage en 2015 à Abu Dhabi[5],[11],[12]. Le 6 décembre 2018, un autre journaliste du magazine Bilan, Serge Guertchakoff, prouve que ces attaques ne tiennent pas la route et que l’intervention de Pierre Maudet est improbable au vu des dates[13]. Considérant qu'il n'y a aucun lien avec Pierre Maudet, le parlement approuve le 24 janvier 2019 le déclassement de 12 hectares de terrain agricole, dans le cadre d’une rocade complexe, ce qui permet au projet de construction de 90 000 m2 de bureaux et de cinq terrains de football d'avancer. Un référendum est annoncé par l'extrême gauche[14].

Autorisation d’exploiter de l’Escobar[modifier | modifier le code]

Un article à charge et non étayé par une décision de justice, du journal Le Temps, insinue que Pierre Maudet aurait aussi pu faciliter l'ouverture du bar l'Escobar pour Antoine Daher, l'un des organisateurs du voyage d'Abu Dhabi. Dans ce même bar aurait eu lieu une fête d'anniversaire pour le ministre en fonction, qui aurait été pour partie aux frais de Daher (4 000 francs). L'entrepreneur aurait également financé un sondage de la campagne de Pierre Maudet pour un montant de 34 000 francs suisses[12]. Deux proches de Pierre Maudet sont mis en prévention pour abus d’autorité dans cette affaire d’autorisation d’exploiter donnée à l’Escobar : son ancien chef de cabinet et le directeur de la police du commerce (suspendu de ses fonctions)[9],[15].

Groupe hôtelier Manotel[modifier | modifier le code]

Le groupe hôtelier Manotel a effectué pour 105 000 francs de dons à des associations de soutien à Pierre Maudet. Il a financé une autre fête à laquelle ont assisté des personnalités politiques, médiatiques et judiciaires, dont le procureur général Olivier Jornot, pour un coût de 20 000 francs. Les procureurs ont perquisitionné le siège de Manotel. Ils ont aussi formulé une nouvelle demande de levée de l’immunité de Pierre Maudet le 8 janvier 2019[9],[16]. En septembre 2019, Pierre Maudet comparaît devant le Ministère public genevois concernant ce volet de l'affaire[17].

Consultation de rapports des services secrets[modifier | modifier le code]

Pierre Maudet a reçu des copies de rapports classés confidentiels de la Brigade de sûreté intérieure de la police cantonale (BSI), qui est liée au Service de renseignement de la Confédération (SRC)[18]. Un député dépose une question urgente le 11 octobre 2018 , pour comprendre le niveau d’information exact que le conseiller d’État (ou son ancien chef de cabinet) avaient en matière de sécurité intérieure et extérieure, au moment de leur voyage à Abou-Dhabi[19]. Selon les explications données par le Conseil d’État : ces documents ont été transmis de main à main, par la commandante de la police, Monica Bonfanti, tous les deux ou trois mois, dès l’entrée en fonction de Pierre Maudet en 2012 ; la destruction subséquente de ces rapports serait établie avec une traçabilité « relative ». La pratique est légale selon le SRC, cependant pour certains elle devrait se limiter aux services de police, et ne pas s’étendre aux instances politiques. Le nouveau responsable de la police au Conseil d’État, Mauro Poggia, est étonné. Il décide de suspendre cette pratique[20].

En décembre 2019, la rédaction alémanique de l’hebdomadaire allemand Die Zeit publie les informations obtenues de deux employés de la Brigade de sûreté intérieure. Ces employés affirment avoir été d'abord heureux de l’intérêt manifesté par le conseiller d’État, mais s’être rendu compte que dans le cas de Pierre Maudet, « Il voulait savoir. Tout savoir »[21]. Ils « ont jugé inadmissible qu’ils aient dû faire trois copies de chaque rapport : une pour le siège à Berne, une pour leur patron, la troisième pour le conseiller d’État ». Selon eux, leur supérieur transmettait les rapports chaque semaine à Pierre Maudet.

