OSS 117 : Rio ne répond plus

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OSS 117 : Rio ne répond plus

alt=Description de l'image Logo OSS117 Rio.png.
Réalisation Michel Hazanavicius
Scénario Jean-François Halin
d'après les romans de Jean Bruce
Acteurs principaux
Sociétés de production Mandarin Cinéma
Gaumont
M6 Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie
Espionnage
Sortie 2009
Durée 99 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

OSS 117 : Rio ne répond plus est un film français réalisé par Michel Hazanavicius, sorti le 15 avril 2009 au cinéma.

Comme le premier volet (OSS 117 : Le Caire, nid d'espions), le film est inspiré des romans OSS 117 écrits par Jean Bruce. Ces romans portent sur la vie d'un espion américain d'origine française du nom d'Hubert Bonisseur de La Bath, qui travaille pour l'OSS, une agence de renseignement du gouvernement des États-Unis qui fut fonctionnelle entre 1942 et 1945. Et comme dans le premier, l'humour est basé en partie sur les préjugés du personnage principal, notamment ses maladresses face aux Juifs.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le film s'ouvre en 1967 à Gstaad, une petite station de sports d'hiver dans le Canton de Berne en Suisse. Douze ans ont passé depuis la mission au Caire dans le film précédent. OSS 117 y est en paisible villégiature lorsqu'il est confronté à des gangsters chinois qu'il abat les uns après les autres.

Hubert Bonisseur de la Bath, agent secret français du SDECE, désormais au service de la Cinquième République française dirigée par le général de Gaulle et son Premier ministre Georges Pompidou, reçoit l'ordre de son supérieur Armand Lesignac de se rendre à Rio de Janeiro où il doit racheter un microfilm contenant une liste d'anciens collaborateurs français durant la Seconde Guerre mondiale, détenu par un ancien dignitaire nazi. Au cours de sa mission, il attire l'attention du Mossad, les services secrets israéliens.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Les acteurs[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Jean Dujardin à une avant-première du film.

Les espions français

Les femmes autour d'OSS 117

Les nazis

Les autres espions

Les Chinois

Les autres personnages

Précisions[modifier | modifier le code]

Comme dans le précédent opus, certains acteurs choisis pour jouer des étrangers le sont réellement ; ainsi le Chinois conduisant OSS 117 au début du film est joué par un Brésilien d'origine asiatique ne parlant pas français, et qui a dû imiter le français avec l'accent chinois[1].

Claude Brosset étant décédé, Pierre Bellemare reprend le rôle d'Armand Lesignac, le supérieur d'OSS 117. Alors que dans le premier film, leurs rencontres au début et à la fin du film avaient lieu dans un café parisien, ils se rencontrent cette fois dans le bureau de Lesignac au siège du SDECE. Il est de plus le seul personnage du premier film, en dehors d'OSS 117 lui-même, que l'on retrouve dans ce second opus.

Box-office[modifier | modifier le code]

Semaine du France
Entrées Cumul
15 avril au 21 avril 1 090 269 1 090 269
22 avril au 28 avril 593 780 1 684 049
29 avril au 5 mai 332 172 2 016 221
6 mai au 12 mai 233 180 2 249 401
13 mai au 19 mai 136 019 2 385 420
20 mai au 26 mai 67 516 2 452 936
27 mai au 2 juin 33 306 2 486 242

Le film démarre fortement la première semaine avec 1 090 269 entrées puis l'attrait du film chute de moitié dès la deuxième semaine pour atteindre les 2,3 millions de spectateurs après un mois en salle[2].

Il se classe néanmoins début juin à la huitième place du box-office 2009, et attire 260 000 spectateurs de plus que OSS 117 : Le Caire, nid d'espions[3].

Un hommage aux années 1950-1960[modifier | modifier le code]

De manière générale, ce film s'inspire de nombre de films des années 1950-1960, et plus largement de tout l'univers de cette période.

Contenu[modifier | modifier le code]

Quasiment chaque scène du film constitue en fait un clin d'œil ou un hommage. Ces scènes seront donc décrites en détail et par ordre chronologique dans ce présent paragraphe :

