Le Professionnel

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Le Professionnel

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Logotype de l'affiche allemande

Réalisation Georges Lautner
Scénario Georges Lautner
Jacques Audiard
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Films Ariane
Cerito Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre action, policier
Sortie 1981
Durée 108 minutes[1]

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Professionnel est un film d'action français réalisé par Georges Lautner, adaptation cinématographique du roman Mort d'une bête à la peau fragile, de Patrick Alexander, écrite par Georges Lautner et Jacques Audiard et dialogué par Michel Audiard. Il met en vedette Jean-Paul Belmondo dans le rôle principal. La distribution comprend également Robert Hossein, Michel Beaune, Jean Desailly, Cyrielle Claire et Bernard-Pierre Donnadieu. Le long-métrage raconte l'histoire d'un agent des services secrets français qui décide de se venger du gouvernement français, qui l'a abandonné en le dénonçant aux autorités d'un pays africain, où il avait pour mission d'assassiner le président qui dirige son État de manière dictatoriale, en s'évadant du bagne où il était durant deux années et en décidant d'exécuter son contrat lors d'un voyage diplomatique du dictateur à Paris.

Sorti en salles en France le 21 octobre 1981, Le Professionnel a rencontré un énorme succès commercial, puisqu'il totalisa 5,2 millions d'entrées au box-office.

La musique, composée par Ennio Morricone, est également célèbre grâce au thème musical, Chi Mai, qui rencontre un énorme succès en single, en étant certifié disque d'or en 1981[2].

L'histoire[modifier | modifier le code]

Synopsis[modifier | modifier le code]

Un agent des services secrets français veut se venger du gouvernement qui l'a dénoncé au cours d'une mission.

Résumé[modifier | modifier le code]

Agent des services secrets français, Josselin Beaumont est envoyé au Malagawi (petit pays d'Afrique censé synthétiser les anciennes colonies d'AOF à l'aube des années 1980 et la politique africaine de la France), pour y abattre le président Njala, dictateur local et ennemi des intérêts français. Entre temps, la situation politique ayant changé, les services secrets français n'ont plus aucune raison de faire abattre Njala et, plutôt que de simplement le rappeler, dénoncent Beaumont au président Njala. On arrête Beaumont, on le drogue pour obtenir des aveux, on le juge puis le condamne pour haute trahison à une longue peine de travaux forcés dans un bagne où il sera torturé. Deux ans plus tard, parvenant à s'évader, Joss rejoint Paris où il n'a plus qu'une idée en tête : se venger de ses supérieurs tout en accomplissant sa mission initiale : abattre Njala. Cette mission, Joss a l'intention de l'exécuter lors du voyage diplomatique de celui-ci en France.

Avisée de son plan, l'ancienne hiérarchie de Josselin Beaumont commence à passer des nuits blanches. Le redoutable commissaire Rosen, avec son équipe, va tout mettre en œuvre pour « stopper » Beaumont. Rosen échouera dans sa traque et sera abattu par Beaumont. Désormais, ce dernier aura le champ libre pour poursuivre jusqu'au bout sa mission. Faisant momentanément croire à sa mort, alors que c'est Rosen qui se trouve à la morgue, il prend en otage Farges, un subalterne de Rosen qui a découvert la véritable identité du mort, pour arriver jusqu'à Njala, abrité dans un château. Un tour de passe-passe : Joss donne son revolver vide à Njala et l'attire vers la fenêtre. Ce dernier ne peut s'empêcher de le pointer sur Joss. À ce moment, Farges, croyant que c'est Beaumont qui tient le revolver, abat malencontreusement le président Njala. Alors que Beaumont s'apprête à quitter les lieux en hélicoptère, le ministre, pressé par le colonel Martin, donne finalement l'ordre de le « stopper ». Ce sera chose faite quand le colonel Martin transmet à Farges l'ordre de « stopper » Beaumont, qui sera tué de plusieurs rafales de fusil mitrailleur.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

Jean-Paul Belmondo (ici en 1988 au Festival de Cannes), acteur principal du film.

Jean-Paul Belmondo a pour projet de tourner Barracuda, d'Yves Boisset, inspiré en partie de l'affaire Françoise Claustre, Française retenue en otage au Tchad de 1974 à 1977 et qui se transforma en une affaire d'État, mais l'acteur et le réalisateur ne parviennent pas à s'entendre, en raison d'« incompatibilité de condition sur le projet », selon Boisset, qui ajoute que Belmondo voulait en faire un film d'aventure et refusant toute allusion à l'affaire Claustre, contrairement à Boisset[3]. Alexandre Mnouchkine, producteur attitré de Belmondo, n'est pas intéressé par Barracuda et propose à Boisset d'adapter Mort d'une bête à la peau fragile, du Britannique Patrick Alexander, paru en 1978 dans la collection Série noire[4],[3].

