Tony Abbott

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Tony Abbott
Tony Abbott en 2010.
Tony Abbott en 2010.
Fonctions
28e Premier ministre d'Australie
En fonction depuis le
(&&&&&&&&&&&&02106 mois et 28 jours)
Monarque Élisabeth II
Gouverneur Quentin Bryce
Peter Cosgrove
Gouvernement Abbott
Prédécesseur Kevin Rudd
Leader du Parti libéral
En fonction depuis le
Prédécesseur Malcolm Turnbull
Leader de l'Opposition
Prédécesseur Malcolm Turnbull
Successeur Chris Bowen
Ministre de la Santé et de la Vieillesse
Premier ministre John Howard
Prédécesseur Kay Patterson
Successeur Nicola Roxon
Ministre de l'Emploi, des Relations du Travail et des Petites entreprises
Premier ministre John Howard
Prédécesseur Chris Ellison
Successeur Kevin Andrews
Représentant de la circonscription de Warringah
En fonction depuis le
Prédécesseur Michael MacKellar
Biographie
Date de naissance (56 ans)
Lieu de naissance Londres (Royaume-Uni)
Nationalité Australienne
Parti politique Parti libéral
Conjoint Margaret Aitken
Diplômé de Université de Sydney
Université d'Oxford
Profession Journaliste
Religion Catholicisme
Résidence The Lodge, Canberra

Signature

Tony Abbott
Premiers ministres d'Australie

Anthony John « Tony » Abbott, né le à Londres, est un homme politique australien, membre du Parti libéral et Premier ministre d'Australie[1] depuis le .

Ministre de l'Emploi (2001-2003) et de la Santé (2003-2007), il était avant son poste de Premier ministre, chef de l'opposition au Parlement d'Australie et chef parlementaire du Parti libéral en remplacement de Malcolm Turnbull depuis le .

Origines[modifier | modifier le code]

Né à Londres[2] d'une mère australienne, Fay Abbott (née Peters) à Sydney, et d'un père d'origine anglaise, Richard Henry Abbott, né à Newcastle upon Tyne, Angleterre, et a grandi dans un village voisin. Richard émigre en Australie au cours de la Seconde Guerre mondiale avec ses parents. Le grand-père maternel de Tony Abbott est né aux Pays-Bas mais est venu en Australie quand il avait cinq ans. Sa grand-mère maternelle est née au Pays de Galles[3].

Le , Tony Abbott et sa famille déménagent en Australie[4]. Il étudie au lycée Saint Ignatius College, Riverview à Sydney, à l'Université de Sydney et à l'Université d'Oxford[5],[6]. Titulaire d'une Bourse Rhodes, il est successivement séminariste, journaliste et chef du Mouvement monarchiste australien. Abbott est également connu pour ses engagements comme volontaire : pompier, maître-nageur sauveteur, et enseignant dans les villages indigènes de l'intérieur[7],[5],[8].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En 1994, Abbott est élu député libéral de la circonscription de Warringah dans la banlieue nord de Sydney. Il est ministre fédéral de l'Emploi de 2001 à 2003, puis de la Santé de 2003 à 2007, dans les gouvernements de John Howard.

Lorsque le gouvernement de coalition dirigé par John Howard perd les élections de novembre 2007, Brendan Nelson est élu à la tête des libéraux aux dépens de Malcolm Turnbull par 45 voix contre 41. En septembre 2008, lors d'un second vote, Turnbull est cette fois-ci élu par 45 voix contre 41 pour Nelson[9]. Turnbull ne peut pas entamer la popularité de Kevin Rudd et, après une période de division des libéraux au sujet d'une bourse du carbone en Australie, Abbott est élu par 42 voix contre 41 pour Turnbull, le [10].

Chef de l'opposition[modifier | modifier le code]

Le Gouvernement Kevin Rudd a répondu à la Crise économique de 2008-2010 par un programme économique de croissance. Le surplus budgétaire antérieur s'est transformé en déficit, mais l'Australie a évité la récession[11]. Deux chefs successifs du parti libéral - Brendan Nelson et Malcolm Turnbull - n'avaient pas pu entamer la popularité de Rudd mais Tony Abbot a permis aux conservateurs de progresser aux dépens du parti travailliste[12]. Communicateur efficace et vigoureux, il critique Rudd comme  : all talk, no action (rien que des paroles, aucune action).