Conséquences politiques et juridiques[modifier | modifier le code]

Procédure juridique[modifier | modifier le code]

La justice a été saisie en août 2017 d'un rapport de police sur le voyage à Abou Dabi, et une procédure a été ouverte contre inconnu, Pierre Maudet et son ancien chef de cabinet ayant le statut de personnes appelées à donner des renseignements[22]. Le 30 août 2018, le Ministère public décide d'ouvrir une instruction contre l'ex-chef de cabinet, entendu le même jour[23]. Le Parquet veut aussi entendre Pierre Maudet « en qualité de prévenu d'acceptation d'un avantage », pour cela le Grand Conseil doit lever son immunité. Pierre Maudet publie une lettre ouverte, disponible sur son site personnel[24], dans laquelle il indique être favorable à la levée de son immunité. L'ensemble des partis y est favorable aussi, l’immunité est levée le 20 septembre et Pierre Maudet est auditionné devant le Ministère public le 28 septembre 2018[25],[26].

Pierre Maudet est interrogé en audience par le procureur Olivier Jornot[27]. Les deux hommes se connaissent pour avoir ensemble mené une politique sécuritaire de lutte contre la criminalité[28], concernant principalement la sécurité routière et la délinquance financière en 2016.

Le 8 janvier 2019, le ministère public dépose une nouvelle demande de levée de l’immunité de Pierre Maudet, pour « acceptation d'un avantage » par rapport aux sommes d'argent versées par le groupe Manotel. Demande acceptée par le Grand Conseil le 24 janvier[29]. En septembre 2019, Pierre Maudet comparaît devant le Ministère public genevois concernant ce volet de l'affaire[17].

Demande de récusation des procureurs[modifier | modifier le code]

Le 16 janvier, les avocats de Pierre Maudet déposent une demande de récusation des trois procureurs qui enquêtent sur lui (le procureur général Olivier Jornot et deux premiers procureurs Yves Bertossa et Stéphane Grodecki). Les avocats de Pierre Maudet dénoncent la communication d'extraits d'audience en pleine instruction, ils la considèrent comme un acte de « violence institutionnelle totalement inadmissible ». À leur connaissance, aucune levée du secret de fonction n'a jamais été demandée au Conseil supérieur de la magistrature[30]. Ces extraits sont selon Maître Mangeat susceptibles d'avoir influencé la réorganisation du Conseil d'État, donc d'être une ingérence politique du ministère public[31].

Positions des partis et appels à démission[modifier | modifier le code]

Petra Gössi, présidente du PLR suisse.

Le 23 novembre 2018, le comité directeur du PLR genevois ne prend pas position quant à un appel à la démission de Pierre Maudet tandis que Petra Gössi, présidente du PLR Suisse, déclare : « Je suis furieuse mais surtout déçue car il est important qu'un politicien soit crédible et digne de confiance »[32].

Le 23 novembre, la Radio télévision suisse révèle que Pierre Maudet aurait droit à une pension à vie du Canton de Genève (de 90 000 francs par an), s'il reste en poste jusqu'à fin juin 2019 (huit ans de magistrature)[33]. Une pétition demandant la démission de Pierre Maudet est lancée par le journaliste Didier Tischler-Taillard le 24 novembre 2018, elle rappelle qu’il a été élu par la population et non par les membres de son parti, elle est remise à l’intéressé le 6 décembre avec 15 802 signatures[34],[35],[36]. La validité de cette pétition est questionnée dans la mesure où un internaute peut voter plusieurs fois sans aucune précaution prise par le site pour éviter ça.

Le 28 novembre, par la voix de son président Alexandre de Senarclens, le comité directeur du PLR genevois demande la démission de Pierre Maudet. Le président de la section cantonale invoque « un point de non-retour, avec tous les rebondissements que connaît cette affaire » ainsi que le constat qu'« il n'y aura probablement pas de classement du tout » de l'affaire. Le manque d'explications claires de la part du magistrat sur les soupçons d'avoir fait payer sa contribution annuelle obligatoire de 10 000 francs au parti par un tiers est aussi évoqué[37]. Alexandre de Senarclens note au sujet de Pierre Maudet que « la confiance est une fois de plus entamée »[38]. Des personnalités telles que Bertrand Piccard, Natacha Buffet-Desfayes et Renaud Gautier apportent leur soutien à Pierre Maudet. Bertrand Piccard admet que le mensonge en politique est problématique, mais il conserve sa considération pour le ministre « qui savait gouverner sans créer de clivages et avec des positions claires », et pour l’homme[39].