Si Boisset refuse, Belmondo, ayant lu le livre qu'il a trouvé bon et voulant faire un film sérieux après Le Guignolo, suit les conseils de Mnouckhine en lançant l'adaptation cinématographique. La réalisation est confié à Georges Lautner, libre de tout engagement, qui entame sa troisième collaboration avec Belmondo après Flic ou voyou, en 1978 et Le Guignolo, l'année suivante [3]. L'adaptation du roman est confié à Michel Audiard, qui s'attelle à l'écriture du scénario et aux dialogues. L'action du roman, qui se déroule en Angleterre, est transposé en France pour les besoins du film, dont la première mouture du script, qui respectent certains dialogues du livre, n'enthousiasme guère le réalisateur Georges Lautner, Belmondo et le producteur Alexandre Mnouchkine[3],[4]. Le célèbre dialoguiste avait en effet commis un total hors sujet, et pour cause, son esprit était bien plus occupé par l'élaboration du script de Garde à vue, à laquelle il travaillait en parallèle. Son intérêt pour Le Professionnel étant à ce point négligeable, il préféra que son fils Jacques soit crédité à sa place au générique du film[4]. Puis le changement du titre du film est dû à Belmondo et à son publiciste René Chateau, qui se sont heurtés au départ aux réticences de Mnouchkine, Lautner et Audiard[4].

L'histoire du Professionnel et le contexte politique sont basées notamment sur l'évolution des relations diplomatiques, parfois troubles, entre la France et ses anciennes colonies en Afrique, le plus souvent soumises à des régimes dictatoriaux. C'est l'ère de la Françafrique et de ses sphères d'influence chères à Jacques Foccart, secrétaire général de l'Élysée aux affaires africaines et malgaches de 1960 à 1974, qui fut le personnage central dans la création de cette action néo-coloniale. En 1981, l'affaire des diamants de Bokassa, en partie responsable de la défaite de Valéry Giscard d'Estaing aux élections présidentielles, est encore dans tous les esprits[4].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le château de Maintenon, où furent tournées les dernières scènes du Professionnel.

Budgété à 20 millions de francs, Le Professionnel fut tourné du 5 mai au 13 juillet 1981[5]. Le tournage débute les scènes africaines de la détention de Joss Beaumont. La séquence d'ouverture, située dans le film en Afrique (le Malagawi, où se passe le début du film est un pays imaginaire[N 2]), a en fait été tournée en Camargue, sur le territoire du Grand Radeau aux Saintes-Maries-de-la-Mer, dans les Bouches-du-Rhône[4],[3]. Pour incarner les soldats, des étudiants noirs de l'université de Montpellier ont été engagés pour jouer les figurants [3]. Toutefois, le tournage a connu quelques problèmes, qui commença avec le décor du village attaqué :

« En retard sur le scénario, je n’ai pas pu surveiller les travaux et je n’ai pas pu arriver sur place avant la veille du tournage. Le village était très bien fait, mais les cases étaient trop éloignées les unes des autres. Impossible d’en avoir au moins deux dans le même cadre. Si je voulais la présence du village, il fallait que je m’éloigne. Je me suis posté à cinq cents mètres avec un téléobjectif sur la caméra. Tous les plans de cette séquence sont tournés au téléobjectif. C’est ce qui lui donne ce grain particulier, ce côté documentaire. Finalement, un incident peut parfois nous obliger à trouver des solutions système Démerde qui peuvent être meilleures que celles envisagées »

— Georges Lautner[3].

L'équipe rejoint Paris pour tourner des scènes en extérieur (l'appartement de Josselin Beaumont se trouve au 5 rue des Eaux à Paris 16e, l'Hôtel Intercontinental,...), dont une est celle la course-poursuite en voiture entre Beaumont et Rosen réglée par Rémy Julienne sur le parvis et les escaliers du Trocadero. Nécessitant une autorisation, qui tarde à venir, Belmondo fait intervenir son père, Paul, sculpteur membre de l'Académie des beaux-arts, ce qui permet de rendre la chose possible [3]. Les intérieurs furent tournés aux studios d'Epinay[3].

La séquence de clôture du film a quant à elle été tournée au Château de Maintenon, en Eure-et-Loir[4]. La scène du duel entre Jean-Paul Belmondo et Robert Hossein, digne d'un western de Sergio Leone, a été tournée Cours des Longs-Prés à Boulogne-Billancourt. Elle est accompagnée d'une musique d'Ennio Morricone, compositeur fétiche du cinéaste italien.

Distribution[modifier | modifier le code]

Hormis Belmondo, Le Professionnel bénéficie d'une solide distribution, avec notamment Robert Hossein, dans le rôle du commissaire Rosen, flic violent n'hésitant pas à user de tous les moyens pour coincer Beaumont. Belmondo a suggéré à la production de l'engager afin de « afin de me retrouver confronté à un acteur d’envergure me donnant beaucoup de fil à retordre »[3]. On retrouve également des acteurs ayant tourné avec « Bébel » comme Jean Desailly, Elisabeth Margoni, Bernard-Pierre Donnadieu, ainsi que ses amis de toujours, les acteurs Michel Beaune et Pierre Vernier. On retrouve aussi Jean-Louis Richard et Cyrielle Claire[3].

