Pierre Maudet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Pierre Maudet
Illustration.
Pierre Maudet en 2017
Fonctions
Conseiller d'État du canton de Genève
En fonction depuis le
Élection
Réélection
Prédécesseur Mark Muller
Président du Conseil d'État du canton de Genève
Prédécesseur François Longchamp
Successeur Antonio Hodgers (intérim)
Conseiller administratif à Genève
Successeur Guillaume Barazzone
Maire de Genève
Prédécesseur Sandrine Salerno
Successeur Rémy Pagani
Conseiller municipal à Genève
Président du Parti radical-démocratique genevois
Prédécesseur François Longchamp
Successeur Hugues Hiltpold
Vice-président du Parti radical-démocratique genevois
Biographie
Date de naissance (40 ans)
Lieu de naissance Genève (Suisse)
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Drapeau de la France France
Parti politique Parti libéral-radical

Pierre Maudet, né le à Genève, est un homme politique franco-suisse, membre du parti libéral-radical genevois. Conseiller d'État du canton de Genève, il est également membre d'Écologie libérale et de diverses associations.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Pierre Maudet est le fils d'Henri Maudet, né en 1948, un Français originaire de la Sarthe qui a fait d'abord des études de théologie à Paris avant de s'installer à Genève et de devenir juriste, et de Susanna Willy, née en 1943, enseignante[1],[2].

Il fait sa scolarité à Genève et passe notamment sa maturité au collège Claparède. Il étudie ensuite à l'université de Fribourg et obtient un master en droit en mars 2006.

Il est marié et le couple a deux filles et un garçon. Il exerce la profession de consultant au sein d'une agence de communication de 1997 à 2007.

Son service militaire dans l'armée suisse le mène jusqu'au grade de capitaine et une fonction de commandant dans les troupes de sauvetage en cas de catastrophe, comme il le spécifie sur son blog personnel[3].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Fondateur du parlement des jeunes de la ville de Genève, il en exerce la présidence de 1993 à 1995. Il est ensuite élu le 28 mars 1999, puis réélu en 2003, au Conseil municipal de Genève dont il est le 1er vice-président de 2006 à 2007.

Président du Parti radical-démocratique de la ville de Genève de 2003 à 2005, il préside ensuite le Parti radical-démocratique genevois de 2005 à 2007.

En janvier 2005, il est désigné président de la Commission fédérale pour l'enfance et la jeunesse (CFEJ) par le conseiller fédéral Pascal Couchepin[4]. Il quitte cette fonction en 2015[5].

En avril 2007, il est élu conseiller administratif de la ville de Genève[6].

En 2012, à la suite de la démission de Mark Muller, il brigue son siège au Conseil d'État lors de l'élection complémentaire du 17 juin[7]. Seul candidat déclaré au sein du PLR, il est officiellement investi candidat par le parti le 21 mars. Il remporte cette élection et quitte le conseil administratif de la ville de Genève pour le Conseil d'État[8].

Invité par André Kudelski, il participe à la réunion du groupe Bilderberg de 2015. Il figure parmi les rares Suisses à avoir participé à cet événement.

Le , il annonce sa candidature à la succession du conseiller fédéral Didier Burkhalter[9]. Le fait qu'il soit binational fait alors débat quant à la fidélité aux institutions fédérales, et il indique qu'il pourrait rendre momentanément son passeport français en cas d'élection et après discussion collégiale[1]. Il termine deuxième avec 90 voix contre 125 voix pour le vainqueur Ignazio Cassis[10].

Conseiller administratif de la ville de Genève (2007-2011)[modifier | modifier le code]

Il est élu conseiller administratif de la ville de Genève le [6] et se voit confier la responsabilité du Département de l’environnement urbain et de la sécurité (DEUS)[11]. Durant son mandat, il contribue notamment à développer les effectifs et les compétences des agents de la police municipale (APM). Il agit également pour la mise en place de réseaux Wi-Fi publics sur le territoire de la ville de Genève[12]. Cette action vise à réduire les inégalités dues à l'accès au numérique.