Le 28 novembre, le comité directeur du parti libéral-radical à Berne invite également Pierre Maudet à démissionner[40],[41],[42],[43]. Pierre Maudet indique sur Twitter qu'il ne démissionne pas et attend la tenue d'une AG du parti au plus vite.

Le 3 décembre, le comité directeur du parti libéral-radical genevois par 21 voix pour, 7 contre et aucune abstention invite également Pierre Maudet à démissionner[44].

Le 15 janvier 2019, l'assemblée générale extraordinaire du parti libéral-radical genevois vote la confiance à Pierre Maudet par 341 oui contre 312 non et 56 abstentions, soit un soutien affirmé près de la moitié des présents[45]. Alexandre de Senarclens annonce alors sa démission de la présidence du parti[46].

Le 25 janvier, le Grand Conseil approuve une résolution demandant à Pierre Maudet de démissionner (66 oui, 8 non, 15 abstentions). Durant les débats, il est accusé d’être dans le déni ou encore de prendre les institutions en otage en s'accrochant à son poste. Il affirme avoir été élu « pour combattre et pas pour me faire abattre » et refuse donc de démissionner[47].

Réorganisations du Conseil d’État[modifier | modifier le code]

Antonio Hodgers, nouveau président du Conseil d'État.

Le 13 septembre 2018, le Conseil d'État retire à Pierre Maudet, à titre provisoire, le Département présidentiel, confié désormais à Antonio Hodgers. Pierre Maudet cède également la tutelle de la police au profit de Mauro Poggia[48] et de l'aéroport de Genève au profit de Serge Dal Busco[49].

Dans un article paru le , Antonio Hodgers, président du gouvernement genevois, estime que la situation est intenable « institutionnellement »[50], avant d'estimer le que « la crise politique n'est pas devenue une crise institutionnelle »[51].

Le 23 janvier 2019, le Conseil d’État décide pour la troisième fois dans cette affaire d’une nouvelle organisation, acceptée par tous ses membres sauf le principal intéressé. Pour tenir compte du « temps long » de la justice et de l’éventualité que Pierre Maudet reste membre de l’exécutif jusqu’en fin de législature (2023), les changements se veulent « pérennes » et Antonio Hodgers est confirmé dans son rôle de président. L’objectif affiché consiste à priver Pierre Maudet des tâches régaliennes impliquant contrôle et autorisations, tout en lui laissant un minimum de responsabilités au sein d’un Département du développement économique « composé d’un seul service et d'une vingtaine de fonctionnaires » selon Le Temps, une trentaine selon La Tribune[52],[53]. Pierre Maudet conserve en outre les relations avec Palexpo, les Ports francs, et Genève Tourisme. Plusieurs services changent de mains et sont répartis entre ses collègues.

Fonctions de Pierre Maudet[modifier | modifier le code]

Sur le plan cantonal, Pierre Maudet perd la présidence du Conseil d’État et il laisse la direction de la police au conseiller d'État Mauro Poggia. Il devient Conseiller d'État chargé du développement économique.

Sur le plan fédéral, il était le président de la Conférence des directeurs des départements cantonaux de justice et police (CCDJP) depuis le . Il se met en congé provisoirement le , puis n'étant plus responsable de la police, il abandonne son mandat dès le [54],[55].

Divisions au sein du PLR[modifier | modifier le code]

Christian Lüscher, vice-président du PLR suisse.

Déjà en novembre 2018, des témoins de la réunion du comité directeur consacrée aux suites politiques du voyage de Pierre Maudet à Abou Dabi affirment avoir clairement ressenti un clivage radical-libéral[56]. Le président du comité directeur du parti, Alexandre de Senarclens, démissionne suite à l'assemblée générale extraordinaire du .

