La Bicyclette bleue

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La Bicyclette bleue
Auteur Régine Deforges
Genre Roman historique
Pays d'origine France
Éditeur Fayard
Date de parution 1983
Nombre de pages 413
Série La Bicyclette bleue
Chronologie
101, avenue Henri-Martin Suivant

La Bicyclette bleue est un roman de Régine Deforges paru en 1983. Il est le premier tome d'une trilogie dont l'action se déroule pendant l'occupation allemande de la France et qui comprend également 101, avenue Henri-Martin et Le Diable en rit encore. Mais La Bicyclette bleue est surtout le premier livre d'une saga comprenant dix ouvrages. Le titre se réfère au moyen de locomotion utilisé par Léa pour passer la ligne de démarcation.

Résumé[modifier | modifier le code]

Été 1939. Léa Delmas, 17 ans, est une belle jeune fille insouciante, un peu sauvageonne, vivant au sein d'une famille unie propriétaire du vignoble de Montillac, près de Bordeaux. Sa famille comprend ses parents, Pierre et Isabelle, et aussi ses sœurs, Françoise l'aînée et Laure la cadette. Léa est éprise d'un voisin, Laurent d'Argilat, mais celui-ci, bien qu'éprouvant de forts sentiments pour elle, épouse sa cousine Camille, jeune femme d'apparence terne et fragile. Leurs fiançailles sonnent également le début de la Seconde Guerre mondiale. Léa, furieuse, se fiance avec le frère de Camille, Claude, mais ce dernier meurt dès les premiers jours de la guerre. Léa rencontre à l'occasion des fiançailles de Laurent et Camille, un homme plus âgé qu'elle, François Tavernier, entouré d'une aura mystérieuse : il ne lui cache pas qu'il souhaite faire d'elle sa maîtresse. Léa s'en défend, bien qu'elle se sente étrangement attirée par lui.

À Paris, Léa tolère difficilement l'amitié inconditionnelle que lui porte Camille à la seule fin d'approcher Laurent. Celui-ci, avant de rejoindre son régiment, lui fait promettre de veiller sur Camille dont la grossesse difficile met sa vie en danger.

Quand les Allemands envahissent Paris, Léa et Camille, au plus mal, rejoignent les milliers de Français sur les routes de l'exode avec son cortège de bombardements et d'horreurs ; elles rencontrent François Tavernier et Léa se donne à lui. Leur voyage se révèle long et périlleux. En effet, l'état de santé de Camille se dégrade et les deux amies se voient contraintes d'emménager quelque temps à Montmorillon, un village sur leur trajet. Là, elles sont hébergées chez Madame Trillaud, une vieille femme qui les aide malgré une maison trop petite et une famille nombreuse. Le médecin conseille alors à Camille de rester allongée jusqu'à son accouchement, mais cette dernière sentant Léa inquiète et pressée de revoir sa famille, décide de prendre la route malgré l'avis du médecin. En arrivant près de Montillac, Camille ressent des contractions et Léa se voit obligée de demander de l'aide aux seules personnes disponibles : les Allemands d'un poste de garde. Elle parvient grâce à eux à faire accoucher Camille mais elle découvre aussi qu'ils réquisitionnent le domaine et qu'ils sont à l'origine de la mort de sa mère, Isabelle. Ensuite tout se complique. Sa famille est partagée entre un oncle, Luc, qui s'avère collabo et fier de ses amitiés avec les Allemands et son autre oncle, le dominicain Adrien qui est très engagé dans la résistance de la région bordelaise.

Malgré elle, Léa se retrouve au cœur des situations complexes engendrées par l'Occupation : gestion du domaine, convoitise des voisins, les Fayard, dues à des difficultés financières, liaison entre sa sœur Françoise et un Allemand, Otto Kramer. Cette rencontre a pu se faire car Otto fait partie de ceux qui ont réquisitionné le domaine de Montillac. Léa intègre instinctivement la Résistance intérieure française tout en poursuivant sa liaison chaotique avec Tavernier. Son amitié forcée avec Camille devient réelle, notamment grâce à son bébé, prénommé Charles. Ses sentiments pour Laurent s'estompent peu à peu pour laisser place à une vraie passion pour Tavernier, même si elle se retrouve pendant quelque temps coincée dans une relation avec son ami d'enfance, Mathias Fayard, collaborateur, qui menace de la dénoncer si elle refuse de l'épouser après la guerre.

Dans les autres tomes, 101, avenue Henri-Martin et Le Diable en rit encore Léa partage sa vie entre Montillac et Paris devant aller de l'un à l'autre pour ne pas trop attirer l'attention de la police sur ses activités.

Inspirations[modifier | modifier le code]

Pour la Bicyclette bleue, Régine Deforges est accusée de contrefaçon par les ayants droit du roman Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell. S'ensuit une saga judiciaire : le tribunal de grande instance de Paris considère le 6 décembre 1989 qu'il y a effectivement contrefaçon, mais Régine Deforges fait appel et la cour d'appel de Paris lui donne raison le 21 novembre 1990. L'affaire est portée devant la cour de cassation, qui le 4 février 1992 casse le jugement de la cour d'appel de Paris et renvoie le procès devant la cour d’appel de Versailles, qui déclare le 15 décembre 1993 qu'il n'y a pas contrefaçon.

Cette affaire a fourni à l'universitaire Pierre-Yves Gautier, en 1994, le point de départ d'un article intitulé « Les critères qualificatifs pour la protection littéraire et artistique en droit français », dans les colonnes de la Revue internationale de droit comparé[1].

Régine Deforges admet que la trame d'Autant en emporte le vent constitue effectivement la base de son roman de manière volontaire, évoquant à ce titre une sorte de « pari » entre elle et son éditeur, Jean-Pierre Ramsay.

Elle indique avoir également, pour les interventions du personnage Raphaël Mahl, repris intégralement « l'œuvre et les propos de Maurice Sachs », en guise de jeu, regrettant que personne ne l'ait remarqué. Dans l'ouvrage, ce personnage que Régine Deforges décrit comme un « écrivain [et journaliste] homosexuel, [demi-juif], opportuniste, inquiétant », « se livre [finalement] à la plus abjecte collaboration ». Enfermé dans une prison française contrôlée par les nazis, le personnage y sera sauvagement massacré par des résistants, qu'il considérera comme manipulés par un gardien collaborationniste. L'auteur se démarque ainsi de la réalité historique (évacué d'un camp nazi et à bout de force après trois jours de marche forcée, Sachs fut tué par un gardien SS)[2].

Suite[modifier | modifier le code]

La Bicyclette bleue est non seulement le premier tome d'une trilogie mais elle est aussi le premier tome d'une saga à succès. Outre la trilogie initiale, la saga comporte sept autres ouvrages :

Adaptations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre-Yves Gautier, « Les critères qualificatifs pour la protection littéraire et artistique en droit français », Revue internationale du droit comparé, Paris, vol. 46, no 2,‎ 1994, p. 507-519 (ISSN 0035-3337, lire en ligne)
  2. Régine Deforges, La Bicyclette bleue. 101, avenue Henri-Martin, Ramsay, 1991, p. 10 ; chap. 22, p.388