Survivalisme

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Poster du film de propagande Duck and Cover sorti en 1951/1952 pendant la guerre froide ; la menace d'anéantissement imprégnait les médias et l'opinion publique.

Le survivalisme est un terme qui désigne les activités ou le mode de vie de certains groupes ou individus qui veulent se préparer à une hypothétique catastrophe locale ou plus globale dans le futur, une interruption de la continuité sociétale ou civilisationnelle au niveau local, régional, national ou mondial, voire plus simplement à survivre face aux dangers de la nature. Les survivalistes se préparent en apprenant des techniques de survie et des rudiments de notions médicales, en stockant de la nourriture, en construisant des abris, ou en apprenant à se nourrir en milieu sauvage. Le survivalisme est devenu une sous-culture présente dans le cinéma, la littérature ou la bande-dessinée.

Il a plus récemment évolué en un néosurvivalisme qui se dit davantage porté à l'indépendance par rapport au système économique ou à une attitude quotidienne plus proche de la nature.

Origines et historique[modifier | modifier le code]

Survival Under Atomic Attack, une publication officielle des années 1960 aux États-Unis.

En 1902, Georges Hébert coordonna le sauvetage de 700 personnes d'une éruption volcanique. Profondément affecté par cette expérience, il développa l'Hébertisme, une activité physique qui permettrait d'« Être fort pour être utile » afin de survivre.

Dans les années 1960, aux États-Unis, l'inflation et la dévaluation ont incité certaines personnalités à conseiller aux populations de se préparer. En 1967, un architecte, Don Stephens (en) commença à populariser l'idée d'un nécessaire de survie.

Au cours des années 1970, au début de la crise pétrolière de 1973, un livre de Howard Ruff, Famine et survie en Amérique, diffusait l'information que différents métaux précieux, dont l'or, avaient plus de valeur et devaient être favorisés dans le cas d'un imminent effondrement économique. De nombreux livres de « survie » furent publiés à la suite de celui-ci, dont celui de Kurt Saxon qui décrivait les méthodes des pionniers du XIXe siècle. C'est Saxon qui utilisa le terme « survivaliste » le premier et qui prétend l'avoir inventé[1]. Par la suite, des auteurs comme Mel Tappan (« personal survival letter ») publièrent des ouvrages sur le même thème.

Dans les années 1980, John Pugsley publia La Stratégie Alpha[2] qui fut un best-seller et considéré encore aujourd'hui comme une référence parmi les survivalistes américains[3],[4]. Le livre Life After Doomsday de Bruce Clayton apparaît à cette période de course à l'armement nucléaire. Dans les années 1990, le bogue de l'an 2000 a redonné une seconde vie au courant survivaliste. Les événements du 11 septembre 2001 et la guerre contre le terrorisme ont ravivé la crainte d'un désastre imminent avec autant de force qu'à son origine dans les années 1960 et 1970. Le séisme du 26 décembre 2004 dans l'océan Indien a accentué le phénomène ainsi que la crise financière de 2007-2009.

Types de problèmes envisagés[modifier | modifier le code]

Vue idéalisée de l'intérieur d'un abri antiatomique, où l'humanité devait continuer à vivre malgré les retombées dans l'environnement. Photo prise en 1957.

Le survivaliste se prépare en fonction de la situation anticipée. La préparation la plus importante est celle pour un évènement qui nous touche individuellement, comme :

  • un accident de la route ;
  • un incendie au domicile ;
  • un accident domestique ;
  • un décès ;
  • un cambriolage ;
  • une agression.
  • une situation d'isolement dans la nature ; Les Stroud, parfois qualifié d'expert survivaliste[5], en est le représentant américain le plus médiatisé.

Ensuite viennent les évènements locaux, touchant une zone limitée, par exemple des suites du mauvais temps ou de troubles sociaux :

Enfin viennent les évènements à échelle régionale, nationale ou mondiale. Lors de ces évènements, chaque individu est livré à lui-même.

Pour résumer tout cela, il est d'usage de se protéger contre une épidémie de type "zombie". Ce type de catastrophe fictive rassemble presque tous les risques possibles.

