Basilique Saint-Vital (Ravenne)

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Basilique Saint-Vital
Image illustrative de l'article Basilique Saint-Vital (Ravenne)
Présentation
Nom local Basilica di San Vitale
Culte Catholique romain
Type Basilique
Début de la construction 525
Fin des travaux 548
Style dominant Byzantin
Protection  Patrimoine mondial (1996)
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Émilie-Romagne
Commune Ravenne
Coordonnées 44° 25′ 14″ N 12° 11′ 46″ E / 44.420556, 12.19611144° 25′ 14″ Nord 12° 11′ 46″ Est / 44.420556, 12.196111  

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
Basilique Saint-Vital

La basilique Saint-Vital (en italien Basilica di San Vitale) est une basilique italienne datant du VIe siècle, située à Ravenne, en Émilie-Romagne. C'est l'un des monuments les plus représentatifs de l'architecture et de l'art byzantins en Europe occidentale. Connue pour son ensemble de mosaïques du VIe siècle, elle est inscrite, avec d'autres monuments de Ravenne, sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.

Histoire[modifier | modifier le code]

La légende rapporte que la basilique aurait été érigée sur les lieux du martyre de saint Vital. Cependant, il n'est pas certain qu'il s'agisse de saint Vital de Milan ou d'un autre saint Vital dont les reliques furent découvertes en même temps que celles de saint Agricola par saint Ambroise, en 393, à Bologne.

Sa construction fut commencée par l'évêque Ecclesius en 527, et terminée en 548 par le vingt-septième évêque de Ravenne, Maximien, pendant la période de l'exarchat. L'édifice combine des éléments architecturaux romains (le dôme, la forme des portails, les tours) avec des éléments byzantins (l'abside polygonale, les chapiteaux, la construction en briquettes, etc.). L'église est d'une importance majeure, car elle est la seule à dater de la période justinienne, et à n'avoir pratiquement subi aucune transformation jusqu'à nos jours.

Sa construction a été financée par un banquier grec, Julien l'Argentier, dont on sait très peu de choses, si ce n'est qu'il finança également la construction de la basilique Saint-Apollinaire in Classe, vers la même époque. Le véritable bienfaiteur peut aussi avoir été l'empereur byzantin lui-même, qui considérait la fondation d'églises comme un outil de propagande et comme une façon de renforcer les liens de certains territoires avec l'empire.

Description[modifier | modifier le code]

Plan de la basilique

Plan de l'édifice[modifier | modifier le code]

Le plan de la basilique aurait été inspiré de celui de l'Anastasis, l'église de la Résurrection que Constantin Ier fit construire à Jérusalem sur le site du Saint-Sépulcre (et qui fut détruite par les Perses en 614). Il a, en tout cas, inspiré celui de la chapelle palatine de Charlemagne, à Aix-la-Chapelle, construite après son couronnement comme empereur.

Mosaïques[modifier | modifier le code]

Le monument est mondialement connu et tire l'essentiel de sa renommée de ses somptueuses mosaïques, de facture byzantine, qui décorent la chapelle absidale. Ravenne possède d'ailleurs l'ensemble de mosaïques le plus impressionnant de tout le domaine byzantin, celles de la capitale ayant beaucoup souffert de la crise iconoclaste : il a valu à la ville d'être inscrite au patrimoine mondial de l'Humanité établi par l'UNESCO depuis 1996.

On retrouve sur les mosaïques un goût trésor important pour les détails, ainsi que pour l'ornement. Le fond d'or, caractéristique de l'art byzantin, dématérialise les scènes et les sort d'un contexte spatio-temporel. Cependant, la simplification des formes permet la lisibilité de la scène.

Arc triomphal[modifier | modifier le code]

Un arc triomphal sépare la chapelle de la partie centrale du bâtiment ; il est orné de quinze médaillons figurant le Christ, les douze Apôtres, dont Paul, et les deux fils de saint Vital, saint Gervais et saint Protais. L'arc triomphal marque l'entrée dans la chapelle, afin d'apercevoir toute la splendeur des mosaïques.