Il est réélu au conseil administratif de la ville de Genève le [13]. Il reprend la responsabilité sur le Département de l’environnement urbain et de la sécurité (DEUS).

Du au , il exerce la fonction de maire de la ville, le plus jeune de l'histoire[14]. Cette élection met fin à sept années de mairie par des magistrats et magistrates de gauche à Genève.

Conseiller d'État de la République et Canton de Genève[modifier | modifier le code]

Fin de la législature 2008-2013 et législature 2013-2018[modifier | modifier le code]

Le , il remporte l'élection complémentaire et entre au Conseil d'État au sein duquel il se voit confier la charge du Département de la sécurité (DS)[15],[8].

Il est réélu en première position à l'issue du second tour des élections cantonales le [16]. Il est le seul conseiller d’État élu avec une majorité absolue (52.3%).

Pour la nouvelle législature, son département se voit agrandi des questions relatives à l'économie et est rebaptisé Département de la Sécurité et de l'Économie (DSE). Il est également vice-président du Conseil d’État du 10 décembre 2013 au 28 janvier 2015.

Plusieurs réformes législatives d'envergure sont réalisées durant son mandat, notamment la loi sur la police (Lpol)[17], la loi sur les taxis et les véhicules de transport avec chauffeurs (LTVTC)[18] ou encore la loi sur la restauration, le débit de boissons, l'hébergement et le divertissement (LRDBHD)[19].

En collaboration avec l'entité fédérale concernée, le secrétariat d’État aux Migrations (SEM), et plusieurs organisations syndicales ou associations, il met en place l'opération Papyrus en février 2017[20],[21]. Ce processus doit parvenir à une normalisation des situations d'étrangers et étrangères sans papiers ainsi qu'une diminution du travail au noir et du dumping salarial dans le secteur de l'économie domestique. Plusieurs critiques contre cette démarche se font entendre, principalement du côté de l'UDC genevoise qui estime que l'action ne luttera pas contre les problématiques économiques dénoncées mais les renforcera[22] et du côté des employeurs de personnes en situation illégale (souvent des particuliers) qui s'inquiètent des conséquences juridiques des situations antérieures[23]. Après la première année de fonctionnement, les autorités estiment que le bilan est positif : plus de 1000 personnes ont vu leur situation régularisée sans que ce mouvement ne s'accompagne de licenciements ou d'une hausse des demandes d'aides sociales et les services de l'inspection du travail ont pu contrôler de nombreux dossiers sur ce sujet[24].

Législature 2018-2023[modifier | modifier le code]

Le 15 avril 2018, Pierre Maudet arrive en tête lors du premier tour des élections au Conseil d'État et est réélu pour un nouveau mandat de cinq ans[25]. Il conserve la responsabilité sur les affaires sécuritaires et prend la présidence du Conseil d'État ainsi qu'une partie du département qui y est rattaché et d'autres prérogatives comme l'aéroport international de Genève ou le projet d'agglomération du Grand Genève[26].

Le 3 novembre 2018, est confirmé par le Conseil d'État genevois au Grand Conseil de la République et canton de Genève que Pierre Maudet a eu régulièrement accès à des documents classés confidentiels destinés aux services de renseignements suisses (SRC). Il aurait reçu cette autorisation oralement d'un ancien directeur de l'agence.[27]

Voyage controversé à Abou Dabi[modifier | modifier le code]

Pierre Maudet et sa famille, son ancien chef de cabinet Patrick Baud-Lavigne et Antoine Daher, un ami actif dans l’immobilier à Genève, ont effectué un voyage luxueux à Abou Dabi du 26 au 30 novembre 2015 pour assister à un Grand Prix de Formule 1. Pierre Maudet affirmait jusqu'en mai 2018[28] que le voyage comprenant des vols en business class, le logement à l’Emirates Palace et l’accès au Grand Prix, avait été payé par un ami de son ami[29]. Ce voyage, selon Pierre Maudet, était privé, et c'est par hasard qu'il aurait rencontré le cheik Mohammed ben Zayed Al Nahyane, prince héritier d'Abou Dabi et nouvel homme fort des Émirats arabes unis[30]. Suite à cette rencontre, il a eu des entretiens avec des hauts dignitaires sur des sujets politiques[31].