  • Lors de l'arrivée d'OSS 117 dans les locaux des services secrets, tous les noms prononcés sont les noms de personnes de l'entourage de Michel Hazanavicius et notamment ses anciens professeurs au Lycée Jacques-Decour à Paris que le réalisateur a fréquenté de 1979 à 1983.
  • L'aéroport de Rio apparaissant peu après est en fait un parc des expositions près de Rio au Brésil, redécoré pour l'occasion et toujours dans le style 60's/70's par le décorateur Maamar Ech-Cheikh.
  • L'enseigne du Copacabana palace, véritable hôtel qui a été utilisé dans nombre de films, a en fait été rajoutée par l'équipe chargée des effets spéciaux numériques, à savoir XXX.
  • La scène du film, dans laquelle OSS 117 se remémore l'accident de trapèze qu'il avait causé, est un hommage au film L'Idole d'Acapulco de Richard Thorpe avec notamment Elvis Presley. Des images de ce film ont d'ailleurs été réutilisées ici (par exemple les images des spectateurs choqués).
  • L'adjectif « inexpugnable » utilisé par OSS 117 pour qualifier la beauté de Carlotta dans la scène suivante est emprunté à une réplique du film Le Colosse de Rhodes de Sergio Leone. La scène suivante, dans laquelle OSS 117 et Carlotta se retrouvent dans une chambre d'hôtel, est une copie conforme d'un décor brésilien où le réalisateur aurait aimé tourner et que l'équipe de décorateurs a reproduit en studio, à Arpajon. OSS 117 porte à ce moment-là un peignoir rendant hommage à celui de Sean Connery dans Goldfinger. Dans la scène suivante, OSS 117 porte un costume rappelant celui du film Détective privé.
  • Comme la plupart des scènes en extérieur, le plan suivant a réellement été tourné à Rio, tout comme celui d'après (la maison des services secrets israéliens) qui fut tournée dans une maison construite par Oscar Niemeyer près de Rio, dans laquelle il vivait, bien que celle-ci fût un tant soit peu redécorée pour l'occasion.
  • Le nom de la femme qui va aider OSS 117 dans sa mission, à savoir Dolorès Koulechov, est un hommage au cinéaste russe Lev Koulechov, inventeur de l'effet du même nom.
  • Parmi les autres références cinématographies avouées de Michel Hazanavicius on trouve : L'Homme de Rio, Le Magnifique (notamment lors de la scène de la piscine), L'Affaire Thomas Crown, la série des Matt Helm (avec Dean Martin), Au service secret de Sa Majesté (notamment pour le costume du jardinier), Sueurs froides (scène de vertiges sur la statue du Christ Rédempteur) ou encore Le Vagabond de Tokyo ; références entrevues pour certaines dans La Classe américaine.
  • On peut également reconnaître des références à Indiana Jones et la Dernière Croisade (la réplique « Hitler. Je déteste ce type. » fait écho au « Nazis. I hate those guys. » prononcé par Indiana Jones, ainsi que le tracé en rouge sur une carte du parcours des héros pendant la scène de course-poursuite en voiture), The Big Lebowski (la scène où OSS, avec un crayon, repasse le bloc-notes de Von Zimmel en espérant trouver un indice caché et en fait, y découvre un stupide dessin), La Mort aux trousses (pour la même scène, le personnage de Cary Grant utilisant le même stratagème pour remonter sur les traces d'Eve Kendall, pour la poursuite dans les escaliers de la statue du Christ Rédempteur avec dans ce même passage une reprise du thème de La Mort aux trousses, ainsi que pour le passage où, après qu'OSS a sauvé Von Zimmel du vide, s'ouvre la scène où le héros prend Dolorès dans ses bras (clin d'œil à la fin du film d'Hitchcock)), Ces garçons qui venaient du Brésil[réf. nécessaire]. Autre référence à Hitchcock, la scène de la course-poursuite en voiture de nuit où, par la conduite adoptée par Dolorès, cette dernière semble incarner Grace Kelly dans La Main au collet (1955) tandis qu'OSS 117 parodie Cary Grant (par la façon dont il prend les virages).
  • Le gag récurrent des Chinois reprenant l'un après l'autre la réplique « Tu as tué mon frère, tu vas mourir ! » fait référence à la réplique culte de Mandy Patinkin, « Buenos Dias ! Yé m'appelle Inigo Montoya, tu as tué mon père, prépare-toi à mourir ! » dans le film Princess Bride réalisé par Rob Reiner en 1987[réf. nécessaire].
  • La scène de l'ascenseur où OSS 117 se joue de ses assaillants chinois et nazis est une référence explicite à celle de La Mort aux Trousses, d'Alfred Hitchcock[réf. nécessaire]. L'un des hommes de main de Von Zimmel est par ailleurs physiquement très proche de l'acteur de ce film.
  • Le discours final de Von Zimmel est une reprise de la célèbre tirade de l'usurier juif Shylock dans Le Marchand de Venise de William Shakespeare.

« Un Juif n'a-t-il pas des yeux ? Un Juif n'a-t-il pas des mains, des organes,
des dimensions, des sens, de l'affection, de la passion ; nourri avec
la même nourriture, blessé par les mêmes armes, exposé
aux mêmes maladies, soigné de la même façon,
dans la chaleur et le froid du même hiver et du même été
que les Chrétiens ? Si vous nous piquez, ne saignons-nous pas ?
Si vous nous chatouillez, ne rions-nous pas ? Si vous nous empoisonnez,
ne mourons-nous pas ? Et si vous nous bafouez, ne nous vengerons-nous pas ? »

— William Shakespeare, Le Marchand de Venise, acte III, scène 1[4]

Cette tirade est aussi un des pivots du film d'Ernst Lubitsch To Be Or Not To Be, où un des protagonistes l'adresse aux nazis en général, et au sosie d'Hitler en particulier.

