Mauro Poggia

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Mauro Poggia
Illustration.
Portrait de Mauro Poggia
Fonctions
Conseiller d'État du canton de Genève
En fonction depuis le
Élection
Réélection
Conseiller national
Législature 49e (2011-2015)
Successeur Roger Golay
Député au Grand Conseil du canton de Genève
Législature 57e (2009-2013)
Biographie
Date de naissance (59 ans)
Lieu de naissance Moutier
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Drapeau de l'Italie Italie
Parti politique Mouvement citoyens genevois
Profession Avocat
Religion soufisme[1],[2]
Résidence Genève

Mauro Poggia, né le à Moutier en Suisse[3], est un avocat genevois et homme politique suisse, membre du Mouvement citoyens genevois (MCG). Il est conseiller d'État du canton de Genève depuis le 10 décembre 2013.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir renié la nationalité italienne pour devenir citoyen suisse, il a entrepris avec succès une formation d'avocat. Il a entre autres plaidé dans le cadre de l'affaire des footballeurs Favre-Chapuisat et dans celle du sang contaminé du laboratoire de la Croix-Rouge[4].

En juillet 2009, après dix ans de procédure judiciaire[4] qu'il a entamé seul contre sa propre caisse maladie, le Groupe mutuel, le Tribunal fédéral confirme le principe d'un contrôle d'expert comptable de cette caisse afin de vérifier l'utilisation des primes des assurés[5].

Il est également connu pour sa défense des assurés des caisses-maladies[6]. Il a été président de l'Association suisse des assurés (ASSUAS) de 1995 à 2003, puis a repris son poste en 2009[7].

Il est père de trois enfants. L'aîné et le cadet sont issus d'un premier mariage, le benjamin d'un second[1]. En 1996, il se convertit à l'islam pour partager la religion de sa femme[8].

Son nom est cité dans les Panama Papers[9],[10].

Politique[modifier | modifier le code]

Au niveau politique italien, redevenu italien pour se lancer en politique, il se présente sans succès au sein du parti italien de l'Union des démocrates chrétiens et du centre à l'élection d'avril 2008 pour obtenir un siège au Sénat italien à Rome[11].

Poursuivant en parallèle sa carrière politique suisse, il est dans un premier temps membre du Parti démocrate-chrétien avant de le quitter pour rejoindre le MCG[12], celui-ci enregistrant quelques succès.

Le , il est élu député au Grand Conseil du canton de Genève[13]. Il est également candidat au Conseil d'État le 15 novembre 2009, en tandem avec Éric Stauffer[12].

Lors des élections fédérales de 2011, Mauro Poggia est élu conseiller national. N'ayant pas conclu d'accord avec d'autres partis pour rejoindre un groupe parlementaire, il y siège en tant que non inscrit[14].

Conseiller d'État[modifier | modifier le code]

Législature 2013-2018[modifier | modifier le code]

Le , il est élu au Conseil d'État de Genève, en terminant à la 7e place[15],[16]. Il se voit confier la responsabilité du nouveau département de l'Emploi, des Affaires sociales et de la Santé (DEAS)[17].

Il renonce alors à son mandat au Conseil national et est remplacé par Roger Golay[18].

Au mois d'octobre 2016, ses services entament sous son initiative une campagne de régularisation des cas de fraudes aux aides sociales (notamment les absences de déclarations ou celles partielles d'informations fiscales)[19]. Accompagnant le durcissement du code pénal suisse en la matière (mesures entrées en vigueur le ), les autorités genevoises lancent une vaste campagne d'informations sur ces nouveautés et une période transitoire de 3 mois pour régulariser les situations. Durant celle-ci, les services administratifs s'engagent à tenter de définir un accord raisonnable avec les contrevenants qui se dénoncent auprès de l'administration. Ainsi, les personnes en faute peuvent éviter de plus lourdes sanctions judiciaires (pouvant aller jusqu'à des peines d'emprisonnement). Cette démarche repose sur la transparence et ne s'apparente pas à une amnistie. Mauro Poggia défend cette approche pour permettre le maintien d'un système d'aides sociales satisfaisant dans un contexte d'augmentation de la demande de soutien social. En janvier 2017, le DEAS annonce à la presse qu'environ 3 200 personnes ont répondu aux sollicitations de l'administration[20]. Ces cas seront étudiés au cours de l'année par les services pertinents afin de parvenir à des régularisations. Mauro Poggia dresse le bilan de l'opération en mars 2018[21]. Il indique qu'un peu moins de 2 000 situations ont été régularisées, permettant à l'État de récupérer à terme 24,5 millions de francs (8,1 millions de francs le sont à cette date). La plupart des cas constatés concernent les subsides à l'assurance maladie et peu de dossiers ont été transmis au pouvoir judiciaire (environ 40). De plus, l'administration a acquis au cours de tout ce travail de nombreuses informations qui favorisent son travail de supervision et de contrôle, notamment sur les questions de domiciliation. L'Hospice général se voit relativement épargné par ces régularisations de situations frauduleuses, en raison de l'existence d'un service d'enquête important au sein de cette institution.