À un journaliste du Temps, Pierre Maudet affirme avoir fait don le 9 novembre 2015 de 2 000 francs à l'Église protestante et autant à l'Église catholique, le total correspondant au prix du « package » reçu (avion, hôtel et Grand Prix) selon les recherches qu’il a lui-même faites sur Internet[32]. Le coût de ce voyage est maintenant évalué à plusieurs dizaines de milliers de francs.

La justice a été saisie en août 2017 d'un rapport de police sur ce voyage, et une procédure a été ouverte contre inconnu, Pierre Maudet et son chef de cabinet ayant le statut de personnes appelées à donner des renseignements[33]. Le 30 août 2018, le Ministère public décide d'ouvrir une instruction contre l'ex-chef de cabinet, entendu le même jour[34]. Le Parquet veut aussi entendre Monsieur Maudet « en qualité de prévenu d'acceptation d'un avantage » mais le Grand Conseil doit lever son immunité. Pierre Maudet souhaite que son immunité soit levée, et l'ensemble des partis y semble favorable.

Le 13 septembre 2018, en réaction à la procédure en cours, le Conseil d'État annonce qu'il retire à Pierre Maudet, à titre provisoire, le Département présidentiel, confié désormais à Antonio Hodgers. Pierre Maudet perd également la tutelle de la police au profit de Mauro Poggia[35] et de l'aéroport de Genève au profit de Serge Dal Busco[36].

Le 20 septembre suivant, le Grand Conseil lève son immunité et Pierre Maudet est auditionné devant le Ministère public le 28 septembre[37],[38].

Dans un article paru le 30 septembre, Antonio Hodgers, président du gouvernement genevois, estime que la situation est intenable « institutionnellement »[39].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

  • 1999 : élu conseiller municipal de la Ville de Genève
  • 2003 : réélu conseiller municipal de la Ville de Genève (devient chef du groupe municipal radical)
  •  : élu vice-président du Parti radical genevois
  •  : président de la Commission fédérale de l'enfance et de la jeunesse (CFEJ) nommé par le Conseil fédéral
  •  : élu à la présidence du Parti radical genevois
  •  : élu 1er vice-président de Conseil municipal de la Ville de Genève
  •  : élu conseiller administratif de la Ville de Genève
  •  : réélu conseiller administratif de la Ville de Genève (en 5e position)
  •  : élu Maire de Genève par le Conseil administratif pour une durée d'un an
  •  : prend le poste de Maire de Genève jusqu'au
  •  : élu Conseiller d'État de la République et Canton de Genève
  •  : réélu Conseiller d'État République et Canton de Genève (en 1ère position)
  •  : non élu Conseiller fédéral de la Suisse
  • : réélu dès le premier tour Conseiller d'État de la République et Canton de Genève

