Jo Attia

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Jo Attia, de son vrai nom Joseph Brahim Attia, né le 10 juin 1916 et décédé le 22 juin 1972, est un truand parisien des années 1940 à 1960, patron du Gavroche à Paris (rue Joseph-de-Maistre). Il fut membre du gang des Tractions et fut aussi impliqué dans l'enlèvement de Ben Barka et dans l'affaire du colonel Antoine Argoud, opérations controversées imputées aux services spéciaux français sous l'ère gaulliste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jo Attia est le fils d'une Bretonne et d'un Tunisien tué sur le front durant la Première Guerre mondiale. Durant son enfance, il fut loué à des fermiers brutaux et sans scrupules. Il aurait pu être un grand boxeur, mais sa carrière fut brisée par des managers pourris. Ancien des bataillons d'infanterie légère d'Afrique (les Bat d'Af), fameuses compagnies disciplinaires, du côté de Tataouine, ce fut, pour lui, une école du vice et du crime. Il fait la rencontre de Pierre Loutrel, futur Pierrot le fou.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Attia avait commencé à travailler pour les nazis. Il fit partie de la bande de la rue Lauriston en tant que membre de Charles Cazauba[pas clair]. Il était en particulier chargé de la distribution de faux tickets d'alimentation. Il aurait même permis l'arrestation de tout un réseau de résistants, soit une quinzaine de personnes au total. Cependant Attia menait un jeu trouble et semble s'être rapidement rapproché de la Résistance. Henri Lafont, chef de la Carlingue (la Gestapo française), ordonna son exécution, mais ses amis Abel Danos et Pierre Loutrel (futur Pierrot-le-fou) réussirent à convaincre Lafont de le livrer aux Allemands[1]. En 1943, il fut déporté à Mauthausen, où il aida de nombreux déportés à éviter la mort, par son courage physique et son énergie. Il eut un comportement exemplaire. Après la guerre, il fut décoré de la Légion d'honneur par Charles de Gaulle. L'ancien ministre gaulliste de la Justice Edmond Michelet, ancien déporté, fut témoin de moralité à un des nombreux procès de Jo Attia.

À peine libéré des camps, Attia commença une cavale à travers l'Allemagne et la France, Jusqu'à Paris, où il retrouva Pierrot le fou. À ce moment, commence le gang des Tractions avant. Les hold-up se succédèrent à un rythme de folie, jusqu'au jour où Pierrot se blessa mortellement et fut clandestinement enterré par ses amis.

Après cela, Attia devint une barbouze pour le compte du gouvernement du général de Gaulle. Il fut notamment recruté par Bob Maloubier du SDECE pour exécuter des contrats au Maghreb[2]. Il fut soupçonné d'avoir été impliqué dans l'affaire Ben Barka. En 1969, un dénommé Christian Jubin pénètre dans un bar appartenant à Attia, tue la barmaid et son petit ami et viole la propre fille de Jo Attia. Jubin, arrêté par la police après une cavale, réussit une prise d'otage en 1972 (le juge d'instruction qui l'interrogeait), mais est repris et condamné à perpétuité en 1975. Il meurt en 1990 en prison.

Attia, lui, meurt d'un cancer de la gorge en 1972. Il est enterré au cimetière d'Orsay[3]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicole Attia, Jo Attia mon père, 1974.
  2. Roger Faligot, Pascal Krop, La piscine : les services secrets français, 1944-1984, Éditions du Seuil,‎ 1985, p. 93
  3. Jo Attia, sur Cimetières de France et d'ailleurs.

Source[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicole Attia, Jo Attia mon père, Gallimard, 1974
  • Jean Marcilly, Vie et mort d'un caïd - Jo Attia, Fayard, 1977