Dans le contexte des élections fédérales de 2019, le parti libéral suisse se montre extrêmement inquiet. En novembre 2018, la direction annule l’assemblée des délégués qui devait se tenir à Genève en janvier 2019. Elle demande à Pierre Maudet de venir s’expliquer à Berne, car « l’affaire est devenue celle du PLR suisse »[57]. À la suite du résultat de l’élection au Conseil des États du qui a vu Lisa Mazzone (Les Verts) et Carlo Sommaruga (socialiste) devancer très largement le candidat du PLR Hugues Hiltpold (vice-président du groupe aux Chambres fédérales)[58], Christian Lüscher (vice-président du PLR suisse) estime que Pierre Maudet « porte une lourde responsabilité dans ces résultats ». Il affirme que pendant la campagne de votation : « sur les marchés, nous nous sommes fait insulter, nous avons subi des invectives, des quolibets » et conclu par ces mots : « Pour l'amour du PLR, Pierre, s'il te plaît, démissionne du parti ». D'autres témoignages vont dans le même sens[59],[60].

Destitution de magistrats[modifier | modifier le code]

Plusieurs projets de loi visant à rendre possible la destitution d’un magistrat en cours de mandat sont présentés. Un débat a lieu sur les ondes de la RTS le 12 janvier[61]. Les affaires Hainard (2011, conseiller d’État neuchâtelois), et Buttet (2017-2018, conseiller national valaisan) sont évoquées, ainsi que la situation juridique dans les autres cantons suisses[62].

Deux initiatives populaires sont lancées et la récolte des signatures débute le 30 avril 2019. La première veut inscrire dans la constitution genevoise le principe de la destitution d’un membre du Conseil d’État ou d’une autorité judiciaire qui « se trouve dans l'incapacité durable d'exercer son mandat », qui a « enfreint gravement les devoirs de son mandat ou porté gravement atteinte » à la dignité de sa charge. L’autre texte demande la destitution avec effet immédiat de Pierre Maudet, et le retrait de son droit à la retraite[63],[64],[65]. Ces deux initiatives échouent à récolter le nombre de signatures requis[66].

Une initiative populaire du Parti vert'libéral genevois, intitulée « Pour l'abolition des rentes à vie des Conseillers d'État »[67], a été déposée le 8 juillet 2019. Pierre Maudet, qui a été interrogé par les médias sur ces questions[68], a toujours défendu la réforme en profondeur de ce régime de rentes viagères et voté un projet de loi allant dans ce sens, mais « qui dort depuis 2017 au Parlement »[69].

Changements législatifs[modifier | modifier le code]

Présidence du Conseil d’État[modifier | modifier le code]

Le Conseil d’État décide en janvier 2019 de déposer un projet de loi pour revenir à un modèle de présidence annuelle, « plus compatible avec la cohésion nécessaire des membres du gouvernement et plus favorable à la collégialité ». La constitution entrée en vigueur en 2013 a en effet introduit l’élection du président du Conseil d’État pour toute la durée d’une législature (5 ans)[52].

Le , le Grand Conseil adopte deux projets de loi pour un retour au tournus annuel de la présidence du gouvernement cantonal. Ces projets touchant à la Constitution genevoise, ils seront soumis au vote populaire[70].

Acceptation de dons[modifier | modifier le code]

Le Grand Conseil a accepté le 16 janvier 2020 une nouvelle loi dans le but de préciser les limites concernant l’acceptation ou le refus de cadeaux de la part des membres du Conseil d’État. Cette loi s'inscrit dans la foulée de l'affaire Maudet[71].

Traitement médiatique[modifier | modifier le code]

Graffiti, passage Mathurin-Cordier, derrière le collège Calvin, avril 2019.

Cette crise est communément nommée « affaire Maudet » dans la presse. Les termes de « chasse aux sorcières » et de « curée médiatique » ont été utilisés par les défenseurs de Pierre Maudet[72],[73]. La journaliste Romaine Jean du magazine économique Bilan décrit en février 2019 une « hystérie » médiatique[74].