Solutions envisagées[modifier | modifier le code]

Une base autonome durable doit comporter une réserve et un approvisionnement en eau potable, en nourriture, en énergie, en soins, en distraction, en informations et en relations humaines. Sa surface doit donc être assez grande pour cultiver et élever. Des évacuations (sortie de secours, ordures, excréments, urines...) et de quoi reconstruire la civilisation sont indispensables.

Perspective religieuse et dérives sectaires[modifier | modifier le code]

Le survivalisme est parfois lié à des croyances religieuses diverses. Certaines Églises évangéliques ont une interprétation de la Bible connue sous le nom de temps de la grande tribulation et annonçant des événements auxquels il faudrait se préparer. L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours donne consigne aux familles de stocker de la nourriture[6]. La prédiction d'un changement radical en décembre 2012, issue d'une interprétation du calendrier maya, a ravivé également les préparatifs des survivalistes religieux[7].

Le néosurvivalisme ou les « preppers »[modifier | modifier le code]

Plus récemment, le besoin d'être simplement prévoyant de la part de certains individus[8] ainsi que de se distancier des connotations sectaires, extrémistes[9], et/ou ultra-individualistes[10] collant au survivalisme, en particulier aux États-Unis, a donné naissance au terme « prepper » (de prepping[11] : diminutif informel de « se préparer »).

Ainsi des réseaux de « preppers » ont vu le jour au Canada et aux États-Unis (comme l'American Preppers Network[12]). Ces développements ont conduit Gerald Celente, le fondateur du « Trends Research Institute » à relever l'émergence de ce qu'il appelle le Néosurvivalisme. Il définit ce phénomène dans une interview accordée à Jim Puplava en décembre 2009 :

«(dans) les années '70, la seule chose que l'on voyait était un seul élément du survivalisme : la caricature, le gars avec son AK-47, se dirigeant vers les collines avec assez de munitions, de porc et de haricots pour traverser la tempête. Le Neosurvivalisme est très différent de ça. On observe des citoyens ordinaires, prenant des initiatives futées, se diriger dans un sens intelligent afin de se préparer au pire. (...) Il s'agit donc d'un survivalisme de toutes les façons possibles : cultiver soi-même, être auto-suffisant, faire autant que possible pour se débrouiller aussi bien que possible par soi-même. Et cela peut se faire dans des zones urbaines, semi-urbaines ou à la campagne. Cela veut dire également : devenir de plus en plus solidement engagé avec ses voisins, son quartier. Travailler ensemble et comprendre que nous sommes tous dans le même bain. Le meilleur moyen d'avancer c'est en s'aidant mutuellement.(...)»

Selon une étude de Bertrand Vidal[13], une évolution du survivalisme s'est bien produite au début du XXIe siècle : « si au départ l’on pouvait dire qu’il existe une unique population survivaliste qui pouvait se définir racialement, politiquement, économiquement et autres, aujourd’hui le mouvement est protéiforme, multiple, trans-générationnel. Tout le monde peut, un jour, devenir survivaliste ».

« Le « prepper », s’il ne diffère pas du survivaliste quant aux pratiques mises en œuvre pour la survie (...), la préparation au pire, se présente plutôt comme un mode de vie, une attitude quotidienne que comme un moyen de survie ».

L'étude cite le survivaliste français Vol West, vivant aux États-Unis : « Quand je stocke six mois de nourriture comme le faisaient nos ancêtres, ce n'est pas dans l'anticipation de la fin du monde, mais bien dans une intention d'indépendance face à un système juste-à-temps. ».

Émissions télévisées[modifier | modifier le code]

Cinéma survivaliste[modifier | modifier le code]

Littérature survivaliste[modifier | modifier le code]

Le survivalisme dans le monde[modifier | modifier le code]

La préparation survivaliste, individuelle ou en groupe, qu'elle soit formelle ou informelle, ainsi que les forums et blogs dédiés sont populaires dans le monde. Ils sont le plus visibles en Australie[14],[15], Autriche[16], Belgique[17], Canada[18], France[19],[20],[21], Allemagne[22] (souvent sous l'appellation de clubs de sports extrêmes)[23], Pays-Bas[24], Nouvelle-Zélande[25], Russie[26], Suède[27],[28],[29], Royaume-Uni[30] et aux États-Unis[31].