Chapelle[modifier | modifier le code]

Le programme iconographique de la partie antérieure de la chapelle fait un large appel à des scènes de l'Ancien Testament qui se réfèrent au sacrifice divin (les sacrifices d'Abel, d'Isaac fils d'Abraham, de Melchisédech symbolisant le sacrifice parfait, préfigurant celui du Christ représenté par l'Agneau), et à la présence effective et réelle de Dieu (dans le Buisson Ardent, au Mont Sinaï ou par les Trois Anges, symboles de la Trinité).

Voûte[modifier | modifier le code]

La voûte du sanctuaire est divisée en quatre secteurs, séparés par de larges frises de feuillage avec des fruits, des oiseaux, des petits animaux, un paon à la jonction avec les piliers. Ces guirlandes se rejoignent au niveau du médaillon central, porté par quatre anges, où se trouve l'Agneau Mystique. Chaque secteur est couvert d'un semis de feuilles d'acanthe rehaussées d'or, enserrant entre leurs courbes tout un monde d'oiseaux et d'animaux divers.

Arcatures[modifier | modifier le code]

La chapelle est séparée du déambulatoire, de chaque côté, par une triple arcature décorée de panneaux représentant des scènes de l'Ancien Testament:

  • à gauche, Abraham, recevant la visite des Trois Anges, et le sacrifice qu'il s'apprête à faire de son fils Isaac ; au-dessus à droite, Moïse sur le Mont Sinaï
  • à droite, les sacrifices d'Abel et de Melchisédech; Moïse devant le Buisson Ardent ; des figures d'anges, les prophètes Isaïe et Jérémie, les quatre évangélistes accompagnés de leurs symboles complètent la décoration de cette partie.

Le fond de la chapelle est consacré au Christ, qui a la première place, devant le couple impérial.

Panneaux latéraux de l'abside[modifier | modifier le code]

Deux grands panneaux muraux latéraux, disposés face à face et cantonnent la mosaïque de l'abside, portent les mosaïques les plus célèbres, probablement, de tout l'art byzantin. Ils s'agit des cortèges présidés par le couple impérial, l'empereur Justinien et son épouse Théodora.

  • Le premier cortège est dirigé par Justinien, portant les attributs impériaux ainsi qu'une tunique et des chaussures de pourpre, un diadème et un bijou précieux fixant sa chlamyde. Il offre une patène d'or au Christ, et est suivi de l'évêque Maximien et de sa garde impériale, dont les boucliers sont ornés d'un chrisme. Sa démarche symbolise le rétablissement de la communion et le chrisme rappelle le souvenir de Constantin.
  • De l'autre côté, Théodora et sa suite de dames de compagnie et de chambellans, offrent un calice au Christ. L'impératrice est magnifiée par une niche décorative, et s'apprête à franchir une porte qui la mène vers le Christ. Elle porte de riches bijoux, et au bas de son manteau apparaissent les Rois mages offrant des cadeaux au Christ. Les détails sont riches et ornés, les bordures rehaussées de gemmes et de perles.
Abside[modifier | modifier le code]

Le décor de mosaïques culmine dans le cul-de-four de l'abside. Trônant sur un globe terrestre, le Christ en gloire, juvénile et vêtu de pourpre, est entouré de deux anges et de saint Vital, à qui il tend la couronne du martyre, et de l'évêque Ecclésius qui lui fait don de la maquette de la basilique. Le visage du Christ est entouré d'un nimbe crucifère. Ces cinq personnages apparaissent sur un fond d'or et ont à leurs pieds un décor champêtre stylisé où coulent les fleuves célestes.

Pavement, chapiteaux[modifier | modifier le code]

La somptueuse décoration de la chapelle est complétée par un pavement géométrique au décor complexe et par des panneaux muraux en marbre polychrome. Les colonnes sont surmontées de chapiteaux très ouvragés de style byzantin caractéristique : leur forme est celle d'un tronc de pyramide inversé, aux arêtes curvilignes.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]