Pierre Maudet

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Pierre Maudet
Illustration.
Pierre Maudet en 2019.
Fonctions
Conseiller d'État du canton de Genève
En fonction depuis le
Élection
Réélection
Prédécesseur Mark Muller
Président du Conseil d'État du canton de Genève
Législature 2e (2018-2023)
Prédécesseur François Longchamp
Successeur Antonio Hodgers
Conseiller administratif de Genève
Élection
Réélection
Prédécesseur André Hediger
Successeur Guillaume Barazzone
Maire de Genève
Prédécesseur Sandrine Salerno
Successeur Rémy Pagani
Conseiller municipal à Genève
Président du PRD genevois
Prédécesseur François Longchamp
Successeur Hugues Hiltpold
Vice-président du PRD genevois
Biographie
Nom de naissance Pierre-Henri Maudet
Date de naissance (42 ans)
Lieu de naissance Genève (Suisse)
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Drapeau de la France France
Parti politique Indépendant
Parti libéral-radical (jusqu'à août 2020)
Diplômé de Université de Fribourg
Profession Homme politique

Pierre Maudet, né le à Genève, est un homme politique franco-suisse, anciennement membre du Parti libéral-radical genevois. Conseiller administratif de la ville de Genève du au , il est conseiller d'État du canton de Genève depuis le et a été président du Conseil d’État du au .

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Pierre Maudet, né Pierre-Henri Maudet[1], est le fils d'Henri Maudet, né en 1948, un Français originaire de la Sarthe qui a fait d'abord des études de théologie à Paris avant de s'installer à Genève et de devenir juriste, et de Susanna Willy, née en 1943, enseignante[2],[3].

Il fait sa scolarité à Genève et passe notamment sa maturité au collège Claparède. Il étudie ensuite à l'université de Fribourg et obtient un master en droit en . Il est marié et le couple a deux filles et un garçon.

En 1998-2000, Pierre Maudet a eu des responsabilités au sein de l'association para-publique « Signé 2000 », créée pour organiser les festivités genevoises au tournant du millénaire[4]. Son service militaire dans l'armée suisse le mène jusqu'au grade de capitaine et une fonction de commandant dans les troupes de sauvetage en cas de catastrophe en 2003[M 1]. Avant de se consacrer entièrement à la politique, il a été pendant quelque temps consultant indépendant[5].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Pierre Maudet en 1995.

À l'âge de 15 ans, il participe à la création du parlement des jeunes de la ville de Genève, il en exerce la présidence de 1993 à 1995. Il est ensuite élu le , puis réélu en 2003, au Conseil municipal de Genève dont il est le 1er vice-président de 2006 à 2007.

Président du Parti radical-démocratique de la ville de Genève de 2003 à 2005, il préside ensuite le Parti radical-démocratique genevois de 2005 à 2007.

En , il est désigné président de la Commission fédérale pour l'enfance et la jeunesse (CFEJ)[6]. Il quitte cette fonction en 2015[7].

En , il est élu conseiller administratif de la ville de Genève[8].

En 2012, à la suite de la démission de Mark Muller, il brigue son siège au Conseil d'État lors de l'élection complémentaire du [9]. Il est officiellement investi candidat par le PLR le 21 mars. Il remporte cette élection et quitte le conseil administratif de la ville de Genève pour le Conseil d'État[10]

Invité par André Kudelski, il participe à la réunion du groupe Bilderberg de 2015. Il figure parmi les rares Suisses à avoir participé à cet événement.

Le , il annonce sa candidature à la succession du conseiller fédéral Didier Burkhalter[11]. Le fait qu'il soit binational est critiqué par la parlementaire UDC Céline Amaudruz quant à sa fidélité aux institutions fédérales, et il indique qu'il pourrait rendre momentanément son passeport français en cas d'élection et après discussion collégiale quitte à le reprendre à la fin de son mandat[2]. Il termine deuxième avec 90 voix, devant Isabelle Moret qui obtient 28 voix[12]. Ignazio Cassis est élu au Conseil fédéral avec 125 voix[13].

Conseiller administratif de la ville de Genève (2007-2012)[modifier | modifier le code]

Il est élu conseiller administratif de la ville de Genève le [8] et se voit confier la responsabilité du Département de l’environnement urbain et de la sécurité (DEUS)[14]. Durant son mandat, il contribue notamment à développer les effectifs et les compétences des agents de la police municipale (APM). Il agit également pour la mise en place de réseaux Wi-Fi publics sur le territoire de la ville de Genève[15]. Cette action vise à réduire les inégalités dues à l'accès au numérique.

Il est réélu au conseil administratif de la ville de Genève le [16]. Il reprend la responsabilité sur le Département de l’environnement urbain et de la sécurité (DEUS).

Du au , il exerce la fonction de maire de la ville, le plus jeune de l'histoire[17].

Conseiller d'État de la République et Canton de Genève[modifier | modifier le code]

Fin de la législature 2008-2013 et législature 2013-2018[modifier | modifier le code]

Le , il remporte l'élection complémentaire et entre au Conseil d'État au sein duquel il se voit confier la charge du Département de la sécurité (DS)[18],[10].

Il est réélu en première position à l'issue du second tour des élections cantonales le [19]. Il est le seul conseiller d’État élu avec une majorité absolue (52.3%).

Pour la nouvelle législature, son département se voit agrandi des questions relatives à l'économie et est rebaptisé Département de la Sécurité et de l'Économie (DSE). Il est également vice-président du Conseil d’État du au .

Plusieurs réformes législatives sont réalisées durant son mandat, notamment la loi sur la police (Lpol)[20], la loi sur les taxis et les véhicules de transport avec chauffeurs (LTVTC)[21] ou encore la loi sur la restauration, le débit de boissons, l'hébergement et le divertissement (LRDBHD)[22].

En collaboration avec l'entité fédérale concernée, le secrétariat d’État aux Migrations (SEM), et plusieurs organisations syndicales ou associations, il met en place l'opération Papyrus en [23],[24]. Ce processus doit parvenir à une normalisation des situations d'étrangers et étrangères sans papiers ainsi qu'une diminution du travail au noir et du dumping salarial dans le secteur de l'économie domestique. Plusieurs critiques contre cette démarche se font entendre, principalement du côté de l'UDC genevoise qui estime que l'action ne luttera pas contre les problématiques économiques dénoncées mais les renforcera[25] et du côté des employeurs de personnes en situation illégale (souvent des particuliers) qui s'inquiètent des conséquences juridiques des situations antérieures[26]. Après la première année de fonctionnement, les autorités estiment que le bilan est positif : plus de 1 000 personnes ont vu leur situation régularisée sans que ce mouvement ne s'accompagne de licenciements ou d'une hausse des demandes d'aides sociales et les services de l'inspection du travail ont pu contrôler de nombreux dossiers sur ce sujet[27]. Les syndicats relèvent qu'il s'agit d'une victoire d'étape pour tous et toutes les travailleurs sans statut légal[28]. Le projet pilote Papyrus a pris fin le , date limite pour le dépôt des dossiers de régularisation auprès de l'office cantonal de la population et des migrations[29].

Durant ce mandat, Pierre Maudet fait avancer plusieurs problématiques pénitentiaires. Sur le plan des infrastructures, il inaugure le nouvel établissement de détention Curabilis[30], destiné à accueillir des détenus romands souffrant de troubles psychiatriques graves et mène à bien la création d'une extension de l'établissement fermé de la Brenaz[31]. À la fin 2017, il instaure un nouveau concept de réinsertion des détenus[32]. Ce concept s'articule autour d'un premier axe favorisant les formations professionnalisantes et le retour à l'emploi à la sortie de détention et d'un second axe visant à maintenir les contacts des personnes avec leur famille et leur milieu social (exemple : dispositif du parloir à distance). Ce travail donne ses premiers résultats concrets à l'été 2019 avec l'obtention d'une attestation cantonale par un détenu des prisons de Champ-Dollon et de la Brenaz [33].

Législature 2018-2023[modifier | modifier le code]

Le , Pierre Maudet est, pour la première fois dans l'histoire de Genève, le seul candidat à être élu au premier tour au Conseil d'État pour un nouveau mandat de cinq ans[34]. Il conserve la responsabilité sur les affaires sécuritaires et prend la présidence du Conseil d'État ainsi qu'une partie du département qui y est rattaché et d'autres prérogatives comme l'aéroport international de Genève ou le projet d'agglomération du Grand Genève[35].

Pierre Maudet organise les premiers États Généraux du Tourisme en sa qualité de ministre de tutelle de la Fondation Genève Tourisme & Congrès (FGT&C)[36] et dote son canton d'une feuille de route en matière de développement économique baptisé Stratégie économique cantonale 2030[37].

À la suite de l'annonce d'un projet de budget 2020 déficitaire à hauteur de 590 millions de francs[38], Pierre Maudet rompt la collégialité au sein du Conseil d'État[39],[40]. Il explique sa position par le manque de réformes structurelles à mi-mandat et le non-respect de la feuille de route de législature.

Affaire Maudet[modifier | modifier le code]

Pierre Maudet est soupçonné « d'acceptation d'un avantage » pour un voyage à Abou Dabi en 2015. Une enquête est menée par le Ministère public et le Grand Conseil a levé l’immunité du magistrat en et en . Pierre Maudet avoue avoir menti sur la nature et le financement de ce voyage, qui n'avait pas de caractère privé car il a été invité par le prince héritier de l'émirat.

Le Conseil d’État a retiré à Pierre Maudet son rôle de président, et réorganisé les départements. Plusieurs instances ont demandé à Pierre Maudet de démissionner. L'affaire divise le Parti libéral-radical (PLR). Des initiatives populaires sont lancées, qui visent à rendre possible la destitution d’un magistrat en cours de mandat, ou à abolir les rentes à vie des Conseillers d'État.

Le , le comité directeur du PLR genevois décide d'exclure Pierre Maudet du parti, celui-ci ne recourt pas contre cette décision[41],[42].

L'affaire comprend des volets touchant à l’immobilier ainsi qu’au financement des campagnes électorales et d’autres événements.

Le correspondant en Suisse romande du Tages-Anzeiger, Philippe Reichen, publie en 2019 une biographie sur Pierre Maudet dont un tiers est consacré à l’«affaire»[43]. Le livre est traduit en français en 2020, sous le titre « Pierre Maudet – le vertige du pouvoir »[44]. Pour l'auteur, ce serait la plus grande affaire politique suisse depuis la démission de la conseillère fédérale Elisabeth Kopp en 1989[45],[46].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Site officiel[modifier | modifier le code]

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. Feuille officielle suisse du commerce du 8 mars 2013, identifiant n. 07096446 lire l'extrait
  2. a et b Marc Moulin, « Maudet est prêt à rendre son passeport français », Tribune de Genève,‎ (lire en ligne, consulté le 20 février 2019).
  3. « L’arbre généalogique de Pierre Maudet », generations-plus.ch,‎ (lire en ligne)
  4. Emmanuelle Michel, « Signé 2000 prétend tenir Genève éveillée jusqu'au dernier jour de l'année », Le Temps,‎ (lire en ligne, consulté le 25 juillet 2019).
  5. « Conseil d’État : Législature 2018-2023 : Pierre Maudet », sur www.ge.ch (consulté le 25 juillet 2019).
  6. « Nomination du nouveau président de la Commission fédérale pour l’enfance et la jeunesse », sur www.presseportal.ch, (consulté le 20 février 2019).
  7. « Hommage à Olivier Guéniat, membre de la CFEJ de 2008 à 2015 », sur www.ekkj.admin.ch, Administration fédérale, (consulté le 20 février 2019).
  8. a et b « Résultats de l'élection du 29 avril 2007 », sur www.ge.ch (consulté le 18 mars 2018).
  9. Marc Moulin, « Pierre Maudet est candidat au Conseil d’État », Le Temps,‎ (lire en ligne, consulté le 20 février 2019).
  10. a et b « Nouveau conseiller d'État, Pierre Maudet a prêté serment », 24 heures,‎ (lire en ligne, consulté le 20 février 2019).
  11. « Pierre Maudet vise le Conseil fédéral pour "élargir le champ démocratique" », rts.ch,‎ (lire en ligne, consulté le 10 septembre 2017)
  12. Marc Moulin, « Pour Maudet, ce n'est qu'un rendez-vous reporté », Tribune de Genève,‎ (ISSN 1010-2248, lire en ligne, consulté le 14 février 2019)
  13. « Le Tessinois Ignazio Cassis élu au Conseil fédéral », Le Courrier,‎ (lire en ligne, consulté le 20 septembre 2017).
  14. Marc Moulin, « Maudet est prêt à rendre son passeport français », Tribune de Genève,‎ (lire en ligne, consulté le 18 janvier 2019).
  15. « Le wi-fi gratuit va envahir Genève », rts.ch,‎ (lire en ligne, consulté le 18 mars 2018)
  16. « Résultats de l'élection du 17 avril 2011 », sur www.ge.ch (consulté le 18 mars 2018)
  17. www.20minutes.ch, 20 Minutes, 20 Min, www.20min.ch, « Pierre Maudet succède à la gauche », 20 Minutes,‎ (lire en ligne, consulté le 18 mars 2018)
  18. « Résultats de l'élection du 17 juin 2012 », sur www.ge.ch (consulté le 18 mars 2018)
  19. https://www.ge.ch/elections/20131110/
  20. Fati Mansour, « La police a divisé Genève jusqu’au bout », Le Temps,‎ (lire en ligne, consulté le 27 juin 2020).
  21. https://www.onefm.ch/actualite/romandie/geneve-se-dote-dune-nouvelle-loi-sur-les-taxis/
  22. https://www.ge.ch/legislation/rsg/f/s/rsg_I2_22.html
  23. « Genève va régulariser des milliers de sans-papiers », tdg.ch/,‎ (lire en ligne, consulté le 18 mars 2018)
  24. « Opération Papyrus », sur Nouveaux services (consulté le 10 septembre 2017)
  25. « L’UDC s’attaque au projet genevois de régularisation des sans-papiers », tdg.ch/,‎ (lire en ligne, consulté le 18 mars 2018)
  26. Luca di Stefano, « Papyrus: les employeurs désarçonnés », tdg.ch/,‎ (lire en ligne, consulté le 10 septembre 2017)
  27. « Genève satisfait à mi-chemin du projet de régularisation des sans-papiers », rts.ch,‎ (lire en ligne, consulté le 18 mars 2018)
  28. « PAPYRUS », sur geneve.unia.ch, (consulté le 14 février 2019).
  29. « Opération Papyrus », sur GE.CH – République et canton de Genève (consulté le 14 février 2019).
  30. ats / dk, « Genève inaugure la prison romande pour détenus dangereux », RTS Info,‎ (lire en ligne)
  31. ats / kg, « Genève dispose de cent nouvelles places de prison à La Brenaz », RTS Info,‎ (lire en ligne)
  32. Fati Mansour, « Comment Genève entend mieux s'occuper de ses détenus », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 6 octobre 2019)
  33. Laurence Bézaguet, « Souleymane devient chocolatier en prison », TDG,‎ (ISSN 1010-2248, lire en ligne, consulté le 8 juillet 2019)
  34. « Élection du Conseil d'État (premier tour) du 15 avril 2018 », sur www.ge.ch (consulté le 15 avril 2018)
  35. Marc Moulin, « Le président Pierre Maudet garde la sécurité et l’aéroport », tdg.ch,‎ (lire en ligne)
  36. « Rapport en vue des États généraux du tourisme genevois 2018 », sur www.ge.ch, .
  37. « Stratégie économique cantonale 2030 », sur www.ge.ch.
  38. Laure Lugon, « Genève s’abîme dans un déficit inquiétant », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 6 octobre 2019)
  39. Marc Bretton et Eric Budry, « Pierre Maudet rompt la collégialité sur le budget », TDG,‎ (ISSN 1010-2248, lire en ligne, consulté le 6 octobre 2019)
  40. Philippe Verdier, « Pierre Maudet : Il y a un problème de cohérence au Conseil d’État », sur https://www.radiolac.ch, Radio Lac, (consulté le 6 octobre 2019)
  41. « Le PLR genevois bannit Pierre Maudet de ses rangs », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 6 juillet 2020)
  42. « Pierre Maudet: «Je revendique mon indépendance» », Genève Home Informations,‎ (lire en ligne, consulté le 5 août 2020)
  43. Reichen 2019.
  44. Reichen 2020.
  45. Rachad Armanios, « Maudet, la chute d’un ovni qui se sentait intouchable », Le Courrier,‎ (lire en ligne, consulté le 17 janvier 2020).
  46. (de) « Pierre Maudet - sein Fall », sur www.staempfliverlag.com, éditions Stämpfli, (consulté le 17 janvier 2020).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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