Pour Donnadieu, « dans les films de Belmondo, on pourrait croire qu’il n’y en a que pour Bébel ; c’est vrai dans une certaine mesure car les seconds rôles sont des faire-valoir de Bébel, mais il manifeste énormément de respect pour les acteurs avec qui il travaille. Il a une conception du domaine des seconds rôles qui, à mon avis, rejoint la mentalité des metteurs en scène américains »[3].

Musique[modifier | modifier le code]

Antérieure au film, la fameuse partition musicale Chi Mai d'Ennio Morricone fut initialement composée pour Maddalena, un film polonais de 1971, réalisé par Jerzy Kawalerowicz. Puis, elle fut utilisée pour une série télévisée britannique, « The Life and Times of David Lloyd George », diffusée sur la BBC en 1981. Le thème du générique fut un hit en Grande-Bretagne. Elle fut choisie par Jean-Paul Belmondo en personne, qui, la découvrant au hasard d'une écoute radiophonique, suggéra de l'intégrer à la bande sonore de son nouveau projet. Une fois réédité dans la bande originale du film, le thème musical connut non seulement une popularité supérieure à sa première parution mais devint parmi les œuvres de Morricone les plus vendues en disques. Cette piste est restée très célèbre et fut réemployée pour une publicité pour Royal Canin. Le film Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre utilise cette même piste pour parodier la publicité.

La musique du film fut nommée aux Césars.

Box-office[modifier | modifier le code]

Le Professionnel rencontre un énorme succès commercial lors de sa sortie en salles en France. Sorti dans Paris dans 41 salles, le long-métrage prend directement la première place du box-office avec 300 266 entrées[6], battant ainsi un record, dépassant le précédent score d'un film avec Jean-Paul Belmondo sur Paris en première semaine : l'année précédente, Le Guignolo, totalisait 274 697 entrées dans 40 salles en première semaine[7]. La semaine suivante, Le Professionnel perd peu d'entrées à Paris, tout en gardant la tête du box-office, avec 221 771 entrées, portant le cumul à 522 037 entrées[6]. Au total, le film est resté dix semaines dans le top 10 des meilleures entrées, aidé par le succès du thème musical, Chi Mai, dans les hit-parades français[8]. Finalement, resté vingt-trois semaines, Le Professionnel totalise 1 192 085 entrées sur Paris[6],[8].

Le succès se confirme en province, avec 4 millions de spectateurs, portant le cumul à 5 243 511 entrées sur le territoire français[6],[8], ce qui constitue le meilleur score de Belmondo au box-office dans les années 1980, avant d'être dépassé l'année suivante par L'As des as, avec 5 452 593 entrées, dont 1 223 205 entrées sur Paris[9],[10]. Le Professionnel est le plus grand succès commercial pour Georges Lautner[11].

Le succès se confirme à l'étranger, notamment en Allemagne, où il totalise 3 210 134 entrées[12], seul film avec Belmondo ayant atteint le seuil des 3 millions d'entrées sur le territoire allemand[13].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Indiqué au générique de fin.
  2. Dans le résumé du dossier de presse, le Malawi, authentique pays africain dirigé par un dictateur, est cité à tort à la place du Malagawi.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « Le Professionnel », sur IMDb (consulté le 4 juin 2013).
  2. « Certifications des singles (cliquer sur Morricone) », sur InfoDisc (consulté le 16 juin 2013).
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Philippe Lombard, Le Professionnel : Histoires de tournages, sur Devil Dead,‎ 20 mars 2008 (consulté le 21 octobre 2013).
  4. a, b, c, d, e, f et g « Le Professionnel  : Secrets de tournage », sur AlloCiné (consulté le 21 octobre 2013).
  5. « Le Professionnel », sur BiFi (consulté le 9 juin 2013).
  6. a, b, c et d « Le Professionnel », sur JP Box-Office (consulté le 9 juin 2013)
  7. « Le Guignolo », sur JP Box-Office (consulté le 9 juin 2013).
  8. a, b et c « Le Professionnel », sur Box Office Story (consulté le 9 juin 2013).
  9. « L'As des as », sur JP Box-Office (consulté le 9 juin 2013).
  10. « Jean-Paul Belmondo », sur JP Box-Office (consulté le 9 juin 2013).
  11. « Georges Lautner », sur JP Box-Office (consulté le 15 février 2014).
  12. (en) Le Professionnel sur l’Internet Movie Database
  13. http://www.boxofficestars.com/article-jean-paul-belmondo-box-office-111146610.html