Essais[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Kurt Saxon, « What is a survivalist? », sur textfiles.com (consulté le 7 octobre 2012)
  2. « http://www.biorationalinstitute.com/zcontent/alpha_strategy.pdf » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  3. (en) James Wesley, « Time For Retreat Logistics Stage Two--The Soft Items », sur survivalblog.com,‎ 10 avril 2008 (consulté le 7 octobre 2012)
  4. (en) James Wesley, « Coping With Inflation--Some Strategies for Investing, Bartering, Dickering, and Survival », sur survivalblog.com,‎ 18 décembre 2007 (consulté le 7 octobre 2012)
  5. Jeremy Derksen, « Essential Skills and tactics to get You out of Anywhere – Alive », Sarscène, vol. 18, no 3,‎ 2009, p. 19 (lire en ligne)
  6. « Réserves au foyer », sur lds.org (consulté le 7 octobre 2012)
  7. « 2012 : ils ont peur de l'apocalypse », sur m6.fr,‎ 11 décembre 2011 (consulté le 7 octobre 2012)
  8. (en) Kari Huus, « Hard times have some flirting with survivalism », sur msnbc.msn.com,‎ 21 octobre 2008 (consulté le 7 octobre 2012)
  9. (en) M.D. Creekmore, « Are you a Prepper or a Survivalist? » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 22 janvier 2010, sur thesurvivalistblog.net. Consulté le 7 octobre 2012
  10. (en) Alex Williams, « Duck and Cover: It’s the New Survivalism », sur nytimes.com,‎ 6 avril 2008 (consulté le 7 octobre 2012)
  11. (en) « prep », sur thefreedictionary.com (consulté le 7 octobre 2012)
  12. (en) « American Preppers Network », sur americanprepperswork.com (consulté le 7 octobre 2012)
  13. Bertrand Vidal, « Survivre au désastre et se préparer au pire », sur lodel.irevues.inist.fr (consulté le 7 octobre 2012)
  14. (en) Tim Elliott, « Survivalists stock up ready for the worst », The Sydney Morning Herald,‎ 2009-05-02 (lire en ligne)
  15. (en) « Head for the hills - the new survivalists », Energy Bulletin (consulté le 2010-08-13)
  16. http://www.preppers.at
  17. (en) « Survivalisme Belgique »
  18. (en) The Gazette, « Survivalist Cuisine: Apocalypse grade tomatoes », Canada.com,‎ 2008-11-05 (consulté le 2010-08-13)
  19. (en) « Olduvaï - anticipation & gestion des risques », Le-projet-olduvai.kanak.fr,‎ 2006-05-25 (consulté le 2010-08-13)
  20. (en) « Neosurvivalisme »
  21. (en) « Le survivaliste »
  22. (en) Bojan Pancevski, « Bunkers in vogue as cold war fears rise », The Daily Telegraph, London,‎ 2007-06-17 (lire en ligne)
  23. (en) « Open Directory - World: Deutsch: Freizeit: Outdoor: Survival », Dmoz.org (consulté le 2012-01-27)
  24. (en) « Preppers.nl », Preppers.nl,‎ 2012-07-02 (consulté le 2012-07-02)
  25. (en) « The New Zealand Preparedness Forum - Home », Nzpreppers.proboards60.com (consulté le 2010-08-13)
  26. (en) « Survivalists stock up for End of Days - RT Top Stories » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Russiatoday.com. Consulté le 2010-08-13
  27. (en) « Blott Sverige svenska preppers har », Innandetsker.blogspot.com,‎ 2004-02-26 (consulté le 2010-08-13)
  28. (en) « Survivalist.se », survivalist.se,‎ 2010-09-19 (consulté le 2010-09-19)
  29. (en) « Swedishurvivalist.se - Forum », swedishsurvivalist.se,‎ 2010-09-19 (consulté le 2010-09-19)
  30. (en) « Survivalists get ready for meltdown », CNN,‎ 2008-05-02 (lire en ligne)
  31. (en) Alex Williams, « Duck and Cover: It's the New Survivalism », The New York Times,‎ 2008-04-06 (lire en ligne)
  32. Jean-Philippe Décarie-Mathieu, « Entrevue avec Piero San Giorgio, auteur de « Survivre à l’effondrement économique » », sur lesfilsdelaliberte.net,‎ 27 septembre 2011 (consulté le 7 octobre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie dédiée à ce sujet : Survivalisme.