Dans un bilan de l’année 2019, Pierre Ruetschi, directeur du Club Suisse de la Presse, affirme que Pierre Maudet a empêché « le bon fonctionnement du gouvernement sous prétexte de vouloir sauver les institutions en restant » et que ses apparitions provoquent des « malaises »[75].

Droit de réponse[modifier | modifier le code]

Selon un article paru en novembre 2018 dans le Tages-Anzeiger, Pierre Maudet serait intervenu auprès de la rédaction en chef de la RTS à la suite d’une enquête sur son voyage à Abu Dhabi. Pierre Maudet a demandé un droit de réponse, mais la forme de son texte a été refusée par le journal. C'est finalement le Tribunal de première instance de Genève qui contraint l’éditeur Tamedia à publier le droit de réponse, mais avec un texte modifié. Ainsi est écartée « une allégation non justifiée portant atteinte à l'honneur d'une journaliste romande » selon Tamedia[76].

Livre[modifier | modifier le code]

Le correspondant en Suisse romande du Tages-Anzeiger, Philippe Reichen, publie en 2019 une biographie sur Pierre Maudet dont un tiers est consacré à l’«affaire»[77]. Le livre est traduit en français en 2020, sous le titre « Pierre Maudet – le vertige du pouvoir »[78]. Pour l'auteur, ce serait la plus grande affaire politique suisse depuis la démission de la conseillère fédérale Elisabeth Kopp en 1989[79],[80].

Aspects satiriques[modifier | modifier le code]

En lien avec cette affaire, le « Prix Genferei » décerné par les journalistes politiques de Genève lui est attribué en juin 2019[81].

