Ivaïlo

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Ivaïlo (mort en 1280) (en bulgare : Ивайло, parfois translittéré en Ivajlo), est roi ou tsar de Bulgarie en 1278-1279. Ancien porcher, il prend la tête d'un soulèvement paysan contre les Mongols, les Byzantins et les Boyards.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pendant l’été 1277 un paysan nommé Ivajlo fomente une révolte dans le nord est de la Bulgarie qui avait été dévasté par l’invasion des Mongols. Simple garçon de ferme[1], Ivajlo prétendait avoir des visions célestes et avec son armée de paysans il réussit à repousser les envahisseurs au-delà du Danube.

Le roi Constantin Tich Asên de son côté lève une armée pour combattre les révoltés. Il est vaincu et tué dès la première rencontre avec Ivajlo qui marche immédiatement sur la capitale Tărnovo, où se trouvait la reine Marie Paléologue-Cantacuzène et leur fils mineur, Michel Asên, roi associé depuis 1272

L’empereur byzantin Michel VIII Paléologue met à profit l’affaiblissement de la position de sa nièce la reine Marie[2] pour porter au trône un fils de l’éphémère tsar Mitzo Asên qui vivait en exil à Constantinople, à qui il donne sa fille aînée Irène comme épouse et qu’il proclame sous le nom d’Ivan Asen III car il descendait en ligne féminine de la dynastie des Asen.

La reine Marie Paléologue brouillée avec son oncle et qui souhaitait préserver les droits au trône de son propre fils envoie des messagers à Ivajlo et lui offre le mariage et le trône de Bulgarie à la condition expresse qu’il accepte de garantir les droits au trône de son fils Michel Asên.

Ivajlo accepte la proposition entre à Tărnovo, au printemps 1278 et épouse la reine. Son armée de paysans est vaincue par l’armée grecque d’Ivan Asen III qui avance vers Tărnovo. Trompée par la fausse nouvelle de la mort d’Ivajlo, les habitants de la capitale démoralisés ouvrent les portes au prétendant choisi par l’empereur byzantin qui est proclamé roi en 1279. La reine Marie enceinte d’Ivajlo et son fils sont envoyés à Constantinople.

Peu après Ivajlo apparaît devant la capitale et remporte le 17 juillet 1279 une victoire éclatante sur Ivan Asen III qui s’enfuit. Les boyards décident alors d’élire roi l’un d’entre eux Georges Ier Terter d’origine coumane. Ivajlo qui ne disposait plus que du soutien de sa troupe de paysans perd toute influence dans le pays. Il décide alors de se présenter au chef mongol Nogaï qui avait établi sa capitale sur le Danube pour lui demander son aide pour retrouver son trône. Peu après Ivan Asen III se présente au camp des Mongols avec la même sollicitation. Corrompu par l’argent byzantin Nogaï Khan ordonne l’assassinat d’Ivaljo au cours d’un festin.

Sa mort marquera la fin de la grande jacquerie nationale bulgare commencée en 1277. Les historiens bulgares de l'école marxiste de la seconde moitié du XXe siècle[3] n’ont pas manqué de reconnaitre via le prisme de la Lutte des classes en Ivajlo le prototype du héros national et populaire, s’opposant à la fois aux forces de la féodalité et aux impérialismes étrangers byzantin et mongol. Désormais il est plus considéré comme un héros national comparable à Jeanne d’Arc par sa religiosité.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il était porcher ou berger dans le domaine d’un seigneur féodal.
  2. Marie était la fille de Eirene Eulogia une sœur de l'empereur Michel VIII Paléologue et d'un noble byzantin Ioannès Comnène-Cantacuzène-Ange.
  3. Ivan Dujcev, Velizar Velkov, Iono Mitev et Lubomir Panayotou, Histoire de la Bulgarie des origines à nos jours, Roanne, Éditions Horvath, 1977 (ISBN 2717100849).

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dimitrina Aslanian, Histoire de la Bulgarie, de l'antiquité à nos jours, Trimontium, 2004 (ISBN 2951994613).