Abbott s'est opposé au plan Bourse du carbone de Rudd comme a great big tax on everything (un grand impôt sur tout). Il a proposé une allocation de maternité nationale. Il a continué à participer aux manifestations sportives dans toute l'Australie - participant à une course Ironman et réunissant l'argent pour des œuvres de charité en organisant une compétition cycliste de Melbourne à Sydney[13]. Il a déclaré qu'il cherchait les voix de la classe ouvrière qui avait soutenu son prédécesseur conservateur John Howard. En Australie, on les appelle les battlers.

La mauvaise gestion de l'argent injecté par le gouvernement dans l'industrie des toitures a provoqué des feux dans des maisons et une série d'accidents mortels parmi les ouvriers incompétents et le projet a été abandonné en avril 2010, avec de grandes indemnités demandées par ceux affectés. Abbott a accusé le gouvernement d'incompétence[14]. En avril, Rudd a annoncé que le gouvernement retarderait son introduction d'un Bourse du carbone jusqu'à après la prochaine élection. Abbott a accusé le gouvernement de poltronnerie[15]. Après un déclin de popularité, Rudd démissionne le , juste avant un vote interne du parti travailliste, demandé par la Vice-Première ministre, Julia Gillard[16].

Le , lors des élections législatives anticipées déclenchées par le Premier ministre Gillard et au cours de laquelle Abbott critique le politique fiscale du gouvernement et a promis de mettre un terme à trois projets du gouvernement Rudd-Gillard  : la taxe sur les super-profits des compagnies minières; le développement d'un réseau national à haut débit; et l'introduction d'un Bourse du carbone. Abbott a réaffirme sa loyauté à la Monarchie en Australie. La coalition national-libéral qu'il mène et le parti travailliste remportent chacun 72 sièges, obligeant chacun des deux camps à courtiser les quatre élus indépendants, verts australiens et un West Australian National pour former un gouvernement de coalition[17]. Finalement, il ne parvient à rallier qu'un seul élu indépendant, et le WA National, alors que les trois autres élus indépendants et verts apportaient leur soutien à Mme Gillard.

Les travaillistes ont été au pouvoir pendant deux mandats de trois ans, mais ces six années ont été marquées par de féroces luttes internes[18]. Le , Gillard est désavouée lors d'un vote de confiance des députés de sa formation. Kevin Rudd redevient ainsi chef du Parti travailliste (ALP) et Premier ministre[19]. Le changement à la tête du parti n'empêche toutefois pas la défaite de l'ALP lors des élections du 7 septembre[20].

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Tony Abbott est à la tête de la coalition libérale-nationale qui remporte la victoire à l'issue des élections législatives du . Officiellement désigné Premier ministre par la gouverneure générale, il prête serment le 18 septembre et prend ses fonctions dans la capitale administrative Canberra[21],[22] en succédant au travailliste Kevin Rudd. Dans son premier discours, il trace les grandes lignes de sa philosophie de gouvernement :

« Un gouvernement juste est un gouvernement qui gouverne pour tous les Australiens. Y compris ceux qui n'ont pas voté pour lui. Un gouvernement juste a le devoir d'aider chacun à maximiser son potentiel : les aborigènes ; les invalides ; et nos familles oubliées — aussi bien que ceux que Menzies a décrits comme lifters not leaners. Nous ne laisserons pas quiconque seul[23]. »

Convictions[modifier | modifier le code]

Considéré comme un conservateur social, il est catholique et monarchiste[24]. En 2009, il publie le livre Battlelines[25] dans lequel il préconise une réforme constitutionnelle pour accroître les pouvoirs du gouvernement fédéral notamment dans les secteurs de la santé et de l'environnement. Partisan d'un modèle « traditionnel » de la famille, il est opposé à l'euthanasie, à la recherche sur les cellules souches embryonnaires et au mariage homosexuel. Enfin il croit que l'avortement devrait être « sûr, légal et rare » ("abortion should be safe, legal and rare")[26],[24],[27].