Claude-Inga Barbey réalise une série de courtes vidéos satiriques sous le titre « L'actu chiffonnée ». Plusieurs épisodes sont consacrés à l’affaire Maudet : « Le Monsieur Maudet, je l'ai connu tout petit ! » en septembre 2018[82], « L'affaire Manuela » en janvier 2019[83], « Adieu M. Maudet, on ne vous oubliera jamais ! » en juin 2019[84].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Pierre Maudet » (voir la liste des auteurs).
  1. « Voyage de Maudet: un troublant contrat pour l'aéroport », sur lematin.ch, (consulté le 31 août 2018)
  2. « Le sidérant M. Maudet », sur tdg.ch, (consulté le 31 août 2018)
  3. « Pierre Maudet rattrapé par la justice », sur letemps.ch, (consulté le 31 août 2018)
  4. (en) « Hazza bin Zayed meets Geneva Canton's security minister, informs him about Abu Dhabi Police's operations room at Yas Island », sur wam.ae, (consulté le 31 août 2018)
  5. a et b David Haeberli, « Les amis libanais de Pierre Maudet développent un projet immobilier à proximité de l'aéroport », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 8 décembre 2018)
  6. David Haeberli, « Pierre Maudet: «J’ai sans doute été imprudent» », Le Temps,‎ (lire en ligne, consulté le 31 août 2018)
  7. ATS, « Affaire Maudet : «j'ai besoin de dire aux Genevois que j'ai caché une partie de la vérité et que ce n'est pas admissible» », Arc Info,‎ (lire en ligne, consulté le 25 janvier 2019).
  8. Isabelle Ducret, « Les caisses (peut-être pas) si secrètes de Pierre Maudet », RTS Info, (consulté le 18 janvier 2019).
  9. a b et c Éric Lecoultre, « Le PLR soutient Maudet », Le Courrier,‎ (lire en ligne, consulté le 18 janvier 2019).
  10. « Pierre Maudet a commis des erreurs dans ses déclarations d’impôts », sur rts.ch, (consulté le 14 février 2019).
  11. (de) « Neue Vorwürfe an Pierre Maudet - Die brisanten Bau-Pläne von Maudets Freunden », sur Schweizer Radio und Fernsehen (SRF), (consulté le 8 décembre 2018)
  12. a et b Fati Mansour, « Affaire Maudet: l'«Abu Dhabi Connection» sous la loupe du parquet », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 8 décembre 2018)
  13. « Projet du Pré-du-Stand: Pierre Maudet pas impliqué », sur Bilan,
  14. David Haeberli, « Malgré l'affaire Maudet, le déclassement controversé d'un terrain agricole est avalisé », Le Temps,‎ (lire en ligne, consulté le 25 janvier 2019).
  15. Fati Mansour, « Affaire Maudet: deux mises en prévention pour abus d’autorité », Le Temps,‎ (lire en ligne, consulté le 18 janvier 2019).
  16. Sophie Roselli, « Perquisition au siège de Manotel: l’affaire Maudet touche un groupe privé », Tribune de Genève,‎ (lire en ligne, consulté le 18 janvier 2019).
  17. a et b Joël Boissard, « Pierre Maudet comparaît à nouveau devant la justice genevoise », RTS Info,‎ (lire en ligne, consulté le 22 janvier 2020).
  18. mpo, « Maudet consultait des rapports confidentiels », 20 Minutes,‎ (lire en ligne, consulté le 20 février 2019).
  19. « Question présentée par le député Jean Batou - QUE 893 : Le conseiller d’État Pierre Maudet et/ou son ancien chef de cabinet Patrick Baud-Lavigne ont-ils reçu copie de tout ou partie des rapports de police établis par la Brigade de la sûreté intérieure (BSI) de la police cantonale, rédigés à l’attention du Service de renseignement de la Confédération (SRC) ? », État de Genève, (consulté le 30 janvier 2019).
  20. Christian Bernet, « Pierre Maudet obtenait des rapports confidentiels des services secrets », Tribune de Genève,‎ (lire en ligne, consulté le 30 janvier 2019).
  21. Sascha Buchbinder et Ensemble à gauche (traduction), « Affaire Maudet : le journal Die Zeit sort de nouvelles révélations : Renoncer? Jamais! », Die Zeit,‎ (lire en ligne, consulté le 23 avril 2020).
  22. « Pierre Maudet à Abu Dhabi : le ministère public veut le poursuivre! », sur lematin.ch, (consulté le 31 août 2018)
  23. « Pierre Maudet a menti sur son voyage à Abu Dhabi », sur tdg.ch, (consulté le 31 août 2018)
  24. Lettre ouverte de Pierre Maudet.
  25. « Le Grand Conseil genevois a levé l'immunité de Pierre Maudet », Le Temps,‎ (lire en ligne, consulté le 30 septembre 2018)
  26. « Pierre Maudet et son chef de cabinet : versions convergentes », Tribune de Genève,‎ (lire en ligne, consulté le 30 septembre 2018)
  27. Fati Mansour, « Pierre Maudet face à Olivier Jornot, une longue histoire marquée par des tensions », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 9 décembre 2018)
  28. Fati Mansour, « L’alliance sécuritaire entre Olivier Jornot et Pierre Maudet subit un léger lifting », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 9 décembre 2018)
  29. « La levée d'immunité de Pierre Maudet étendue par le Grand Conseil genevois », sur www.rts.ch, RTS Info, (consulté le 25 janvier 2019). Avec une analyse de Pierre Ruetschi, ex-rédacteur en chef de la Tribune de Genève.
  30. « Pierre Maudet demande à récuser les procureurs qui enquêtent sur lui », RTS Info, (consulté le 18 janvier 2019).
  31. Julien Culet, « La demande de récusation «n’est pas un contre-feu» », Tribune de Genève,‎ (ISSN 1010-2248, lire en ligne, consulté le 8 février 2019).
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  33. Tania Sazpinar et Fabiano Citroni, « Pierre Maudet recevra 437'802 francs s'il démissionne ces jours », RTS Info,‎ (lire en ligne, consulté le 30 novembre 2018)
  34. (de) « Petition fordert Rücktritt von Pierre Maudet », Nau,‎ (lire en ligne, consulté le 27 novembre 2018)
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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]