Robert Lafont (occitaniste)

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Robert Lafont (son nom de plume en occitan est Robèrt Lafont, en IPA [rru'βɛr la'fun]) né à Nîmes le 16 mars 1923 et mort le 24 juin 2009 (à 86 ans)[1] à Florence (Italie, où il avait vécu ses dernières années avec sa femme Fausta Garavini), est un linguiste et historien français de la littérature occitane, poète, romancier, et dramaturge d'expression occitane.

Biographie[modifier | modifier le code]

Robert Lafont fut professeur (puis professeur émérite) de l'Université Paul-Valéry de Montpellier. Linguiste universitaire de profession, il fut tout à la fois polyglotte, romancier, poète, auteur de théâtre, essayiste, médiéviste. Écrivain polyvalent, son œuvre comporte près d'une centaine de livres en occitan, en français, en catalan et en italien. On y trouve aussi bien des ouvrages sur l'histoire littéraire et l'histoire des sociétés, que des ouvrages sur la linguistique et la sociolinguistique, ou des ouvrages sur les déséquilibres socio-économiques en France et en Europe. Ses amis présentent Robert Lafont comme un citoyen du Monde et d'Europe, penseur et acteur majeur d'un occitanisme ouvert. Robert Lafont a animé, à la suite de Paul Delarue et de Pierre-Jakez Hélias, la commission Arts et traditions populaires de la Ligue de l'enseignement dans les années soixante.

Dans ses essais en français, il présente la situation, non seulement de l'Occitanie, mais également de l'ensemble des minorités vivant sur le territoire français. Il est l'un des théoriciens de ce qu'il est convenu d'appeler le colonialisme interne[2], en parlant de la situation occitane. L'autre volet de son œuvre, la littérature en langue occitane, marque un renouveau de la création littéraire dans cette langue, par sa rupture totale avec la tradition folklorique antérieure.

Il a fondé le Comité occitan d'études et d'action et assumé la direction de diverses publications périodiques (« L'ase negre » en 1946, « Viure » en 1962, « Amiras » dans les années 1980, la Revista Occitana en 1993). Il a également été producteur de théâtre d'animation sociale. Il a été président de l'Institut d'études occitanes (qu'il a quitté en 1981 à la suite de tensions internes anti-universitaires). En 1974 il avait entrepris de se présenter à l’élection présidentielle française, mais sa candidature a été rejetée par le Conseil constitutionnel faute d'un nombre suffisant de signatures d'élus validées pour qu'il atteigne le seuil requis ; il sortira de ses comités de soutien le mouvement Volem viure al país, dont des membres fondèrent ultérieurement, avec adhésion de Robert Lafont, le Partit Occitan, membre de la fédération Régions et peuples solidaires.

Il a été président de la section occitane du Cercle d'Afrairament Occitanocatalan entre 1981 et 1986.

En 1987 il reçoit la Creu de Sant Jordi, distinction décernée par la Generalitat de Catalogne.

Un colloque organisé les 26 et 27 septembre 2009 à Nîmes par Gardarem la Tèrra, mouvement altermondialiste et occitaniste structuré en comitats de país, sous le titre « Robert Lafont, la haute conscience d'une histoire », a analysé « 50 ans d'action et d'écrits politiques, de la Révolution régionaliste » à Gardarem la Tèrra et en a débattu.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poésie
  • Paraulas au vièlh silenci (I.E.O., 1946),
  • Dire (I.E.O., 1957),
  • La loba (1959),
  • Poèma a l'estrangièra (1960) ,
  • Pausa Cerdana (Action poétique, 1962) ,
  • L'Ora (Oc, 1963),
  • Aire Liure (P: J. Oswald, 1974) ,
  • Lausa per un solèu mòrt e reviudat (1984),
  • La gacha a la cistèrna / Le guetteur à la citerne (Jorn, 1998),
  • Cosmographia monspessulanensis (Jorn, 2000)
  • Poèmas 1943-1984 (Jorn, 2011)

Histoire littéraire

  • Mistral ou l'illusion (Plon, 1954)
  • La Renaissance toulousaine de 1610 (Aubanel, Avignon,1960)
  • Renaissance du Sud (Gallimard, 1970)
  • Trobar (Centre d'Etudes Occitanes CEO, Montpellier, 1972)
  • Baroques occitans (Aubanel, Avignon,1974)

Essais

  • La Révolution régionaliste (Gallimard, 1967)
  • Sur la France (Gallimard, 1968)
  • Décoloniser en France (Gallimard, 1971)
  • Clefs pour l'Occitanie (Seghers, 1971) 1976)
  • Lettre ouverte aux Français, d'un Occitan (Albin-Michel, 1973)
  • La Revendication occitane (Flammarion, 1974)
  • Autonomie, de la région à l'autogestion (Gallimard,1976)

Directions

  • Le Sud et le Nord (Privat, Toulouse, 1971)
  • Histoire d'Occitanie (avec Armand Armengeaud) (Hachette, Paris, 1979)
  • Les Cathares en Occitanie (Fayard, Paris, 1982)
  • Anthropologie de l'écriture (CCI, Centre Georges Pompidou, Paris, 1984)

Collaborations

  • Metòde per aprene l'occitan parlat, Avec Chr Baylon(Centre d'Études Occitanes CEO, Montpellier,1969)
  • Nouvelle histoire de la littérature occitane, avec Chr Anatole (PUF, Paris, 1970-1971)
  • Introduction à l'analyse textuelle, avec F. Gardès-Madray (Larousse, Paris, 1976)
  • Pour l'Occitanie, avec A. Alcoufe et P. Lagarde (Privat, Toulouse, 1979)
  • Pratiques praxématiques, avec F. Gardès-Madray et P. Sibot (Cahiers de linguistique sociale, Rouen, 1983)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. date du décès attestée par publication de la famille et de l'Associacion Internacionala d'Estudis Occitans dans le Carnet du Monde daté des 28-29 juin
  2. Décoloniser la France, 1971