Affaires aborigènes[modifier | modifier le code]

Abbott affirme que l'amélioration des conditions de vie pour les aborigènes est une priorité personnelle et sera une question de grande importance pour son gouvernement[28],[29],[30],[31]. Comme Premier ministre, il annonce qu'il continuera à être volontaire dans les villages aborigènes de l'intérieur, comme il le fait chaque année depuis 2007.[32]. De même, il apporte son soutien à l'avocat Noel Pearson qui critique souvent l'établissement politique australien, et qui propose une synthèse de la thèse de Booker T. Washington (soulignant la responsabilité personnelle) et de W.E.B. Du Bois (soulignant des droits légaux) pour dépasser des tensions existantes[33],[29],[30]. Enfin, il nomme Warren Mundine comme conseiller spécial sur la réforme de la constitution, vis-à-vis des affaires aborigènes[31]. Abbott propose une modification de la Constitution de l'Australie pour accorder la reconnaissance aux Australiens aborigènes :

« L'Australie est un pays béni… sauf que nous n'avons jamais fini de faire la paix avec les premiers Australiens. C'est la tache sur notre âme… Notre défi actuel est de faire ce qui devrait avoir été fait il y a 200 ou 100 ans - pour reconnaître les peuples indigènes dans notre document fondamental. C'est-à-dire, nous devons nous réconcilier pour les omissions et pour les cœurs insensibles de nos ancêtres, pour nous permettre d'embrasser le futur en tant que peuple uni[34]. »

Monarchiste constitutionnel[modifier | modifier le code]

Abbott est un partisan de la monarchie constitutionnelle en Australie[35],[36]. Avant d'entrer au Parlement, il est, de 1993 à 1994, directeur exécutif du mouvement Australiens pour la monarchie constitutionnelle qui vise à préserver la monarchie constitutionnelle actuelle de l'Australie[37].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Abbott a publié quatre livres :