Législature 2018-2023[modifier | modifier le code]

Le , il termine à la deuxième place lors du renouvellement des instances du canton de Genève, avant d'être réélu au second tour le 6 mai suivant (2nde position)[22]. Il conserve le département lié aux problématiques de la santé et de l'emploi mais doit laisser le volet social de son action à son collègue socialiste Thierry Apothéloz[23].

Thèses[modifier | modifier le code]

Assurance maladie[modifier | modifier le code]

Pour Poggia, le contrôle de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) sur les caisses de l'assurance maladie en Suisse est inefficace et impossible vu le nombre de caisses, de primes et de cantons[24].

Assurance invalidité[modifier | modifier le code]

Relativement à l'assurance invalidité, il considère que les centres d'expertise ne sont viables que grâce aux assureurs et qu'il serait économiquement suicidaire pour ces centres de ne pas donner raison à l'assurance invalidité[6], prétéritant ainsi les assurés. Il critique la jurisprudence du Tribunal fédéral qui considère que l'avis du médecin traitant est trop proche du patient. Il soutient la création d'un bureau d'expertise indépendant des assurances[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a et b Éric Budry, « Me Mauro Poggia ou la course en tandem du battant solitaire », Tribune de Genève,‎ (lire en ligne)
    « Pourquoi vous être converti à l’islam il y a quelques années ?
    — Je pourrais vous répondre que cela fait partie de ma sphère privée, mais je ne veux pas laisser cette question sans réponse. Cela remonte à 1996 et ceux qui me côtoient savent que cela n’a rien changé à mon quotidien. Cette rencontre avec le soufisme, je la dois à ma compagne, elle-même musulmane, née en Suisse, qui m’a fait découvrir cette spiritualité, ouverte à l’autre et respectueuse de sa différence. »
  2. « Élections genevoises : entretien avec Mauro Poggia, candidat MCG au Conseil d’État (2/2) », Mise au Point,‎ (lire en ligne [vidéo])
    Cf. → à partir du minutage 03:31.
  3. « Mauro Poggia », sur Étude Poggia (consulté le 15 octobre 2009)
  4. a et b Le Citoyen, octobre 2009, Mauro Poggia un homme de convictions, p.9
  5. Maître Poggia force le coffre du Groupe mutuel, 28.07.2009, Télévision suisse romande
  6. a, b et c GHI, Le juteux business de l'assurance invalidité, par François Baertschi, 9-10 septembre 2009, p.3
  7. L'Assuas, ce grand malade, par Charles-André Aymon, 18-19 novembre 2009, p.3, GHI
  8. Attaque contre la conversion du musulman Mauro Poggia, Le Courrier, 18 octobre 2013
  9. Pascal Jeannerat, « Mauro Poggia bénéficiaire d'une société offshore des "Panama Papers" », rts.ch,‎ (lire en ligne)
  10. Marion Moussadek, « Mauro Poggia apparaît dans les Panama Papers », 24Heures, 24heures, VQH,‎ (ISSN 1424-4039, lire en ligne)
  11. « Il devient un populiste « réfléchi » », Le Matin,‎ (lire en ligne[archive du ])
  12. a et b David Haeberli, « Eric Stauffer et moi visons le Département des institutions », La Tribune de Genève,‎ , p. 24
  13. Résultats des élections cantonales de 2009 pour le Mouvement citoyens genevois (État de Genève)
  14. Mauro Poggia sur le site de l'Assemblée fédérale
  15. « Mauro Poggia élu au conseil d'État », sur Tribune de Genève,
  16. « Résultats de l'élection du 10 novembre 2013 », sur www.ge.ch (consulté le 28 mars 2018)
  17. Le Conseil d'Etat élu attribue les départements et définit le rôle de la présidence, 27 novembre 2013, sur le site du canton de Genève
  18. Olivier Francey, « Le président du MCG Roger Golay siègera à Berne », sur Tribune de Genève,
  19. « Mauro Poggia lance une chasse aux fraudeurs », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  20. « Plus de 3200 personnes se sont dénoncées à Mauro Poggia », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  21. « L’État va récupérer 24,5 millions de francs de prestations », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  22. « Second tour de l'élection du Conseil d'Etat 2018 », sur www.ge.ch,
  23. Marc Moulin, « Le président Pierre Maudet garde la sécurité et l’aéroport », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  24. Mauro Poggia: «Confier du social à des privés est un non-sens», Marc Guéniat, 05.10.2009