  • Les deux agents du Mossad, Staman et Kutner, appellent OSS 117 « Double 1-7 » ou « 1-1-7 » en référence aux films de James Bond qui se fait appeler « Double 0-7 » ou « 0-0-7 ».
  • Lors de l'arrivée d'Hubert sur la plage des hippies, après avoir fait la rencontre musclée avec Friedrich, on entend OSS 117, sur un plan large, demander à une jeune femme si elle cuisine des quiches lorraines. Michel Hazanavicius se permet à travers cette réplique de faire référence à la scène culte des « ouiches lorraines » dans son précédent film La Classe Américaine, qui détourne un grand nombre de films des années 70-80.

Musique[modifier | modifier le code]

Lors de la scène hippie, on peut entendre Lovin' You de Minnie Riperton ; on entend aussi un titre de Syd Dale (en) : The Groupie.

La musique et le Vertigo shot lors de la course poursuite dans les escaliers du Corcovado ont été réalisés en hommage une nouvelle fois à Hitchcock et à Bernard Herrmann, compositeur de nombreuses musique de films d'Hitchcock. La musique reprend le thème principal de La Mort aux trousses et le Vertigo shot est un clin d'œil non masqué à la scène d'ouverture de Vertigo. La musique qu'on entend lorsque le trio se déplace dans la jungle au bord du fleuve est un hommage au thème musical d'Henry Mancini du film HATARI .

Génériques[modifier | modifier le code]

Pour le tout premier générique de début (où n'apparaissent que les logos des maisons de productions), c'est le vieux logo de Gaumont qui a été utilisé, tout comme dans OSS 117 : Le Caire, nid d'espions. Cependant, le logo de « Mandarin film » a évolué, et on y voit maintenant inscrite la phrase mandarine : « Celui qui lit cela est un Chinois. »

Dès la première scène faisant aussi figure de générique de début, un hommage est fait à Jean-Claude Killy, avec le pull-fuseau que porte OSS 117, ressemblant, grâce aux bons soins de la costumière Charlotte David, comme deux gouttes d'eau à celui que le skieur alpin français portait dans un clip publicitaire emblématique des années 1960. La musique de cette première scène sur laquelle Hubert danse le twist entouré de Chinoises est Gentle on my Mind de Dean Martin, Dean Martin que l'on retrouve à la fin du film avec Everybody Loves Somebody. Elle fut tournée en fin de tournage en studio à Arpajon. Dans cette scène, comme dans d'autres d'ailleurs, on peut remarquer l'utilisation de « split screens » (l'écran est divisé) signés Laurent Brett (graphiste, auteur aussi du générique de OSS 117 : Le Caire, nid d'espions), qui étaient très utilisés à l'époque.

Bande annonce[modifier | modifier le code]

La voix de la bande annonce radio est celle du comédien Pierre Tissot. La bande-annonce du film fait un clin d'œil à Roger Moore, célèbre interprète du personnage de James Bond, en indiquant dans un jeu de mots simpliste : « OSS 117, un peu de Roger, beaucoup d'humour. » (dans le premier : « OSS 117, un peu de Sean, beaucoup de conneries. »)

Réalisation[modifier | modifier le code]

Pour recréer l'univers des années 1960, l'équipe de Michel Hazanavicius utilisa à peu près les mêmes méthodes que pour leur premier film, c'est-à-dire l'utilisation de vieux projecteurs, d'effets spéciaux datés, de décors et costumes vraiment fidèles à ceux de l'époque, mouvements de caméra très simplifiés, etc. Ces effets ont donc été réemployés ici, et même poussés plus loin, mais d'autres ont aussi été rajoutés. Ainsi, pour créer des ambiances « pop », des lumières rouges ont souvent été utilisées sans vraiment de justification précise.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Version commentée par Michel Hazanavicius et Jean Dujardin présentes sur le DVD du film.
  2. « Box office Oss 117 Rio ne repond plus », Allociné,‎ 2009 (consulté le 14 mai 2009).
  3. « Récapitulatif du Box-office 2009 », sur Cinefeed,‎ 8 juin 2009 (consulté le 9 juin 2009).
  4. Hath not a Jew eyes? Hath not a Jew hands, organs
    dimensions, senses, affections, passions; fed with
    the same food, hurt with the same weapons, subject
    to the same diseases, heal'd by the same means,
    warm'd and cool'd by the same winter and summer
    as a Christian is? If you prick us, do we not bleed?
    If you tickle us, do we not laugh? If you poison us,
    do we not die? And if you wrong us, shall we not revenge?

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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