Théodora (femme de Justinien)

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Théodora représentée sur une mosaïque de la Basilique Saint-Vital de Ravenne.
Théodora, détail de la mosaïque de San Vitale de Ravenne.
Sarah Bernhardt dans le rôle de Théodora, 1884

Théodora (vers 500 - 548) est une impératrice de l'empire byzantin, femme de Justinien. D'humble origine, elle est semble-t-il la fille d'Acacius, un dresseur d'ours attaché au cirque de Constantinople. Avant de devenir la maîtresse du futur empereur Justinien, elle est, selon Procope de Césarée, danseuse et courtisane.

Vie politique[modifier | modifier le code]

Pour épouser Théodora, de 17 ans sa cadette, Justinien obtient de son oncle l'empereur Justin Ier l'abrogation d'une loi qui interdisait à un sénateur de se marier avec une courtisane.

Mariée en 523 à Justinien, alors magister militum praesentalis, elle revêt la pourpre en même temps que lui en 527 dans la basilique Sainte-Sophie, ce qui l'associe pleinement à l'Empire et fait d'elle une impératrice pleine et entière. Elle conseille souvent Justinien, en particulier dans le domaine religieux, et sauve la situation en janvier 532 lors de la sédition Nika par une attitude courageuse et énergique - qui tranche avec celle de Justinien - préférant « mourir dans la pourpre » que de céder face à la populace. Avec l'aide de Narsès et de Bélisaire, la sédition est écrasée.

Sa vie privée, une fois sur le trône, est irréprochable, bien que Procope dans son Histoire secrète fasse de Théodora une véritable érotomane. Cependant, les exagérations de Procope, si tant est que l'Histoire secrète soit réellement de lui, sont certainement à mettre sur le compte d'une opposition politique à une femme qui, selon une rumeur probablement exagérée, gouvernait son mari et par là-même tout l'empire. Attaquer une femme sur sa vertu est un moyen commode de la discréditer.

En réalité, cette ancienne courtisane fait prendre à Justinien des mesures énergiques contre les propriétaires de maisons de tolérance, dépense de fortes sommes pour aider les prostituées, rachetant certaines d'entre elles et fonde une maison pour pécheresses repenties.

Théodora est moins heureuse dans le choix de ses favoris et certaines de ses interventions sont pour le moins maladroites. Ainsi, après avoir couvert les débordements d'Antonine, la femme de Bélisaire, elle se brouille avec elle et fait rappeler Bélisaire d'Italie à un moment critique. Elle privilégie les hommes qui lui sont dévoués même s'ils sont incompétents.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Dans le domaine religieux, alors que Justinien penche pour l'orthodoxie et un rapprochement avec Rome, Théodora reste toute sa vie favorable aux monophysites et réussit à infléchir, du moins jusqu'à sa mort, la politique impériale.

Théodora meurt en 548, 17 ans avant Justinien, d'une maladie dont les symptômes ressemblent à ceux d'un cancer du sein. Son corps fut enterré dans l'église des Saints-Apôtres à Constantinople.

Postérité[modifier | modifier le code]

Avec son mari, elle est une sainte de l'Église orthodoxe, commémorée le 14 novembre.

Au théâtre, Victorien Sardou crée en 1884 un drame en cinq actes, Théodora. Lors de la création de la pièce, l'impératrice est jouée par Sarah Bernhardt.

Plusieurs films relatent la vie de Théodora dès l'époque du cinéma muet. En 1921, le cinéaste italien Leopoldo Carlucci réalise un Théodora (Teodora), film muet en noir et blanc. Riccardo Freda consacre un film en 1952 : Théodora, impératrice de Byzance avec Gianna Maria Canale dans le rôle de Théodora et Georges Marchal dans celui de Justinien.

En littérature, Michel de Grèce a écrit un roman sur sa vie : Le palais des larmes. La princesse Bibesco a écrit un roman sur sa jeunesse :Théodora, le cadeau de Dieu (1953). Guy Rachet, archéologue et historien, à écrit un roman sur l'ascension de Théodora au trône de Byzance intitulé Théodora (1984).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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