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/maudet-pret-rendre-passeport-francais/story/30545886
  2. « L’arbre généalogique de Pierre Maudet », generations-plus.ch,‎ (lire en ligne)
  3. « À mon sujet »
  4. « Pierre Maudet, président de la CFEJ », http://www.ekkj.admin.ch,‎ (lire en ligne)
  5. https://www.ekkj.admin.ch/fr/la-cfej/carte-blanche/
  6. a et b « Résultats de l'élection du 29 avril 2007 », sur www.ge.ch (consulté le 18 mars 2018)
  7. https://www.letemps.ch/suisse/2012/03/02/pierre-maudet-candidat-conseil
  8. a et b https://www.24heures.ch/suisse/Nouveau-conseiller-d-Etat-Pierre-Maudet-a-prete-serment-/story/23982033
  9. « Pierre Maudet vise le Conseil fédéral pour "élargir le champ démocratique" », rts.ch,‎ (lire en ligne)
  10. « Le Tessinois Ignazio Cassis élu au Conseil fédéral », LeCourrier,‎ (lire en ligne)
  11. http://www.rts.ch/galeries/5297660-les-11-candidats-au-2e-tour-du-conseil-d-etat-genevois.html?image=5297673
  12. « Le wi-fi gratuit va envahir Genève », rts.ch,‎ (lire en ligne)
  13. « Résultats de l'élection du 17 avril 2011 », sur www.ge.ch (consulté le 18 mars 2018)
  14. www.20minutes.ch, 20 Minutes, 20 Min, www.20min.ch, « Pierre Maudet succède à la gauche », 20 Minutes,‎ (lire en ligne)
  15. « Résultats de l'élection du 17 juin 2012 », sur www.ge.ch (consulté le 18 mars 2018)
  16. https://www.ge.ch/elections/20131110/
  17. https://www.letemps.ch/suisse/2015/03/08/police-divise-geneve-jusqu-bout
  18. https://www.onefm.ch/actualite/romandie/geneve-se-dote-dune-nouvelle-loi-sur-les-taxis/
  19. https://www.ge.ch/legislation/rsg/f/s/rsg_I2_22.html
  20. « Genève va régulariser des milliers de sans-papiers », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  21. « Opération Papyrus », sur Nouveaux services (consulté le 10 septembre 2017)
  22. « L’UDC s’attaque au projet genevois de régularisation des sans-papiers », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  23. Luca di Stefano, « Papyrus: les employeurs désarçonnés », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  24. « Genève satisfait à mi-chemin du projet de régularisation des sans-papiers », rts.ch,‎ (lire en ligne)
  25. « Élection du Conseil d'État (premier tour) du 15 avril 2018 », sur www.ge.ch (consulté le 15 avril 2018)
  26. Marc Moulin, « Le président Pierre Maudet garde la sécurité et l’aéroport », tdg.ch,‎ (lire en ligne)
  27. https://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/Maudet-consultait-des-rapports-confidentiels-18713036
  28. « Voyage de Maudet: un troublant contrat pour l'aéroport », sur lematin.ch, (consulté le 31 août 2018)
  29. « Le sidérant M. Maudet », sur tdg.ch, (consulté le 31 août 2018)
  30. « Pierre Maudet rattrapé par la justice », sur letemps.ch, (consulté le 31 août 2018)
  31. (en) « Hazza bin Zayed meets Geneva Canton's security minister, informs him about Abu Dhabi Police's operations room at Yas Island », sur wam.ae, (consulté le 31 août 2018)
  32. David Haeberli, « Pierre Maudet: «J’ai sans doute été imprudent» », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  33. « Pierre Maudet à Abu Dhabi: le ministère public veut le poursuivre! », sur lematin.ch, (consulté le 31 août 2018)
  34. « Pierre Maudet a menti sur son voyage à Abu Dhabi », sur tdg.ch, (consulté le 31 août 2018)
  35. « Pierre Maudet perd le Département présidentiel et la responsabilité de la police », sur RTS info, (consulté le 13 septembre 2018)
  36. Marc Moulin, « Pierre Maudet cède la présidence du Conseil d'État », Tribune de Genève,‎ (lire en ligne)
  37. « Le Grand Conseil genevois a levé l'immunité de Pierre Maudet », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  38. « Pierre Maudet et son chef de cabinet: versions convergentes », Tribune de Genève,‎ (lire en ligne)
  39. « Pierre Maudet perd un autre soutien politique », le matin,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :