Louis-Alexandre de Bourbon

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Louis-Alexandre de Bourbon
Portrait du comte de Toulouse par Hyacinthe Rigaud en 1708
Portrait du comte de Toulouse par Hyacinthe Rigaud en 1708

Titre Comte de Toulouse
(1681 – 1737)
Autre titre Duc de Penthièvre
Prédécesseur aucun
Successeur maison de Bourbon
Arme Armée de Terre
Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade militaire Amiral de France
Lieutenant général des armées du roi
Conflits Guerre de Succession d'Espagne
Faits d'armes Bataille navale de Vélez-Málaga
Distinctions Chevalier des Ordres du Roi
Chevalier de l'Ordre de la Toison d'or
Autres fonctions Gouverneur de Guyenne
Gouverneur de Bretagne
Grand veneur de France
Chef du Conseil de la Marine
Biographie
Naissance 6 juin 1678
au château de Versailles
Décès 1er décembre 1737 (à 59 ans)
au château de Rambouillet
Père Louis XIV
Mère Marquise de Montespan
Enfants Louis-Alexandre
Philippe-Auguste
Louis Jean Marie

Louis-Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse (1681), duc de Penthièvre (1697), d’Arc, de Châteauvillain et de Rambouillet (1711), est un aristocrate et officier de marine français né à Versailles le 6 juin 1678 et mort à Rambouillet le 1er décembre 1737. Il est nommé amiral de France, alors qu'il n'a que cinq ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dernier des enfants naturels que Louis XIV eut de la marquise de Montespan, il fut légitimé et fait comte de Toulouse en 1681. Comme pour ses aînés le nom de sa mère, femme mariée, ne fut pas mentionné dans l'acte de légitimation. Il était officiellement fils du seul roi. C'était la dernière grâce que reçut la marquise déjà en disgrâce et compromise dans l'affaire des poisons. Retirée dans son château de Clagny, près de Versailles, la marquise put élever son fils et lui inculquer ses valeurs.

Nommé duc de Penthièvre en 1697 et duc de Rambouillet en 1711. À la mort de son demi-frère, le comte de Vermandois, en 1683, il reçut, à l’âge de cinq ans, la charge d’amiral de France et fut fait colonel d’un régiment d’infanterie à son nom en février 1684, puis mestre de camp d’un régiment de cavalerie en 1693. Nommer ses fils légitimés très jeunes à des postes aussi brillants permettait au roi de conserver la haute main sur les affaires maritimes pendant les longues années de la minorité.

Il obtint le gouvernement de Guyenne en janvier 1689, qu’il échangea contre celui de Bretagne en mars 1695. Il n'avait alors que 17 ans.

Il fut également nommé chevalier des Ordres du Roi le 2 février 1693, maréchal de camp le 3 janvier 1696 puis lieutenant général des armées du Roi le 3 août 1697.

Lors de la guerre de Succession d'Espagne, il fut chargé de défendre la Sicile. En 1704, devant Malaga, la flotte qu'il commande inflige de très lourdes pertes à la flotte anglo-hollandaise commandée par l’amiral George Rooke. Le roi Philippe V d'Espagne, son neveu, le nomma chevalier de la Toison d'or en 1704.

C’était, dit Saint-Simon, « un homme fort court, avec un accueil aussi gracieux qu’un froid naturel, mais glacial, le pouvait permettre ; de la valeur et de l’envie de faire, mais par les bonnes voies, et en qui le sens droit et juste, pour le très ordinaire, suppléait à l’esprit ; fort appliqué d’ailleurs à savoir sa marine de guerre et de commerce et l’entendant très bien. »

En aimant la musique, il commanda à André Danican Philidor « l'Aîné », en 1703, de copier les partitions de Michel-Richard de Lalande[1].

En 1706, il acheta à Joseph Fleuriau d'Armenonville le château de Rambouillet. Il agrandit considérablement le domaine et fit procéder à d’importants embellissements du château. Par lettres patentes de mai 1711, le marquisat de Rambouillet fut alors érigé en duché-pairie.

Coat of arms of Louis Alexandre de Bourbon, Légitimé de France, Count of Toulouse.png

En 1712, il acheta à Louis II Phélypeaux de La Vrillière, l’Hôtel de La Vrillière situé près de la place des Victoires, appelé depuis « Hôtel de Toulouse », et le fit réaménager par l’architecte Robert de Cotte. L’hôtel abrite aujourd’hui la Banque de France. Il obtint également la charge de grand veneur de France en mars 1714.

La même année, comme son frère, le duc du Maine, un édit du Roi de juillet le déclara apte à succéder au trône à la suite des princes légitimes et lui donna le rang de prince du sang.

Cet édit fut cassé par le Parlement de Paris en 1717. Le comte de Toulouse ne fut cependant pas écarté du pouvoir et même, on lui laissa ses charges et sa fortune contrairement à son frère aîné sur qui se cristallisait la jalousie muée en haine des princes du sang et des ducs...

Lors de la polysynodie, il devint chef du Conseil de la Marine[2], jusqu’en 1722, date à laquelle il fut remplacé par le même Fleuriau d’Armenonville à qui, quelques années auparavant, il avait un peu forcé la main pour lui acheter son domaine de Rambouillet.

Il eut deux enfants naturels de Madeleine Aumont : Louis-Alexandre de Sainte-Foy (né en 1720 et mort jeune), puis l'année suivante Philippe-Auguste de Sainte-Foy (1721-1795) dit le « chevalier d'Arcq ».

Après que son projet de mariage avec Charlotte de Lorraine Mademoiselle d'Armagnac, du tige cadet de la Maison de Guise, fut tout à fait refusé par le Roi Louis XV, en 1723, il fit un mariage d’amour en épousant, d'abord secrètement, Marie-Victoire de Noailles qui lui donna un fils, Louis-Jean-Marie de Bourbon (1725-1793), duc de Penthièvre, de Rambouillet, d’Aumale et de Gisors. Ce mariage, contracté quelques mois avant la mort du Régent, cousin du comte, en août 1723, fut rendu public peu après cet événement.

En effet, la comtesse de Toulouse était veuve d'un des deux fils légitimes de la marquise de Montespan et pour cette raison, le mariage pouvait être considéré comme nul...

Louis XV avait pour le comte de Toulouse une grande affection renforcée par leur goût commun pour la chasse. En août 1724, le Roi alla pour la première fois chasser le cerf à Rambouillet où il coucha. Il y retourna dès le mois suivant et prit dès lors l’habitude de s’y rendre très régulièrement.

Tombé en disgrâce, le comte de Toulouse se retira dans son château de Rambouillet où il mourut en 1737 des suites d’une opération. Il est inhumé, ainsi que sa famille, dans la Chapelle royale de Dreux.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Confitebimur tibi Deus, disponible sur Gallica
  2. « Le conseil de marine fut aisé à composer. Le comte de Toulouse, comme amiral, en fut chef; le maréchal d’Estrées, premier vice-amiral, en fut président; le maréchal de Tessé y entra comme général des galères; Coetlogon, mort maréchal de France, et d’O, comme lieutenants généraux de mer; Bonrepos qui avait été intendant général de la marine, que j’aidai à en être; Vauvray et un autre intendant de marine, avec La Grandville, maître des requêtes, pour rapporteur des prises. J’y fis mettre pour secrétaire ce même La Chapelle que Pontchartrain avait chassé de ses bureaux et dont j’ai parlé plus d’une fois. » Saint-Simon, Mémoires, tome 13, chapitre VII.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Bernot, Le Comte de Toulouse (1678-1737) : Amiral de France, gouverneur de Bretagne, Paris, F. Lanore, 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]