  • (en) Tony Abbott, A Strong Australia, Liberal Party of Australia, 132 p. (ISBN 9780646590332)
  • (en) Tony Abbott, Battlelines, Carlton Victoria Australia, Melbourne University Press,‎ 2009, poche (ISBN 978-0-522-85606-4, OCLC 370370663)
  • (en) Tony Abbott, How to Win the Constitutional War: and give both sides what they want, Kent Town South Australia, Wakefield Press,‎ 1997 (ISBN 978-1-86254-433-8, OCLC 38832022)
  • (en) Tony Abbott, The Minimal Monarchy: and why it still makes sense for Australia, Kent Town South Australia, Wakefield Press,‎ 1995 (ISBN 978-1-86254-358-4, LCCN 95235539)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Australie: qui est Tony Abbott, le nouveau Premier ministre? », sur www.lexpress.fr,‎ 7 septembre 2013 (consulté le 7 septembre 2013)
  2. (en) « The Hon Tony Abbott MP - Biography », sur www.aph.gov.au (consulté le 12 septembre 2013)
  3. Susan Mitchell, Tony Abbott: A Man's Man, p. 8 (ISBN 1921942185)
  4. (en)« Migration famille Abbott - National Archives of Australia (ref. : NAA: A1877, 07/09/1960 ORONSAY ABBOTT R H) », sur www.recordsearch.naa.gov.au (consulté le 12 septembre 2013)
  5. a et b (en) « Biography: The Hon Tony Abbott MP, Member for Warringah (NSW) », sur www.aph.gov.au (consulté le 7 septembre 2013)
  6. (en) « Biography: Tony Abbott - Panellist on Q&A », sur www.abc.net.au (consulté le 12 septembre 2013)
  7. (en)Brian McCoy, « Abbott's complex Aboriginal odyssey », sur www.eurekastreet.com.au,‎ 04 septembre 2008 (consulté le 12 septembre 2013)
  8. « Australie: qui est Tony Abbott, le nouveau Premier ministre? », sur www.lexpress.fr,‎ 7 septembre 2013 (consulté le 7 septembre 2013)
  9. Lincoln Archer, « Liberal leadership spill: Tony Abbott wins », sur www.news.com.au,‎ 01 decembre 2009 (consulté le 8 septembre 2013)
  10. Lincoln Archer, « Liberal leadership spill: Tony Abbott wins », sur www.news.com.au (NewsComAu),‎ 1er décembre 2009 (consulté le 8 septembre 2013)
  11. (en)« Australia able to avoid recession », sur www.news.bbc.co.uk,‎ 3 juin 2009 (consulté le 7 septembre 2013)
  12. (en)« Poll shows Abbott creeping up on Rudd », sur www.abc.net.au,‎ 8 février 2010 (consulté le 7 septembre 2013)
  13. (en)« Abbott finishes Pollie Pedal », sur www.news.smh.com.au (The Sydney Morning Herald),‎ 15 avril 2010 (consulté le 7 septembre 2013)
  14. (en)« Broken childcare, insulation promises humiliate PM », sur www.theage.com.au (The Age),‎ 23 avril 2010 (consulté le 7 septembre 2013)
  15. (en)« Kevin Rudd delays emissions trading scheme until Kyoto expires in 2012 », sur www.theaustralian.com.au,‎ 27 avril 2010 (consulté le 7 septembre 2013)
  16. « Julia Gillard, primera mujer al frente del gobierno en Australia », Público.es,‎ (consulté le )
  17. L'Australie sans majorité, AFP/Express, 22 aout 2010.
  18. Elections en Australie: victoire de l'opposition conservatrice; L'express; 7/9/2013
  19. « Une journée de folie au parlement australien », sur ABC (consulté le 27 juin 2013)
  20. (en)Linda Silmalis, « Kevin Rudd walks away from Labor wreck », sur www.heraldsun.com.au,‎ 7 septembre 2013 (consulté le 12 septembre 2013)
  21. « Australie : le nouveau Premier ministre Tony Abbott prête serment », sur www.lepoint.fr,‎ 18 septembre 2013 (consulté le 18 septembre 2013)
  22. (en)« Abbott sworn in as Australia's PM », sur www.aljazeera.com,‎ 18 septembre 2013 (consulté le 18 septembre 2013)
  23. « Tony Abbott's victory speech », The Age, 7 septembre 2013 : « A good government is one that governs for all Australians. Including those who haven't voted for it. A good government is one with a duty to help everyone to maximise his or her potential. Indigenous people. People with disabilities. And our forgotten families, as well as those who Menzies described as lifters, not leaners. We will not leave anyone behind. ».
  24. a et b Émilie Lopes, « Avec Abbott, l'Australie vire à droite toute », Le Figaro, 10 septembre 2013, page 8.
  25. (en)« Tony Abbott launches Battlelines book », sur www.abc.net.au,‎ 28 juillet 2009 (consulté le 7 septembre 2013)
  26. The Contender; 60 Minutes; 5 March 2010
  27. (en)Matt Buchanan, « Plain speaking and brute experience »,‎ 4 février 2009 (consulté le 2 octobre 2013)
  28. (en) Tony vows to be PM for indigenous affairs; Patricia Karvelas; The Australian; 6/9/2013
  29. a et b http://www.theaustralian.news.com.au/story/0,20867,20498209-7583,00.html
  30. a et b (en)Patricia Karvelas et Justine Ferrari, « Noel Pearson is Tony Abbott's man to fix schools. », sur www.theaustralian.com.au,‎ 31 août 2013 (consulté le 12 septembre 2013)
  31. a et b (en)« Indigenous recognition will 'complete constitution', says Tony Abbott », sur www.theguardian.com,‎ 10 août 2013 (consulté le 12 septembre 2013)
  32. (en)Peter Martin, Jonathan Pearlman, « Fact checker: Coalition leader Tony Abbott's bush jaunts make him almost a local », sur www.smh.com.au (The Sydney Morning Herald),‎ 26 août 2013 (consulté le 17 octobre 2013)
  33. Noel Pearson; White guilt, victimhood and the quest for a radical centre; 2007
  34. "Australia is a blessed country... except for one thing—we have never fully made peace with the First Australians. This is the stain on our soul.... our challenge is to do now in these times what should have been done 200 or 100 years ago to acknowledge Aboriginal people in our country’s foundation document. In short, we need to atone for the omissions and for the hardness of heart of our forebears to enable us all to embrace the future as a united people; discours de Tony Abbott au parlement, 13/2/13
  35. (en) Damien Freeman, « Quadrant Online - The Political Philosophy of Tony Abbott », sur www.quadrant.org.au (consulté le 12 septembre 2013)
  36. Liz Jackson, « Four Corners émission du 15/03/2010 : Program Transcript from Liz Jackson's report The Authentic Mr Abbott »,‎ 19 March 2010 (consulté le 12 septembre 2013)
  37. Australians for Constitutional Monarchy

Liens externes[modifier | modifier le code]